TOUR D ANGLE ET FAÇADE DU CHATEAU DE DAMP1EURE
cour du château. M. de Briges ne le croit pas et pense que , comme aujourd'hui, dès l'origine cette belle porte a été murée, qu'elle n'a été faite que comme décoration pour la place qu'elle occupe dans cette partie de la cour où l'œil va se reposer. Le colombier, qui est à côté , est magnifique ; c'est un des plus beaux que j'aie vus de ce style , qui annonce le commencement du XVIIe. siècle.
M. de Briges se propose d'en faire une chapelle ; il est à craindre que les ouvertures qu'on y pratiquera, quand il subira cette transformation , n'en altèrent le style.
Voici quelques détails sur la famille qui a possédé Dampierre :
Perrette de Dampierre vivait en 1380 et 1390 avec son mari Hébert Thésart , seigneur des Essarts , neveu de Louis Thésart, évêque de Bayeux, puis archevêque de Reims.
Leur petit-fils , Richard Thésart , seigneur des Granges , vicomte de Rouen, gentilhomme de l'hôtel du roi es années \hl1 et \hlk, épousa Catherine de Monnoy ou de Monny, dame de St.-Agnan-le-Malherbe près d'Evrecy.
De ce mariage naquit Marie Thésart, mariée 1°. à JNicolas de Silly ; 2°. a Jean de Longaunay , seigneur de Dainigny.
Elle eut des enfants de ses deux mariages, et, le 17 juillet 1505 , elle laissa tous les droits qu'elle avait aux seigneuries de sa mère aux enfants de son premier mariage.
Marie Thésart porta ses seigneuries de Dampierre et de St.-Agnan-le-Malherbe à son second mari, Jean de Longaunay, deuxième du nom , qui servait sous les rois Louis XII et François Ier.
Marie Thésart fut mère de Hervé III de Longaunay, marié le 13 janvier 1553 à Catherine de Sureau.
Antoine de Longaunay, fils d'Hervé, se maria, le 27 octobre 1588, avec Anne de Grente dont le fils puîné fut seigneur de Dampierre et épousa , le 22 février 1621 , Charlotte Le Tellier.
11 fut père d'Antoine de Longaunay, en faveur duquel la terre de Dampierre fut érigée en baronnie par lettres du mois d'octobre 1663.
Son petit-fds fut le marquis de Longaunay, mort en 1759, lequel a laissé des enfants qui ont perpétué jusqu'à nos jours le nom de Longaunay.
Le dernier marquis de Longaunay , mort il y a quelques années , avait pour fille unique Mme. la marquise de Briges , qui possède aujourd'hui le château et les terres considérables qui l'avoisinent.
La famille de M. le marquis de Briges est originaire du département de la Lozère ; M. de Briges y possède encore un château ancien et de grandes propriétés.
Pour terminer ce qui concerne la seigneurie de Dampierre, je dois dire que Jacqueline de Silly, dame de Dampierre avait vendu, en 1561, à Hervé de Longaunay les droits qu'elle avait à partager en la terre de Dampierre avec Pierre de Silly, abbé de St.-André-en-Gouffern.
M. le marquis de Briges n'a pu me donner aucuns rensei gnements sur la date de son château ; il pourrait bien avoir été construit par Hervé III de Longaunay, dont nous avons donné l'épitaphe et qui fut tué à 80 ans, à la bataille d'Ivry. Cette construction ne peut être reportée à une date plus ancienne.
M. de Briges conserve à Dampierre plusieurs couleuvrines qui avaient été données par les rois de France à la famille de Longaunay, probablement a Hervé III.
ARRONDISSEMENT DE BAYËUX.
Nous quittons l'arrondissement de Vire, pour entrer dans celui de Bayeux. Cet arrondissement est infiniment plus riche que celui que nous venons de parcourir , et cette différence tient à la présence de matériaux faciles à tailler.
Nous avons vu que les roches employées dans l'arrondissement de Vire sont des schistes du granité et du grès : la pierre calcaire, qu'on trouve rarement employée dans les constructions, y a été apportée des environs de Gaen et des campagnes de Falaise. L'arrondissement de Bayeux a deux de ses cantons, il est vrai , ceux de Caumont et de Balleroy , qui se trouvent dans des conditions pareilles ; mais le canton de Balleroy n'est pas occupé tout entier par les roches schisteuses; quelques communes reposent sur le lias. Quant aux autres cantons de l'arrondissement (Ryes, Bayeux, Trévières, Isigny), ils ont tous des pierres calcaires, qui fournissent d'assez bons matériaux, et, en jetant les yeux sur ma carte géologique du Calvados , on verra que la grande oolithe , dont nous avons constaté la présence dans les arrondissements de Caen et de Falaise, occupe dans celui de Bayeux une partie considérable des cantons de Ryes, de Trévières et d' Isigny). Le lias y a fourni d'excellentes pièces pour le petit appareil ; il se rencontre dans tous les cantons , hormis celui de Caumont.
Ceci posé , nous allons passer en revue toutes les communes de l'arrondissement et parcourir les cantons dans l'ordre suivant : Caumont , Balleroy , Bayeux , Ryes , Trévières et Isigny.
Le canton de Caumunt renferme dix-neuf communes , savoir :
Anctoville. Longraye.
Caumont (chef-lieu). Orbois.
Cormolain. Parfouru-Léclin.
Feuguerolles-sur-Seulles. Le Quesnay-Guesnon.
Foulognes. Sallen.
St.-Germain-d'Hectot. Sept- Vents.
Sle. -Honorine-de-Ducy . Sermentot.
Hottot. Torteval.
La Lande-sur-Drôme. La Vacquerie.
Livry.
La Lande-sur-Drôme et Sept- Vents sont les paroisses les plus rapprochées de Dampierre, paroisse par laquelle nous avons terminé la statistique monumentale de l'arrondissement de Vire.