BAU
CHER .... CIUS ET
CANONICUS DE VETULTS
PATRONUS ET COLLATOR
HUJUS ECCLESI.E
Quoique moderne , cette église paraît conserver quelques restes des anciens murs.
Elle était sous l'invocation de saint Martin. Le chanoine scolastique de Bayeux en avait la collation et percevait les grosses dîmes.
Il y avait au Sud-Ouest de cette paroisse une chapelle appelée le prieuré de l'hermitage , sous le vocable de St. - Sauveur, avec un fief appartenant à l'abbaye de Mondaye, qui y nommait un de ses religieux ; plus anciennement, deux religieux et un frère convers y avaient fait leur résidence.
Les héritiers de Guillaume de Saint-Gilles et demoiselle Lucette Caff , sa femme , tenaient en H 53 , par foi et hommage , de la baronnie de La Ferrière-Harenc , la franche vavassorie de Brimbois, assise à Sl.-Martin-de-Ia-Besace.
Les hoirs ou ayant-cause de Raoul Blanche-Cappe tenaient de la même baronnie , par foi et hommage , une franche vavassorie noblement assise es paroisses de St. -Martin et de St. -Ouen , nommée la vavassorîe de la connétablie, contenant 200 acres de terre. « On trouve , dans d'anciens aveux, « que ce fief est sujet à faire le service, venir connaître, mener « et lever au commandement du roi, les chevaliers qui devaient « servir à l'évêque de Bayeux , toutes fois qu'il est saison, et « porter notre bannière en icelui ost : et avec ce , sont sujets « les hommes à cause de ladite vavassorie , d'être un jour au « bois ou forêt de la Besaze quand elle est revisitée sur les « dits forestiers par nos officiers de ladite baronnie. Il doit « 60 sols tournois de relief. »
St. -Martin est le lieu natal de Jean Le Chartier, ancien recteur de l'Université de Gaen , connu par quelques ouvrages de littérature , mort en 1737 curé de St.-Ouen du Breuil , diocèse de Rouen.
Le prince Grimaldi de Monaco, pair de France, grand d'Espagne, mort en I8/4 . , possédait dans celle commune un
château où il passait une partie de la belle saison. 11 y avait planté un vaste parc.
Cette habitation est située au pied de la butte de Montbosq, éminence assez élevée appartenant en partie à la formation du grès intermédiaire (1) , et de laquelle on a tiré autrefois du minerai de fer.
St. -Martin faisait partie de la sergenterie de Thorigny, élection de Bayeux. On y comptait 233 feux.
Le canton d'Aulnay, par lequel nous terminerons notre revue de l'arrondissement de Vire , renferme 1 9 communes , savoir :
Aulnay, chef-lieu. St.-Georges-d'Aulnay.
Bauquay. St. -Jean-des-Essartiers.
La Bigne. Jurques.
Bremoy. Les Loges.
Cahagnes. Mesnil-Auzouf.
Coulvain. Onde-Fontaine.
Dampierre. St. -Pierre-du-Frêne.
Danvou. Le Plessis-Grimoult.
La Ferrière-au-Doyen. Roucamps.
La Ferrière-du-Val.
BREMOY.
Bremoy , ecclesia de Bremoest.
L'église de Bremoy, comme la plupart de celles du Bocage, n'a pas de caractère et ne paraît pas ancienne. Elle est longue
(1) V. ma Topographie géognostique du Calvados et la carte géologique de ce département.
et peu élevée, construite en schiste ou pierre du pays. Le clocher , surmonté d'une flèche en ardoise , ne paraît pas remonter au-delà du siècle dernier (1).
L'église est sous l'invocation de saint Jean-Baptiste. Le seigneur présentait à la cure.
L'ancien pouillé indique comme présentateurs , à l'époque où il fut rédigé, Richard Malherbe, scutifer.
La dame Marthe de Beaudre , patronne de Bremoy , à'Angoville , de Montaigu et du Hamel , nomma à la cure de Bremoy en 1685 ; elle était veuve de Robert Néel , seigneur de Tierceville , Neuville , Colombiers , baron de Valence , châtelain de Tracy et du Fay, mort en 1654 : au siècle dernier , la famille Néel de Tierceville possédait encore la seigneurie de Bremoy.
Cette paroisse faisait partie de la sergenterie du Tourneur, élection de Vire. On y comptait 120 feux; elle dépendait de la haute-justice de Vassy.
L'éminence connue sous le nom de bulte de Bremoy est fort élevée : on découvre de là un assez bel horizon.
