‹ Statistique monumentale du CalvadosChapitre 66 sur 130 · LIVRY · texte numérisé non relu

LIVRY

Livry, Uberiacum.

C'est une tradition , que saint Gerbold , avant de devenir évêque de Bayeux , ût bâtir , vers l'an 475 , un monastère à Livry. La tradition porte qu'il y fut aussi enterré après sa mort ; mais cette partie de la tradition est en contradiction

CANTON DE CAIWONT. 271

avec les manuscrits anciens de l'église de Bayeox, qui assurent que saint Gerbold repose dans l'élise de St-Biup^e.

Quoiqu'il en soit, ce monastère fut, comme bien d'autres, renversé de fond en comble au IX*. siècle.

L'église de Livry occupe , selon toute apparence » rempb* cernent de celle qui existait avant l'arrivée des Normands , et le monastère aurait pu, dans cette hypotlièse, être placé là où se trouve aujourd'hui le presbytère , qui occupe les bâtiments du prieuré.

Quelques parties de l'église actuelle paraissent fort an* ciennes : ce sont les piliers qui portent les arcades entre chœur et nef, et particulièrement ceux du côté nord.

Le reste de l'église a été refait évidemment , à différentes époques, et beaucoup de parties sont sans caractère; le chœur parait en partie du XIII% siècle.

Dans les murs du bas-côté méridional , on voit une porte en partie engagée dans les terres, qui paraissent s'être considérablement exhaussées; l'archivolte de cette porte est composée de claveaux de schiste et de pierre calcaire.

La tour, placée & l'Ouest , est couronnée par une flèche ; elle a été copstruite il y a une trentaine d'années.

On a trouvé à Livry une très-grande quantité de cercueils, la plupart en pierre calcaire , quelques-uns en granité et d'autres en schiste, formés de plusieurs morceaux.

Le cimetière était très- vaste et s'étendait d'un côté jusqu'audelà du château.

On répète encore qu'on y apportait de très-loin les morts , et qu'à une époque reculée , Végltse du monastère de Livry était la seule dans la contrée.

L'église actuelle est sous l'invocation de Notre-Dame. On y regardait anciennement l'Assomption comme fête patronale ; aujourd'hui c'est la fête des Reliques des Saints.

La présentation de la cure appartenait an seigneur de Livry.

Les dhnes se divisaient ainsi : 2/3 aux abbsyes de St-Wandriile et de Fècamp , et 1/S an curé.

L'abbaye de Moadaye , le seigneur de Livry , le chapehin de Briquessard et le trésor de Livry prenaient aussi qoelqucs traits de dîmes.

La chapelle St-Sulpicet très-oonnue par les pèlerinages qui s*y font» est située à Livry, ao milieu d'une lande étoignée de tnaisons. On prétend qu'elle a été bâtie sur le Keo oà Ton assure aussi que saint Sulpice fut martyrisé par les Danob , vers le milieu du IX*. siècle. Ses reliques y reposaient ; elles furent depuis enlevées par Simon, abbéde CheUea, auparavant religieux de St**Guislàire, qui les emporta dans le Hainanlt, oà elles sont honorées : on lit ce qui suit relativement à la lande de St -Sulpice , dans le catalogue des fièles uormand», années 1200 et 1201:

« BrulUium de Livereyo et tota tenra quam rex praedictns « ( Riebardus ) baboit apud Noyers, juxta montem de Mau- « bron , concessa prttdictis abbati et canonicis (de Ardena). »

La chapelle St «^Sulpice appartenait encore aux religieux d' Ardcnnes avant la Révolution ; ils la bisaiesKt desservir par un prêtre.

La tradition portail elioore que saint Gerbeld et saint Sulpice , évéques de Bayeux , étaient nés à Livry : il n'y ar pas d'autorité pour appuyer, ni pour contester cette tradition.

Le château seigneurial de Livry est â peu de distance de l'église, et s'accède par la grande route deCaen à Gaumont; il appartient toujours à la famille l'Hosie de Uvry, qui habite le château de Laçon , près de Gaen.

On comptait, avant la Révolution, 300 feux et 900 habitants à Livry.

La rivière d'Aure , qui passe à Bayeux , prend sa source à Livry.

GAMTOM DE CAUMONT. 273

Le hameau de Briqneuart , le plus considérable de Lifry, était autrefois un gros bourg ; il avait on marché qui a été transféré à Gaumont long-temps avant la RévoIntioD. La seigneurie de Briqnessart avait le titre de châtellenie et de sergenterie. La mesure de Briqnessart était» dit-on, l'une, des plus anciennes du royaume et en usage dans tout le pays.

36 paroisses dépendaient de la sergenterie de Briques* sart (1).

J'ai décrit avec détail le château ou plutôt l'emidacement dn château de Briquessart , dans le Y*, volume de mon Cowrs d'tmtiquùés, et j'en al publié un plan.

« Briquessart était un des principaux barons normands qui se liguèrent contre le duc Guillaume » en iQ&7 • et dont parle Robert Wace (2). L'emplacement de son château existe snr le bord de la vallée du Galichon, près d'une place entourée de maisons , qui porte encore aojourd'hai le nom de hameau Briquessart (3). Plusieurs routes viennent y aboutir et por-

(1) Noos avons préeédemment etté plut leart de cet paroiiief , en ▼oid la DomencUtare :

HoUot.

VaubadoD.

Nonant.

Argaocby.

St.-Aina(or.

Sublea.

Feuguerollea.

Trangj.

Joaye.

Caaltllon.

Balleroy.

Le Tronquay.

(9) Boman de Hou , Ters 803S et 39.

(3) Cet emplacement remarquable appartenalf, Il y a peu d'années, à M. Trolong-du- Taillis, )age de paii de Gaumont ec savant boU-

Le Qeetnay-Guesnon,

Couvert.

Cabagnolles.

Parfoura.

LIvry.

Orbols.

LaBasoqoe.

Monlfiqoet.

Lingévres.

Sermentol.

Cbouain.

Longraye.

Anctovllle.

Bernières.

Sl.-Martin-le-yieoi.

Ellon.

Bucels.

St.-Germaln-d'Hectot.

Torteval.

Foulognes.

Planquery.

Sle.-Hanor ine-de-Ducy .

Condé-snr-Seole.

Ca bagnes.

21h STATISTIQUE IIOMtlUENTALB DU CALVADOS.

tent, infime assez loin de cette localité, le nom de Chemin tendant à Briquessart (1).

