‹ Statistique monumentale du Calvados (volume 2)Chapitre 112 sur 296 · RUINES DE LA PORTE DU CHATEAU DU PLESSIS · texte numérisé non relu

RUINES DE LA PORTE DU CHATEAU DU PLESSIS

On voit encore les débris de la grande porte. Elle était à plein-cintre, établie au milieu d'une tour carrée placée au Sud , qui faisait probablement l'office de donjon , et ne pouvait s'accéder qu'au moyen d'un pont-levis.

Des restes de constructions appliquées le long des murs d'enceinte , à l'intérieur de la place , montrent que des logements existaient tout autour de la cour centrale. Cette cour qui forme maintenant le jardin potager d'une maison voisine, était encore pavée il y a peu de temps (1). Elle se trouvait à un niveau très-bas comparativement à celui de la terrasse qui supportait les murs.

Dans l'état de destruction où se trouve aujourd'hui le château du Plessis , on ne peut dire quelle était la hauteur des murailles ; elles n'ont plus que 10 à 12 pieds dans les parties de l'enceinte les mieux conservées , et l'on n'y voit aucune ouverture. L'éminence sur laquelle elles reposent s'élève à peine de 15 à 18 pieds au-dessus du sol environnant. Les fossés qui entourent le rempart sont encore visibles ; un ruisseau y porte ses eaux.

Au Sud-Est , en avant de la forteresse , se trouvait une cour ou première enceinte qui ne paraît pas avoir jamais été entourée de murs ; c'est aujourd'hui une prairie ; des fossés de clôture , remplis d'eau , indiquent la circonscription primitive.

Camp romain. — Le petit camp du Plessis-Grimoult et celui que l'on trouve dans la commune de Campandré dont le nom est significatif, et dont j'ai donné la description dans le 1er. volume de hSatistique monumentale, sont placés presque au sommet de deux monticules très-élevés (2) d'où l'œil s'étend fort loin vers le Sud , l'Est et le Nord-Est. De là on distingue en même temps les collines du Pays -d'Auge (Quevrue, Moult, Estrée, etc.), la côte de Dives à \k lieues de

(1) Renseignement communiqué par M. Le Grand , curé du Plessis-Grimoult.

(2) Ces deux éminences ne sont pas à moins de 1,000 à 1,200 pieds au-dessus du niveau de la mer.

CANTON D'aULNAY. 2ol

dislance , et même celle du Havre et de Fécamp ( Seine- Inférieure) ; on voit encore , au Midi , le bourg de Vassy , la butte de Belle-Etoile et plusieurs autres points culminants du département de l'Orne. Ces deux camps très-voisins, quoique dans deux communes , sont de la même forme et à peu près de la même grandeur; celui de la bruyère du Plessis, qui est le mieux conservé, présente un carré presque parfait ayant environ 200 pieds dans le sens de la longueur et 240 sur la largeur. Le fossé a 3 pieds de profondeur, et le vallum, haut de U à 7 pieds , est un peu plus élevé près des angles ; on y voit aujourd'hui deux portes en face l'une de l'autre et il est traversé par un chemin.

Vu sa petite dimension le camp du Plessis n'a dû contenir que des garnisons peu considérables ; toutefois , on remarque sur la bruyère quelques traces de fossés qui sembleraient annoncer qu'une enceinte plus étendue aurait existé devant et sur les côtés de l'enceinte, mais ces traces sont discontinues, et il n'est pas facile de se rendre compte de la disposition de cette deuxième enceinte en supposant qu'elle ait été complète.

On a trouvé beaucoup de médailles romaines au Plessis, notamment des médailles saucées de Posthume, Tétricus , Gallien, etc., etc.

J'ai remarqué des fragments de tuiles à rebords près du hameau de la Saugsurière , au Sud de la bruyère.

ROUCAMPS.

Roucamps , Rufus campus.

On rapporte que l'église de Roucamps a été transférée là où elle est aujourd'hui , long-temps après avoir existé dans le bas de la commune , dans un emplacement que l'on désigne. L'église actuelle n'offre pas d'intérêt.

La lour, placée à l'extrémité occidentale, est moderne. Des fenêtres carrées ont été percées dans les murs latéraux de la nef et du chœur.

La porte principale est ouverte dans le mur latéral de la nef, côté du Sud : elle offre un cintre sans caractère d'ancienneté.

Dans le chœur , terminé par un chevet droit , on voit une crédence géminée du XIIIe. siècle , et dans la nef, du côté de l'évangile , une inscription tumulaire au-dessous d'un basrelief incrusté dans la muraille et représentant deux personnages à genoux devant une vierge tenant le Christ étendu sur ses genoux , sujet très-commun au XVIe. siècle.

L'inscription en caractères gothiques est conçue ainsi qu'il suit :

Ct ïutmnt g'tt facette iccoute en son «tuant épouse î>e Hicljarî» bu ijamel mJre î>e il\. (Mies ou Ijamel djanotnc be Cotillon collateur et patron bt Céans hqttelle trépassa le premier jour o'octobre 1525.

Il y a deux cloches dans la tour de l'église : l'une porte l'inscription suivante :

L*A\ 4771 j'Ai ÉTÉ BÉNIR ET NOMMÉE PAN Mtrc. PHILIPPE RESTOUT CURÉ DE ROLCAMPS ET NOMMER MARIE PAR AiSNE MARIE PEAN FEMME DE FRANÇOIS RESTOUT AVOCAT. L. BERTHËAUME TRÉSORIER.

L'autre cloche , fondue il y a quelques années , porte pour inscription :

j'Ai ÉTÉ BKNIE PAR M. LE BLANC CURÉ DE ROliCAMPS ET NOMMÉE CHARLOTTE LÉOCADIS LAURANT , PAU M. CHARLES NICOLAS FRANÇOIS DUBOURG ET PAR Mme. LÉOCADIË JEANNE VVULEGEARD.

M. Le Blanc est toujours curé de Roucamps. Le chanoine de Catillon était patron et collateur de la cure. Le curé percevait seul les dîmes.

Le prince de Monaco était seigneur du deuxième tiers de Roucamps, comme baron du Plessis-Grimoult ; le marquis du Tessé était seigneur du reste , comme baron d'Aulnay.

Il y avait dans le village d'Origny une ancienne chapelle de saint Celcrin, confesseur, qui n'avait d'autre revenu que les offrandes des pèlerins qui venaient la visiter pendant le mois de mai.

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