QUAM TERRIBILIS EST LOCU8 I8TE HIC EST DOMU8 DEI ET PORTA CŒLI
La tour, appliquée latéralement entre chœur et nef, du côté du sud, est percée dans ses quatre faces de trois étages d'arcades cintrées; elle doit être du même temps que la nef, sauf le parapet terminal qui a été construit, je le suppose, quand on a supprimé un toit qui, je crois, existait, pour établir une plate-forme sur la tour.
Le chœur me paraît du KIV* siècle; il est éclairé par des fenêtres divisées en deux parties par un meneau bifurqué au sommet; un rang de trèfles forme frise audessus des fenêtres.
À Tintérieur les chapiteaux ont des abaques octogones et des feuillages qui annoncent la fin du XIII* siècle ou le commencement du XIV®.
Le chœur n'est pas perpendiculaire à la nef ; pour ménager la tour et des chapelles qai existent du côté du nord, on Ta fait moins large que la nef. Les chapelles dont je parle se terminent, au nord, par trois gables; elles paraissent du XII% ainsi que leurs voûtes en pierre. Dans le pavé de Tune d'elles, on lit i'inscrip-
CÀNTOK DS fiODVBia.
Tour et partie de l'église de Lion.
46S STATISTIQUE MOlflIlIBNTALC DU CALVADOS.
lion suivante gravée sur une belle dalle en marbre noir :
CY GIT LE CORPS DB MB8SIRB ROBBRT PIERRE LE SENS CHEVALIER SEIGNEUR ET MARQUIS DB LION SEIGNEUR DB CRES8BR0NS VALIGNY, REPICHON LES MAIZBRETS ET AUTRES LIEUX CHEVALIER DB l'oRDRE ROYAL ET MILITAIRE DE SAINT LOUIS, MESTRE DE CAMP DB CAVALERIE, ANCIEN OFFICIER DE GENDARMERIE.
APRÈS UNE VIE ANIMÉE PAR LA FOY SOUTENUE PAR L*BSPÉRANCB PERFECTIONNÉE PAR LA CHARITÉ COURONNÉE PAR LES SOUFFRANCES IL s'endormit TRANQUILLEMENT DANS LE SEIGNEUR LE 1 MARS 1773 DANS LA 85'. ANNÉE DB SON AGE ÉTANT NÉ LE 30 NOVEMBRE 1688 PRIEZ DIEU POUR LE REPOS DE SON AME.
Près du chevet, qui est droit, existe, idu côté de l'Évangile, un appartement voûlé qui doit remonter au XIV' siècle. Serait-ce une sacristie? je ne le pense pas, car on n'en faisait pas alors, pour les églises rurales surtout. Ëtait-ce une chapelle sépulcrale? je le suppose et j'espère trouver des documents à ce sujet.
La sacristie actuelle est moderne et appliquée contre ce chevet.
Le patronage et la dîme appartenaient à l*abbaye de Troarn. L'église était soas Tinvocation de Saint Pierre ; elle avait pour annexe celle de Saint-Jacques de Creaserona*
Prieuré de Lion, Guy de Meullent, seigneur de Coursenlles et de Uon, fonda en 1327, à Lion» le prieuré de Saint-Thomas, en faveur de Tabbaye d'Àrdennes, et donna pour cette fondation 14 acres et une vergée de terre, un manoir, un colombier et un moulin à vent (1). Raoul de Meullent, son fils, confirma cette donation.
Le cartulaire de l'abbaye de Troarn contenait plusieurs chartes concernant la paroisse de Lion. L'une, de Guillaume de Moyon, donnait au prieuré de Sainte- Marie de Briwtena, dans le diocèse de Bath (Bathoniensi diocœsi) Téglise de Lion, cum omnibus pertinentiiSj et avec, la terre que Margàrin, chapelain du comte de Glocester et Hubert de Pierrepont, avaient précédemment abandonnée, dans la même commune, aux mêmes religieux ; l'autre de Philippe de Harcourt, évéque de Bayeux, confirmait la donation. Diverses autres chartes postérieures portaient aussi confirmation de la même donation.
L'une de ces chartes qui est de Henri II, évêque de Bayeux, contient le passage suivant :
c Statuimus ut auxilium episcopale quod anno € tertio exigitur, ultra summam decem solidorum c cenomanensium non exerseat, nec plus nb eis exigi c volumus in circato et sinodali redditu quam id quod « tempore predecessorum nostrorum reddere consue- « verint.
Une charte de Guillaume de Moyon concédait aussi
(1) L'abbé De La Rue, Essais bistoriqnes sur la ville de Gien.
«64 sTATisnons monumentali du caltaik».
au prieuré de Briweton la dime des sèches prises èi LioQ : Decimam aepiarum et eviarum auarum ajnid Lion.
Henri II, évëque de Bayeux, approuva l'arrangement fait cDti'e le prieur et le chanoine de Briweton et le curé de Pluoietot, au sujet de la dîme de Iti acres de
terre qui appartenait, en commun, aux deux églises de Lion et de Ptimfltoi.
Sans faire mention de diverses donations consignées dans le cartulaire de Troarn, j'indiquerai pourtant une donation de terres faite à Lion, en 1236, par Thomas de Lion, fils de Robert de Lion, laquelle fut confirmée par son fils, Roger de Lion, en 1239.