A l'extrémité de la paroisse de Bremoy, sur les confins de celle de la Besace , près du lieu appelé Brimbois , se trouve la terre de la Fosse ; elle rappelle le nom de Nicolas Le Pelletier, sieur de La Fosse, qui vécut sous les rois Charles IX, Henry III et Henry IV, fut long-temps échevin de la ville de Caen et prit une grande part au maniement des affaires de cette ville dans des temps difficiles ; il servit au siège de Falaise et à Fougères , les armes à la main , la cause de Henry IV, et fut souvent député aux Etats provinciaux. Envoyé par ses compatriotes aux Etats-généraux de Blois , avec le célèbre Vauquelin de la Fresnaye , il écrivit de cette ville des
(1) Notes communiquées par M. l'abbé Vincent , membre «le là Société française.
lettres curieuses qui mériteraient d'être publiées; elles feraient connaître la valeur de M. Le Pelletier de La Fosse , trop ignorée dans la ville qu'il servit avec autant de zèle que d'intelligence. Il fut contemporain de M. de Bras. Cahagncs a fait son éloge et l'a mis , avec justice , au nombre de nos illustrations. Voici ce que M. Floquet dit de lui dans son Histoire du parlement de Normandie, t. III , p. kZh. « Un Conseil se forme à Caen , après la mort de Henry III , dans l'intérêt de l'ordre et pour le service de Henry IV , Jacques de Malherbe, lieutenant-général, Jean de la Court, vicomte de Caen (1), Marguerie de Sorteval, Le Pelletier de la Fosse, en sont membres (2). »
Cette terre de la Fosse appartient maintenant à Mme. Marie- Zoé Le Pelletier de Molandé , veuve de M. Achille de Cussy , fille de M. Le Pelletier de Molandé et de Madeleine-Marie- Françoise d'Arclais.
MESNIL-AUZOUF.
Mesnil-Auzouf, Ecclesia de Menillo Osouf.
L'église de Mesnil-Auzouf est sans intérêt et moderne , c'est-à-dire en grande partie du siècle dernier ou du siècle précédent. Une tour en bâlière précède la nef à l'Ouest.
Cette église, placée sur le bord de la grande route allant de Caen à Vire, est dédiée à saint Christophe. L'abbé de St.- Sever nommait à la cure.
Dans le village de la Cérandrie était une chapelle dédiée à la Sainte Vierge , qui avait été fondée et dotée par contrat passé
(1) De la Court, ancien seigneur de Maltot, plus connu aujourd'hui sous le nom de Balleroy. (Noie de M. Du Fcugray.)
(2) Groulart , l'illustre premier président du Parlement, retiré à Caen, et M. de la Verune , gouverneur de la ville, étaient les chefs de ce conseil.
devant les notaires de Vire en 1686 , par Guerard , écuyer , seigneur de Merey. Les héritiers du donataire nommaient le chapelain.
Pierre Diallan.— Il existe dans les bois situés à 1 kilomètre de l'église de Alesnil-Auzouf, à l'Est de la route de Caen à Vire , une pierre volumineuse de grès rougeâtre entourée de plusieurs pierres moins considérables de même nature. Cette pierre a été pour la première fois signalée il y a 20 ans, par M. Castel, agent-voyer chef du département de la Manche. Je l'ai visitée en 1836 , accompagné de feu M. Cauvin , du Mans. C'est une roche en place qui attire depuis long-temps l'attention des habitants , rien ne prouve cependant que ce soit un monument druidique.
JURQUES.
Jurques, J or /ces , ecclesia de Jurquis.
L'église de Jurques est peu intéressante. Les murs sont anciens dans quelques-unes de leurs parties et construits en arêtes de poisson ; mais ils ont été enduits de chaux à l'intérieur et à l'extérieur, et il est difficile de distinguer cet appareil. La plupart des fenêtres ont été refaites.
La tour , surmontée d'une flèche en ardoise , a été rebâtie à neuf en 1761.
L'église est sous l'invocation de Notre-Dame.
Le seigneur de Jurques nommait à la cure ; le curé était seul décimateur.
Il y avait au hameau de Quercy une chapelle dédiée à sainte Anne et un fief qui appartenaient au prieuré deVillers- Bocage.
La seigneurie de Jurques passa de la famille Bacon , par le mariage de Marie Bacon, à Ranulphe de Mathan; ils vivaient
ensemble en 1175. Geoffroy, seigneur de Mathan et de Jurques, leur fils, vivait en 1203 ; il fut père de Jean II de Mathan, seigneur de Jurques, de St.-Martin-de-Villers et de Longv illers en partie , dont la postérité a long-temps possédé la terre de Jurques. Pierre des Asnières de Fontenelle , conseiller du roi , receveur des Tailles à Caen , était seigneur et patron de Jurques en 1696 (1).
M. Subtil de Bellengreville devint seigneur de Jurques au droit de la demoiselle de Fontenelle,sa femme ; la seigneurie fut vendue depuis à la famille de Mosges-Buron qui la possédait avant la Révolution.
Jurques faisait partie de la sergenterie de Villers. On y comptait au siècle dernier 114 feux et 500 habitants.