« Le château de Briqnessart est an des plus intéressants de ceux dans lesquels on ne remarque ni mars, ni maisons en pierre. On n'y a point trouvé de vestiges de constructions, et sa force consistait dans des fossés et des remparts en terre , sans doute garnis de palissades en bois.

« Pour que Ton puisse bien connaître la disposition des diverses parties de cette forteresse , j'en ai levé le plan que je présente à la page suivante.

« La motte ou Téminence artificielle qui a dû supporter la tour du donjon, se trouvait en A, vers le centre de la place (2) , ou plutôt sur le bord d*ane enceinte ovale B , munie de remparts éie?és cccCy qui me paraît devoir être considérée comme la partie la plus forte du château (3).

« Une seconde enceinte DDD encadrait les deux tiers de la cour centrale B. Elle était divisée en trois parties par deux fossés parallèles F F , qui descendent vers la vallée du Galichon. Cette ?allée défendait la place du c6té du Sud.

Un petit ravin G , dans lequel coule un filet d'eau , formait ,

nUte , membre des Sociétés d*bUlolre naturelle el d'agriculture de Caeo, mort dans un âge très-avancé.

(t) Un chemin venant de Noron et passant par la commune de Osllllon, k plus de 3 lieues de'LIvrj, est appelé Chemin de Briquessart. Il servait de communication entre le château de Bnr-le-Roi el celui de Briquessart.

{%) M. du Taillis a fait des fouilles sur cette molle, sans y rencontrer les moindres vestiges de murailles. Elle est haute de 30 pieds au moins et se compose de terres rapportées , mêlées de pierres du pays Jetées MDS ordre.

(3) On volt dans cetle enceinte B une chapelle dont la conslruclion paraît remonter au XVI*. ou à la fin du XV*. siècle ; mais je suppose qu'il en existait une autre plus ancienne à laquelle celle-ci aurait succédé.

CARTON DB CAUUONT. 375

du cAlé de l'OueK, an antre moyen de' défense. Vers l'Est, oA le aol nui est à pea prêe de niveaa avec la partie la fim

élevée des cours du chStcan , uu l'empart en terre et un large fossé RH défendaient l'accès de la seconde enceinte. • Après avoir altentiveinent examiné celle forteresse , je

8018 demeuré persuadé que l'entrée principale était en P, par le creux do fossé qui entoure l'enceinte B ; ce fossé , oo , si l'on veut, ce chemin couvert , arrive au pied du donjon , d'où une pente douce permettait sans doute d'entrer à volonté dans la cour de la citadelle B , ou dans la seconde enceinte D.

• Je ne serais pas surpris qu'une autre porte eût existé également vers le point o , dans la cour D , où l'on voit aujourd'hui un passage.

« Les fossés FF, tout en défendant l'accès du donjon du côté de l'Est , par où la place avait le plus à craindre , pouvaient aussi servir de sentiers , soit pour aller puiser de l'eau dans la rivière , soit pour descendre dans les prairies voisines.

« Quant à la distribution des maisons en bois qui devaient se trouver dans la place , je n'ai que des conjectures à présenter , puisqu'il n'en reste aucun vestige. Mais il y a lieu de supposer que ces édifices étaient placés dans les cours B et D , à peu de distance des remparts , de manière à laisser libre l'accès des terrasses. »

La chapelle de Briquessart était sous l'invocation de saint Jean et de saint Âvite, et à la présentation du châtelain.

TORTBVAL.

Torteval , Torta Vallis.

L'église de Torteval présente une nef romane qui a conservé , du côté du Nord , trois fenêtres étroites en forme de meurtrières. Le sommet de ces ouvertures se compose d'une seule pierre , dans laquelle on a tracé un cintre et des claveaux , au moyen de sillons en creux qui devaient être remplis de ciment rouge, système de décoration dont nous avons

CANTDN DE CAUtlONT. 277

iéji s^nalé bien dea exem^des dans le Calvados. U resta enc(H% une pelile fenêtre pareille du cAté du Sud ; les aatm mn été reni[dicées par des ouvertures plos grandes.

Des modilions variés supportent la corniche an Nord et aa Sud.

Le diœor vient d'être reconstruit, en grande partie; du cflté du Nord, il ne reste guère que 3 mètres de la maçoonerie ancienoe. U. Bonet a dessiné quelques^nns des modiUmis qu'on y v«t , parce qu'ils sont s^rés de la cornkbe par des espèces de proloi^- Qients qui sembleraient annoncer que l'entaUement a été relevé el callé par des espèces de coussînete.

On côté du Sud , on a conservé, dans la reconstruction du chœur, une plus grande ëlendoe de l'andenne maçonnerie; mais elle a perdu one partie de son caractère, par snite de l'établiMement de fenêtres au XV: on an XVI'. siècle.

La tonr, terminée par un toit i double égont, est placée à l'extrémité occidentale de la nef; elle est carrée, garnie de contreforts , et pourrait , sauf la partie supérieure , dater du Xni*. siècle on du XIV. ; elle n'offre pas de caractères très-marqués.

L'abbé de Caen nommait de plein droit à la cure (1) :

(I) U piroltN éuii ricmple de la jorldlcllon éplicopalr. Henr^ ri, évéqm dï 6*;eai, l'eiprlmc aioii, h ce lujet, dini 1i cbstle de

Fabbaye de Fécamp percevait les grosses dknes. Par acte passé devant les notaires de Paris en septembre 1733, le curé prélevait snr ces dîmes une pension de 2&0 livres , et recueillait les verdages et les menues dîmes, consistant en laines, agneaux , chanvres, lins, bois et fruits.

Il est parlé de Torteval dans la charte de confirmation de Henry II , roi d'Angleterre , pour Fabbaye de St -Etienne de Gaen : Concéda silvam de Malopertuso, de Tartavalle et de Folionia et de CcUsneto, cum aquis, et terris, seu omnibus ad eas pertinent ibus, heu: conditione servata^ta monachi ipsitis cœnobii ipsas siivas nullo tempore destruant propter ipsam terram coiendam , seu inhabitandatn , retentis in meo dominio cervis^ capreolis, et aprxs silvis tribus.

Baronnîede Tortcvcd.^ Il y avait à Torteval une baronnie fort ancienne : c*étail un fief de haubert , qui s'étendait sur Foulogne et sur une partie d'Amayé ; elle avait été donnée à Fabbaye de St. -Etienne de Gaen , par le duc Guillaume, son fondateur. Les biens qui dépendaient de cette baronnie étaient considérables et consistaient en dîmes, terres de labour, bois, moulins et rentes seigneuriales.

