‹ Statistique monumentale du Calvados (volume 5)Chapitre 38 sur 113 · CANTON DE VILLERS-BOGAGE · texte numérisé non relu

CANTON DE VILLERS-BOGAGE

Le caDtoD de Yillers Bocage borde au nord celui d*Évrecy ; nous allons donc le parcourir avant de décrire le canton de Tilly-sur-Seulles qui lui fait suite, en remontant au N.-hl. : il se compose des 24 communes suivantes :

Amayé-«ur-Seulles .

Arry.

Banneville-sur-Ajon .

Bonnemaison.

Gampandré.

Gourvaudon, autrefois

Savenay.

Épinaysur>Odon.

Landes.

Le Locheur.

Longvillers.

Maisoncelles-Pelvey.

Maisoncelles-sur-Ajon.

Mesnil-au-Grain.

Missy.

Monts.

Noyers.

Parfouru-sur-Odon.

Saint-Agnan-le-Malberbe.

Saint-Louet-sur-Seulles.

Tournay.

Tracy-Bocage.

Yalcongrain.

ViLLERs-BoGAGE, çhef-Ueu.

Villy.

Nous allons examiner rapidement ces diverses localités, en commençant par celles qui sont les plus voisines de Hamars et de Saint-Martin-de-SalIen, communes par lesquelles nous avons terminé le canton précédent.

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VALCONGRAIN.

If

Valcongrain, Vallis Ongrini,

La petite église de Valcongrain ne sert plus au culte, la paroisse étant pour le spirituel réunie à Campandré ; elle est très petite et sans intérêt. La nef pourrait, en partie, remonter au XIV* siècle; au moins les chapiteaux d'une porte latérale, la seule partie qui offre quelque caractère, semblent indiquer cette époque. Le chœur est peut-être postérieur à 1600 ; il n'y a pas de tour. En somme cette église est une des plus petites de la contrée.

Le patron était Saint Jean-Baptiste.

Le prieur et les religieux de Saint- Vigor nommaient à la cure; le curé percevait toute la dîme.

il est fait mention de Valcongrain dans la charte d'union du prieuré de Saint-Vigor, près Bayeux, à l'abbaye de Saint- Bénigne de Dijon, en l'année 1096. Cette charte et celle du duc Robert-Courte-Heuse, de la même année , l'appellent Ecclesia de Cologrino : elles nous apprennent que c'était Odon, évoque de Bayeux, qui avait aumône le patronage et les dîmes de cette église au prieuré de Saint-Vigor.

CAMPANDRÉ.

Campandré, Campus AndrecBy Campandrieu.

L'église de Gam pandré, située dans un vallon de la partie la plus montueuse et la plus élevée du Calvados, doit être abattue et reconstruite très prochainement de fond en comble : elle offre d*ailleurs très peu d'intérêt.

2jt4 STATISTIQUE MOMUMEIlTAhE DU CALVADOS.

L'abbaye du Plessis nommait à la cure.

Campandré faisait autrefois partie du doyenné de Vire et de la sergenterie de Saint-Jean-le-Blanc.

Camp romain, — Sur une éminence à l'ouest de Téglise, de laquelle on jouit d'une vue très étendue, on distingue un camp très probablement romain, que j'ai décrit dans le second volume de mon Cours. d'Antiquités (p. 323), et qui se trouve figuré sur la pi. XXXI du même volume. Ce camp , que j'ai exploré il y a 20 ans, a été depuis défriché et labouré par le propriétaire, M. de Vaucassel ; mais le vallum du camp a servi de clôture et a été planté d'arbres, de sorte que l'enceinte est conservée à peu près intacte.

On a trouvé quelques médailles romaines à peu dé distance de ce camp.

Le petit château de M. de Vaucassel, près du camp romain, et le massif d'arbres verts qui l'avoisine se voient de très loin. De là aussi la vue est extrêmement étendue, puisqu'on distingue l'embouchure de la Seine et le Havre, à une distance de 15 lieues. Ce point doit être à plus de 900 pieds au-dessus du niveau de la mer.

BONNEMAISON.

Bonnemaison, Bona Domus.

L'église de Bonnemaison est moderne avec fenêtres carrées et paraît avoir été reconstruite de fond en comble au siècle dernier. La tour à l'ouest est couronnée d'une pyramide en ardoise.

Cette église est sous l'invocation de Saint Martin. Le prieur du Plessis-Grimoult nommait à la cure.

Il y a eu une chapelle titulaire de Saint-Michel au

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TÎllage de la Suhardière ; le titre en fut transféré, en 1714, à la chapelle du château d'Aulnay, à la requête du maréchal de Tessé, baron d'Aulnay.

COURVAUDON.

Coùrvaudon, Saveneium, Savenay.

Cette paroisse s'appelait autrefois Savenay, et ce nom est demeuré à un de ses villages qui avait un fief noble. Coùrvaudon n'était qu'un hameau ide Savenay quand la famille Anzeré, qui y possédait un Ûef, fit prévaloir ce dernier nom.

