‹ Statistique monumentale du CalvadosChapitre 59 sur 130 · CANTON DU BÉNY. 20S · texte numérisé non relu

CANTON DU BÉNY. 20S

construit en avant des portes, du côté de h coar et da jardin, des demnlanes «n maçoimerie percées de meurtrières, pour servir en cas d'attaqae de moyen de défense à la petite garmsen* Le cbftteaa actuel a été reconstroit par M. de Savignac, à l'exception de la partie qui se tronve du côté de relise , bâtie par son aleol, M. d'Arolais , lequel avait aossi planté la plus grande partie des avennes qui embellissent cette terre. Ge fut lui qui fit ériger la terre de Montamy en comté, sons la dénomination d' Ardais de Montamy, par lettrespatentes du mois de jniBet 1769, etqni fit transférer, par lettres du mois d*août 1783 , le marché de Montohauvet ft Montamy ; ces lettres y établissaient aussi trois foires par an, le 5 avril, le 22 septembre et le 12 novembre. Ge marché et ces foires n'existent pas de fiiit, aussi le lieu oà M. d' Ardais avait fait construire une balle si bien et si commodément placée, a-t-il reçu du peuple le nom de TVtwipe-iSpMrif , en vdlà Torigine , nous la faisons connaître îd afin d'éviter des tortures aux antiquaires futurs.

« Noos venons de dire que la terre de Montamy entra dans la maison d'Ardais par le mariage de Gtleue Poisson de Cretmes , avec on membre de cette famille ; elle lui apporta encore des propriétés dans la paroisse de St. -Pierre Tarentafgne, entre autres le fief du Beaupoisson; au nombre des droits que donnait ce fief, se trouvait celui de Quintaine (on peut voir dans le Glossaire de Ducange, dans Laurière, le père Menestrier, etc. , etc. , la signification de ce mot). La cour du château de Montamy vit, peu de temps avant 1789 , un vassal du fief du Beaupoisson acquitter ce droit, c'est assurément la dernière redevance féodale de ce genre à laqudle on ait satislait dans notre pays. M. Léopold Delisle a publié dans ses études sur la condition de la classe agricole et l'état de l'agriculture au moyen-âge en Normandie, un aveu curieux qui fut rendu en lft02, par Guillaume de

20& STATlStIQUB MONUMENTALE DU CALTADOS.

Grennes , écuyer , Ticomte de Vire , il se rapporte au fief dont nous venons de parler et an droit de quintaine (Voy. le livre de M. Delide , p. 71 ). Voici cet aven :

« Item « le droit dudit fieu est, qni se marie on dit fieo « « soit hors dudit fieu ou dedans, s'il prent terre avec sa « femme, doit au seigneur r^artde V sous, ou s*il yeult « venir mangier lui et sa femme, ilz apporteront deux poz « de vin , un gastel de froment et un membre de beut Item , « le mary doit quitane, c'est assavoir que, au jour qui lui

• est assigné , doit yenir à cheval prest de heurter à un pos-

• teau y lequel le seigneur doit faire ficher ; et, s'il n'a cheval, « le seigneur lui doit quérir , dont le dit mary paier doit un I quartier d'avoine, et lui doit l'en bailler lance d'aune « cuellie le jour, grosse ou gresie bout de la poingnée à la « dame , et ara cinq cours et s'il ne ront ou il chect , il doit « paier XVIII sous d'amende et une mine d'avoine. »

Il est remarquable que la famille à laquelle appartenait la personne qui courut la quintaine dans la cour du château de Montamy , peu de temps avant l'abolition de ce droil , possède aujourd'hui la terre et le manoir du Beaupoisson, dans lequel on voit encore des traces du moyen-âge, une croisée à gros barreaux de fer, une porte cintrée; il y avait une cheminée sur laquelle se trouvaient des inscriptions et des sculptures qui probablement étaient des armota-ies; tout a disparu.

LE TOUaNBUB.

Le Tourneur, Taurnour,

L'église du Tourneur est assez grande et moderne.

