R06BB BACON CHEVAL
AHB AELI8 DASNIEBBS
LLAME FIZ MONSEGNB
ON. CHEVALIB. E FIZ MADA ....
RE DE VILEBS. DEX LOB FACE . . .
Les lettres sont noires et se détachent sur un fond jaune , le tout recouvert d'une glaçure de plomb assez bien conservée. La forme de ces lettres annonce le XIV*. siècle : ce sont de belles capitales de cette époque.
710 STATISTIQUE IIOMUMKNTALB DU CALTADOS.
L*égli8e do Breuil est soqs l'inTOcation de Notre-Dame. L'abbaye d'Ardennes postait le patronage en 1207; elle percevait 1/3 de la dîme et laissait les 2/3 an prieor caré.
Les exploits da renard, dans le roman de ce nom, composé par Richard de Lison , poète de la première moitié da XIII*. siècle» ont lien en grande partie dans Féglise doBreoll, où le renard célèbre l'office en l'absence dn prieur.
BBEIIB8Q.
Bemesq, Bemeseum.
L'église de Bemesq est toot-è-bit insignifiante ; elle parait avoir été refaite presqne toat entière et manque complètement de caractère.
La toar latérale, terminée en bfttière, pourrait dater do XYIP. siècle oo tout au pins du XVP.
Cette église est sons l'invocation de saint Yigor. La cote se divisait en deux parties ; l'une à la nomination du sdgneor , l'autre à la cdiation du chanoine théologal de la cathédrale de Bayeox.
Ce chanoine percevait 1/3 de la dlme et les curés chacon un tiers.
Château. Le château de Bernesq a changé (riusieurs fois de mattre depuis quelques temps : M. le comte de Girardin le possédait il y a quelques années; il a passé depuis à M. Perier, et aujourd'hui M"^. Perier» remariée à M. de Yivès, en est propriétaire ; il est occupé par un fermier. C'est , comme on le voit , par le dessin ci-joint pris du côté de la cour , un très-joli château renaissance.
Ou côté opposé , la pente du terrain qui s'abaisse vers la rivière , favorise l'effet pittoresque de l'édiBce qui est plus sévère et garni de tours que l'on voit à peine dans le dessin que je présente. Le château de Bernesq était entouré de fossés.
CANTON DH TRÏVIÈBES.
Par la disposition de la constnictioo de la reDaisBance que nous feDons de figurer, à Tangle de la conr, et par la position des tours qui en garnissent les angles extérieurs, ce château présente de grandes analogies avec celui d'AgnenriUe , cité page 685.
BRIQUBVILLE.
BriqueTille, BrieûvUla, BrichaviUa.
L'église de Briqueville , reprise en sous-œuvre à diverses époques , et dont les murs ont été tout récemment surélevés et rebits en partie , n'offre d'intéressant que sa tour du XY*. siècle 9 déjà figurée dans le tome XII du Bulletim monumental 9 page 620.
Cette tour fort élevée , et qui date vraisemblablement de la fin du XY*. siècle, avait, il y a quelques années, perdu une partie de ses clochetons; une des fenêtres avait le plus grand besoin d'être consolidée ( Yoir le rapport que j'ai fait , à ce sujet , à la Société française d'archéologie) ; mais je pense qu'on y a fait depuis quelques réparations.
Une porte , aujourd'hui bouchée , mais dont les voussures et le tympan sont bien conservés, existe sous la tour, c'était autrefois une des grandes entrées de l'église : le tympan offre un bas-relief représentant rAnnonciation (Y. la page 713).
Il est à remarquer que le Yerbe sort d'un rayon lumineux sous la forme d'un fcetus qui se dirige comme une flèche vers le sein de la Sainte- Yierge.
Le donateur du bas-relief et peut-être celui qui a fait construire la tour est à genoux dans le tableau.
L'église est sous l'invocation de saint Pierre ; le seigneur nommait à la cure , le curé percevait les dîmes.