Les bâtiments de la baronnie ou prieuré de Torte?al présentent un carré autour d'une cour de même forme : l'entrée principale est au Nord ; le côté de l'Est est occupé par une chapelle orientée , et par une ligne de bâtiments qui ont dû servir à l'habitation ; au Sud , c'est-à-dire à l'extrémité qui fait face à la porte d'entrée , est un bâtiment garni de contreforts qui servait de grange , mais dans lequel les restes d'une grande cheminée paraissent indiquer une autre desti*

confirmation : « Eoclesia de Tortatalle et tota décima parochis euro perlinenUif suis est i synodlco debito et circatu , c«terlsque consue* tudtnlbus ad jus episcopale perllnentibus , libéra et absolula. »

CANTMf DE rAtmOKT. 279

utHHi dans l'origiDe, Les bltimenti qui eiislaient k l'Oant de la conr ont été , depuis ]a RëvolutioD , remplacés par nne DMiBoo d'habitation moderne. Le tout était, de deux cfttés, défendu par des étangs et par la pente dn terrain. U. Booet vient de desùner l'ensemble de ces bltîmentg , qai est trtepinoresqoe , snrtoat qnand on se phce an Nord-Onest sadelà de l'étang.

Voici l'esqnisae de la porte d'entrée , [dacée , comme celle

des cfalteanz de la même époque , entre denx tours i toits coniques , dans un paTiUon. Cette entrée a été construite . ii

380 STATISTIQUE HORUHENTALB DD CALVADOS. bfia daXV*. siècle, par M. de Hartigny, érApie de Castres, «Bqiid ea d«TaU anso , t l'abbaye de St-Etienae, le palais abbatial détroit il y a qnelqnea aoBées.

Cette entrée de h baroanie de ToitenI est vraiment monaaseotale , et les tours cyliodriqnes indiquent la paissance ftodale atucbée k la pOMendoD de la baroanie. Elle diffère en cela de l'entrée d'an prieuré ordinaire , dtnit la porte n'est pas flaoqnée de toare comme celle-ci

Une belle fenêtre , & croisée de pierre , éclaire l'appartement qui sarmfnle la porte. Des hennines et des flenrs de lis coDTrent les mnrs et le fronton , dont les rampants Bont garnis de feuilles frisées.

L'écusRon de l'éféque de Castres occupe le centre du fronton sur la fenSlre; il est supporté par denx anges, et

au-dessus existe une niche assez élégante , malntenanl dépoorroe de suine. Deux autres niches existent prés de la fmélre, qui est encore Oaoquée de deux clochetons on aiguiUes eu encorbelkmettt, d'un eiccBent efct.

CAINTOK DE CAUUONT.

niiiiu H LA nçiDi D

282 STATISTIQUE UONDUENTILE DU CALVADOS. La chapelle est tout eoiière

du XIII*. siècle, éclairée par

des OQTertnres en lancettes,

soDs coIoDDes, semblables i

cellc-cL Trois de ces odt»-

tures sont placées an cheret,

selon l'osage habituel.

Les bâtiments qui font suite

i la chapelle eiistaient , je

crois , dès le X.III*. siècle ;

mais ils ont été percés de fenêtres au XV'. ou au XVI*. ,

très-probablement â l'époque

où la porte d'entrée fut construite ; aucun d'cui n'est

voflté. Ce fut probablement

l'érSque de Castres qai, en mSme temps qu'il bitil l'entrée, fit des réparalions considérables aux constructions qui formaient l'entourage de la cour.

La baronnie de Torlcval appartient h M~*. veare Deskmgchamps , qui habite Bayeui.

La chapelle , sous l'invocation de saint Biaise, fut interdite an comniencement du XVIII*. siècle.

Torteral est une des pins grandes communes dn déparlement On y voyait des landes considérables (3,590 vergées) qui ont été défrichées. On citait comme un des plus étendus de la Basse-Normandie , l'étang du Blanc- Vivier , près de relise et au Sud-Esc de la baronnie, qni n'avait pas moins de 60 vergées ; Jl a été desséché et converti en prairie , mais l'ancienne chanssée qui retenait let eaui , sert de chemin pour aller ft l'église. Il reste encore on petit étang au Nord- Ouest de la porte d'entrée.

r.ANTO:< DE CAUMONT. 28S

SAINT GERMAIN-D'HECTOT.

St-Germaio-d'Uectot , Sanctus Germanus de Hesifuetoi , de Eschetot,

L'églîse de St-Germain-d'Hectot présente nn certain intérêt , particulièrement du côté du Nord. Le mur, de ce c6té, est construit en arêtes de poisson , et Ton y voit intactes ces petites fenêtres romanes très-étroites qui caractérisent souvent nos plus anciennes constructions religieuses du Calvados , et que les archéologues désignent sous la dénomination de fenêtres en meurtrières 9 parce qu'elles ressemblent aux meurtrières ou fentes que Ton pratiquait dans les fortiGcations et les tours du temps, pour lancer les flèches. Ces petites ouvertures , qu'il était facile de vitrer et qui pouvaient même rester ouvertes sans beaucoup d'inconvénient, se sont trouvées bien souvent dans nos campagnes, au XP. siècle et au XII*. , et elles y sont restées tant qu'on n'a pas voulu se procurer plus de lumière en établissant de grandes fenêtres. Cet établissement est venu malheureusement défigurer presque toutes nos églises rurales, et on ne saurait trop le regretter. C'est donc avec plaisir que l'on voit le côté nord de l'église de St-Germain-d'Hectot avec ses arêtes de poisson et ses petites fenêtres.

Il est un (ait qui a frappé M. Bouet et qui n'est pas facile à expliquer, c'est l'existence , dans le même mur, de fenêtres bouchées, un peu plus grandes que les précédentes et placées à un niveau inférieur. Ces fenêtres ont leur archivolte formée d'une pierre , dans laquelle des claveaux ont été tracés au moyen de sillons remplis de ciment rouge , comme je le signalais tout à l'heure à Torteval. Le dessin suivant montre la disposition de ces fenêtres. On ne sait si elles ont été ouvertes en même temps, ce qui serait assez singulier, ou si celles

2fUi STATISTIQUE MONUMENTALE DU CALVADOS.

d'en bas ont élè snppriinées qaaud les autres imt été établies.

