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PASSANT N'OUBLIE PAS DE LUI DIRE UN AVE

(1) Note de M. l'abbé Vincent , membre de la Société française pour la conservation des monuments.

CANTON DE BALLEKOY. 311

SOUS CE TOMBEAU GIST LE COUPS DE MAITRE LAURENT BLOUET PRÊTRE , DÉCÉDÉ LE 27 FÉVRIER 1691.

Le clocher, bâti en moellon du pays , comme l'église , est terminé en bâtière ; il est éclairé par des fenêtres divisées en deux parties par un meneau bifurqué , selon le système déjà tant de fois observé dans d'autres églises.

L'église de Cormolain est sous l'invocation de saint André.

La cure était à la nomination du roi ; le curé percevait les dîmes.

Le canton de Balleroy a trouvé , il y a quelques années , un historien dans M. l'abbé Barette de Planquery,, aujourd'hui curé de Condé-sur-Seulles , auquel nous devons aussi une histoire de Coudé- sur-Noireau , citée p. 3. Son volume renferme des détails curieux et puisés à de bonnes sources, sur le bourg de Balleroy et les différentes paroisses du canton (1). Nous le citerons avec d'autant plus de plaisir que nous avions encouragé l'auteur dans ses premières études archéologiques.

Le canton de Balleroy renferme 25 paroisses qui sont dans l'ordre alphabétique :

Balleroy ( chef-lieu ). Campigny.

Baynes. Castillon.

Bernières. Chouain.

Bucels. Condé-sur-Seulle.

Cahagnolles. Couvert.

(I) Un vol. in-1-2 de 268 pages. Condé sur-Noireau , 1843.

Ellon. Montfiquet.

Juaye. Noron.

La Basoque. St. -Paul-du- Vernay.

Lingèvres. Planquery.

Litteau. Tournières.

Littry. Trungy.

Le Molay. Vaubadon.

Le Tronquay.

Nous allons commencer notre revue par la commune de Litteau , contiguë à celle de Cormolain.

LITTEAU.

Litteau, Litot.

J'ai vu, il y a très-long-temps , l'église de Litteau , appelée dans le livre Pelut ecclesia de Lysteia, et je préfère à mes souvenirs de 1825 les renseignements qu'a bien voulu me donner cette année M. l'abbé Vincent.

D'après ses recherches, le chœur, rebâti il y a environ cent ans et moderne, par conséquent, n'offre rien de remarquable.

La nef a également perdu ses caractères , au Nord et au Midi , par suite des réparations ou reconstructions qu'elle a subies; la façade occidentale appartiendrait à l'époque de transition ; on y voit une porte surmontée de trois petites fenêtres.

Le clocher, entre chœur et nef, était autrefois terminé en bâlière ; aujourd'hui , une flèche en charpente couverte d'ardoises le surmonte. On voit quelques modillons à figures à l'extérieur de ce clocher, du côté du Nord. A l'intérieur, les piliers qui le supportent sont ornés de colonnes dont les chapiteaux sont assez bien sculptés.

Les fonts baptismaux ne portent pas de moulures , mais ils sont en pierre de Caen et paraissent antérieurs au XVIe. siècle.

L'église est sous l'invocation de Notre-Dame. L'abbaye de Cerisy nommait à la cure. Le curé percevait les dîmes.

LA BASOQUE.

La Basoque , Basolca.

L'église est située sur une éminence ; elle n'a plus de caractères ; on y voit seulement , au Midi , des contreforts que M. l'abbé Vincent signale comme se liant à une partie des murs plus ancienne que le reste.

Le clocher , qui est bâti en schiste et couronné par une pyramide octogone en bois couverte d'ardoises , comme plusieurs autres tours de la contrée , a, dit-on, été construit au siècle dernier, postérieurement à l'année 1735, en remplacement de celui qui existait : celui-ci avait été renversé par une tempête qui fit beaucoup de dégâts dans la nuit du 8 au 9 janvier de la même année.

L'église de La Basoque est sous l'invocation de saint Martin. Le patronage appartenait à l'abbaye de Fécamp. Le curé percevait les dîmes.

Le château des Essars se trouvait à une demi-lieue au Sud de l'église (voir la carte de Gassini) ; une ferme en occupe l'emplacement. M. l'abbé Baretle a constaté qu'il n'en reste plus rien, depuis 1772 qu'il a été complètement démoli ; mais il a recueilli des renseignements précis sur la forme de ce château.

Il appartenait , au XIVe. siècle , à la famille Tbésart , dont un des membres avait accompagné le duc Robert- Court eheuse à la première croisade , en 1096.