CANTON DE TBÉTIËRBS.
GOLOMBIÈRES.
Golombières, Colamberia,
L'église de Golombières est sans intérêt architectoniqoe. On y a refait des fenêtres arrondies et partout des reprises ; les murs ont perdu leur physionomie première, on ?oît cependant, par une porte romane qui s'ouvre du côté Nord du chœur et par des fenêtres en lancettes qui existent du côté opposé dans le mur de la nef, qu'une partie de rédifice date du XIK siècle et du XIII*. : la partie occidentale de la nef et une partie du côté Sud paraissent appartenir au XIV«.
La tour, appliquée du côté du Nord sur la dernière travée de la nef, est carrée et terminée par une pyramide à quatre pans dont M. de Cussy a trouvé la date (1691 ) : il n'y a d'ancien que la partie inférieure.
Une sacristie moderne s'appuie sur le chevet.
L'église de Colombières est sous l'invocation de saint Pierre. Le chanoine, dont le canonicat était assise Golombières, nommait à la cure et percevait les dfmes , à charge de faire une pension au curé (1).
(!) Une circoostance toute particttllére et atiez étrange, paraît avoir donné Uea. déi la première moiité da XII*. flècle, k l'abandon •Q profit du chapitre diocésain de la plut grande partie des droita du seigneur lur l^égliae paroiiffale. Robert , nefeo de Philippe de Conlombiérea , ayant tué Béatrii nièce de Philippe, éréque de Bajeui, une tranaaction eut lieu entre les deui oncl»*f devant Henrj, roi d'Angleterre et doc de Normandie, qui l'approuva. Philippe de Goulombléres convint de donner en perpétuelle aamène , à une certaine prébende , pour l*Ame de ladite Béatrli et pour restitution du dommage qu'il avait fiit, c*est k savoir : réglise de Goulombléres avec deuxièmes et troisièmes gerbes et autres appartenances ; il
CANTON Ofi TBÉVIÈBES. 715
ChâieaM* Le château de Gotombières a une grande répata* tioD de force dans le paya • et qiioiqa*oD ait exagéré aoD importance, il mérite pourtant d*6tre aignalé comme nne dea conatroctions militairea les plus notables de la Basse-Norman* die anx derniers temps de la féodalité.
Ce château a été retouché dans beaucoup de parties : les fenêtres surtout ont été défigurées ; mais le corps des bâtiments appartient, je crois, à la fin du XY*. siècle. Il se trouve à un ni?eau très-bas, au milieu des herbages de la riche vallée d*Aure; son enceinte carrée réguUère, est entourée de fossés pleins d'eau. Le principal corps-de-Iogis occupe le côté du Nord ; le res-de-chaussée est voûté et n'a p(^t été défiguré; les appartements des étages supérieurs ont au contraire été retoudiés vers le règne de Louis XIV, et depuis cette époque. Aux deux extrémités do ce bâtiment allongé « sont deux tours rondes qui protègent les angles de la
accorda en outre à l'église de Bajeux quatre muidi d*orge qu*il posiédait par droit d'héritage sur le moulin du Manoir, et des piéees de tene qu'il avait promis devant ledit Henry, roi d'Angleterre, d'oetroyerà l'égllae du Plessis , avec l'église de Plancbery (tic) ( Ptanquery ).
Au bas de cette transaction ou accord , se Ut la rallBcation par Tévéque de Bajeui, en date de tan tl47.
Nous a?on8 ainsi apprit que les puissants et riches Bacons étaient alors les teigneort de Colombléres.