Le chœur est formé de six arcades en plein-dntre , trois de chaque côté, derrière lesquelles s'étendent deux bas* côtés qui manquent d'élévation. Cette partie de l'église, ainsi

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qu'une ?aste et belle sacristie qui est à TEst , portent la date de 1781 ; elles furent construites par M. Lanon , alors curé.; Le transept forme deux grandes chapelles, dont ceUe du Nord a été réédifiée depuis quatre à cinq ans. Quant à celle du Midi , elle est plus ancienne ; on croit même qu'elle est antérieure au pied de la nef et du clocher « qui furent bâtis en 1738. Mais, en 1788, cette nef fut exhaussée ainsi que le clocher qui est de forme carrée , en schiste, surmonté d'une espèce de coupole également carrée. Une sorte de lanterne en bois , terminée par une croix , couronne l'édifice. La plupart des fenêtres ont un linteau en granit légèrement arqué. À l'intérieur , on voit un rétable en bois , d'architecture grecque , qui attire l'attention des connaisseurs. Il est semi-circulaile et formé de quatre colonnes qui soutiennent un entablement d'un bel effet Quatre supports « entre lesquels on voit une gloire, soutiennent une couronne surmontée d'une boule et d'une croix. Cette œuvre est due au ciseau du sculpteur Roger , de Yire, et fut faite en 1785.

L'élise est sous l'invocation de saint Martin. L'abbé de St- Sever nommait à la cure et percevait les deux tiers des grosses dîmes ; l'autre tiers appartenait an curé.

Devant la croix du cimetière, on remarque le tombeau d'un prêtre de 1635. Ce tombeau , en granit , est composé d'une pierre sur laquelle est gravée l'inscription. A la tête , on remarque une croix surmontée d'un pupitre, et à l'autre bout, une petite colonne également en granit, sur le haut de laquelle est un bénitier creusé dans la pierre.

Il existait au hameau de la Malherbière une ancienne chapelle , actuellement changée en remise. Elle n'offre point de caractère architectural.

Le Tourneur était cheMieu d'une sergenterie de l'élection de Vire. Au XYIII*. siècle on y comptait 300 feux et 1250 habiunts : elle dépendait de la haute-justice de Tassy.

206 STATISTIQUE MONUMENTALE l>U CALVADOS.

La fleignenrie appartenait ao baron de Grenues, n y a?ail aossi sor le territoire dn Toomeor le fief de la Malherbière. Le seigneor dé ce fief avait une chapelle dans son manoir« comme on vient de le dire; le chapelain était à sa nomination.

La terre et l'habitation de la Malherbière ont été long-temps possédées par une ancienne famlUe Le Cardier,

Il y avait encore au Tourneur le fief de Vaumartin. Trois branches de la famille de Baudre ont existé dans cette paroisBO ; il n'en reste plus qn'one, celle de Baudre de Noyers.

Un fief de Roncamps a été possédé par la famille de GrimonviHe.

Le fief de Vaoûiartin a été possédé par la famlUe Le Voit'' lani DetiUeîs*

La famille de Toustain de Billy possédait la^erre de la Goderie , au Tourneur ; elle est passée dans la faimflle de Baudre de Noyers par le mariage d'une demoiselle Toustain entrée dans cette famille. Aladame Théodore de GrimouviOe, née de Baudre , la possède aujourd'hui.

La sergenterie du Tourneur comprenût vingt-deux paroisses, savoir: Le Tourneur, Bremoy, Carvîlle, Mesnil- Âuzouf, Montamy, Bény, Le Reculey, Beaulieu, Le Désert, Mont-Champs , Estry , Le Theil , Presles , La Graverie , Burcy , St. - Denis - Maisonoelles , St -Plerre-Tarentaigne » Ghênedôllé, Yiessoix, Truttemer, St buveur de Ghaolieu et St -Martin de Chaulien qui appartenait ao diocèse d'Avrancbes.

MOIIT-BBETRAAD.

Mont-Bertrand , Mons Berton.

L'église est en forme de croix, sans caractères. Le clocher, qui date do XVIII*. siècle , est en forme de bâtière , è l'extrémité occidentale de la nef.

CANTON DO RÊNT. 207

Aa-deasas de rentrée qni extate au Nord , on vdl on petit bi8*relief incrusté dans le mor et représentant la Sainte Yierge portant sur son bras l'enfant Jésus qui tient on livre à la main. Deux personnages k genoux sont è ses pieds.

Cette église est sous l'invocation de saint Martin ; le chanoine de GuUy nommait de plein droit à la cure et percevait les deux tiers des dîmes , l'autre tiers demeurait au curé. La seigneurie était attachée è la comté de Thorigny et appartenait an prince de Monaco^

On y comptait , avant la Révolution « 115 feux et 500 habitants.

LA FERRIÈBE-HAEENG.

La Ferrière-Hareng , Ferraria Barene^ était nommée aussi la Grande-Ferrière.

