CA!<TON DE VILLER8-B0GAGE
femme, Guillaume Malherbe, père d*Alix, dame de Saint-Agnan, alliée à Jean de La Haye, seigneur et baron de Coulonces, près de Vire, qui mourut en 1417 (1).
M AISONCELLES-SUR- A JON .
Maisoncelles-sur-Ajon, MansuncellcBy Mansiuncellœ.
Le chœur et la nef de Téglise de Maisoncelles sont extérieurement ornés d'une corniche à médaillons géminés sous une arcature en ogive. Quoique les murs latéraux aient été retouchés, que plusieurs larges fenêtres aient été substituées aux fenêtres anciennes, et qu'il soit ainsi difficile de décider l'époque à laquelle appartient cette église, je pense qu'on doit la rapporter en grande partie au XIII* siècle. Les colonnes de l'ar. . cade, entre le chœur et la nef, et une porte latérale bouchée, peuvent confirmer jusqu'à un certain point cette opinion. C'est, du reste, une église d'une impor-
(1) Le baron de Cktulonœs eat trois filles : par Pacte de partage, fait en 1658, la cadette eut la seigneurie de Saint-Agnan, qu*elle porta par mariage dans la maison de Tournebu ; elle épousa depuis un seigneur de Feuguerolies. Geoffroy-f ouis et Guillaume de Tournebu firent des partages avec leur frère utérin, de la fortune de leur mère, devant le tabellion deSaint-Lo, en octobre 1475. Les fils de Tournebu eurent dans leur lot les baroimies d*Asnebec, de Conlonces et les terres de Saint-Agnan-le- Mal herbe. M. Dupont de Saint-Agnan, qui leur succéda, eut deux filles qui partagèrent la seigneurie et le patronage, et les ont portées par mariage, Palnée dans la fiimille d*Anieré de Courvaudon, l'autre dans celle du baron d'Aulnay. (V, let Notes manuscrites de Beziers), Voilà pourquoi le patronage s^exerçait par deui familles*
tance médiocre et dans laquelle il y a peu de détails à observer; la tour, à Touest, est sans caractère.
L'église de Maisoncelles est sous l'invocation de N.- D. et de Saint Sulpice; la cure était à la nomination des Yacogne, seigneurs du lieu. Le curé percevait la dîme; il était chargé de faire 200 liv. de rente à l'abbaye de Villers-Ganivet et 50 au prieur des Moutiers.
A peu de distance de l'église, au nord, se trouve une maison du XV' siècle, servant aujourd'hui à usage de ferme et connue dans le village sous la dénomination de la grande maison^ parce qu'elle est plus élevée que les autres. Elle est très bien conservée, et n'a pas reçu d'additions ni de restaurations; elle est d'ailleurs d'une grande solidité et construite en matériaux qui ne comportaient pas beaucoup d'ornements.
M. Boscher, curé actuel de Maisoncelles, fait partie de la Société pour la conservation des monuments; il possède quelques objets anciens et un bahut en chêne, de la fin du XVI' siècle probablement, qui n'est pas sans intérêt et dont la décoration est conforme à celle que l'on trouve sur les boiseries de la même époque.
On vient en pèlerinage à Maisoncelles le 17 janvier et le f dimanche de septembre, à cause d'une fontaine qui est près de l'église et qu'on appelle fontaine Saint- Sulpice,
En 1247, le seigneur de Maisoncelles, Robert Le Breton, fit un testament dont quelques passages me paraissent assez curieux pour être rapportés textuellement.
f Ego Robertus dictus Brito miles de Messoncelles € super Ajon, compos mentis, etc., lego et concedo € terrae sanctae x libras Turonenses; ecclesiae Bajocensi
GAIITON DI YILLBRS-BOCAQB.
ad fabricam dictae ecclesiae x solidos Turon. ; ad fabricam ecclesiœ Fratrum minoram de Cadomo unum sextarium frumenti ad mensuram Cadomi ; Fratribus predicatorlbus de Cadomo unum sextarium frumenti ad mensuram Cadomi; Hospitali domus Dei Cadomi unum sextarium frumenti ad eamdem mensuram; Fratribus minoribus Falesiens. ii solidos Turonenses; Decem leprosariis propinquioribus domus meœ de Messoncelles x solidos Turon. ; Âiano armigero meo palefridum meum et arma mea; Thomae garcioni meo très solidos Turon : pro quibusdam restitutionibus erogetur pauperibus xxx solid. Turon. ; per consilium Thomae dicti barbaii, guiardianiFveiirixm minorum Cadomensium, Abbatiœ de Alneto in qua eligo sepulturam meam viii solidos Turon. annui redditus. Lego insuper dictœ abbatiœ lectum meum cum linteis, culcitrâ quadam pictà et quodam coopertorio » (1).
BANNEVILLE-SUR-AJON.
Banneville-sur*Ajon, Bamemlla,
Le chœur de cette église paraît en partie du XIP siècle. Des modillous se voient sous la corniche extérieure.
La nef a été reconstruite en grande partie, autant que j'ai pu en juger par l'inspection des murs extérieurs.
Une tour moderne s'élève à TOuest.
Cette église est sous Tinvocation de Saint Melaine;
(1) Extrait du cartuUire de l'abbAye d'Aulnay.
eTATIBTlQUS HONDHENTALB DU
l'abbaye d'Aulnay nommait à la cure el percerait les
deux liera de la dime; l'autre tiers appartenait au curé.
Chapelle Saint-Clair. — Il existe à Bauneville, près
de la grande route allant à Aulnay, une chapelle titu-
Chapelle Saint^Clair.
laire de Saint Clair et de Saint Jacques, qui était à la présentation du seigneur; cette chapelle, dont voici l'esquisse, est précédée d'un porche et surmontée d'une tourelle assise sur le sommet du gable occidental ; ce clocheton doit être postérieur à l'ensemble de l'édifice, qui annonce le XII1° siècle. L'ogive du portail méridional est remarquable par
C4NT0II DE VILLEHS-BOCAGB.
lés lobes qui se desainent de chaque câté sur les impostes. Au milieu du tympan, sous uae arcade trïlo' bée, on distingue une figure très frusle, vraisemblablemeat celle du patron. Deux auges eacensent cette figure dont la léte est mitrêe (1) ; dans les murs latéraux sont des
fenêtres en forme de lancettes, ornées de eolonnettes du côté du sud. sans colonnetles du côté nord. Le côté du nord se dislingueericorepar sacornicheà modillons, tandis que, du côté suil, la corniche taillée en biseau, repose surune frise ornéede trèfles sculptés en creux. Ce côté paraîtrait se rapporter au XIV' plutôt qu'au XIII' siècle.
Une large fenêtre à plusieurs baies, dans le style du XIV* siècle, occupe le chevet.
Il se tient une assemblée près de la chapelle, et Ton y loue des domestiques à l'époque de la Saint-Clair.
D*après Tabbé Be La Rue (notes manuscrites), une famille Dajon possédait la seigneurie de cette commune, vers la fin du XIV' siècle ; elle était héritière des Combray et des Clinchamps.
B*après Taveu de Richard de Tournebu, baron de La Motte, rendu en 1414, les héritiers de M. Hue de Vierville, seigneur de Banneville, relevaient de la baronnie de La Mothe de Cesny. Bame Elisabeth de Maupeou, veuve de Pierre de Montmorency, comte de Laval, tué, le 26 juillet 1757, à la bataille d'Hastembech^ était, au siècle dernier, dame honoraire de Banneville-sur- Ajon.