Bo dépit des termes etpllcltes de cet arrangement , Dieu aaiti combien de fois depuis II fallut recourir à de nouveaui arbitrages en présence de l*évéque et du chapitre; Invoquer riolervenllon du bailliage, voire même du parlement. Tantôt 11 s'agit de droits purement honorifiques; tantôt de droits de pâture au marais, etc. Un de ces actes les plus anciens après celui déjà cité, est daté de l'an auquel i4)y'S roy des François priast le chemim pour aller en pèlerinage û Jérusalem»
( Hoie de M. le vieomie de Ciusy )•
place; celle da Nord-Ouest reDferme na appartemenl dont les décorations sont encore do XY*. siècfe. Sur le manteao de la cheminée on voit one guirlande de feuilles de choux frisés t dessinant une ogive en forme d'accohde : j'ai renuurque sur les murs du même appartement quelques traces de peintures , dont le dessin symétrique devait produire l'effet de nos parquets en feuilles de fougère ; l'autre tour ( celle du Nord) renfermait la chapelle.
La porte d'entrée se trouvait dans le côté oriental du carré.
On voit sous la porte des bancs en pierre pratiqués dans l'épaisseur du mur , pour les sddats de garde , et un guichet pour regarder ce qui se passait au-dehors.
De ce côté et du côté du Sud , il n'y avait pas de bâtiments, mais un mur de 8 pieds d'épaisseur, couronné dt mâchicoulis , et qui pouvait avoir 30 pieds de hauteur. En somme, le château de Golombières , n'aurait po tenir contre une attaque sérieuse , surtout contre l'artillerie.
Je ne serais pas surpris que quelques-unes de ses parties ne datassent que du WW siècle , car les possesseurs de ce château étaient alors très-puissants. En 1562, le sire de Golombières était un des chefîB les plus redoutables des protestants. Il fit piller le trésor de la cathédrale de Bayeux , brâlo' une quantité énorme de pièces et de livres précieux , et se livra à beaucoup d'autres actes de barbarie , qui ne sont pas encore oubliés dans le pays.
M. le vicomte de Gussy , dont la ^famille possède depuis long- temps la terre seigneuriale de Vouiily, près de Golombières, a fait des recherches étendues sur ce château , et nous allons lui emprunter un document important concernant les possessions atuchées à ce fief considérable.
« Le siège seigneurial de Golombières , dit M. le vicomte de Gussy, était un plein-fief de haubert. L'aveu fait en f 53&
CANTON DE TRÉVIÈRES. 717
par Jpan de Briquctillc , fils cl li<ïrJliei' en partie de feu
mesiire Gaillaume de BriqncTÎIIe , peut nous offrir une sorte
de moyenne par rapport aux diverses phases et périodes de
cette grande propriété. Voici cette pièce : « Messire Guillanme » mon père , en son vivant chevalier , seigneor et châtelain de Laune et Goulombières, confesse et avoue tenir du dit seigneur roy • par foy et par hommage, nnement et sans moyen, à cause de sa vicomte et châtelienie de Bayeux, sous le baillage de Caen, c'est à savoir : le fief et châtelienie de GouI<Hnhières, tenu par un plein fief de haubert, entier assis en la dite vicomte, aux environs et ailleurs où il s*étend noblement et franchement , tenu â cour, usage, justice et juridiction , circonstances et dépendances d'iceUe en toutes choses sans en rien excepter ny retenir. Auquel fief et châtdlenîe jay château et place forte clos do murailles, grosses tours, fossés à Tentour pleins d'eau, fermés à pont-levis et guet en iceluy ; hnitparoisses circonvoisioes sujettes au guet faict tant de nuit que de jour à la garde du dict château , savoir en les paroisses de Coulombières , Briquevilie , Bemesq , La Folie , SL-Marcou, Maistry , AgnerviUe et Ecrameville. Ensemble et en la seigneurie et châtelienie , j'ay honneurs , hommages, rentes et deniers ; grains , œufs , chapons, guelines et plusieurs autres espèces d'oyseaux; cire, moutons, gerbes d'orge et d'avoyne à prendre sur les sujets d'icelle seigneurie, etc. , etc. ; place de colombier , four à ban , place de moulins à vent , moulins à eau , rivières , étangs ; les hommes de la dite châtelleoie sont sujets au dit four â ban, à moudre aux moulins de ma dite seigneurie , etc. , etc. Item j'ay droit en mon dit fief et châtelienie, et à cause d'ycelle , de présenter aux bénéfices d'Ecramville et à la chapelle fondée de Notre-Dame nommée la Rauge-Brèque, située dans le château du dit lieu de Coulombières. Toutes et quantesfois que les cures et chapitre écheoient vacantes, soit par mort , permutation , résignation ou aultrement ,
CANTON DB TRËVlÈtE& 719
autti j'avois droit d*ancienneté de présenter à l'église de Goutombières par mes prédécesseorsaiilmonee aa chapitre de l'église cathédrale de Notre-Oame de Bayeoz » à raison de qooy j'ai droit de toutes drokares , dignités et liberté li la dite église de Goulombiéres comme seigneur et patron on donateur dn patronage d'ycelle église ; anssi ay à cause de ma dite seigneurie , droit d'école de taureau (?) et verbauncmère (T) « etc. » etc.
