‹ Statistique monumentale du CalvadosChapitre 41 sur 130 · BARBON LB · texte numérisé non relu

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18 JDILUT

Au côté nord de la nef et du transept était le clottre maintenant détruit, dont le niveau était bien inférieur à celui de la nef; il communiquait avec cette dernière au moyen d*ua escalier débouchant au milieu de la seconde travée du bas-côté Nord. Celte partie de Téglise se nommait, on ne sait pourquoi, la Charbonnerie. Les voûtes du ba»-côté sont en bois.

Une grande partie des bâtiments de Tabbaye sont détruits. Ceux qui restent sont occupés par te presbytère , les écoles et la gendarmerie. Dans les greniers du bâtiment occupé par l'école ; il existe encore quelques anciennes tentures ou toiles peintes.

Tous ces bâtiments ainsi que l'église sont en granit.

Château, L'emplacement de château que Ton remarque dans la forêt de St-Sever est vraisemblablement un ouvrage du XP. siècle, époque à laquelle cette contrée appartenait

aux vicomtes d'Avranches (1). Ce châteaa n'a rien qni le dislingoe de ceux que Ton peut incontestablement rapporter an XI*. siècle. Cependant plusieurs écrivains loi ont aitribné nne origine bien plus ancienne, et il est regardé dans le pays comme l'habitation d'on certain Corbecenm, qui vivait an VIP. siècle » et chez lequel saint Sever aurait été domestique avant de devenir évéque.

• Quand Sever Ait en âge de gagner son pain, dit l'historien Trigan » dans son histoire ecclésiastique de Normandie, ses parents le mirent an service d'un grand seignenr qui paraît avoir eu le gouvernement de cette basse province sous nos premiers rois. Ce seigneur, appelé Gorbec, avait un château placé sur la pente d'une montagne, près de la Brevogne, petite rivière qui prend sa source dans la forêt de Saint-Sever et va se rendre dans la Vire , environ à une lieue au-dessous de la ville de ce nom. Il aimait fort cet endroit, à cause de la commodité des forêts et des pâturages, et y venait tous les ans passer un temps considérable. Il y faisait nourrir une grande quantité de cavales et de poulains , qt la garde de ces cavales fut l'emploi qu'il donna au jeune Sever (2). » 11 existe près du château un pré nommé Pré de Saint- Sever, parce que , dit-on, le saint y avait fait des miracles, et l'histoire rapportée par Trigan est encore très-répandue dans le pays. Les habitants appellent l'emplacement du vieux château le Château de Corbecenus.

(1) RaDoir Briquessart , vicomte deBajeux, élafl, au XI*. siècle, possesseur de ce château.

Renouf, vlcomle du Dessin, atall pour cri de guerre, à la bataUIe d'Haaliog :

Sl.-Severt stre St.*Sever I

(8) V. mtst. ecclésiastique de Trigan.

CANTON DK SAINT-6EVËB. 135

Je B*ai iialie coofiance dans la tradition précédente, car de ce que saint Sever habitait la contrée où nous trouvons le château» il ne s'ensuit point que cet ouvrage militaire existât alors, et tout porle à croire au contraire qu'il ne remonte pas aussi loin.

Il est question, dans le Roman de Ron de Robert Wace, d'une famille de Saint-Sever, à laquelle il serait assez naturel d'attribuer ce château (1) ; mais M. Auguste I^e Prévost ne pense pas que cette famille eût son étahlissement àSaint-Sever qui d'ailleurs, comme nous l'avons dit, appar* tenait, à cette époque , au vicomte d'Avrancbes (2).

Quoi qu'il en soit , si , partant du bourg de Saint-Sever, on suit le chemin qui conduit au Ghamp-du*Boult , on trouve sur le bord de la forêt , à i;2 lieue du bourg , une langue de terre formée par la réunion de deux vallons étroits, et qui se termine en pointe. Le château dont je. viens de parier était établi sur cette éminence.

