‹ Statistique monumentale du Calvados (volume 2)Chapitre 102 sur 296 · LA NEF · texte numérisé non relu

LA NEF

Le chandelier du cierge pascal est formé d'un fragment

gothique. Il y a aussi deux fragments de panneaux de style flamboyant dans le transept nord.

L'église est sous l'invocation de saint Samson. Le prieur du Plessis-Grimoult nommait à la cure et percevait les dîmes.

La seigneurie appartenait , dans le XVe. siècle , à la famille d'Amfernet. En 1482, Jacques d'Amfernet épousa Perrine de Pontbelienger. Son petit-fils , Jean d'Amfernet , seigneur de Mont-Chauvetet du Mesnil-Patry , fut marié avec dispense l'an 1562 , à Suzanne de Pontbelienger , sa cousine , fdle du baron de Montbray.

Pierre Vougeons , professeur de rhétorique au collège du Plessis-Sorbonne , décédé à Paris en 1667 , était né à Mont- Ghauvet.

Cette commune dépendait de la sergenterie de St.-Jeanle-Blanc. On y comptait 172 feux.

SAÏNT-PIËtlRE-TARENTAlGNE.

St.-Pierre-Tarentaigne, Tar émana, ecclesia de Tarentaygneio.

L'église de cette commune est en forme de croix avec deux chapelles assez spacieuses. Elle n'offre rien d'intéressant. Les murs n'ont pas cent cinquante ans d'existence dans la partie la plus ancienne. Le clocher , de forme carrée , terminé par une flèche en ardoise , paraît encore postérieur.

L'église est sous l'invocation de saint Pierre. L'abbaye de St.-Evroult possédait le patronage depuis l'an 1128; le curé percevait les dîmes.

A Grenne , hameau de cette commune , était le manoir des anciens barons de ce nom. Le château actuel est peu élevé et moderne. La chapelle , également moderne , a été convertie en orangerie.

MOXTAMY.

Montamy , Mons Amicorum.

L'église n'a rien de remarquable.

La tour et une grande partie de ses murs furent reconstruits en 1758, par Louis François d'Arclais , alors curé. D'après une note de M. Dufeugray, l'écusson d'Arclais se trouve dans une des fenêtres.

L'église est sous l'invocation de saint Martin. Le seigneur nommait à la cure; le curé percevait les dîmes. Quand le Livre Pelut a été rédigé , le seigneur patron était Jean de Villeribus.

« Le cimetière de Montamy renferme plusieurs tombes modernes, au nombre desquelles se trouve celle de Louis- Philippe, comte d'Arclais, chevalier de St. -Louis , capitaine de frégate, mort à Montamy le 11 juillet 1817. Il était avec son frère, mort à Paris en 1816, le dernier mâle de la famille, qui se trouve ainsi éteinte.

Je dois les renseignements suivants à M. Dufeugray :

« Didier d'Arclais, chevalier de l'ordre militaire de Sl.- Louis , ancien major de cavalerie , pensionnaire du roi , maître d'hôtel de monseigneur le duc d'Orléans , seigneur et patron de Montamy, nomma en cette qualité, en 1756, à cette cure Louis d'Arclais , son frère , ci-devant curé de Condé-sur-Noireau.

« La terre de Montamy, qui comprenait la plus grande partie du territoire de cette paroisse, entra dans la famille d'Arclais parle mariage de Jean d'Arclais qui épousa, en 1473, Gilette Poisson de Crennes. Il y avait à Montamy une ancienne chapelle dont les revenus ont été donnés à l'hospice de Vire. Le château datait du XVIIIe. siècle; il servit de caserne pendant les guerres civiles de la Révolution ; on avait alors

construit en avant des portes, du côté de la cour et du jardin, des demi-lunes en maçonnerie percées de meurtrières, pour servir en cas d'attaque de moyen de défense à la petite garnison. Le château actuel a été reconstruit par M. de Savignac, à l'exception de la partie qui se trouve du côté de l'église, bâtie par son aïeul, M. d'Arclais, lequel avait aussi planté la plus grande partie des avenues qui embellissent cette terre. Ce fut lui qui fit ériger la terre de Montamy en comté, sous la dénomination d'Arclais de Montamy, par lettrespatentes du mois de juillet 1769, et qui fit transférer , par lettres du mois d'août 1783, le marché de Montchauvet à Montamy ; ces lettres y établissaient aussi trois foires par an, le 5 avril, le 22 septembre et le 12 novembre. Ce marché et ces foires n'existent pas de fait, aussi le lieu où M. d'Arclais avait fait construire une halle si bien et si commodément placée, a-t-il reçu du peuple le nom de Trompe-Souris , en voilà l'origine , nous la faisons connaître ici afin d'éviter des tortures aux antiquaires futurs.

