‹ Statistique monumentale du CalvadosChapitre 76 sur 130 · SAINT-AMADOR · texte numérisé non relu

SAINT-AMADOR

St-Aniador, Sancius Amador , ecclesia Sanai Amadoris.

La petite église de SL-Amador était supprimée et depuis long-temps ouverte à tout venant , quand , il y a vingt-cinq ans, je la visitais dans mes promenades. Elle n'avait rien de monumental et devait appartenir au XYII*. siècle.

Elle se composait d'une nef et d'an chœur rectangulaires de petite dimension , éclairés par des fenêtres cintrées.

Elle était sous l'invocation du saint dont elle portait le nom. Le patronage était laïque; le curé percevait les dîmes.

11 n'en reste plus de traces à présent et la commune est réunie à celle d'Aiganchy.

Quand le livre Peint a été rédigé , la cure était à la nomination de Guillaume d'Arganchy.

Agy , Ageium.

L- église d'Agy , que j'avais autrefois visitée , a été détruite vers l'année 1834 ; elle éuit alors réunie à Subies , et cette commune la vendit pour éviter des frais d'entretien : ce fut alors la cause d'une petite émeute de village : car les habitants d'Agy s'opposèrent énergiquement à la démolition

qne les acquéreurs voulaieut £iire en vertu de leurs titres de propriété , et la garde nationale de Bayeux fut envoyée par l'autorité pour vaincre la résistance.

Afin de protester contre la destruction de leur église , les habitants en firent alors constridre une antre par souscription , et appelèrent un prêtre de l'Église française de l'abbé Ghâtel pour la desservir; mais les passions se calmèrent bientôt et tout rentra dans l'ordre. Douze ans après , la paroisse d'Agy a été rétablie.

L'ancienne église offrait peu de caractères ; elle avait une tour terminée par un toit à double égont L'église actuelle est petite, sans style et ne mérite pas d'être visitée.

Au XIY*. siècle , le prieur de St-Vigor et celai de Ste.- Barbe-en-Auge présentaient alternativement à la cure. ( V, le Livre-Pelut de Vévêché de Bayeux ^ publié par Béziers dans son Histoire de cette ville). Au siècle dernier , St-Ylgor présentait alternativement, avec le seigneur laïque, au droit du prieuré de Ste. -Barbe. Le curé avait un tiers des dîmes; le reste se partageait entre Ste. -Barbe et St.-Vigor.

Chapelle St. 'Léonard. — Il y avait à Agy une chapelle dédiée à saint Léonard et dont le patronage appartenait au prieuré de St-Yigor de Bayeux. Au XIy^ siècle, elle était desservie par un religieux de cette maison , comme on le voit dans le PouiUé du diocèse. Elle se trouvait à 1 kilomètre au Sud-Ouest de l'ancienne église. Cette chapelle a été vendue à la Révolution et démolie : près d'elle était une fontaine dont les eaux passaient pour posséder certaines qualités curatives. La chapelle St. -Léonard est marquée sur la carte de Cassini » qui conserve le souvenir de bien d'autres monuments de ce genre dont on ne voit plus de traces.

Le château d'Agy est moderne ; il appartenait à M"**, la

comtesse d'Haatefeuille, née de VienriUe , qui Ta vendu il y a plus de 30 ans à M. de Gomiconrt. M. de Gomicourt habite Âgy ; il s'est occupé d'études philologiques et d'améliorations agricoles.

SUBLES.

Subies , Subla.

L'église de Subies, qui borde la grande route de Baycui à St-Lo» appartient , comme tant d'autres déjà citées, à l'époque de transition du roman au style ogival Le côté nord de la nef montre de petites fenêtres en meurtrières tontes bien conservées , et des modillons sous la corniche. La porte occidentale de la nef est en ogive et surmontée d'une fenêtre ogivale du même style : un porte-cloche (^ival , à deux baies , couronne le fronton de cette façade.

Le chœur parait moins ancien que la nef; il est éclairé par des fenêtres en lancettes. Les modillons de la corniche sont unis et n'offrent pas de têtes grimaçantes. Quelques parties ont été reconstruites.