C<! fait n'est pas d'aillears d'mie grande imponance , et ne mérite pas qu'on fasse à ce sojet une dissertation.

I^ même disposition existait dans le mur méridioiut de la nef : on y voit encore une de ces fenêtres et une porte romane intéressante ; mais des ouvertures faites après coup ont plus ou moins défiguré l'ordonnance primitive. Le mur du chœur a été refait complètement de ce cAlé.

CAirrON DB GàUMONT. 285

La toor» placée ^ l'Caesl et coaronnée par un toit à double égout, n*est pas andeiine ; b doche qu'elle renferme a été

fondue depuis la Révdution.

L*intérieur de Tégiise n'offre rien à examiner, sauf une crédence du XVP. siècle , à Textrémité de la nef (côté do Nord) , et une nicbe de la même époque du côté opposé r ces additions ont ¥raisemblablement été motivées par rétablissement de petits autels dans la nef , à l'entrée du chœur , établissement dont l'usage est devenu assez fréquent au XYP, siècle et an XYIP. dans nos églises, rurales du Calvados , où trop souvent ces autels sont venus masquer l'entrée du chœur en débordant sur celle-ci.

On a replacé extérieurement dans les murs de la sacristie des statues de saints et de saintes en pierre, de 2 pieds de hauteur environ, qui m'ont paru du XIV". siècle ou du XV*. et qui probablement étaient autrefois dans l'église. Elles sont au nombre de cinq.

L'église de SU -Germain a pour premier patron saint Germain, évêque d'Auxerre , et pour second patron , saint Loup , évêque de fiajeux.

Il y a eu , près de l'élise , un petit prieuré ou léproserie qui dépendait en dernier lieu de l'abbaye de Gerisy ; depuis long-temps , il n'en reste aucuns vestiges (1).

Au siècle dernier , Pierre-Léonor de Séran , baron d'Audrieu , était seigneur et patron de St. -Germain , au droit de Marie-Madeleine Radulph, son épouse (2}. M. l'abbé de Radulph , mon grand-oncle maternel, était seigneur et curé de

(1) Ce prieuré avait été fondé au XIV*. siècle. Des letlret-pa lentes de PhilIppe-le-Bel , du mois de janvier 1322, permellent h Guillaume d*B8quetot , clerc du roi Phtlippe-le-Bcl , de fonder un hôpital dans la paroisse de Saint-Germain-d*Heequetot, ad recipiendos ibidem fmuperei de nocte transeunies et de die œgrotanies , ainsi que le portail la charte de fondation.

(i) Moles manuscrites de Beziert.

arrêté, l'abbé de Lessay aurait nommé le premier et le seigneur le second, et ainsi de suite alternativement Mais il ne paraît pas que ce projet de réunion ait eu de suite. 11 y avait encore deux curés avant la Révolution. Le curé de la première portion avait les 2/3 de la dime , et le second 1/3 : ils percevaient les verdages par moitié.

Un recueil d*aveux pour les Gefs situés en la vicomte de Bayenx porte que a le fief d*Ânctoville assis au même lieu , quifutàBénédict de Foulogne, relevé du roi par un pldnfief de haulbert : que Pierre de Marguerye avait rendu aveu auparavant d*un demi-fief de hautbert assis en la paroisse de Cornières, tenu du sieur de Lesnault , et d*une fieferme tenue des chanoines de la Sainté-Chapelle de Paris, située au même lieu : et qu'enfin Jean de Loucelles en fit autant pour un quart de fief de chevalier, tenu de IVl. deBaines, dont le chef assise Cornières a desextensionsà Amayé-sur-Seule. » Guillaume de Marguerye , seigneur de Tour, Cornières et CoUevllie , est cité dans un contrat passé au tabellionnage de Bayeux le 1". mars 1395, et dans un autre passé à Tour le 9 mars l/i02 (1).

Guillemette Grente,dame de Cornières, épousa : 1^ Thomas Le Chulier, escuyer ; 2°. Pierre de Marguerye , seigneur de Torteval, Varaville, Petiville et Vidouville ; S"". Henry de Saint-Gilles , seigneur de St -Gilles , qui nomma à la cure de Cornières en \U15 (pour la deuxième portion). Elle eut entr'autres enfants , Pierre de Marguerye , seigneur de Vi- 'donville et de Cornières , frère de Jean , seigneur des mêmes localités , qui laissa pour fille unique Marie de Marguerye , dame de Cornières , Meuvaines , Asnelles et Vidouville.

Cette héritière fut mariée à Jacques de Mainseville , seigneur de Fresnay , dont sortirent Guillaume de Mainseville , seigneur de Fresnay et de Cornières , décédé sans enfants

(1) Noies manascHies do Beztem.

de sa femme Jodkh-aaz-Bpaiikft , de Sta-Marie-dQ-Mont.

Olivier de Foolognes, mattre d*Mtel da roi» acheta la terre et seigneDrie de Gomièrea des héritiers de Gaillaame de Mainaeville, et n*en devint paisiUe poasesaeor qoe par an accord passé entKeaz le S mars 1616. Ce fot lai qui obtint la motatioa da nom de Cornières en celai d'Anctoville. Gaillaame de Foolognes, chevalier , seigneur et patron d*Anctoville, nomma, en 1666, i la petite portion de la cure»

La seigneurie d'Anctoville entra ensuite dans la maiaon de Yenoiz*

Anctoville faisait partie de la sergenterie de Briquesiart , élection de Bayeux. On y comptait , au siècle dernier, 260 feux et 1,100 habitants.

Château, L'ancien château se voit à peu de distance de l'église , au sud-est ; il appartient à plusieurs propriétaires et se compose d'une suite de maisons sans caractère , auxquelles on pavillon li tdt très-élevé donne pourtant , de loin , une certaine apparence.

M. le docteur Rayer, membre de rinstilot, commandeur delà Légion-d'Honneur, possède, k Anctoville, une habitation et une terre où lia fait exécuter des travaux et des plantations. M"*, et W\ Rayer y passent , chaque année, deux II trois mois, et M. Rayer lui-même, quand ses nombreuses occupatkm» le lui permettent , vient s'y reposer quelques jours.

PBU6DBROLLE8-S17R-SBULB.

Fenguerolles-sur-SeuIe , FetgeroUB, FîlgeroUe.

