MONCEAUX
Monceaux , Monticclli.
L'église de Monceaux est de plusieurs époques. Depuis quelques années , M. le Curé de cette paroisse a cherché à mettre les diverses parties de l'édifice en harmonie au moyen d'additions et de retouches dont nous allons parler.
(1) Notes manuscrites de Béziers , déjà citées.
(2) Il est aussi question d'Amigny en 1417; lors de l'invasion anglaise de la Normandie.
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Le chœur, partie la plus ancienne et qui remonte peutêtre à la fin du XIII0. siècle , a conservé sa corniche garnie de modillons aplatis , portant une petite arcature ogivale subdivisée par un petit pendentif, système très-commun dans les églises de l'arrondissement de Bayeux. Une chapelle seigneuriale avait été ajoutée , il y a un siècle et demi, du côté de l'épître ; elle renfermait encore il y a quelques années ( m'a-t-on dit) deux pierres tombales des seigneurs de Monceaux , avec leurs inscriptions.
La nef n'a pas de caractères qui puissent lui faire attribuer une date antérieure au XVIe. siècle et l'extrémité occidentale appartient à la période moderne. A l'extrémité du mur latéral du Sud , vers le chœur , s'élève la tour carrée , couronnée par un toit à double égout en pierre , très-élancé , qui , de loin , paraît aussi élégant que certaines flèches octogones. Cette tour n'offre pas de caractères assez accusés pour qu'on puisse lui attribuer une date avec quelque certitude. Elle a cela de commun avec un très-grand nombre d'autres de même forme. Si elle n'est pas du XVe. siècle , je ne la crois pas antérieure à la fin du XIVe. ; mais la partie supérieure , avec son toit de pierre , n'est probablement que du XVIe.
M. le Curé actuel de Monceaux a fait exécuter des travaux d'embellissement qui consistent principalement dans l'addition , à l'intérieur de chaque fenêtre de la nef et du chœur, de colonnelles portant une arcature ogivale à claire- voie subdivisée par une colon nel te centrale : combinaison que nous offrent en grand certains monuments du premier ordre appartenant à la belle époque du XIIIe. siècle. Les fenêtres de l'Ouest et celle du chevet présentent des ogives à meneau central bifurqué, séparées en deux baies, également imitées du XIIIe. siècle. Une balustrade en
pierre , placée près de l'autel est encore une imitation du XIIIe. siècle.
L'église de Monceaux est sous l'invocation de saint Nicolas. Le chanoine de Gueron nommait à la cure; les dîmes se partageaient inégalement entre ce chanoine et celui de St.-Supli.
Château. — Le château de Monceaux est moderne , de forme régulière avec fronton au centre ; il appartient à M. le marquis d'Aigneaux, membre de la Société française d'archéologie , inspecteur de l'Association normande , qui habite Lille-Marie , département de la Manche (1).
Blary est une habitation ancienne; elle appartient à M. de Bonnechose , ancien officier d'infanterie , horticulteur distingué, membre de plusieurs Sociétés savantes, qui y cultive un grand nombre de conifères et de plantes exotiques.
Antiquités romaines. — L'acquéduc gallo-romain dont j'ai parlé à l'article Mondaye , passait sur le territoire de Monceaux pour se rendre à Bayeux. Il existe dans la direction qu'il suit un hameau qui s'appelle Lèguerre , nom dérivé très-certainement d'Aquarium.
GUERON.
Gueron , Gueron , ecclesia de Guerone.
L'église de Gueron appartient, dans son ensemble, au style roman. Le chœur est remarquable par son abside semicirculaire bien conservée. Cette abside est divisée en cinq
(1) M. d'Aigneaux possède encore, dans le Calvados, un autre château qu'il n'habite pas. celui d'Éterville, près de Caen. ( Voir le t. 1 de la Statistique monumentale , p. toi.
travées par des colonnes engagées, qui portent une corniche
PLAN DU CHOEUR ET l)E L ANCIENNE TOUR DE L EGLISE DE GUERON.
à modillons. Le milieu de chacune de ces cinq travées est occupé par des fenêtres , trois ouvertes et deux bouchées , dont les archivoltes sont ornées de moulures, et portent sur des colonnetles qui descendent jusqu'au niveau du sol ; ces dernières accostent jusqu'au cintre des fenêtres les colonnes dont je viens de parler, et qui s'élèvent jusqu'à l'entablement pour limiter chaque travée.
L'abside et le chœur qu'elle termine sont voûtés ; les arceaux en pierre qui garnissent les arêtes de la voûte, les colonnes et les chapiteaux qui les supportent, ont de l'intérêt et sont bien conservés. Cette partie de l'église, comme on
le voit , suffit pour lui donner] un rang distingué parmi les monuments romans de l'arrondissement de Baveux.