Un échange fut fait plus tard entre le prieuré de Briweton et Tabbaye de Troarn; celle-ci abandonna à ce prieuré les biens qu'elle possédait en Angleterre pour le patronage de Lion et diverses terres situées à Maisons et à Secqueville : l'échange fut approuvé en 1262 par le doyen et le chapitre de Bayeux; Saint Louis Tavait aussi approuvé en 1261.
Dans le siècle suivant, Guy de Meullent revendiqua le patronage de Lion, mais un jugement du bailli de Caen fut rendu contre lui en 1331.
Château, Le château de Lion est en partie de la Renaissance et doit dater du XVII' siècle : tel est le charmant pavillon à toits pyramidaux, à tourelles en encorbellement aux angles, à la tour cylindrique applî^uée renfermant probablement Tescalier, et aux longues cheminées.
Soit qu'on ^*examine de côté de l'est en se plaçant dans le parc, soit qu'on le voie du côté opposé, dans la cour, ce corps de logis est du meilleur effet et d'une grande élégance; il doit avoir été élevé dans la 1'® moitié du XVP siècle.
Pour en mieux faire apprécier le style, nous donnons le détail d'une des lucarnes de ce pavillon. On y reconnaîtra une analogie complète avec celle de la partie du château de Fontf<ino-Hf'nrv. <î"i H- '<•
STATIST/QM HOnVHIHTtrj W OLVADOS,
CtRTON DK DOUVRES. «07
Kvec beaucoup d'autres fenêtres de cette époque.
Le corps de logis qui occupe le fond de la cour et fuit face au midi est postérieur et n'offre rieo de remarquable.
La terre de Lion est très considérable; elle appartient à Madame la comtesse de Thaon, née Le Sens de Lion.
HERMANVtLLE.
Hermenvilla, Hermanvitla. La nef de l'église d'Hermanville
est romane, probablement de la première moitié du X!' siècle; les arcades qui communiquent avec les ailes sont d'une rusticité qui me parait en prouver r&ncienneté. Du côlé du sud, elles reposent sur des pilastres garnis de demi-colonnes grossièrement sculptées, mais au nord elles n'offrent pas cet ornement Les murs des bas-côlés ont été reconstruits en grande partie; celui du nord, dont les fenêtres débordent dans la toiture, est plus ancien que celui du midi, presque entièrement moderne.
La tour a élé construite au XII' siècle. Je crois, sur
STAnSTIQUI MOHUlIWtTALB DU aLTADOS.
Tout d'Hermanville et partie de l'église du c4tâ du nord. tSt *n
rextrémité du bas-côté nord qui correspond à la dernière arche de la nef ; elle se trouve conséquemment latérale entre la nef et le chœur. Elle est romane jusqu'aux deux tiers de sa hauteur, où des arcatures la décorent sur ses quatre faces. Le dernier étage, percé de fenêtres ogives, peut être du XV* et la plate-forme crénelée est probablement plus récente.
Une chapelle dans le style de transition (XIP siècle) se trouve appliquée contre le chœur du côté du nord et fait suite au bas- côté septentrional; elle communique avec le chœur par une porte et elle est voûtée à pleincintre. L'entablement extérieur est orné de dents de scie. La porte occidentale de la nef, qui est en ogive, paraît du XIV* siècle. Un porche dorique a été élevé devant la porte latérale du sud.
Le chœur est d'une légèreté admirable, éclairé par de charmantes fenêtres géminées en forme de lancettes, séparées les unes des autres par des arcatures extrêmement élégantes, disposées symétriquement dans chaque travée, comme le montre l'esquisse ci-après.
La profondeur des cannelures parfaitement évidées, la délicatesse des chapiteaux des colonnettes, l'harmonie des formes et des proportions de toutes ces arcades, font du chœur d'Hermanville un édifice très remarquable. Il doit appartenir à la fin du XIII* siècle ou au commencement du XIV*.
Trois lancettes d'égale hauteur s'ouvrent dans le chevet. Les voûtes en pierre, garnies d'arceaux croisés, ne le cèdent en rien aux voûtes les plus hardies de l'époque. Le point d'intersection des arceaux est garni de fleurons.
A l'extérieur, les murs sont décorés d'arcatures plus élevées que celles de l'intérieur et presque de la même
470 BTATISTIQBK HOHDHBHTALE DO CALVADOS.
haolenr que les fenetrea. Cm élégaotes ouvertarei ont ma) heure ose ment perdu Ik plupart de leurs colonnetles : il n'en reste que les fûts et les bases.
Une travée du chœur d'Hermao ville.
Pour me résumer, trois époques principales sont écrites dans l'architecture de cette église : le XI' dans
CÀIITON DE DOUVRES, 471
la nef, le XII' dans la tour et la chapelle placée au nord, et la fm du XIIP dans le chœur.
Celte église est sous Tinvocation de Saint Pierre. Le patronage était laïque; la dlme appartenait au curé.
M. Delaunay, curé d'Hermanville» est un ami des arts; c'est lui qui a fait rouvrir les lancettes du chevet : il apprécie tout le prix de son église et se propose, m'a-t-'il dit, de faire rétablir les fûts des colonnettes aux arcatures extérieures.
Les tombeaux du cimetière offrent peu d'intérêt; sur une plaque de marbre noir incrustée dans le mur du chœur, on Ut ce qui suit :
SOUVENEZ vous
d'un DE vos CURÉS QUI EST
GT DEVANT EN7ERB6
a MOURUT LE 17 ET FUT