L'église de Feuguerolles appartient au roman de transition. Au pourtour du chœur, les modillons de la corniche supportent des arcatures en ogive ; les fenêtres cintrées , étroites à l'extérieur, évasées à l'intérieur , sont toujours de celles que

l'on compare à des meartrières et que nous' avons déjà si souvent rencontrées. L'arcade, entre le chœur et la nef, annonce le XIK siècle; les colonnes ont des chapiteaux romans, mais l'arc qu'ils supportent est ogival. Une fenêtre pratiquée dans le chevet du chœur, vers le XIV*. siècle on le XV*., a été boucliée quand on a placé le rétable à colonnes torses qui eiiste et qui peut dater du XVII*. siècle ou dn commencement du XVIII*.

La nef n'a plus de modillons. Le mur latéral sud a été refait à peu près en entier à une époque que je ne crois pas très^andenne , quoique des fenêtres ogivales s'y voient

Le mur du nord a conservé ses fenêtres cintrées un pen plus grandes que celles du chœur , mais de même forme.

La tour , à l'extrémité occidentale , se compose de trois étages carrés superposés , couronnés d'une flèche en bols et couverte d'ardoises , récemment reconstruite. Il est difficile de préciser la date de la tour carrée dont les portes et quelques parties ne paraissent que du XVI!*. siècle ou de la fin du XVI*. , cependant les murs peuvent être plus anciens. La cloche a été refondue il y a peu d'années.

La sacristie, accolée au chœur, côté dusud, est moderne et probablementdu siècle dernier on de la 6n du siècle précédent On remarque dans la nef , à droite de l'entrée, des fonts de forme octogone en pierre calcaire d'un grand diamètre et divisés en deux parties égales , qui doivent remonter an moins au XV*. siècle ou au XIV*.; ils sont portés sur un pédicule cylindrique.

La paroisse de Feuguerolles est réunie à Sermentot pour le spirituel.

L'église est sous l'invocation de saint Pierre. Le seigneur du lieu nommait à la cure ; le curé percevait les dtmes.

Il y a dans le chœur plusieurs pierres tombales appartenant à différents membres de la famille Le Marchand qui pos-

CANTON DE CàUMONT. 293

aédait h seigaeurie de Feoguerolles. JDeux de ces pieiTes n'offrent ptusdlnscriptions; une autre pourrait être déchiffrée en partie, si eUe était lavée. J'ai lu ce qui suit sur celle qui occupe le centre du chœur.

CT «ISSBMT LES COftPS

»B NOBU HOMMB JBAN LB

MABCHANT BSCUYBB

SBIGNBOR BT PATROIf DB

FBU60BROLLBS S*. LOURT.

DÉCIDÉ LK 19 rtVRiBR 1709

AOé OB 87 AifS BT DB lOBLB ftAMB .....

PBBBTTB HBBBBT SON RPOUSe DBC&DÉB ....

PRIKZ DIEU POUR LB RBPOS DR LBURS AMBS.

D'après une note de l'abbé Beziers^ le fief seigneurial de FeugueroUes dépendait , par foi et hommage , de la baronnie de Crépon : c'était un fief de chevalier, dont le roi tenait le quart par forfaiture. Le seigneur de FeugueroUes avait , selon la coutume , droit honorifique dans l'église , droit de chasse, de garenne, de colombier , de pêche, etc., etc. Les vassaux de la seigneurie , dit encore la note que je cite , étaient obligés de donner à la fille aînée du seigneur une robe de velours son mariage arrivant.

La seigneurie de FeugueroUes , possédée d'abord par une famiUe de ce nom , fut apportée par Luce de FeugueroUes, fiUe de Jean, seigneur de FeugueroUes, et de Jeanne de VauceUes , à Hue de la Haye , baron de Coulonces : de ce marij^e naquit Jean de la Haye , baron de Coulonces, seigneur de FeugueroUes et St.-Louet, mort en 12/!i7.

Ce dernier laifsa trois fiUes de son mariage avec Alix de

-g pe CALVADOS.

sTàrtsf^ ^jeaoe ^loasa Robert de Tour-

^L^S-'^^^'^J^^is Baoul Bethon« Elle eut des

^^^^i'^^^ gnritge et Jeur bissa les seigneuries de

.^aêêu ^ ^ *Tft 'W^^ qu'elle avait eues de la succès-

pùa^*^ ^ctoean un siècle dans la maison de Betbon ;

^^^uoo b feûdit, par contrat du 30 octobre 1572.

^^ ^^ilfflrcljand, écuyer, pour la somme de 6,S00

f ^ Cdai-ô petit-fils de Jean Le Marchand , premier du

\^ eaof^ par I^uî^ ^1 > ^^ janvier 1 i!i66 , en considéra-

fjondeseB services, mourut sans enfants et laissa la seigneurie

^ feogueroUes et St.<-Louet à Jean Le Marchand, deuxième

danookf son frère.

De Jean II sortit Guillaume II Le Marchand , seigneur de F eugueroUes et de St.-Louet, qui épousa, en 1616, Charlotte Léonard , fille de Jacques I*'. , seigneur de La Rivière et d'Orbois , qui lui donna pour fils aîné et héritier Jean troisième du nom, décédé le 19 février 1709. ( Cest celui dont MOUS awms trouvé dam VéglUe Cinscription tumulaire reproduite page 29S ). Il avait épousé, en 1648, Anne Hébert (également citée dans P inscription ) ^ fille de Jacques de TaiUebois.

De ce mariage naquit Olivier Le Marchand , seigneur de Feuguerolles , sous-gouverneur et lieutenant des chasses de St-6ermain-en-Laye, qui épousa Antoinette Le Mercier. Il fut père de Jacques Le Marchand, baron de Tracy (1) , seigneur et patron de Feuguerolles et St-Louet. On voit que les seigneuries de Feuguerolles et de St.-Louet ne formaient qu'un même fief : c'e^t ce que j'avais avancé déjà en parlant

(1) J*al dit, à Tarlicle Tricj , lome l*'. de U Statistique, p. 191 , à quelle époque la terre Ue Tracj était sorlle de la fainllle Le Marchand de Feaguerollea.

deSt-Loiiet (i) dans le premier volume de la StatMqw mamumenuUe (v. Iji page i9k )•

ChâteaiL — Le château de FeugueroUes, situé le long du Galichon » afSueot de la Seule , a été acquis des héritiers de la Êimille Le Marchand , qui est éteinte , par AL G. Simon , avocat, membre du Conseil général du Calvados : il y a fait des améliorations considérables , et il Thabite une partie de la belle saison. Les promenades s'étendent sur la rive gauche du ruisseau et dominent une très-jolie vallée.

