‹ Statistique monumentale du CalvadosChapitre 111 sur 130 · BLAY · texte numérisé non relu

BLAY

Blay, Bladum.

I/égiise de Blay se compose d*une nef assez longue , à laqtiellc on a accolé , du côté du Sud , une grande chapelle communiquant avec elle par quatre arcades ogivales portées sur des colonnes monocylindriques, et d'un chœur plus élevé éclairé par des fenêtres divisées en deux parties par un meneau bifurqué au sommet. Une tour carrée , couronnée par un toit à double ^out en ardoise » est accolée au côté Sud de ce chœur.

La nef a été exhaussée dans toutes ses parties et l'on en a reconstruit d'autres. Des fenêtres modernes» semi-circulaires, y ont été pratiquées; mais en considérant l'appareil en arête de poisson qui existe dans les parties basses, elle devait appartenir au style roman.

La porte occidentale avait été établie au XIII*. siècle , le» colonnettes qui l'accompagnent ne permettent pas d'en douter ; l'arc ogival de cette porte a été supprimé par suite du percement d'une fenêtre moderne qui a descendu jusque dans le tympan de la porte.

Cette nef est divisée en six travées par des contreforts.

C'est vraisemblablement au XIII*. siècle qu'il convient d'attribuer la grande chapelle latérale ; elle est éclairée par trois fenêtres ogivales» On y entrait du dehors par une porte placée à l'Ouest et surmontée d'un oculus trilobé.

Le chœur , qui parait moins ancien , pourrait néanmoins

appartenir à la fin du XIII*. siècle ou au commencement du XIV*. ; il n'est pas voûté, on lambris cintré en bois dissimule la charpente.

La tour appartient à deux époques. La partie basse , décorée d'arcatures k pilastres dont les pierres sont séparées* ' par un ciment très-épais , qui est coloré et imite la brique entre les claveaux , peut dater du XI*. siècle et être rangé parmi les plus anciennes constructions romanes ; les étages moyen et supérieur sont moins anciens , du moins la forme des ouvertures qu'on y voit doit le faire supposer , car eUes appartiennent au système ogival.

La sacristie moderne , appliquée sur le chevet , est de forme semi-circulaire.

L'église de Blay est sous l'invocation de saint Pierre. L'abbaye d'Ârdennes en avait le patronage : les dîmes se partageaient par tiers entre cette abbaye , celle de Ste. -Trinité de Caen et le curé , qui avait en outre les verdages.

On voit dans la cour voisine du presbytère une grange et des constructions anciennes qui ont appartenu au prieuré.

Manoir de CUronde. A 3 kilomètres au Xord de l'église de Blay se trouve le manoir de Cléronde, remarquable par son architecture : les hautes cheminées couronnées de frontons , les denticules des corniches , les toits élevés des pavillons 9 la çrète du toit , les épis , annoncent un chiteau du temps de Louis XIV. On lit effectivement an-dessus de la porte qui accède au pavillon angulaire ta date 1659, gravée en très-beaux chiffres. Ce château est dans le même style qne celui de Douville, à Tessy, figuré p. 696, seulement l'importance des constructions accessoires , son beau jardin , au milieu duquel est une pièce d'eau en forme de miroir, lui donnent un aspect plus seigneurial encore.

Ce château appartenait, au XVII*. siècle, à un sieur de Cléronde, qui, d'après M. Lambert, faisait partie du Parlement.

CANTON DE TRÊVIËBBS. 705

membre da puriement 11 appartient aujoard'hai à M. Dnpoot-LoDgrais» anden président de chambre à la Gour d*appel de Gaen , officier de la L^on-d'Honnenr.

La partie habitée du châteao de Gléronde est parfaitement conservée : rintériear a été modernisé en grande partie. On voit cependant sur la cheminée d'un appartement da premier étage, ime peinture représentant une femme parée, conduite par un amoar , se présentant devant un personnage qui , à son vêtenoent garni d'hermine , se reconnaît pour on magistrat ; les mots : Vade rétro sortent de la bouche de ce personnage : il y a là, je crois, une allusion à la fermeté du juge qui ne doit jamais se laisser fléchir par les dames, même les plus coquettes et les plus séduisantes. Probablement les juges du XYII*. siècle avaient souvent à combattre ce genre d'influence.

Sur le sommet du toit du pavillon, dont la porte est surmontée d'une date , on voit , en guise d'épi, une statuette représentant un petit personnage couvert d'une armure , et que l'on appelle dans le pays BL de Gléronde. Gette petite statue a été dessinée par M. Lambert.

CROUAT.

Grouay , Croeiunu

On peut observer diverses choses curieuses dans l'église de Grouay , quoiqu'elle ait perdu , par suite de retouches et de réparations successives, une grande partie de son caractère. Elle se compose d'une nef à trois travées et d'un chœur à deux travées avec chevet droit, qui paraissent avoir été établis an XIII*. siècle.

Le chœur est voûté ; les colonnes qui supportaient les arcs croisés de la voûte ont été coupées pour gagner nn peu de i^acet

Ou c6té de l'évangile , on voit dans la muraille un encadre-

ment en pierre renfermant rinscription BuiTinte à h mémoire de Jcin Ou Moncel , curé do lien dans la première moitié do Xyil«. siècle :

ASTA VIATOB

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