Au XIVe. siècle, Louis Thésart, né dans le château des Essars , devint vicaire-général, officiai et archidiacre de Reims , puis, après la mort de Pierre de Vilaines, arrivée en 1360 , il fut élu évêque de Bayeux. Il fonda une chapelle sous l'invocation de saint Louis , dans le manoir des Essars.

Enfin, en 1375, il devint archevêque de Reims; mais il mourut l'année même de sa prise de possession du siège archiépiscopal (le 12 octobre 1375).

MONTFIQUET.

Montfiquet, Monsfiquetum , Mons Fixus, Montfichet.

Montfiquet borde la forêt de Cerisy , qui appartient en grande partie au territoire de cette commune.

L'église est peu considérable , elle offre un parallélipipède rectangulaire, et appartient au style roman de transition. Le chœur est voûté en pierre, et les arceaux qui le consolident reposent sur des colonnes engagées à chapiteaux romans du XIIe. siècle.

Une arcade cintrée sépare le chœur de la nef.

Celle-ci n'est pas voûtée , mais seulement garnie de lambris en

bois. Conséquemment , elle n'a pas de colonnes à l'intérieur. La porte principale se trouve au Nord ; elle offre une ogive de transition. Plusieurs des fenêtres ont été refaites ; il en reste pourtant de primitives : ce sont de petites ouvertures cintrées très-évasées à l'intérieur, ouvertures que nous avons déjà signalées souvent et qui ont été fort communes dans nos églises rurales des XIe. et XIIe. siècles.

Le mur occidental a été refait et est peu ancien. Une sacristie moderne est placée au chevet. Des corbeaux de transition se voient sous la corniche.

La tour, entre chœur et nef et très-peu considérable , est en charpente couverte d'ardoise; elle a remplacé, il y a quelques années , un petit porte-cloche à deux baies dont la base sert encore , d'un côté , de support à la petite tour actuelle.

On voit un if dans le cimetière.

L'église de Montfiquet est sous l'invocation de saint Thomas de Cantorbéry. Le roi et le seigueur nommaient à la cure. Le curé percevait les dîmes.

Châteaux. La motte du château des premiers seigneurs de Montfiquet se voit auprès de l'église , sur l'éminence formée par la jonction de deux petites vallées. On a bâti le presbytère au milieu de l'enceinte.

Nous trouvons indiquée sur Cassini sous le nom de château de Montfiquet, une ancienne ferme que nous avons regardée, M. Bouet et moi, comme ayant dû être plus tard le manoir seigneurial : ce sont des bâtiments disposés en carré autour d'une cour, sur le côté droit du ruisseau qui va se jeter dans la Seulle vers Balleroy et qui coule à l'Est de l'église.

Un étang considérable marqué sur Cassini est formé par un barrage établi à travers la vallée et qui forme une chaussée par laquelle on accède à la ferme.

Je n'ai pas eu le temps de faire des recherches sur les possesseurs de cette maison seigneuriale, mais elle mérite d'être signalée.

Robert de Montfiquet accompagnait le duc Guillaume à la conquête de l'Angleterre en 1066. La seigneurie a continué d'appartenir à cette famille jusqu'au milieu du XVIe. siècle ; mais , au XVIIe. , elle passa à la famille de Roncherolles , qui l'a possédée jusqu'en 1809 (1).

Tout près de l'église s'élève aujourd'hui un très-joli petit château moderne construit, il y a quelques années, par M. Daigremont : son beau-frère, M. l'ingénieur en chef de La Rue , en avait , dit-on , donné le plan. Des plantations trèsbien disposées dans le genre anglais entourent , sur le penchant du coteau, cette petite fabrique, en regard de laquelle un ruisseau et une pièce d'eau animent le paysage. M. Daigremont vient de se fixer à Paris et il a vendu ce joli château à M. (VAuxais, de Valognes, qui l'habite une partie de l'année.

LA HAYE-PIQITENOT.

La Haye-Piquenot , Haya-Piquenot.

Si nous franchissons la forêt de Cerisy, à partir de Montfiquet , nous trouverons , à l'extrémité opposée , la paroisse de la Haye-Piquenot , réunie à Baynes. L'église appartenait à la période moderne et n'offrait aucun intérêt ; on m'annonce qu'elle vient d'être démolie. Elle était sous l'invocation de saint Pierre. Le chanoine de la Haye nommait à la cure ; le curé percevait les dîmes , sauf à payer

(1) V. Histoire de Balleroy et de son canton , par M. l'abbé Baretle.

CANTON DE IÎALLEROY. 317

quelques redevances au chanoine de La Haye. Cette paroisse faisait partie du doyenné de Couvains (1).

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