Dans ce château , comme dans plusieurs autres, le donjon était au centre de la place, sur une motte en forme de cône tronqué. Il restait des deux dytés de la motte assez d'espace pour communiquer facilement d'une extrémité de la cour à Tautre.

 l'Ouest , vers les terres , une seconde ligne de remparts et de fossés formait une deuxième cour. L'ensemble de la forteresse offrait l'image d'un coin.

Un ruisseau coulant dans le vallon , où l'on voit encore un étang , n'était pas sans utilité pour la défense de la place.

J'ai publié le plan de ce château dans l'atlas de mon Cours d^antiquùés ( pi. LXY ).

(t) Cil de Saint-Sever de Galllie.

Roman de Rou, vers 13,659.

(S} Voir la note de M. Le Prévost sur le passage cité du Roman de Rou , édillon de M. Pluquet , tome S , p. S19.

136 STATISTIQUE MONUMENTAIiB DU CALVADOS.

Je suppose qa*il y avait d*aatres douves dans le vallon marécageux, où je crois avoir distingué le barrage qui servait à maintenir les eaux. Ce barrage servait peut-être en même temps de chaussée pour accéder au château.

L*Hebmitage. — A moitié chemin de St-Sever au Gast , caché dans un des replis de la forêt, se trouve un ancien couvent de Camaldules.

M. Bonet est allé le visiter et m'a remis quelques noies sur l'état des bâtiments qui subsistent :

Ces bâtiments sont d'une grande simplicité et n'offrent d'ancien qu'une petite fenêtre en accolade édairani une salle

qui servait de sacristie.

L'église porte la date de i776'snrmoniée d*un écusson mutilé; elle a dû être bâtie par Augustin Le Ménager, de Montgautier , qui est qualifié , dans son ^itapbe , de « res* taurateur ». Les autres bâtiments ne paraissent guères plus anciens, «t sauf une fontaine surmontée d'une statue et une porte d'entrée dont une statue de la Sainte Vierge enfermée dans une boîte occupe le tympan , rien dans ces constructions n'annoncerait un couvent.

L'église est précédée, à l'Ouest ^ d'un petit cimetière carré au milieu duquel s'élève une croix de granit, et elle se compose d'un vaisseau central dans lequel ks divisions du chceur pt de la nef ne sont pas indiquées (cet oubli d'un des principes les plus importants de l'architecture religieuse , se remarque au reste dans plusieurs des églises de cette contrée) , et d'une petite chapelle formant transept au Sud.

Le devant de l'autel de cette chapelle est peint sur bois. Au milieu de rinceaux , une bonne peinture représente les disciples d'Emmaûs.

t Le rétable , dit M. Bouet , est orné d'un bas-relief dans lequel on a réuni la R{*surrection et les Saintes Femmes au

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tombeau. C*est un assez bon morceau qui m'a rappelé les étables de Fabbaye de Lonlay. De chaque côté sont les statues de saint Léouor et de saint Germain.

« Le tableau du maltre-autel , représentant l'Assomption , est un bon tableau malheureusement en mauvais état On le regarde comme le type de ces nombreuses assomptions peintes aux environs de Vire par les de la Vente. Le rétable et le cadre sont assez beaux. De chaque côté de cet autel sont deux assez bonnes statues du siècle dernier , représentant la Sainte Vierge et saint Joseph.

« Outre deux mauvais tableaux représentant des abbés et une statue de saint Jean, il y a encore une Annonciation signée : F. lucas carmelita. pinxit.

« Ce tableau n'est pas dépourvu de mérite , mais parait l'œuvre d'un peintre qui n'avait pas l'habitude des grandes toiles. »

L'église est entièrement pavée , sauf le sanctuaire et la chapelle , de tombes en granit comme on en rencontre tant dans l'arrondissement de Vire.

Je donne ici , d'après M. Bouct , dans leur ordre , celles qui ne sont pas cachées par les bancs.

On lit au haut de la nef :

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