J'ai publié dans mon Cours (tamiquiiés, 6*. partie, n^ 2, pi. LXXXIX de l'Atlas, le font baptismal de l'église de Subies; il se compose d'une fontaine arrondie à l'intérieur, portée sur une colonne ou pédicule à base attique, reposant sur un socle carré , et offrant ainsi l'image d'une coupe ou d'un calice. Cette forme , simple et élégante doit , comme je l'ai dît dans mon Cours (v. le tome VI, p. 79), avoir été employée assez souvent au Xlli*. siècle. M. Rickman, antiquaire anglais, qui avait visité les environs de Bayeux en 1826, a publié une vue du font baptismal de Subies, dans un mémoire in-4^ imprimé à Londres, en 1833, sous le titre de Letters on the ecdesïasttcai architecture 'of France ,

hiU STATISTIQUE MONUMEKTALE DU CALVADOS.

et compris dans le tome XXV de la Société des Antiquaires de Londres.

L'église de Sables est sous riavocation de saint Martin.

Le titulaire du canonicat de PezeroUes à la cathédrale de Bayeui était patron-coUateur de la cure et percevait les dîmes.

Cette paroisse faisait autrefois partie du doyenné de Campigny.

Pezei-olles, dont le canonicat de Subies portait le nom» est un hameau dépendant de la paroisse de Subies. Le domaine attribué au chanoine de PezeroUes comprenait 82 acres de terre avec droit de colombier , de pêche , de chasse et diverses redevances.

SAIJNT-liOCP.

St-Loup, Sanctus Lupus.

L*église de St. -Loup appartenait dans l'origine au style roman du XII*. siècle, dont Télégante tour, figurée à la page suivante , nous montre on spécimen intéressant et bien cou* serve ; mais aujourd'hui des changements , des réparations, des additions , ont considérablement modiGé Tétat primitif. Le chœur a été reconstruit de fond en comble, au XIIP. siècle. La nef est restée romane. Mais la porte occidentale de cette nef a été retaiUée; les chapiteaux des colonnes qui portent Tarchivolte sont défigurés. Au*dessusde cette porte, une large fenêtre de forme ogivale, sans caractère , a été ouverte, et le fronton triangulaire , percé d'un oculus , paraît très-peu ancien.

Des modillons à figures portent Tentablement des murs latéraui. Toutes les fenêtres ont été élargies et refaites de

CANTON DE BAYXUX. â15

forme cintrée dp cOté du Sod. On voit de ce cAté deoi grandes arcades bouchée» , qui étaient portées sur des colonnes et qui servaient k mettre la nef centrale en communicalion avec on collatéral qui a été démoli. Ces deux arcades ont , i l'iotéricur de la nef. leurs archivoltes ornées

de ZTg7?g!T

La tour, dont je parlais en commençant , est une des plus remarquables du Xir. siècle que nous possédions dans le département

Elle se compose de trois é

étages Burmoatés d'une pyra- |

mide i quatre pans très- 3

élancée , dont les piètres G- g

gurent des imbrications. g

L'étage supérieur est percé j)

snr chaque face de deux fe- .

nétres à pleio-cintre très-al- ■

longées, encadrées dans plu- %

sieurs arcbivolus concenlri- g

ques portées par des colon- g

nettes engagées. s

Sept arcatures étroites et |

très-longues garniEsent, au 9

second ét^e, chacune des 3 faces du carré de h tour.

L'étage inférieur offre seulement , du côlé du Snd , une

petite fenéire cintrée , et du côté de l'Est une porte que le savant antiquaire Pugin avait dessinée en 1826. Celle porte

est ornée de losanges et le tympan est décoré d'un basrelief représentant , suivant la légende , saint Loup domptant un dragon qui désolait le pays.

Ûi6 STATISTIQUE HONOMEHTâLE 00 CAtTADO».

Si nous passons du côté sud an côté nord de la nef, noos y toyons, en regard de la tour, une cbapcllc asseï grande, ((ui n'oiïrc |>as auUnt de caractères que nous en voudrions pour indiquer une date ; elle n'est probablement que du XVI*. sitcle (1) ; il en est de même de la chapelle qui

(!) QucIquM i]ualrc-reulllM Kulplét en rrpu( lur Ira plerrri figurent

CAMTON DE BAYEUX. 617

s'appoie sur la tour et qui remplacé Pancien bas-cOté Miérklional , s'il a jamais ^é prolongé jusqu'à la toar.

