‹ Statistique monumentale du Calvados (volume 5)Chapitre 33 sur 113 · PRÉAUX · texte numérisé non relu

PRÉAUX

Préaux, Pratella, PratellL

L'église de Préaux, sans être remarquable, offre cependant quelque Intérêt. Le chœur est la partie qui mérite le plus d'attention : on y voit, au sud, une porte aujourd'hui bouchée, dont le tympan trilobé annonce le XIIP siècle ; les fenêtres du nord composées de deux baies trilobées, surmontées d'une rose, le tout sans colonnes, sont moins caractérisées et pourraient tout aussi bien être rapportées au commencement du XIV*, si l'abbé Beziers n'avait consigné dans le manuscrit que j'ai déjà cité, une note qui paraît se rapporter à l'une d'elles. On a trouvé, dit-il, sur un morceau de carreau d'une des croisées, l'inscription suivante en lettres gothiques ainsi disposées : an o (Anno milleno ducentesimo sexagesimo nono) 1269. 0 Lx

J'ai vainement cherché les traces de cette m o

(1) M. Amédée Achard de Vacognes est aujourd'hui membrs de la Société Française pour la conservation dei monuments .

CASTOR D'ftVRBCT, 197

ioBcription, mais elle peut avoir été cachée par o a. la boiserie ou couverte de peinture ; j'ajouterai c o qu'ilreBtedaascesfeaëtreBquelquesdébrisde c o vitraux petuts dans lesquels j'ai distingué les armes de Castille et qu'ils ont évidemment été faits pour les fenêtres qu'ils occupent, puisque la bordure suit exactement le contour des baies trilobées.

Mais si le chœur est eu partie du XIII*, il me paraît

très probable que des retouches considérables ont eu lieu an XIV'. Ainsi les crédenees, cachées par la boiserie, mais que l'on peut voir parce que le panneau qui les couvre est mobile, ont des chapiteauxqui appartiennent plutôt au XIV' qu'au XII!' ; et le chevet de l'église qui est droit, était autrefois percé d'une très

belle feaètre à plusieurs b&ies et ornée aa sommet de nombreux compartiments rayonnants, qui annoncent encore le XIV'. Cette fenêtre, qui vraisemblablement était décorée de vitraux, a été malheureusement condamnée quand on a placé Tautel qui existe maintenant.

La nef a peu de caractère, mais elle doit être en partie du XIIP siècle. L'entrée qu'on y voit, au sud, précédée d'un porche, n'offre pas d'indices précis d'époque ; elle est postérieure au mur.

La tour appliquée à l'ouest doit être postérieure à 1600. C'est l'œuvre d'un maçon sans goût : j'en ai peu vu d'aus9i massives ; elle est terminée en bfttièr^.

 l'intérieur de l'église, dans uQe niche pratiquée dans l'un des murs de la tour, est une Sainte Barbe que je crois du XVP siècle et qui mériterait d*être dessinée ; il est rare de rencontrer des statues de cette époque dans nos églises de campagne. £Ue se trouvait, m'a-t-on dit, dans l'origine, au-dessus d'un petit autel qui n'existe plus.

Le patronage de Préaux était laïc. Le curé percevait les dîmes,

L'église est sous l'invocation de Saint Sever, et l'on rapporte à ce sujet que les reliques de ce daint étant transportées à Rouen s'arrêtèrent à Préaux, et devinrent si lourdes quand on voulut les enlever, qu'on ne put y parvenir qu'après avoir fait vœu de mettre la paroisse sous son invocation,

Sous le règne de Jean Sans Terre on voit figurer un Jean de Préaux, Joannes à Pratellis* et un Guillaume de Préaux, Willelmus à PratelUs, qui possédaient defs terres en Angleterre .

La seigneurie de Préaux avait droit de haute-justice ;

CiiITÔN ïï'ÉVRBCT. 499

c'était nn flef de h&ubert mouTant noblement de la baronnie de Douvres. Diaprés i'areu déjà cité de l'évé(]ue de fiayeux, l'an 1453^ à cette époque Jean Le Herici, eêcujfer, tenait de la baronnie de Douvres^ par foi et hommage, lô fief de éheralier assis en la paroisse de Préaut^ lequel avait jadis appartenu à Je&n dd Gombray.

On voit encore^ à peu de distance de l'église, au nord, un château à tourelles qui peut dater du XVP siècle et qui était autrefois entouré de fossés.

Préaux était chef-lieu d'une sergenterie comprenant 19 paroisses; un des 9 hameaux qui en font partie s'appelle la Bijude, nom que nous retrouverons dans plusieurs autres communes.

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