SKRUENTOT.

Sermentot, Sermentot.

L'église de Sermentot appartient à plusieurs époques. La nef est de construction romane avec appareil en arête de prasson ; les fenêtres ont été refaites.

Le chœur appartient au style ogival primitif : on y voit un entablement garni de dents de scie et une porte en ogive ornée de moulures analogues: les fenêtres qu'on a refaites, au midi , paraissent du XVI*. siècle.

Une tour très-peu ancienne ( probablement du XYIP. siècle ) et terminée en bâtière s'élève à l'ouest de la nef et sert de vestibule à la porte principale.

L'abbé Beziers rapporte dans ses notes manuscrites qu'on voyait dans l'église de Sermentot , près des fonts baptismaux , les vestiges d'une ancienne cheminée ; il supposait qu'elle avait pu servir à faire chauffer l'eau pour le baptême, mais cela ne peut être accepté. Cette cheminée a été remplacée depuis long-temps par un escalier montant à une tribune.

(1) St.-Loiiel, paroisse voisine , fait partie du canton de Viliers- Bocage , arrondisseineni de Caen,

L'église est sous l'invocation de saint Aubin. Le seignear nommait à la cure ; le curé percevait toutes les dîmes.

Il y avait à Sermentot une basse-justice qui ressorlissait du bailliage de Caen. Deux fiefs existaient clans la commune : celui de Sermentot et celui de Beltot.

Richard de Tilly , seigneur d'Escarbou ville , épousa Robine de Sermentot , laquelle lui apporta cette seigneurie en mariage : il avait pour père Raoul de Tilly , seigneur d*Escarbouville , et pour mère Jeanne de Carbonnel d'Orglandes.

De ce mariage sortirent Raoul et Ferrand de Tilly. Raoul de Tilly , seigneur d'Escarbouville et de Sermentot , épousa Alix de Thieuville de Guéhebert , dont sortirent : 1**. Robert de Tilly , mort sans enfants , 2^ Richard , 3^ Raoul.

Richard épousa Jeanne de Hottot , fille de Richard , seigneur de Beauinont, de laquelle il eut Jean de Tilly et (dusieurs autres enfants.

Dans le dénombrement des fiefs de la vicomte de Bayeux , fait le 1& février 1503 , il est dit que Guillaume de Tilly possédait un quart de fief appelé Sermentot , auquel était attaché le droit de présenter à la cure du lieu.

Jean le vicomte, seigneur et patron de Sermentot, nomma à ladite cure en 1583.

Sermentot faisait partie de la sergenterie de Briqoessarl , élection de Bayeux. On y comptait» au siècledernier, 66 feux et 200 habitants.

MOTTOT-l.CS- BAGUES.

Hottot, Hotot.

L'église de Hottot, qui offre un parallélogramme rectangle, n*a pas de porte dans la façade occidentale. La porte princi*

pale est établie dans le mur méridîoDal de la nef. C*est une porte romane dont Tarchivolte est ornée de cables. Des modilloiis carienx existent sons l'entablement : des fenêtres en forme de lancettes ogivales remplacent aujourd'hui les fenêtres romanes qui devaient exister dans Torigine.

La tour latérale du côté du Sud est romane jusqu'aux deux tiers de sa hauteur; la partie supérieure est peu ancienne et terminée par un toit à double égout.

Le chœur parait moins ancien que la nef; plusieurs de ses parties n'offrent pas de caractère.

La cure se divisait en deux portions : le roi nommait à la première, à cause de la fieiïerme de la comtesse de Boulogne, dont le chef était assis à Âudrieu ; le seigneur de Tilly nommait à la seconde : le premier curé percevait la moitié des grosses et menues dîmes ; l'autre moitié appartenait pour un tiers au commandeur de Beaugy , et pour les deux autres tiers, au second curé, avec les menues dîmes.

Quand le livre Pelut a été écrit , le seigneur nommant à la deuxième portion de Hottot était dominus de TiUeio.

Il y avait dans le château de Hottot, une chapelle sous l'invocation de saint Pierre et de saint Nicolas.

Le château de Hottot appartient présentement à M. de Brucoté des Coutures, par suite de son mariage avec M*'*, de Hainault de Canteloup. Il me paraît du temps de Louis XIV : de belles avenues de chênes l'entourent de plusieurs côtés. Ce château , maintenant inhabité , était occupé sous la Restauration par i\l. de Hottot , député du Calvados, d'où il a passé par héritage à la famille de Canteloup.

La seigneurie de Hottot a été possédée par une famille de Costard : Nicolas Costard nomma à la cure en mars 1593. Jean-Claude Costard, écuyer, seigneur haut-justicier de Hottot, qui vivait en 1763, avait eu pour père Pierre de Costard.

La seigneurie de Hotlot lut acquise, en 1756, par ftl. Du Moutier de Sainte-Croix.

La châtellenie de St-Wast et le fief d'Orbois araent des extensions sur Hottot.

Autrefois on fabriquait à Hottot de petites bagues en crin mêlées de fils d'or et d'argent, dont on faisait un certain commerce.

Enceinte retranchée. A quelque distance de l'église et ii peu de distance de l'ancienne route de Bayeux à Yillers , on trouve une enceinte retranchée que quelques personnes ont regardée comme un camp romain; cette enceinte est en face du château de SL-Wast , qui a été important au moyen-âge, et je ne prétends point me prononcer sur son origine. Qud qu'il en soit , l'enceinte retranchée dont je parle est connue à Hottot sous le nom de camp des Anglais, établie sur un plateau légèrement incliné au Sud et défendue de deux côtés par la vallée de la Seule et par celle d'un ruisseau qui se jette dans cette rivière en face de St-Wast Un vallum, encore haut de 2 à 3 mètres, aujourd'hui planté d'arbres, enclôt le reste du camp , qui est à peu près carré. J'ai figuré cette enceinte sur la planche XXXI , fig. n^ 7 , de mon Cours d'antiquités.

LONGUERAYE.

Longueraye, Longarea.

Quelques personnes, et notamment Beziers, ont pensé que ce nom venait de la figure oblongue du territoire de la paroisse, qui s'élargit aux deux extrémités et se rétrécit vers le milieu.