Le chœur me parait se rapporter au XllI*. sièdé; il csi ▼oûté en pierre et se compose de trois travées ; les fenêtres sont en lancettes bordées, li l'intérieur, d'un tore qui descend jusqu'au bas sans être soutenu par des colonnettes. Le chevet était percé de trois lancettes , celle do centre plus élevée que les deux autres; elles ont été bouchées lors do placement de l'autel à grand rétable qu'on y voit et qui vient de l'ancieii couvent des Cordeliers. Les colonnes de cet autel sont en bois et lueruslées de panneaux en marbi'e noir. Il avait, dit-on, dans l'origine , 12 pieds de plus en hauteur qu'on n'a pu lui en conserver : il a fallu le raccourcir et le mutiler pour le faire entrer dans l'église St-Loup.

Du côté de l'épttre, il existe derrière la boiserie une crédence assez belle, du XIIP. siècle , et un peu plus loin , sous le même lambris, une inscripiion en lettres gothiques que je n'ai pu lire; elle faisait probablement mention d'un obiL

RANCHY.

Raochy, Reneheium.

La façade occidentale de l'église de Ranchy présente une porte cintrée, peut-être du XIII*. siècle, an-dessus de laquelle existait une fenêtre à compartiments du XIY*. siècle, qui est à présent murée ; le reste de la nef est sans intérêt ; mais, à son extrémité et servant d'intermédiaire entre celle-ci et le chœur, s'élève une belle tour carrée, terminée par un toit en bâtière. Une fenêtre en forme de lancette allon-

l'entablement, mais il n'est pas certain que ces pierres aient élé (aillées poor cela. Ao Nord, une large fenêtre ogivale garnie de vitres, mainteoae par des barres de fer, n'annonce pas une époqae bien recolée.

gée 9 ouverte sar chaqae face de cette tour , en éçlaîre la partie supérieure destinée à recevoir les cloches. Chacune de ces fenêtres est accostée de deui arcatnres de même forme et de même hauteur; une bordure de quatre-feuilles en creux surmonte ces arcades au-dessous do toit

A Tintérieur de l'église , cette tour centrale est voûtée , et la voûte est pins élevée que celle du chœur.

Cette élévation de la voûte existe au-dessous de la tour centrale de plusieurs autres églises que nous exammeroos successivement dans l'arrondissement de Bayeux.

Le chœur de Ranchy se compose de deux travées voûtées conformément aux procédés en usage au XIIP. siècle. Les arceaux croisés qui garnissent les arêtes de ces voûtes viennent reposer sur des colonnettes à chapiteaux ornés de feuillages. Des reprises en sous-œuvre ont été faites sous la tour et dans le chœur; on a refait des chapiteaux : on a pa en conserver d'autres qui portent encore des traces de peinture.

Au Nord de la tour , une grande chapelle forme transept

Le rétablissement de cette chapelle et de son annexe , qui correspond à la première travée du chœur, n'est pas, je crois, antérieur au XVr. siècle. Les arcades qui les mettent en communication avec le chœur et le dessous de la tour, offrent dans les chapiteaux des colonnes engagées, quelques caractères qui les rattachent à cette épo(|ue, mais elles pourraient n'être que du commencement du WIP. On a d'ailleurs refait une grande partie de ces deux chapelles, puisqu'on lit la date 1752 sur la porte qui leur donne accès du dehors.

Au-dessus de celte porte , mais à l'intérieur de la chapelle , j'ai lu l'inscription suivante sur une pierre incrustée dans le mur :

CANTON DE BAYBUX. U\9

OY DITAHT QUT DISCJIB

TTB PBRSOIlIfB M* THOMAS

LALOB LCT VIVANT PBÈTBB

CllRB OB LA PAR0I8SB

D^ABMANCHB LBQCBL

DiCÉDA LB DBRNIBB JOUB

9E OéCElIBBB 4618 BT BA

OULD SON IBiBB LB 40

DB PBBVBIRR 161 Â ICBULX IN

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