REPOS DE SON AME
L'église est soq» riD?oca(ion de saint Martin. La cure était à la nomination du seigneur de GuUy ; ie curé percevait les dîmes , à l'exception de deux traits , don
l'un appartenait à Tabbaye de St -Sever et l'autre au cbape« lain de la chapelle St-Marc de la cathédrale de Bayeux.
Château de Belval. — On voit sur le territoire de Ghouaio, près de la route qui ?a de Bayeux à Tilly , dans le fond d'un vallon parcouru par un ruisseau , l'ancien château de Belval. Ce château , assez considérable , qui a été entouré de fossés pleins d'eau , doit remonter en partie à l'époque de Louis XIV ou de Louis XIII , et il se compose d'un grand corps de logis et de diverses constructions disposées en carré.
Les châteaux de cette époque se défigurent , chaque jour , par suite des restaurations et des suppressions qu'on leur fait subir. Celui de Belval a conservé beaucoup de caractère.
Les inscriptions citées plus haut montrent que ce château était habité, an X VHP. siècle, par les d'Hermérel , seigneurs de Chouain et de Behal.
Ancienne habitation près de l'église. — Près de l'élise existe une ferme qui , très-certainement, a été un fief noble, et qui, dans la disposition de ses bâtiments autour d'une cour carrée, dans les hautes cheminées du pavillon destiné à l'habitation du maître , et même dans la disposition de ses Jardins, qui n'avait pas été changée il y a vingt ans , annonce également le temps de Louis XIII; mais ce petit château ne peut être comparé à Belval ; il est infiniment moins considérable.
Le fief de Chouain a été possédé par les maisons d'Octeville et de Pellevé. Du temps de l'abbé Béziers (deuxième moitié du XVIII*. siècle) , il appartenait à M. Le Roux de La Mogerais, seigneur de la Haye-Comtesse. Un recueil d'aveux rendus pour les fiefe de la vicomte de Bayeux fait mention d'autres fiefs situés à Chouain , savoir : un fief pour
CARTON DE BALLEBOY. 393
i'éfêqoe de Bayeax, un pour l'abbé de €aen , on antre pour Tabbesse de Ste. -Trinité de la même ville, enfin ceoxdn Quesné et de la Champagne.
Le 18 décembre 1/^71 » Jean Chrétien fot pourvu , sur la nomînatira de Gmllanme, seigneur d'Octeviile et de Cully , de la cure de Chouain , vacante par la démission de Jacques Pellevé, nommé 2i la prébende de Cully» en l'église de Bayeox.
En 1507 1 Jean Pellevé, curé de Chouain, permuta ce bénéfice pour une prébende dans la cathédrale de Tournay, avec Jean Bureau , frère ou fils de Hugues Bureau , seigneur de Giberville.
Enfin , les inscriptions données plus haut prouvent qu'au XVIIP. siècle la seigneurie de Chouain était passée à la famille d'HerméreK
Chouain faisait partie de la sergenterie de Briquessart et de Félection de Bayeux.
C'était la patrie de Philippe du Bois , principal du collège de maître Cervais, à Paris, chanoine de St.-Étienne-des- Grex, connu par ses interprétations sur quelques auteurs latins, à Fusagedu Dauphin, lequel mourut à Paris le 17 février 1703, à l'âge de 67 ans.
ELLON.
Ellon , Elon , prioraius de Etlane.
La tour de l'église d'Ellon , placée au bout de la nef et sous laquelle se trouve le portail, est, je crois, la partie la plus intéressante de l'édifice ; elle m'a paru du X1V«. siècle. Elle est carrée; mais, au moyen de pendentifo, la forme octogone se dessine à l'intérieur, au-dessous de la voûte qui sépare le vestibule de l'élâgo supérieur dans lequel les cloches sont
30ft STATISTIQUE HONDMENTALE DU CALVADOS, placées : la coape suivante moDlre celle dtsposilioo. Exié-
rieoremeni la tour csl terminée par on toit i double égout et chacune dea faces du second étage est ornée de lancelies très-étroiles. Le troisième étage est éclairé par une fenftre i
deux baies, très-élancées, accostée de deux lancettes obscures. La corniche , aa-dessoos do toit , est décorée de feuillages.
La nef et le chœur paraissent de la fin du XfP. siècle ou du coromenceniient du XIIP. On y voit quelques feuêtres en lancettes. Les fenêures do cheyet ont été bouchées , Traiseinblablement quand le rétable du mattre-autel a été placé. La sacristie se trouve derrière.
L'église a été repavée en entier.