t Et sont tenues les terres et seigneuries qui ensuivent de ma dite terre de Goulombiéres noblement» nuement et sans moyen, \ cour et usage , savoir est : les hoirs Ricbard de Briqueville, escuyer , tiennent du dict fief par hommage le fief de Briqueville , assis en la vicomte de Bayeux , par un quart de fief de haubert , et m'en doit chacun an trois porcs gras appréciés à 00 sols tournois ; item, messire Gabriel d*Alegre , Gh". , à cause de sa femme, dn dict fief de Goulombiéres, un quart de fief noble assis à St. -Plerre-du-Mont, appdé le fief de Gaenchy , assis en la vicomte de Bayeux , etc. , etc. ; item , les hoirs Bernard de Pigny tiennent dn dit fief un quart de fief par hommage assis à Rampan et illec environ , en qnoy il m'est tenu en 50 sols tournois de rente. Item, messire Guillaume Acber tient du dit fief de Goulombiéres, à laMeaufle et environs, en la dite vicomte, une franche vavassorie contenant 100 acres de terre, par hommage, et m'en faict 60 sols tournois de rente ; item , les hoirs de Robert de Hottot escuyer, en tiennent par hommage, à St -Glair et environs , en la dite vicomte , un quart de fief de haubert , et m'en font par an 75 sols tournois et 1 chapon ; item , un autre Dottot tient un antre quart au dit lien de St-Ghdr et environs , etc. , nommé et appelé le fief Héronart, tenu du dit fief de Goulombiéres, qui vient an roy, notre sire, par forfaiture ou aultrement, et m'en est tenu de faire , etc. , 48 sols tournois de rente ; item ,
« François de BrîqaeTiile » mon frère aùné, tient da dil fief « et châtellenie» etc. , an qoart de fief assis à Fresnay, ap- « pelé le fief de Fresnay, assis en la vicomte de Gaen , et le « tient en parage. Item , moy , dit de BriqaevUle , tiens une « franche vavassorie contenant 60 ares de terre , assise à « Bernescq, La Folie, en la vicomte de Bayenx , à présent « tenoe réanye en la dite châtellenie. Item, les hoirs Jehan » Salles tiennent du dit fief, par hommage, un fief nommé a le grand fief de Coulombières , assis à Langrane ( Lan- « grnne 7 ) en la vicomte de Caen, et m*en fait 30 sols & deniers « de renie et un éperon doré ; iiem , Roger Snhart tient une < franche vavassorie , etc. , et m'en fait 22 sols 6 deniers I poor an antre éperon doré. »
Nous voyons encore fignrer successivement dans cet avea plusieurs familles qui étaient tenues à des redevances an seigneur de Colombières pour les fiefs qui en dépendaient.