CANTOH DE CAUHOHT. 299

La tour de Longneraye est la partie la plm intéressaDte de l'église.

EUe est romaDe, carrée , ornée d'arcatuns et ternuDée en bt- Uère.

Quelques parties des murs de l'^be doivent roDonler ï l'époque de la tour, i eu juger par les contreforts plata qu'on y voit i et par les coiiteaaz de g la coroicbe; mais des I reprises considérables ont été faites et diverses g parties paraissent du j XV. siècle. 'J L'é^isedeLoi^eraye ■ est sous l'inTocalion de 8 ■alntPierre. Le seigneur Bommait i la core.

PrûurédeBéroltes, Bérolles est uu des priU' cipaut hameaux di Loogneraye, an Nord ■ur le ruisseau dn Vession. C'était on fief auquel était attachée une chapelle sous l'invo' cation de Notre-Dame,

300 STATISTIQUE HOHUUENTALE DD €ALVADOS. laquelle était à la Domination de l'abbaye dfl Longues; te titulaire était teuu d'y dire la mease le dimanche et aux quatre principales (êtes de la Sainte- Vierge. Cette cbapelle, dont voici l'esquisse, et qui avait le titre de prieuré, eiiste encore dans

la cour du chSieau ; elle sert de grange et est modestemeot couverte en chaume : les petites fenêtres , ia porte et quelques déiaiU annoncent le XIIl*. siècle ; nous savons d'ailleurs que la dîme qui était perçue à Longucraye par le titulaire de ce petit bénéfice , avait été aumOnée, en 1221, par Richard de Rérolles, seigneur du Heu.

La dtme de Longucraye se partageait en trob parts, dans les deux tiers de la paroisse , entre le curé , le prieur de Bérolles el le Trésor. Celui-ci possédait sa portion par suite de la réunion de ia chapelle Notre-Dame qat sert à présent de chœur ii l'église paroissiale. Le prieuré de St.-Vigor et le séminaire de Baveux avaient aussi chacun un trait dédîmes.

Dans l'aveu du temporel de l'évéchë de Bayeui , rendu en 1Z|53 |>ar l'évëquc Zanoa de Caslillon , il est dit que les hoirs

CANTON DE OAUMONT. 301

de fea Pierre de Gaaion, écoyer , tiennent par hommage , de l'évêché, à cause de la baronnie de St*Vigor, un quart de fief de cheTalier nommé le fief de Bérolles , assis à Longraye, duquel Jean de Marguerye tient un huitième assis audit lieu. Tout récemment, la ferme et la chapelle de pérolles appartenaient à feu M. de Sallen , membre de la Société française pour la conservation des monuments , et probablement elles sont encore à son héritier , M. le comte d*Aigneaux , membre du Conseil général de la Manche et inspecteur de TAssociation normande pour les progrès de Fagrlculture , de rindustrie et des arts (1).

Maupertuis est un hameau de Longraye marqué sur la carte de Cassini , et dont il est question dans une charte citée à l'article Torteval (v. page 278). Au XIIP. siècle, les environs de Maupertuis étaient couverts de bois , comme le prouve le passage de la charte que j'ai oitée.

Livry et les N'oilles sont deux autres hameaux. M. de Léo nard des Isles possède , au hameau de Livry , une habitation

(1) Nous lisons dans un manuscrit du XYlIl*. siècle : « JamAlt paroisse n*a été plus flpurfe de Ocfs que Longraje; le roi et M. Goi»selin , seigneur de Mannevllle , en ont chacun un ; le sieur Léonard, seigneur d'Argouges, en a deui au haut deMauperlufs: Tabbaje d*Aul< nay possède an flef dans le Yillage d'Oocby ; le séminaire de Bayeui un autre dans le même endroit, appelé le fief de Guéron, avec droit de dtme : M. Le Breton du Mesnil-Amant, possède le fief de Bérolles, qui est le plus étendu de tous; M. Tabbé de Marguerye, le ûef de Livry ; les religieux deSt.-Vigor présBayeui, le fief de la Flotte, au-dessous de Bérolles , avec droit de dtoie, et le commandeur de Beaugy , une eitensfon dans l'enclave de Bérolles, appelée \e fief du Temple,

Le Roi, comme possesseur du flef au droit de Malbllde de Solliers, M. de Mannevilte, comme tenant le fief dominant, présentent alternativement à la cure, qui était autrefois divisée en deui portions. Tune à la nomination du duc de Normandie, représenté par le roi ; l*anlrp à celle du soigneur de Prènui près Evrecy , représenté par le sieur dr Mannevilli*.

OÙ il passe chaque année quelques mois avec M. le comte de Gautret , son gendre (1).

PABFOUBU-LÉCLIll.

Parfouru-Léclin , Proftmdus rivus,

L*égllse de Parfouru-Léclin est une de celles que Ton peut noter comme intéressantes dans l'arrondissement de Bayenx : elle est en forme de parallélogramme rectangle.

La tour carrée , assez élevée , terminée par un toit en bâtière , est accolée au mur septentrional , entre le chœur et la nef : un porche du XVI* siècle ou de la fin du XV*. précède la porte occidentale de la nef : ce plan est , comme on le voit , assez simple et semblable à celui que Ton trouve fréquemment dans les églises rurales de notre pays.

La partie la plus intéressante, évidemment, est la tour; elle est construite en arête de poisson , divisée en plusieurs étages et percée sur ses faces , aux deux étages supérieurs , de plusieurs ouvertures cintrées portées sur des colonnettes. Le dessin ci joint montre cette ordonnance.

La nef était également romane ; les murs en ont été refaits, en grande partie, par M. Delaunay , architecte, qui a construit , du côté du sud , une assez jolie entrée latérale dans le style roman : la porte , pratiquée dans un mur construit en pierre de taille et formant saillie sur le reste, a son archivolte garnie de zigzags; elle est surmontée de deux fenêtres cintrées à colonnettes ; des modillons ornent la corniche.

(I) Nou« avons vu , à rarllclc de la paroisse d« But, I. II, p. 298 , de la Statistique , que M. de Léonard des Isles possède aussi le cbâieau du But.

CANTON DE ClAUMONT.

I DR L'tCLI» M

La porte occidentale est en ogive.

Le chœur appartient au XIII*. siècle : on voit au chevet de petites lancettes sans colonnes. Une de ces fenêtres renferme encore un petit vitrail du XIII*. siècle , dont les figures représentent le massacre de saint 1 homas de Gantorbéry.