Coùrvaudon fut érigé en marquisat en 1690, en faveur de M. de Coùrvaudon, président au parlement de Rouen.

L'église de Coùrvaudon offre peu de caractère ; Tarcade, entre chœur et nef, repose sur des colonnes dont les chapiteaux annonceraient pourtant le XIIP siècle ; on voit aussi au chevet deux fenêtres bouchées en forme de lancettes. Il y a des reprises modernes dans Tes murs.

La tour latérale au nord, avec couronnement en bâtière, peut dater 4u XV®. siècle au plus.

Le patron est Saint Martin. L'abbaye du Plessis nommait à là curé et percevait les dîmes; le prieurçuré en avait le tiers, les deux autres tiersf appartenaient à Tabbaye .

D'après une charte de Philippe V, roi.de France, Sï^yeaay était une fiefferjpae, redevable au domaine de la couronne d.'une rente de d5 liv. 19 s; â d^en..^ laquelle fut donnée avec d'autres à la Sainte-Chapelle de Paris en juin* 1318. . . /

Alix de Cauville, fllle de Jean, seigneur de Courvaudon, et de Jeanne MalQllàtre de Curcy, porta cette terre à son mari, Jean Ânzeré, seigneur de Baron, qui fit preuve d'ancienne noblesse en 1463; elle avait été mariée auparavant à Simon de Villiers, seigneur de Mutrecy ; elle flgure avec son mari dans des contrats du 12 octobre 1440 et du 24 janvier 1444.

Dans l'aveu rendu par Tévêque de Bayeux en 1453 , il est dit que Jean Ânzeré et sa femme, héritière de Jean de Cauville, tenaient par foi et hommage de la baronnie du Plessis un quart de ûef, nommé de CourvaudoUy assis es paroisses de Savenay et Bonnemaison, redevable à l'évèché par chacun an de 10 liv. de rente à la Saint-Michel : il est dit dans le même aveu que le prieur et les religieux du Plessis, tiennent de la même baronnie une portion de fief, nommé le fief au Bigot, dont le chef est assis à Savenay, et pour lequel ils doivent audit évèque prières et oraisons (1).

(1) Jean Anieré, seigoeur de CoorYaudoo, était fils de Simon Anzeré, vicomte d*Evrecy, garde do scel deti obligations dudit lien ; ses armes étaient d*azur à 8 tètes de léopards d*or ; il fut père de Simon Anieré, seigneur de Gourvaudon et du Bois-Normand ; sa femme Ait Isalwau Patry.

Pierre Anieré, seigneur de Courfaudon, épousa Bttennette Leforestier.

Geoffroy Andréa seigneur de Gourvaudon, eut pour femme Jacqueline Ttiibout ; il sortit de ce mariage Philippe Anieré, curé d*fipinay, et François, qui fut reçu président au parlement de Rouen le 17 juillet liSi, sur la résignation de Nicolas Damours, dont il afait épousé la fille ; il mourut en 4607.

Gilles Anzeré, sbn fils, conseiller aux requêtes et avocat-général, fut reçu président la même année ; il mourut en 1629.

François Anzeré, chanoine de Bayeux et conseiller au parlement de Rouen, où il fut reçu en 163 A, mourut en i66A.

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La terre de Courvaudon, l'uQe des plus considérables du département, appartient aujourd'hui à M. le marquis de Longaunay, dont la fille unique a épousé M. le marquis de Briges.

MESNIL-AU-QRAIN.

Mesnil - au - Grain , Menillum Ongrini , Mesnil Ongrin.

L'église, sans intérêt, ne doit pas être antérieure à 1600.

L'autel orné de colonnes torses porte la date de 1680.

La tour placée à Touest est en charpente couverte d'ardoises et forme une pyramide à quatre pans peu élevée. Dans la nef on trouve un plancher droit avec poutres et soliveaux comme dans une maison privée ; ce qui évidemment est peu ancien.

L'église est sous l'Invocation de Saint Ouen. L'évêque de Bayeux était patron collateur de la cure.

Thomas Tesson de Hérouville et Âlitia^ sa femme confirmèrent au prieuré du Plessis tout ce que leur avait donné Raoul de Malherbe, fils de Robert de Malherbe du Mesnil-au-Grain, consistant en rentes. Radulphe Malherbe ratifia ces donations en 125S.

L'abbaye d'Aulnay avait aussi des biens au Mesnilau-Grain par donation des Hugues de Malherbe.

Charles Anzeré, fils de Gilles, fut reçu conseiller au parlement de Rouen en 1636, il mourut sans postérité.

Olifier Anzeré, seigneur de Courvaudon, fut conseiller en 1615 et mourut en 1 681. Maximilieii-Coostantin Anzeré, président à morliei* au parlement en 1708, mourut doyen de -sa compagnie en 1762*

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