‹ Statistique monumentale du CalvadosChapitre 28 sur 130 · LB 1*'. MAI 18Â · texte numérisé non relu

LB 1*'. MAI 18Â

DIBO ROOS AVAIT DONNB

BII LUI un PA8TBCB SBLOR

SON CGBCB.

Oq ne trouve pas Téglise S^.-Anne mentionnée dans le pouillé du diocèse de Bayeux , parce qu'elle dépendait du doyenné du Val de Vire qui » lui-même , faisait partie du diocèse de Goutances.

Il y avait autrefois , à Vire » trois couvents de fenmies et deux d'hommes, savoir : les Gordeliers, établis en IftSi ; les Capucins, qui dataient de 1625 ; les Ursulines de 1631 ; les Bénédictines, de 16A6.

Les bâtiments du couvent des Gordeliers furent achevés en 1&91 , et l'église fut consacrée , sous le titre de saint Michel, le 20 mai 1500 , par Guillaume, évêque de Porphyre. U est sorti de ce couvent plusieurs religieux distingués par leur érudition. En 1568, les Calvinistes firent mourir cinq religieux de cette maison et y firent de grands dommages. On lisait ce qui suit sur une poutre sculptée de l'église aujourd'hui démolie :

L*an mil cinq cent soixaote-liuit Ce temple fat destmit; L*an 8ui?aBt, que Ton dit, Langevln me restaurit.

L'hôpital général, auquel on accède par la rue tendant à Yassy et à Gondé-sur-Noireau , fut établi l'an 1683.

L'hôtel-Dieu , qui avait été fondé vers le milieu du XII*. siècle, fut occupé, en 1661, par des religieuses hospitalières.

Château. — La jolie place située près de l'église Notre- Dame occupe l'étendue de l'ancien château.

CANTON DE VIRE. lOS

Ce châleao , reconstroit au XIP. siècle par Heuri I^. et situé sur une presqnlle rocheuse , comme ceux de Falaise et de Domfroot , était inaccessible de tous côtés , excepté de celui qui regarde la vîUe et par où le cap s'attache aux pla* teaux Toîsins. Mais un fossé profond et d'épaisses murailles, fortifiées par des tours , en défendaient l'approche. Deux de ces tours , qui flanquaient la porte d'entrée » avaient plus de 60 pieds de hauteur. On entrait d'abord dans une première enceinte où se trou? aient des logements et des écuries ; plus loin était un second fossé avec un pont-leTis , pour entrer dans la seconde enceinte , qui était garnie de bons murs avec trois tours. Il y avait entre les deux autres tours une chapelle dédiée à saint Biaise. Â l'extrémité opposée et sur la pointe du rocher se trouvait le donjon , dans lequel on entrait par {doâeurs degrés.

La plupart des fortifications ont été démolies en 1630, par les ordres de Richelieu.

Ce fut à la même époque que le donjon fut démantelé ; il était divisé en quatre étages. Au rez-de-chaussée se trouvait un escalier maintenant complètement détruit , qui accédait au premier étage et à une galerie pratiquée dans l'épaisseur du mur» d'où partaient sans doute des escaliers tournants , donnant accès aux deux étages supérieurs. On remarque dans la partie des murailles qui répond au premier étage une vaste cheminée, près de laquelle était une fenêtre qui a été élargie long-temps après la fondation de la tour.

Au troisième étage sont deux fenêtres; le quatrième étage n'offre que des ouvertures étroites.

Les murs de ce dernier étage étaient beaucoup moins épais que les autres, de sorte qu'on avait pu ménager à l'extérieur de la tour et à un niveau correspondant au plancher, un trottoir. Ce trottoir est encore garni de consoles ou de longs mo« diUons saillants, qui ont probablement supporté un mur en

eocorbeliemeDtt de manière qu'il restait eotre chacan d'eux one ouverture pour laisser tomber des pierres ou autres corps pesants sur ceux qui auraient tenté d'assaillir la tour. On trouve dans l'altas de mon Cours d'antiquités monumentales une vue des ruines du donjon telles qu'elles existent aujourd'hui

M. d'Isigny a , dans un mémoire remarquable sur le château de Vire » indiqué les principaux faits de l'histoire militaire de cette ville, depuis le XIP. siècle. Durant les guerres de religion, la ville fut exposée aux ravages des Calvinistes. Elle fut prise el reprise plusieurs fois. Montgonunery s'en empara, dès le comnaencement des troubles » en 1562 ; il pilla et enleva le trésor de l'église. Le duc d'Estampes h reprit sur Montgommery, et Montgommery s'en empara une seconde fois en 1563. La ville fut encore prise et pillée, pour la troisième fois , par Montgommery , en 1568.