« Les hoirs Jehan Lair , ont un francfief , nne portion de • dixme et autres héritages, à Longneville et environs ; les hoirs « Nicolas Snart (sic) , escoyer, nne fi^nche vavassorie, et c font 60 sols toarnois , 3 guelines et une livre de camm (i), « les hoirs Olivier de Crespon , an fief nommé le fief de la « Bodelaye, sis à La Folie , et en fait U9 sds 6 dmers de « rente. Et les dessus dits nommés soutenants à cause de « mon dit fief , châtellenie et seigneurie de Coulombières; ft me sont tenus de faire les rentes, faisances et redevances a des susdits avec reliefs , treizième , aydes cootumières , et « s'y doivent porter et contribuer au service à*ost quand 3 « écheoit, selon la coutume du pays, en quoy je sols teno et « comme plus à plain cy après sera déclaré.
(1) Cumin, condiment encore fort en auge en Angleterre dans la pàtisterie.
CANTON DE TRÊYIÈBES. 721
« Richard Sahart, escuyer, on ses hoirs, etc., un quart de « fief de haubert assis à Crouay , etc. ; item, Morin Gosselio, « un membre de fief assis à Fontenay-sur-le-Vey , etc. ; < item , au baillage de Gostentin , les hoirs Colin de Saussay , c escuyer , etc. , à Bequeirille et Espiney , un quart du fief « assis en la ?icomté de Valognes ; item , les hoirs de Colin « de Gennes, etc. , à Hié?ille et environs , au dit bailbge du ff Gostentin, en la vicomte de Carentan, un quart de fief, et s m*en est tenu de faire 20 sols tournois de rente, etc. , etc.
c Moy , dit de Briqueville , suis tenu et sujet faire au roy » « mon dit>9eigneur , UO jours de service pour ayder et garder « la pwte St-Escolasse quand il y a guerre en Normandie et « le roy, mon dit seigneur y fait sa semonce ; et mes vassaux • et soutenants tenus à m'ayder à contribuer aux frais d*yce11e c garde , lequel mon aveu et dénombrement cy dessus dé- « claré je confesse et avoue tenir du roy , nx>n souverain « seigneur , par foy et hommage et protestation expresse de « accroître le présent mon aveu si aucune chose en vient à « ma connaissance. En témoin de ce , j'ay signé ce présent « aveu de ma main et scellé du sceau de mes armes. Cy mis i le pénultième jour de décembre 153/L
a Signé DE Briquetille. »
«I On peut avoir par la pièce qui précède , continue M. de Gussy , une idée nette de l'importance de cette seigneurie dans la première moitié du XVI*. siècle.
0 Philippe de CiOlombières était seigneur châtelain avant Mkl. C'était, nous le croyons, un Bacon ^ un membre de cette puissante famille des Bacon du MoUay dont la riche héritière devait, deux cents ans plus tard, être Tune des causes de l'irruption des Anglais en Normandie, pour satisfaire l'implacable vengeance de Geoffroy d'Harcourt , frustré , dans^ ses ambitieuses prétentions en faveur de son neveu
722 STATISTIQUE IfOIfUMENTALE DU CALVADOS.
à qoî Jeanne avait piéféré le fik de Bertrand de Bricqaebecq.
« En 1 372, c'est Henri de Golombières qui fait aven aa roL
« Après cette date notre registre présente nne lacune dans la série des avenx , partant dans la liste des possessenrs des fieb de Golombières. Heareasement M. le président Peset nous vient en aide et nous apprend (1) que Henry V , par lettres-patentes du 12 février ikiS, dépouillait Olifier de Golombières de ses biens et de sa forteresse en foveur de l'anglais Richard Drayton , parce qu'il était resté fid^ à son suzerain : Qui adhue contra nos se tenei rebellem^ etc.