Une chapelle, accolée au chœur do côté de Tévangile, renferme on autel à grand rétable , assez remarquable , dans le style do temps de Louis XIV ou de Louis XIIL
Les trois cloches que renferme la tour ne sont pas an* dennes. La plus grosse porte l'inscription suivante :
J^AI ÉTÉ FORDOB POOB LA PAB0IS8B D^BLLON, Bit 1850, SOUS LB PON- TIFICAT DB M«*. LOUIS- PBARÇOIS BOBIN , ÉVÉQUB D8 BAYBCX ; NOHHÉB LOUISB-AUGUSTINB , PAB M. WILFBID DB LÉONABD DB JUVI6NY BT MA- DAME LOUISE OLIVE, MÉB COBSPEL.
M. OLITB, maire; m. PAUCeON MONDBVAL, TBÉSOBIBR.
M. VARIR, CUBÉ.
■4ItLT nu, POMOBOH.
On lit ce qui soit sur la seconde, qui était seule, il y a quelques années, dans le clocher :
J*AI ÉTÉ PORDUB, BR 1838, POUR LA COMMURB D*BLLOR, BT BÉRITB PAR M. VARIR, CURÉ DUDIT LIEU. — M. FAUGHOR , MAIRE, ET R. PAU- CBON , TRÉSOBIEB. — BT ROMMÉB LOUISE PAR DAME DB COMME AD , RÉB DB PBÉVAL, ASSISTÉE DB M. LE CH*". DB COMMEAU , SOR MARI, CAPI- TAINB DB DRAC0N8.
La plus petite est du même temps que la grosse.
L'église est sous TinvocatioD de saint Pierre ; la cure était à la nomination de l'abbé de RJondaye , qui la faisait desservir par un religieux Prémontré. Les deux tiers des dîmes appar-
tenaient à TéTêqae de Usteaz » et l'autre tiers à Fabbaye de Mondaye. Le prieur-curé n'avait que la pension congrue.
Le presbytère , qui était appelé autrefois prieuré comme d'autres cures à la nomination des abbayes, est de construction assez ancienne dans quelques parties.
D'après l'aveu , déjà cité » du temporel de l'évêché de Bayeux, fait en ikSZ , les hoirs de feu Richard Bigot tenaient à cette époque , par foi et hommage , de la baronnie de St.-Vigor , un quart de fief en la paroisse d'EUon, nommé le fief du Clos , à raison duquel lesdits hoirs et possesseurs du fief étaient tenus de servir en personne par dix jours et garder la porte de l'église de Bayeux par devers le manoir au doyen> dudlt lieu ( la porte latérale qui fait face à l'évôcbé actuel ) , toutes les fois que la ville serait assaillie de guerre.
L'ancien château sert aujourd'hui de ferme , il se trouve à environ 300 mètres de l'église ; du côté du Nord , ce sont des bâtiments assez considérables, disposés autour d'une cour carrée.
Avant la Révolution , M. du Trésor était seigneur honoraire d'Ellon. Il a eu deux filles qui ont épousé , l'une M. le marquis de Belfont , dont sont issus M. le marquis Bernardin de Belfont, qui habite Gavigny, près de St.-Lo; et le feu comte Alexandre de Belfont, mon beau-frère. L'autre fille de M. du Trésor épousa le marquis de Turgot ; c'était la mère de M. le marquis de Turgot , sénateur , aujourd'hui ministre plénipotentiaire en Espagne. La sœur de ce dernier fut mariée au général comte de Préval , ancien pair et sénateur , dont elle eut trois filles : M"^*. la vicomtesse d'Angerville , M*"', de Montagnac et M'"*, de Gommeau , dont nous venons de voir le nom sur la cloehe fondue en 1828.
La ferme du château doit appartenir encore aujourd'hui à M""', de Gommeau , qui habite Nancy.
CANTON DE BALLEROT. 397
CON l>É-SUa-SEULL£S.
Condé-snr-SeuUes, Condatum^ Condeium supra Seulam.
L'église de Condé-sar-Sealles est facile à décrire.
La tour , qui précède la nef , et dont la partie inférieure sert de vestibule , porte la date i Iki : elle est terminée par un lanternon reposant sur un petit d6me en pierre, en forme de carène de navire , portant des lucarnes ou ceils-de-bœuf sur chacune de ses faces.
Le chœur a été reconstruit de fond en comble en iSftO , avec la sacristie , qui est appliquée sur le cheTet.
Reste le corps de la néf, qui n'est pas très-caractérisé , mais dont les murs remontent au XII*. siècle pour quelques parties. On remarque , du côté du Sud , une porte en accolade yraisemblablement du commencement du XVP. siècle.
L'arcade qui sépare le chœur de la nef est à plein-cintre.