« Nous venons de dire que la terre de Montamy entra dans la maison d'Arclais par le mariage de Gilette Poisson de Crennes , avec un membre de cette famille ; elle lui apporta encore des propriétés dans la paroisse de St. -Pierre Tarentaigne, entre autres le fief du Beaupoisson; au nombre des droits que donnait ce fief, se trouvait celui de Quintatne ( on peut voir dans le Glossaire de Ducange , dans Laurière , le père Menestrier9 etc. , etc. , la signification de ce mot). La cour du château de Montamy vit, peu de temps avant 1789 , un vassal du fief du Beaupoisson acquitter ce droit, c'est assurément la dernière redevance féodale de ce genre à laquelle on ait satisfait dans notre pays. M. Léopold Delisle a publié dans ses études sur la condition de la classe agricole et l'état de l'agriculture au moyen-âge en Normandie, un aveu curieux qui fut rendu en 1402, par Guillaume de

Crennes, écuyer , vicomte de Vire , il se rapporte au fief dont nous venons de parler et au droit de quintaine (Voy. le livre de M. Delisie , p. 71 ). Voici cet aveu :

« Hem, le droit dudit ficu est, qui se marie ou dit fieu , « soit hors dudit fieu ou dedans, s'il prent terre avec sa « femme, doit au seigneur regart de V sous, ou s'il veult « venir mangier lui et sa femme , ilz apporteront deux poz « de vin , un gastel de froment et un membre de beuf. Item, « le mary doit quitane, c'est assavoir que, au jour qui lui c est assigné, doit venir à cheval prest de heurter à un pos- « teau , lequel le seigneur doit faire ficher ; et, s'il n'a cheval, « le siigneur lui doit quérir , dont le dit mary paier doit un < quartier d'avoine, et lui doit l'en bailler lance d'aune « cuellie le jour, grosse ou gresle bout de la poingnée à la « dame , et ara cinq cours et s'il ne ront ou il chect , il doit « paier XVIII sous d'amende et une mine d'avoine. »

Il est remarquable que la famille à laquelle appartenait la personne qui courut la quintaine dans la cour du château de Montamy, peu de temps avant l'abolition de ce droit, possède aujourd'hui la terre et le manoir du Beaupoisson, dans lequel on voit encore des traces du moyen-âge , une croisée à gros barreaux de fer, une porte cintrée; il y avait une cheminée sur laquelle se trouvaient des inscriptions et des sculptures qui probablement étaient des armoiries; tout a disparu.

LE TOUHNEUR.

Le Tourneur, Tournour.

L'église du Tourneur est assez grande et moderne.

Le chœur est formé de six arcades en plein-cintre , trois de chaque côté , derrière lesquelles s'étendent deux bascôtés qui manquent d'élévation. Cette partie de l'église, ainsi

qu'une vaste et beile sacristie qui est à l'Est , portent la date de 1781 ; elles furent construites par M. Lanon , alors curé. Le transept forme deux grandes chapelles, dont celle du Nord a été réédifiée depuis quatre à cinq ans. Quant à celle du Midi , elle est plus ancienne ; on croit même qu'elle est antérieure au pied de la nef et du clocher , qui furent bâtis en 1738. Mais, en 1788, cette nef fut exhaussée ainsi que le clocher qui est de forme carrée , en schiste, surmonté d'une espèce de coupole également carrée. Une sorte de lanterne en bois , terminée par une croix , couronne l'édifice. La plupart des fenêtres ont un linteau en granit légèrement arqué. A l'intérieur , on voit un rétable en bois , d'architecture grecque , qui attire l'attention des connaisseurs. Il est semi-circulaire et formé de quatre colonnes qui soutiennent un entablement d'un bel effet. Quatre supports , entre lesquels on voit une gloire, soutiennent une couronne surmontée d'une boule et d'une croix. Cette œuvre est due au ciseau du sculpteur Roger , de Yire, et fut faite en 1785.

L'église est sous l'invocation de saint Martin. L'abbé de St.- Sever nommait à la cure et percevait les deux tiers des grosses dîmes ; l'autre tiers appartenait au curé.

Devant la croix du cimetière, on remarque le tombeau d'un prêtre de 1635. Ce tombeau, en granit , est composé d'une pierre sur laquelle est gravée l'inscription. A la tête , on remarque une croix surmontée d'un pupitre, et à l'autre bout, une petite colonne également en granit, sur le haut de laquelle est un bénitier creusé dans la pierre.

Il existait au hameau de la Malherbière une ancienne chapelle , actuellement changée en remise. Elle n'offre point de caractère architectural.

Le Tourneur était chef-lieu d'une sergenterie de l'élection de Vire. Au XVIIIe. siècle on y comptait 300 feux el 1250 habitants : elle dépendait de la haute-justice de Vassy,

La seigneurie appartenait au baron de Crennes. Il y avait aussi sur le territoire du Tourneur le fief de la Malherbière. Le seigneur de ce fief avait une chapelle dans son manoir, comme on vient de le dire; le chapelain était à sa nomination.

La terre et l'habitation de la Malherbière ont été long-temps possédées par une ancienne famille Le Cordier.

Il y avait encore au Tourneur le fief de Vaumartin. Trois branches de la famille de Baudre ont existé dans cette paroisse ; il n'en reste plus qu'une, celle de Baudre de Noyers.

Un fief de Roucamps a été possédé par la famille de Grimouville.

Le fief de Vaumartin a été possédé par la famille Le Vaillant De sillets,

La famille de Toustain de Billy possédait la terre de la Goderie , au Tourneur ; elle est passée dans la famille de Baudre de Noyers par le mariage d'une demoiselle Toustain entrée dans cette famille. Madame Théodore de Grimouville, née de Baudre , la possède aujourd'hui.

La sergenterie du Tourneur comprenait vingt-deux paroisses, savoir: Le Tourneur, Bremoy , Carville , Mesnil- Auzouf, Montamy, Bény, Le Reculey, Beaulieu, Le Désert, Mont-Champs , Estry , Le Theil , Presles , La Graverie , Burcy , St. - Denis - Maisoncelles , St. -Pierre-Tarentaigne , Chênedollé, Viessoix , Truttemer, St. -Sauveur de Chaulieu et St. -Martin de Chaulieu qui appartenait au diocèse d'Avranches.

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