Deux fenêtres qui éclairent le chœur ont été agrandies je ne sais à quelle époque ; elles sont cintrées , sans moulures.
On les a laissées telles dans la restauration de l'église que fait aujourd'hui M. l'architecte Delaunay , sous la direction de M. le marquis de Bricqueville, maire de la commune.
Ces travaux [sont considérables ; ils nécessitent de grands frais auxquels la Société française d'archéologie a contribué par une souscription. Voici à quelle occasion ils ont été entrepris : le tonnerre ayant fort endommagé , il y a quelques années , la tour de l'église qui se trouvait accolée au chœur du côté du Sud ('voir le plan, p. £06 ) et \ qui appartenait; peutêtre au XIVe. siècle , pour la partie basse , et à une époque probablement moins ancienne pour la partie supérieure , on ajugé qu'il valait mieux ne
608 STATISTIQUE MONUMIîINTALE DU CALVADOS.
laisser subsister qu'une partie de la tour carrée, abattre la flèche et reconstruire , à l'extrémité occidentale de l'église , une tour nouvelle. Au moment où j'écris , on élève cette tour sous laquelle existe un vestibule qui donnera de nouvelles places pour les fidèles : ce sera une imitation des tours romanes de la contrée , et elle doit être d'une assez grande élévation.
M. Delaunay a refait les fenêtres de la nef qui étaient irrégulières et de différentes grandeurs.
A l'extérieur comme à l'intérieur ces fenêtres sont , du côté du Sud, garnies d'archivoltes ornées de moulures romanes et portées sur des colonnettes (une de chaque côté). L'architecte a varié ses moulures et n'a pas employé les mêmes pour chaque fenêtre. Les trois fenêtres qui répondent à celles-ci, du côté du Nord, n'ont d'archivoltes et de colonnettes qu'à l'intérieur. A l'extérieur , elles ont été faites plus simples que celles du côté Sud et n'offrent qu'une ouverture cintrée garnie d'un tore arrondi.
Les modillons de la corniche sont tous conservés. La nef n'a jamais été voûtée; un lambris en bois dissimule la charpente.
Les modillons à figures grimaçantes et très-variées de j'abside et de la nef sont assez curieux. M. Lambert les avait autrefois dessinés.
Une des prébendes de la cathédrale de Bayeux portait le titre canonical de Gueron, Prebenda de Guerone.
L'église de Gueron est sous l'invocation de saint Germain. Le chanoine, dont le canonicat était désigné sous la dénomination de Gueron, nommait à la cure et percevait la moitié des dîmes ; l'autre moitié appartenait au curé. Gueron faisait partie du doyenné de Campigny.
Le château de Gueron , appartenant à M. de Bricqueville ,
est situé tout près de l'église , du côté du Nord , et offre uu ensemble de constructions qui doivent en partie dater du temps de Louis XIV, peut-être même de Louis XIII.
Entre Gueron et Bayeux , on rencontre une autre habitation, celle du Mesnils, dans laquelle un pavillon à toits élevés et à hautes cheminées annonce aussi l'époque de Louis XIII ou de Louis XIV. Elle est indiquée sur la carte de Cassini.
ARGANCHY.
Arganchy, Arganchcium.
L'église d'Arganchy est une des moins intéressantes du canton : c'est un parallélogramme rectangle dont les parties les plus anciennes peuvent dater de la fin du XIIIe. siècle, ou du XIVe. , mais qui a été reconstruit et retouché dans bien des parties. La nef offre à l'intérieur , du côté du Nord , trois arcades ogivales, qui semblent avoir été établies dans la prévision de la nécessité où l'on aurait pu se trouver d'ajouter un bas-côté. Le mur du Nord est assez homogène et n'accuse, par aucun caractère extérieur , la présence de ces trois arcades ; elles portent sur des colonnes monocylindriques engagées.
La façade occidentale de la nef est moderne, sans style aucun.
La tour latérale , au Nord , doit être moins ancienne dans sa partie supérieure que dans les parties inférieure et moyenne ; elle se termine en bâtière.
Le chœur a conservé une corniche dont l'arrondissement de Bayeux nous fournira beaucoup d'exemples. Ce sont des
pierres taillées en méplat , produisant le dessin que voici et remplaçant l'entablement à modillons.
La plupart des fenêtres de l'église d'Arganchy ont été repercées et sont modernes , garnies de barres de fer croisées pour assujettir les vitres en petit plomb.
Le grand autel est décoré de colonnes torses d'ordre corinthien , en pierre de Caen , et le rétable est couronné d'un fronton coupé , style du temps de Louis XIV et Louis XV , sculpté avec talent. C'est la seule chose remarquable que renferme l'église. J'y ai trouvé deux pierres tombales avec inscriptions.
On lit sur la première , qui est clans le sanctuaire , du côté de l'évangile :