L'église de Gondé est sous l'invocation de Notre-Dame. L'abbaye de St -Etienne de Caen présentait à la cure et percevait les deux tiers des dîmes; l'autre tiers et les verdages appartenaient au curé.
Il y a près de l'église une belle fontaine qui faisait moudre autrefois trois moulins. Ces moulins éiaient situés dans un lieu nommé la Maladerie, en souvenir de l'hôpital qui y avait existé. Il y avait un grand chemin qui allait du pont de Gondé à Bayeux.
Antiquités romaines. — En creusant, il y a un siècle , dans le pré du Glos-Neof, près du pont, on trouva on cercueil en pierre qui contenait plusieurs fragments de plomb , une bouteille de verre de forme carrée, pouvant contenir 2 litres, et une cuillère d'étain. Ge tombeau , ainsi décrit par Béziers,
paraît d'origine romaine, ei la bouteille de verre est conforme à celles qae l'on connaît dans beaucoup de collections.
M. l'abbé Baretteest persuadé qu'une voie romaine, conduisant de Bayeux à Vieux, passait à Gondé, et qu'elle traversait la SenUe entre cette commune et Garcagny. On a trouvé, dit-on, quelques médailles dans les environs.
Dans une autre partie de la commune , existaient des vestiges d'une habitation considérable, que Béziers suppose avoir été la demeure des premiers seigneurs de Coudé.
Richard de Gondé fut un des gentilshommes qui accompagnèrent Robert Gourte-Heuse à la croisade, en 1096. — Turstin de Gondé vivait au milieu du XIP. siècle, sous l'épiscopat de Philippe de Harcourt ; il donna à l'abbaye de St -Etienne, pour le repos de son âme, une terre nommée Cantepie. Ranulphe et Hugues de Gondé , ses fils , consentirent à la donation en la mettant sur l'autel : c'était probablement la terre que possédait l'abbaye, à Gondé, avant la Révolution. Richard de Gondé aumôna à cette abbaye , en 1119, le patronage de l'élise de Gondé-sur-SeuUes , ce que nous apprend la charte de confirmation donnée , la même année , par Henri II, évêque de Bayeux.
Richard de Gondé , prieur de la grande abbaye de Gaen, mourut en 1265 , entre les bras de son abbé, Nicolas I*'.
Par acte du 10 décembre ik^2 , que l'on conservait autrefois dans le trésor de l'église de Gondé-sur-SeuUes, Guillaume, seigneur de Gondé, donna à Robert Le Prévost, curé dudit lieu , une pièce de terre pour l'acquit de quatre messes par an pour lui , ses parents et ses amis.
Le seigneur de Gondé-sur-Seulles se trouve parmi les vassaux de l'évêché de Bayeux , dans les aveux rendus au Roi en l/i53, par Zenon de Gastillon, et, en 1^60, par Louis de Harcourt, son successeur. Il est dit dans le premier aveu que ce seigneur tient de la baronnie de St,-Vigor , par
foi et hommage, un quart de fief de cbevaller , dont le chef est assis en la paroisse de Condé , à cause duquel il est tenu de faire à l'évêcbé , par chacun an , six livres de cire avec reliefs, treizièmes et aides-coutumières, et que, quand il a à faire taxation des amendes de sa seigneurie, il les doit porter à taxer devant le sénéchal de Tévéque ou à son lieutenant, afin que, par leur conseil, elles soient taxées.
Béziers pensait que Turstin , archevêque d'Yorck , qui reçut la consécration des mains de Galixte II, en 1119 , dans le concile de Reims , et Audin , son frère , qui , de chapelain de Henri P'., roi d'Angleterre, élait devenu évéque d'Évreux, en 1112 , étaient nés à Condé-sur-Seulles et étaient issus des anciens seigneurs de cette paroisse.
Le château moderne de Gondé appartient aujourd'hui à M. le prince de Broglies avec la terre qui en dépend.
Gondé faisait partie de la sergenterie de Briquessart, élec* tion de Bayeux et du doyenné de Fontenay-le-Pesnel ; on y comptait, avant la Révolution, 52 feux et 150 habitants.
Le canton de Bayeux renferme 17 communes, qui sont :
Agy. Monceaux.
Arganchy. Nouant
Barbeville. Ranchy.
Bayeux (chef-lieu). Subies.
Gottun. Sully.
Gussy. St. -Supli.
Gueron. Vaucelles.
St -Loup. St. -Vigor-le-Grand.
St -Martin-des-Entrées.
En quittant Gondé-sur-Seulles , que nous parcourions
aOO STATISTIQUE MOUCMENTALB 00 CALVADOS.
toat à rticare, on entre dans le canton de Bayenx par Nonant