Cette paroisse était le chef-lieb d'une baronnie d'où relevaient un grand nombre de fiefs (1).

L'église de La Perrière , qui a été refaite en grande partie, n'a plus d'ancien que quelques arêtes de poisson dans les murs du chœur et de la nef (2).

Le pavé du chœur est formé de briques rouges et noires ; la charpente qu'on y voit ofre des poutres taillées comme au XYP. siècle et à la fin du XY*. Le clocher, placé à l'Ouest de rentrée principale , porte la date 1680. Il est terminé en coupole.

(f) Daof réut des fleb et arrière- flefs de révéché de Bayeni dretié en 1475 par ordre de Looli d'Hareoort, patriarche de JéniMlem , el dépoeé h la bibliothèque do chapitre, on troore Tlndicallon des fiefs appartenant à révéché à raiioo de la baronnie de la Ferrlère-Harenc.

(9) Notei de H. Bonet.

208 STATISTIQCB MOMUIIENTALB DU CALTAOOS.

Les fonts bapdsmaox , très-groflsièremeDt taiUé8,'en forme de cuve « sont d'nne date incertaine.

La docbe est nouvelle.

Il y avait dans le cimetière nne très-andenne chapelle de la Sainte Vierge qui attirait la vénération et la dévotion des fidèles.

L'église est sons Finvocation de saint Pierre.

Le bant doyen de la cathédrale était patron de La Perrière. 11 y eut , en i 185 , on accord entre Févêque » Henry II et le doyen , par lequel le prélat reconnaît que le patronage de La Perrière appartient an doyen , en même temps que le doyen reconnaît que cdui des Loges est à l'évêque. Le doyen percevait les deux tiers de la dîme et le curé un tiers.

La Perrière-Hareng était une des seigneuries érigées en haute-justice en 1&77 par le roi Louis XI , en faveur du patriarche de Harcourt Les fiefs suivants relevaient de la baronnie de La Perrière :

Le fief des Loges ; la franche vavassorie aux Ghartiers ; la franche vavassorie à St -Martin de la Besace; le fief de CarvSle à La Graverie ; la franche vavassorie aux Besaces; le fief de Laraille à La Perrière-Hareng ; le fief d'Estivy à la même Perrière. Ce n'est que depuis le patriarche d'Harcourt t évéque de Bayeux , que la baronnie de La Perrière a été échangée avec les ancêtres de M. le prince de Monaco , seigneur de Thorigny.

Au siède dernier» M. de Maisoncelles-Saint-Denis possédait la franche vavassorie de La Perrière-Hareng. Sa maison, près de l'église , était la plus remarquable du lien.

(1) D*après PlnTenlafre des lettret et escriptutes eoMrait et «dveux concernnntz la baronnie de la Ferriére-Hareng , dressé en 1664 et qui m'a été communiqaé par M. Dafeugray , lea lettrespaternes contenant réunion de la baronnie de La Fêrriére an comté de Thorigny, furent obtenues en août 1577.

CANTON DU BÈNT. 209

Il résulte d'an inventaire des contrats et aveux concernant la baronnie de La Perrière, dressé en 1664 (i), qu'un grand nottbre d'habitants devaient des rentes k raison des terres qu'ils possédaient , avec subjectiùn de courir la quintaine.

On ne pouvait s'affranchir de cette servitude qu'en payant 12 boisseaux d'avoine mesure de Bayeux.

La lance de bois avec laquelle on joutait conire le poteau appelé qmntame devait être en bois d'aulne. Le seigneur fournissait le cheval

Il fallait en trois coups rompre cette lance , ou bien on devait payer les 12 boisseaux d'avoine exigés quand on refusait de courir.

Et si en courant contre la quùtaine, il romp ladite lance de trois coups l'un sans choir, il sera quitte de ladite auoyne en payant seulement demy boisseau pour la provande du ckepaL

On comptait , avant la Révolution à La Ferrière-Hareng . 160 feux et 800 habitants. Cette paroisse faisait partie de la sergenterie de Thorigny.

nilMT-BEJt IS-MA1801f CELLES.

St.-Denis-Mahoncelles , ecelesia Sanai Dûmiiii de soneelUs.

L*église de Maisoncelles est en forme de croix.

La façade offre qn^nes arêtes de poisson^ mais elle est, pour la plus grande partie, d'une date assez récente ; un porche la précède : les aréles reparaissent dans la nef, surtout ao Nord , mais toutes les ouvertures sont modernes.