Vire prit part aux troubles de 1639, qui agitèrent presque toutes les villes de Normandie, au sujet des va-nu-pieds.

Elle était menacée du pillage par l'armée du roi , sous les ordres de Gassion , qui venait pour punir ses habitants ; mais elle en fut préservée par la prudence et la sage conduite de Philibert-le-Hardi , avocat du roi.

En 1759 , un incendie réduisit en cendres une partie des faubourgs de Vire.

Nous avions beaucoup de notes sur Vire, mais nous passons rapidement sur Thistoire des villes, qui nous entraînerait trop loin et hors des bornes que nous impose notre titre : Statistique monumentale.

D'ailleurs M. Le Marchand, M. le docteur Mury et plusieurs honorables habitants de Vire, ont réuni de nombreux, documents sur l'histoire de leur ville natale , et nous espérons qu'ils publieront le résultat de leurs recherches.

CANTON DB TIBB.

GOULONCES.

Gooloocea , ColoncU^ OncoUmcia , CoUmce.

L'église de Goulooces se compose , comme le pJan ci-joiût

i'indiqoe, d*im porche placé à l'extrémité occidentale* d'aoe nef et d'un choeur rectangulaires, ayec une tour élevée sur la première travée du chœur. Elle offre un plan régulier et appartient en grande partie au XIII*. siède , sanf le porche.

L'arc extérienr du porche est orné de chaque oOté de trois colonnettes à chapiteaux tournés, supportant deux archivoltes à chanfrein droit Cette description pent an reste s^apphquer à presque tous les porches des environs

de Vire. Sous le porche est le bénitier , que Pon rencontre quelquefois dans cette contrée placé ainsi à l'extérieur.

La porte d'entrée sous le porche est des plus simples , ce qui est encore habituel dans cet arrondissement Le gable occidental de la nef était percé de deux lancettes surmontées d'un oculus, lorsque rétablissement du porche a fait boucher ces ouvertures. La nef se compose de trois travées ; elle a conservé ses fenêtres-lancettes du côté Nord, mais au Sud on les a remplacées par des fenêtres à doubles baies. Les deux premières se composent de deux ogives sous une plus grande, mais elles ont une double archivolte de chanfreins creux , ce qui pourrait les faire reporter au XV". siècle. La troisième fenêtre est flamboyante. La charpente de la nef est fort belle. Le

106 STATISTIQUE MONUMENTALB DU GALYADOS.

chœur est orné de colonnettes à chapiteaux à crochets et offre de beUes Yoâtes; les fenêtres du Midi sont flamboyantes (1) , mais au Nord ce sont encore les fenêtres primitifes, à meneaux bifurques comme les deux fenêtres refiutes à la nef , mais à chanfrein droit et n'ayant qu'une seule archivolte. Âu Sud du chœur est une petite porte ogivale à colonnettes avec bases sans chapiteaux.

Le clocher offre deux étages au^essus du chœur : le premier est éclairé de meurtrières sous de grands arcs fort simples, sans base ni chapiteau. L*étage du beflh>i présente sur chaque face une ogive dont le fond de l'em* brasure est occupé par deux fenêtres tréflées très*allongées; le tout est couronné d'un toitenessente et ardoise. L'escalier du clocher, placé au Nord , a son entrée contre le second pilier du chœur et présente une assez grande saillie à l'eX' lérieur.

Au bas de la nef» sous la corniche , est une petite fenêtre carrée (environ 2 pieds) ; déjà plusieurs fois nous avons rencontré des ienêtres semblables au point de jonction du chceur et de la net A SL-Jean-le-Blanc, une fenêtre est placée aussi entre chœur et nef, mais fort bas* et pourrait avoir quelque rapport avec ce que les Aillais appellent Unv side window. Tous ces exemples et plusieurs autres sont placés au Sud, et servaient peut-être à éclairer soit une tribune , soit un jubé. Les autres constructions modernes sont deux grands contreforts au Nord du chœur et une porte nouvdiement percée au Sud de la ne£

Voici quelques-uns des tombeaux que l'on voit dans le sanctuaire :

(1) Celle da laoctualre porte la date ja.i^3ir ( 15S0 ).

CANTON DE VIRE. 107

Qfl.DBCIDA.LI . 8 . 10VR.DAVBIL.i666.

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Il est probable que ces pierres ont été changées de place , aotrement on ne s'expliquerait pourquoi le cordonnier Herel aurait été enterré dans le sanctuaire. Les instruments de Tétai du défunt sont représentés sur son tombeau.

De même sur l'autre on Yoit des ciseaux. L'indication de la contagion de 1627, dont fut atteinte la défunte Durand» est aussi à remarquer.