« Cependant, en 1450, après plus de 35 années, nous retrouvons les légitimes propriétaires remis de toutes parts en possession de leurs biens , non toutes fois sans traces de la perturbation des temps : ainsi , ce n'est pas encore on Golombières qui lait aveu le 2h novembre l&5li , mais bien Christophe de Chatillon (sic) pour Christophe Ctutiglùme. Et rin?entaire fait immédiatement après mention d'un contrat de l/i55 , par lequel Jean de Golombières a vendu à Roger de Briqueville, son oncle, le droit de retrait qu'il avait retenu en vendant la terre et seigneurie de Golombières à Christophe de Castillon (sic) par acte du 27 octobre 1452 , à la charge de 100 écus d'or de rente.
« Enfin , pour l'investiture définitive des Briqueville , nous trouvons , le 25 mai 1457 , une transaction entre les sieurs de Coulombières , de Briqueville et de Castillon (sic), par suite de laquelle Roger de Briqueville reste en possession de la chdtellenie, terre et seigneurie de Coulombières au désir du contrat de 1455.
(t) Étude f sur l'administration de la justice et l'organisation judiciaire en Basse - Normandie et particulièrement dans le Bessin , etc, , p. 3U , t. III def Mémoires de la Société d'ag'iCQiture de Bayeui.
CANTON DE TRÉVIËRES. 723
« Le 2 mai 1665, Gilles de BriquèviJle, seigneur de Coa- (« lombières » et plusieurs gentUsbommes de la religion pré- « tendue réformée constituent une rente de 20^ '^ , pour « Tentretien d'un ministre à Goulombières ; 100 "^ , près de « la moitié de celte rente , étaient pour le compte dudit sei- « gneur. »
« Mais déjà plus de trente ans auparavant un prêche avait été établi en-dehçrs du château , dans un des bâtiments d'une des fermes qui en dépendaient On lit, en effet, sur le linteau de la porte maintenant murée de cette pièce au rezde-chaussée , sur le chemin , et servant aujourd'hui de cellier , la date de 1631 et les versets 6 et 7 du chapitre ly d*l8a!e :
CHERCHEZ l'éternel, etC
• Antoine de Bricqueville, fils de Gilles mentionné plus haut, présenta un placet par lequel il demandait au roi don des 100 livres de la souscription paternelle en faveur du ministre protestant, plus des arrérages, pour l'aider h rétablir la chapelle ruinée par ses ancêtres de la religion réformée ; Antoine de Bncqueville s'était converti dès l'an 1678.
« La requête fut octroyée en 1690 : il obtint remise de la rente à charge de rétablir ladite chapelle , de la fournir de tout ce qui est nécessaire ; d'y faire dire la messe quatre fois la semaine , en ce compris les fêtes et dimanches (1).
(1) Noies de M. le vicomte de Cussj.
Le canton d'Isigny , par lequel nous allons terminer volome, comprend dans sa circonscription les vingt* communes suivantes:
Asnières.
La Cambe.
Ganchy.
Gardonyille.
Gartigny-Lépinay.
Gartigny-Tesson.
Castilly.
Su-Clément
Criqueville.
Deux-Jumeaux.
Englesqueville.
La Folie.
Fontenay.
Géfosses.
St. -Germain-du-Pert Grandcamp.
IsiGN Y ( chef-lieu ).
Uson.
Longueville.
Maisy.
St.-MarcouL
Mestry.
Monfreville.
Neuilly.
Osmanville.
Les Oubeaux.
St. -Pierr«-du-Mont.
Vouilly.
VOI7ILLY.
Vouilly, VouUeium,
Le chœur de Téglise de Vouilly appartient à Tarchitecture romane du XIP. siècle , la décoration en est assez remarquable : huit arcatures géminées avec des archivoltes ornées de moulures garnissent chacun des murs latéraux. L'arc triomphal n'est pas moins bien traité.
Les fenêtres romanes étroites , arrondies au sommet , existent encore da côté du Nord : on a rebit celles qui existaient au Sud. On remarque du côté du Nord , c'est-àdire du côté de ]a grande route' actuelle , une porte romane extrêmement élégante, dont l'un desirchivoltes est orné d'un double zigzag et l'autre de moulures eu losange ; le mur présente de ce côté des pierres en arêtes de poisson.