Le chœur est voûté et garni d*arceaux.

On lit l'inscription suivante à Tintérieur de Téglise, audessus de la porte occidentale :

CI DBYANT RBPOSF. LB CORPS DB JACQOBLINB MARIB LB TAL018 TECVR DR BBBV6 JOSKPH LB CODDIKR HORTB LB 35 OCTOBRE 1773 AQB£ DB 59 ANS.

1^ famille Le <^ordier a possédé , au siècle dernier , la seigneurie de Parfouru.

Château. — Le château de l^arfouru est au nord de Téglise, entouré de fossés pleins d'eau : on y arrive an moyen d*un pont en pierre qui accède à une porte à cintre surbaissé à double archivolte, garnie de contreforts. Une fenêtre et un écusson surmontent cette entrée. Le bâtiment dont elle fait partie , et dont le pied baigne dans l'eau , parait de la fin du XV'. ou du XVI*. siècle. Le château qui vraisemblablement était de la même époque , mais qui a été défiguré ou reconstruit , occupe le côté Est de la cour carrée ; il est aussi baigné par les eaux des fossés.

En somme , ce petit château a encore le cachet des maisons nobles du XVi*. siècle , et il mérite d'autant mieux d'être conservé que tous les jours ces types disparaissent et que déjà ils sont rares.

LE QrB8NAY-«VBSDOV.

Le Qoesnay-Gaesdon , Quemetum Guenon, Caisnetum, Le mur septentrîooai et quelques autres parties de l'église du Qaesoay appartienneut au style romau , mais le reste est moderne et a été reconstruit en 17^2 , ainsi que l'atteste une inscription gravée au-dessus de la porte d'entrée. Dans son état actuel, elle offre bien peu d'intérêt

Elle est sous l'invocation de Notre-Dame» Le seigneur nommait à la cure; le curé percevait les dîmes.

Château. Le château du Quesnay est tout près de l'église : c'était , il y a quelques années , un long bâtiment peu élevé , sans style , précédé de longues avenues. M. de Valhébert « qui avait acquis ce domaine il y a 60 ans, avait l'intention de reconstruire ce château ; mais ce projet n'a été réalisé que depuis sa mort par son gendre, M. le comte d'Ecquevilly , ancien oflBcier supérieur d'élat-major» qui est aujourd'hui propriétaire de la terre du Quesnay.

SAIHTB-HONORINB-DE-DUGY.

Ste.-Honorine-de-Ducy, Sancta Hanorina de Duxeio.

L'église de Ste.-Honorine-de-Ducy est romane et présente, â l'extérieur, l'appareil en arête de poisson et Vo/ms incertum ou appareil ordinaire. Le chœur est terminé par une abside semi-circulaire assez remarquable.

Les fenêtres, autrefois en meurtrières, ont tontes, à l'exception de deux, aujourd'hui bouchées, été remplacées par des fenêtres carrées longues. Le mur méridional du chœur a été refait , je ne sais à quelle époque, et la nef a été allongée

306 STATISTIQUE HONVHEHTALE IHI CALVADOS. loDt récemment àa c6té de I'OugsL Bofin deux fenêtres snbtrilobées, du XV°. siècle peut-être ou du \VI* , ont remplace deux des fenêtres primiiiTes de l'abside.

Par son appareil bien conservé , par ses niodillcws et M forme générale, l'église offre de l'intérêt comme édifice de l'époque romane. Les modUlons de la nef, qui supporteat une belle corniche scnlptée en damier , sont bien conservés, irés-variés et remarquables. Un de ces modillons entr'antrcs , figurant an oiseaa de proie déchirant un antre oisean, mériterait d'eire moulé. Les modilluns de l'abside sont plus pelils et peu tnléressants.

La tant , carrée et terminée en bStière , est assez élevée ;

elle est appliquée contre le chceur du cdté du Nord : je la

crois de la fin du XV'. siècle. Elle se compose de trois étages dinsés par des retraits oa talus, et inégaux eu hauteur. Le dernier est éclairé suf chaque face par uoe fenêtre en ogive divisée par un meneau bifurqué. Une fenêtre cintrée subtrilobée éclaire la partie basse de la tour, dont on a fait la sacristie. Les deux cloches ne datent que de quelques années.

On a fait disparaître récemment Tarcade qui séparait le chœur de la nef, afin, dit M. le Curé, de démoiqmr celm^ci. C'est ce qu'on fait malheureusement partout malgré mes recommandations, et Ton détruit ainsi ce que les églises offraient de plus caractérisé, puisque ces arcades étaient presque toujours ornées de moulures.

On avait eu aussi la mauvaise pensée de détruire l'abside pour allonger le chœur et faire une sacristie derrière. J'espère que ce projet est abandonné et j'ai dit combien il serait absurde ; ce n'est pas une raison pour qu'on ne le mette pas à exécution plus tard , et il est fort à désirer que l'autorité épîscopale n'autorise aucun travail relativement à l'établissement d'une nouvelle sacristie : celle qui existe est très-bien placée là depuis deux siècles, et on ne pourrait en construire une autre sans défigurer le sanctuaire.

L'intérieur de l'abside a été , il y a quelques années, plâtré et peint de la manière la plus ridicule dans le genre café champêtre , avec des colonnes et des guirlandes : c'est le goût des gens de la campagne !! Personne ne pense ë donner aux instituteurs primaires des notions d'art , ce serait pourtant une chose éminemment iilile.

L'église de Ducy est sous l'invocation de sainte Honorine.

Le patronage était laïc; le curé percevait la moitié des dîmes ; l'autre moitié se divisait ainsi : un chapelain avait les deux tiers et le curé un tiers. Le chapitre de la cathédrale percevait sur le tout 120 boisseaux d'avoine.

Quand le livre Pelut a été écrit , les familles de Châteaobriantet de Maisoncelies présentaient alternativement à la cure:

Daminus de CasteUo Briant et Ricardus de MesanceUù alternat.

Je n'ai pas de renseignements sur les familles qui ont possédé la seigneurie jusqu'à la Révolution.

Le fief seigneurial était , m*a-t-on dit , à quelque distance au Sud de l'église.

A TEst, en descendant le coteau , on remarque une grande ferme avec pavillon du XYII*. siècle peut-être. Elle appartenait à une famille Paysant, mais ce n'était pas un flef noble , m'a-t-on dit encore , comme je l'avais cru d'abord.

Page 1