(!) Manuscrit communiqué par M. Du Feugray » ancien préfet, membre de la Société française pour la conservation des monuments.

2i0 STATISTIQUE MOIIOlfENTALB DO CALVADOS.

Au centre de iacroix 8*élève U tour de forme héDMpëénqoey revêtue d'essente; elle renferme dem clocbes: Tuoe, provenant de l'église defiremoy* perte rinacriptkm taifame;

LAN 1778 JAI BTB NOMllBB CATBEBIKE PAR DISCBETB PBBSONHB

■* JACQVBS DBSMOBTBPAX CVBB

DB CBTTB PABOISSB BT NATIP t>B CB LIET BT OAMB CATBBBIRB

PBANCOISB caBMIN BPOVtC BB

MWSIBÎB LB ■AIGliBlI GONSBALBB PBBIIIBI âVWAV MT lOT

Af BAILLAOB DB fIBB.

DUBOSQ MB PKCir.

L'autre cloche porte cette inscription :

JAY BTB NOMMEE 80VS LB ROM DB S* JEAN BAPTISTE PAR JEAN BAPTISTE ÇMABIB DtMAMBt BCVIBB 9BI0NBVB PATRON BT UATT JtSTtaEB DB S*

BENIS KAMOPNCSLLBi BT îmBtM DAMB MABIB fBANCOISB TOf TAIN SON EPOVSB BT BBNIB PAR M'* MICHEL L BABWBA

PRETRE CVBB BTMT LUT.

Le chœur est moderne et le sanctuaire tout neuf ( 18&5). Au-dessus du banc d'œuvre , qui est placé dans un enfoncement à l'entrée dn cbesor, c6té de l'évangile « est un écusson à la clef partant de guetUes au chevron ttor accompagné de troU rote* de mime. Cet écosaon est repeint

L'abbaye de St.-Sever nommait à la cure ; le curé per* cevait les dîmes.

De obaqne côté de la porte du cimetière il y a un bel if. . JL le marquis de Grandval, membre du GonseSi général du Calvados et de la Société française pour la conservatioa des monuments , possède le beau domaine et le château de SC- Denis , dont il a hérité de M. le marquis de Gampigny, de Bayeux : M. de Grandval a fait exécuter de grands travaux à St. -Denis; le parc qui avoisine le château est considérable.

CAHTOH BD BfafT. 211

SAiar-ODUI-BB-LA-BKSAVB.

St-Ooeo-de-la-Besace, Sanatu Àiidoenui de Bùackia.

L'^be de SC rOuea -de-la- fiesace uffire une aef nus cobImforts, i fenêtres cintrées.

. Dans le cboar (tAté du Nord) on vdl des mnn w utte de poiann et uoe porte roaune dont l'arctiif oIib eat ornée de bâtons rompus.

Le c6té Sod n'effre pu de caractère d'ancienneté comme le précédent. Denx contreforts forllGeot le chcret.

La tour, es forme de bâtlère, occupe l'ettrémilé occidentale derédifice;eIleparaUdDsiëcledemier. Dansunenicheau-dessos de b porte, sontlei débris d'une ancienne statue d'éiëqne (4).

La cnre de St.-Ouen était I la nomination du scolaatique de b cathédrale de Bayenx qui percerait les grosses dîmes. ' Sl.-Oaen faisait partie de la ser^enterie de Thorigny; on y cwDpuit 330 feai aTant la Réioludon.

(tj Notri de y. Boiwt , nfrobie (le la SmIM friniaiw.

212 STAIISTIQt}£ MONUMENTALE OU CALYADOS.

Le petil cantoo des Beaces est sîliié ao miUeo de grès scbisleoxroageâtres, entre les sources de la DrOme et celles d*UDe petite riTière qui Tient de h batte de Bremoy.

Il est parlé de la Besace dans nne charte de confirmation de Henry II , érèqne de Bayeux , donnée, l'an 1172, à Tabbaye de St -Etienne de Caen :

< Praediclo ccenobio confirmamos (dit le prélat) , consoe- « tndinem plaostromm qns de Bîsaciâ ad Cadomom venalia « ligna fernnt •

ÏA forêt de la Besace, connue aussi sous le nom de Forerl^Evêque, et d'où , au XII*. siècle, on tirait du bois à brûler pour l'approvisionnement de Caen , ainsi que nous l'apprend cette charte, appartient aujourd'hui à divers particuliers. M. le marquis de Grandviri en possède la moitié.

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