Ce chœur a été restauré tout récemment sous la direction de M. le vicomte de Cussy , membre de l'Institut des provinces , au moyen d'une souscription , d'un secours du gouvernement et d'une allocation de la Société française d'archéologie : le concours d'un homme aussi versé que l'est M. le vicomte de Cussy dans l'étude de l'histoire de l'art était une heureuse garantie pour la bonne exécution des travaux : aussi ont-ils été faits avec goût.
La nef est loin d'offrir le même intérêt que le chœur ; les fenêtres ont toutes été refaites : il serait difficile d'en indiquer l'époque, si quelques fenêtres étroites, bouchées aujourd'hui, n'indiquaient la fin du XIP. siècle pour les parties les plus anciennes, la tour, carrée, terminée par un toit en bâtière, qui occupe l'extrémité occidentale , laisse l'observateur dans la même incertitude. Je la crois moins ancienne que la nef. Elle renferme une cloche du siècle dernier , donnée par le grand-père de M. le vicomte de Cussy et sa femme , Henriette de St. -Simon-Cour tomer.
Au-dessus d'un bénitier accolé à l'entrée latérale qu'on y voit , du côté du Sud , se trouvent encore quelques lignes consacrées à la mémoire du célèbre mathématicien Paschnl Duhamel qui florit sous François I". , ainsi que nous l'apprend le poète Robert de Roques de Braventin dans son Miroir de V éternité , comprenant les sept âges du monde.
Duquel roy Jut choisi pour ses lecteurs Maistre Paschal Du Hamel , grand docteur ,
JVtf de Fouiily , assez petit village En Normandie où est son parentale.
Lequel faisait lectures publiques Dedans Paris es arts mathématiques.
Quoique plusieurs seigneurs de Vouilly aient été iobumés dans le chœur , d'après des documents certains , il ne s'y trouve plus une seule pierre tombale avec inscription.
On a trouvé dans le cimetière un grand nombre de cercueils en tuf ( probablement en tuf de Sainteny , calcaire tertiaire de la Manche ).
L'église de Vouilly est sous l'invocation de Notre-Dame. Le chapitre de la cathédrale de Bayeux nommait à la cure et percevait les dîmes , à l'exception du tiers de celles qui provenaient du fief de l'If.
Château, Le château actuel de Vouilly, qu'on aperçoit de la route départementale, à laquelle aboutit une de ses avenues, est une construction de la deuxième moitié du siècle dernier : de larges douves pleines d'eau , des tours et un pont-levis subsistaient encore an commencement de celuici ; c'étaient les restes du château qui avait précédé et qui vraisemblablement appartenait au XVI*. siècle.
Robert Wace cite les seigneurs de Vouilly parmi ceux qui accompagnaient le duc Guillaume à la conquête de l'Angleterre. On ne sait à quelle époque la famille citée dans le Roman de Rou a quitté le pays. Le fief de Vouilly , avec ceux d'Étreham et de Haut-tManoir , formait 1/3 de fief de chevalier au XV*. siècle, d'après les aveux rendus à l'évêque de Bayeux pour la baronnle de Neuilly.
Dans le XIV*. siècle, on trouve les Montfiquet en possession de la terre seigneuriale de Vouilly ; ils sont remplacés , au XV*. siècle, par la famille de Cussy qui la possède encore.
Cette famille ancienne et bien alliée a produit un grand nombre d'officiers dans les armées de terre et de mer , de
chevaliers de Malte et de St- Louis, des membres distingués du clergé.