Plusieurs tombeaux de cette (^lise et de celles des environs présentent des bénitiers à leurs extrémités « comme en Bretagne.

L'église de Goulonces était sons l'invocation de saint Gilles; le seigneur nommait à la cure. Dans l'origine , la cure se divisait en deux portions qui avaient été réunies dès l'an 1665.

ChâteatL^SuT le bord de la route de Vire à Yilledieu , an bord d'une pièce d'eau, est la cour de Goulonces, construction de la renaissance , en avanide laquelle est un colombier et une chapelle en style du XIII*. siècle , mais dont , à une époque plus récente, on a rebâti le mur du Nord et le gable de l'Ouest , qui n'c^ent qu'une simple muraille avec quelques traces d'une litre. Au bas de cette chapelle , du côté méri-

108 STATISTIQUE MOHDllEirrALE DU CALTADOS.

dional» se trouve la porte d*entrée de Tépoquede h renalanoce, sormontée d'une niche accompagnée de cariatides en basrelief et d'ornements d'une grande richesse. Du même côté , la chapelle est éclairée par deux lancettes simples et élégantes, et à l'Est par une fenêtre à trois baies qui a perdu toute sa partie sapérieure lorsque le pignon a été détruit pour fahre place à un toit à croupe. Au milieu de ce toit est un petit édicule octogone à deux étages. Toutes ces coosuructions forment un ensemble des plus pittoresques. Dans la chapelle est une jolie Tierge gothique assise sur un pliant; on dit qu'il y en irait une semblable dans l'église paroissiale, mais qu'elle a été enterrée dans le cimetière.

« Ce petit château était le siège d'une baronnie qui fut « érigée en 1336 en faveur de Jean de Villiers, de laquelle les « fiefs de Vaudry • de Viessoix , d'Ësiouvy , de Bordeaux ,

• d'Asnebec, de Margueray et de St.-Aubin-des->Bois dé- « pendent noblement : le fief de Blartilly en St*Martin de « Tallevende y est réuni , et il a des extensions dans cette « paroisse» dans celle de Tallevende et de St.- Manvieu.

« Le fiefetterre de Cfouloncesestoient autrefois possédéspar « une famille du même nom. Il entra en celle de Villiers, en-

• suite en celle de la Haye , de Tournebu , de Bordeaux * « d'Assy-Ie-Gomu et de Livet. —L'Histoire de France nous M apprend que M. Jean de La Haye , baron de Goulonces et « capitaine ou gouverneur de la ville de Yillaine-la-Jubel an « pays du Maine , servit utilement le roi Charles VU dans les < guerres qu'il eut contre les Anglofe, et qu'il fut un de ceux € qui contribua le plus au gain de la bataille de Gravelle, dans « laquelle le seigneur de La Pôle, fipëre du duc de Suffolk, fut « débit et pris prisonnier par Jean de Haroourt, comte d'An- « maie, et Ambroise de Loré, en 1&22. — Ce même Jean de « La Haye, baron de Coulonces, ayant appris que les Anglois, « après avoir été forcés de lever le siège da Rlont-St,*Micbel,

CANTON DB TIRE. 109

en 1423 • s*eslûient retirés à Ardevon où ils aTaieni fait faire une Hastille, et qu'ils en étoient sortis pour ravager le pays, il les alla attendre entre leur fort et le Monl-St-MîcbeU où il les défit entièrement, en tua 2/iO, en prit plusieurs ^prisonniers et entr'autres un cheyalier anglois nommé Thomas Bourdet. Ce baron fut tué quatre ans après, en 1427, avec les seigneurs de la Hunaudayeet de Cbasteaugiron, dans la grève qui est entre la ville d'Avranches et le Mont-St- Micbel , en combattant avec beaucoup de valeur contre le sieur de FEscalle, qui condnisoit des vivres aux Anglois qui avoient assiégé Pontorson.

« Dans cette même parrâse , il y a encore les fief et terre de Bordeaux, qui ont donné ou pris leur nom d*une famille considérable dont les biens sont entrés dans la famille de Yarinier.

« François de Bordeaux , sorti de cette famille , baron de Coulonces et conseiller au Parlement de Rouen , fut envoyé , en 1518 , en ambassade avec le comte de Guéras, par François I"'. , vers Joachim , marquis de Brandebourg, pour arrester les pactîons du contrat de mariage de Renée de France, sa sœur, avec Joacbim , fils aîné de ce marquis, et, dans la même année, il fut encore envoyé, avec le même comte de Guéras, vers Albert, électeur de Cologne, en qualité d'ambassadeur, et ensuite fait, par le même François , président au Parlement de Normandie, en 1519. »

(Extrait d'un manuscrit déjà cité,)

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