Parmi les membres de cette famille qui existent , nous citerons avec plaisir notre savant confrère , M. le vicomte Fritz de Gussy, ancien o£Bcier supérieur, commandeur de Tordre de St. -Grégoire, chevalier de St. -Louis, officier de la Légion-d*Ilonneur. '
Il y avait à Youilly plusieurs autres fiefs, qui sont : celui de Béatrix , mentionné par Montfault ; celui de Prétreville ; celui de Hamecourtf qui a long-temps appartenu aux d'An* neville de Ghi£tevast ; celui de l'If , qui appartenait aux Cussy avant leur entrée en possession de la terre seigneuriale do château, et qui appartint plus tard aux d'Héricy (1), et enfin celui de la Bazonnière.
MBSTEY.
Mestry, Mastreium, Mestreium.
L'église de Mestry est en forme de croix , avec une tour carrée terminée par un toit à double ^oul ; elle appartient, probablement, à plusieurs époques , et quelques parties sont modernes, mais le style du XVI*. siècle , ou de la fin du Xy\ , domine dans le chœur et dans la nef.
Une inscription en lettres gothiques, gravée au-dessus de la porte occidentale , atteste d'ailleurs que ce gable a été faict en l'an mil F«« XXXVI ( 1536 ) en l'honneur et rêveronce de Dieu et de Marie.
Les contreforts appliqués sur les angles de la nef et des chapelles du transept viennent confirmer cette date, aussi bien que les compartiments de quelques fenêtres qui subsis-
(I) L«i lerrc de l'If a été achetée par feu M. le comle Théodose d'Otieville, receveur-général du Calvados ; elle apparllent à ta fille M«*. la comtefse de fumllhac.
tent encore et que les voûtes des deux chapelles du transept, auxquelles on remarque de petits pendantifs.
Le reste de l'église n'est pas voûté.
En 1850, M. l'abbé Le fiosq, qui était alors caré de Mestry, a mis au jour, par l'enlèvement d'une épaisse couche de badigeon, les armoiries des anciens seigneurs patrons de la paroisse, et deux peintures murales dans les chapelles du Nord et du Midi.
L'église de Mestry est sous l'invocation de Notre-Dame. L'abbaye de St.-Lo nommait à la cure; le prienr curé percevait les dîmes , à charge de payer au chanoine de Coiombières 36 boisseaux d'orge et autant d'avoine.
Faits historiques. Picard, dans ses notes sur l'historien Gaiilaume de Neubridge , dit que Hubert Waultier , archevêque de Cantorbéry et grand-chancelier d'Angleterre , avait fait sa profession monastique dans l'ordre de saint Augustin , en 1193 , à Mestry, prieuré -cure dépendant de l'abbaye de St.-Lo.
« Il y avait , dit M. le vicomte de Cussy , plusieurs fiefs « nobles à Mestry : celui de la Bretonnière , appartenait au (* XVP. siècle à la famille d'Écajeol. Noble homme François « d'Écajeul , chevalier de l'ordre du Roi , sieur de la Bre- « tonnière, était député de la noblesse de la vicomte de « Bayeux aux États des Normands tenus à Rouen en 1583.
• Mais le fief principal était celui de Semilly , appartenant « aux Boran. Thomas de Boran , qui avait suivi Bertrand « du Guesclin en Espagne , se distingua tellement à la bataille « de Monliel, le l/i mars 1369, que Henry de Transtamare, « qui y gagnait la couronne de Castille , changea les armoi- N ries du chevalier français jusqu'alors de gueules à 3 étoiles « d* argent p contre celles d'argent au Lion rampant de sable « armé et lampassé de gueules , accompagné de 3 (êtes de
< maures de profil aussi de sable , entortillées d'argent et
< posées 2 et i. C'est là Técusson retrouvé sur la litre de > l'église. D'autres .écnssons, également mis à nu par l'enlè- « vement du badigeon, sont peut-être les armes des d'Es- « cajeul, je n'ai pas eu le temps de vérifier le fait : en 1790, « le seigneur et patron de l'église était le marquis de Pierre- « pont, au droit des Boran de Silly (1). »