‹ Statistique monumentale du Calvados (volume 2)Chapitre 19 sur 296 · DE CAGNY QVI · texte numérisé non relu

DE CAGNY QVI

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Viennent ensuite une douzaine d'autres tombes effacées, dont plusieurs sont de cette même époque (XVIIe. siècle).

Au milieu de la nef, terminant cette rangée , est la tombe suivante très-bien conservée.

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Les bas-côtés avec leurs fenêtres à baies subtrilobées , s'élevant au-dessus du toit où elles se terminent par des espèces de frontons, annoncent la fin du XVe. siècle. Ces fenêtres reproduisent à l'extérieur une disposition que nous avons déjà vue dans quelques églises , notamment dans celle de Hermanville (V. le tome Ier. de la Statistique, page 397).

L'église de Vassy est sous l'invocation de saint Martin , de Notre-Dame et de saint André. La cure se divisait, au siècle dernier, en trois portions à la nomination des seigneurs. Les

trois curés percevaient les dîmes chacun sur son loi , à l'exception de quelques portions qui appartenaient aux abbayes d'Aulnay , de Belle-Etoile, de Lonlay et à la commanderie de Corval , dont il va être question.

Commanderie de CorvaL — L'hôpital de Corval , annexé dans les derniers temps à la commanderie de Beaugy, se trouve sur le territoire de Vassy : le fief de cet établissement s'étendait dans les paroisses de Rully, Bernières, Chênedollé et Beaumesnils; il avait été donné, en 1192, par Richard- Cœur-de-Lion , aux chevaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem.

Le chapelain qui desservait la chapelle de Corval pour l'ordre de Malte, qui avait succédé aux Templiers , était dans l'usage de faire l'eau bénite et le pain béni à la messe tous les dimanches. Mgr. de Nesmond, évêque de Bayeux, défendit , en 1665, au chapelain qu'à l'avenir il en fût ainsi; mais François de Gastines, commandeur de Beaugy et de Corvaî, s'opposa à cette ordonnance de l'évêque par exploit du 29 août de la même année , déclarant au prélat que ce qui était fait ou ce qui serait fait par lui ne préjudicierait en rien aux droits, privilèges et dignités de lui commandeur et de son ordre. A cette époque , comme on le voit , la commanderie de Corval était réunie à celle de Beaugy. Le commandeur de Gastines fit, en 1681, une transaction avec Grimoult, curé de la première portion de Vassy, au sujet des dîmes qu'il avait droit de percevoir sur différents fiefs.

Il existe aux archives de la préfecture du Calvados un inventaire de la commanderie de Corval fait au siècle dernier.

Dans l'interrogatoire que subirent les Templiers à Caen en 1307, et dont les pièces se trouvent au Trésor des Chartes n°. 20 du 1er. carton des Templiers) , on voit figurer Etienne de Châteauneuf, commandeur de Corval ; Richard

Bellenguel et Guillaume Tane , templiers de la même maison.

Vassy était déjà , dans la seconde moitié du siècle dernier , indiqué comme renfermant 600 feux et plus de 3,000 âmes; sa population actuelle est de 3,2^3, d'après le dernier recensement; il y a un marché tous les mardis, et six foires par an.

Il y a eu à Vassy une juridiction de vicomte qui tenait ses audiences tous les mardis pour les deux sergenteries de Vassy et de Saint-Jean-le-Blanc, et pour cinq paroisses de la moyenne justice de Fiers. Cette vicomte avait été démembrée de celle de Vire par l'édit de 1630 ; elle a été supprimée dans la suite avec la vicomte de Vire.

Il y avait aussi une haute-justice à Vassy ; vingt-trois communes en dépendaient (1).

La sergenterie ne comprenait que dix-neuf paroisses.

La maison de Vassy tirait son nom de l'ancienne baronnie de Vassy , qu'elle possédait originairement. Ses armes étaient d'argent à 3 tourteaux de sable. Les seigneurs de Vassy se sont distingués dans les armées des ducs de Normandie.

Hugues de Vassy figurait à la conquête de l'Angleterre, en 1066;

Rolland de Vassy suivit, en 1096, le duc Robert à la première croisade (2) ;

Philippe de Vassy est cité parmi les chevaliers bannerets sous Philippe-Auguste, en 1210;

(1) Ces communes étaient les suivantes :

Vassy, Moncy,La Villele, Campandré, Roucamps, Claire- Fougère, Monl-Chauvet, Ardais, Le Theil ( en partie) , Saint-Martin-de- Chaulieu, Saint-Sauveur-de-Chaulieu , Presles, Roullours, Le Tourneur, Champ-du-Bout , Sainl-Pierre-Tarenleigne , Mpsnil-Ozouf , Galemo, Bremoy, Eslry, Chénedollé, Le Dezert et Truterner.

(2) Notes manuscrites de Pabbé Bézicrs

Grégoire de Vassy fit une donation aux chapelains de Notre-Dame de Bayeux par une charte de l'an 1271.

Dans la suite , la maison de Vassy se trouva divisée en plusieurs branches, dont une, en conservant la terre et les armes de Vassy , prit le surnom de Mahias et de Florie. Ainsi , dit l'abbé Béziers , Bertin Mahias donna le 6 avril 1372 son aveu de la terre de Vassy; il portait l'écu de Vassy sur son sceau , et il est qualifié de noble homme chevalier seigneur de Vassy , en 1386, dans un arrêt de l'échiquier. Enfin, par une information de 1540 , continue le même auteur , Richard Florie , demeurant en la vicomte de Vire, justifia être descendu de Guillaume Mahias, frère puîné de Richard Mahias, seigneur et baron de Vassy.

Bernardin Marguerye, seigneur d'Estreham, Neuville-sur- Port , châtelain de Villiers-sur-Port , épousa par contrat du 23 novembre 1612 Esther, décédée en 1635, fille unique de Claude , baron de Vassy ; de ce mariage sortirent plusieurs fils et plusieurs filles. L'aîné des fils , capucin sous le nom du P. Constantin de Vassy , était un homme de beaucoup d'esprit , connu à la cour ; on voulut lui donner un évêché qu'il refusa.

Jacques Marguerye, seigneur et baron de Vassy, son frère, conseiller au parlement de Bretagne , nomma en 1689 à la cure de Vassy première portion ; sa femme était Jeanne de Marbœuf , fille de Claude de Marbœuf , président au même parlement.

Claude -François Marguerye, marquis de Vassy, châtelain de Villiers et de Neuville-sur-Port , épousa par contrat du 5 juin 1692 Louise Le Prévost, dame de Reviers , fille aînée et héritière en partie de Louis , seigneur de Reviers de Doumarais, Coupesarte , les Authieux, et de Susanne Castel de St. -Pierre.

Henry-Charles- Antoine de Marguerye, marquis de Vassy,

seigneur de Moncy , Reviers , Claire- Fougère , La Motte- Bigot , Le Theil ( en partie ) , et des fiefs et seigneuries d'Hennanville et du Perthuis , chevalier de l'ordre militaire de Saint-Louis, enseigne des gendarmes de Bretagne, ensuite maistre de camp de cavalerie, épousa en 4727 Louise de Montéclair , seigneur de Fontaine-Henry , Beny , Breville , Domville (1).

La fille aînée épousa, en 1754, M. de Carbonnel de Canisy. La terre et le château de Vassy appartiennent à Mme. la duchesse de Vicence , née de Canisy , et à M. le comte de Caulaincourt , son fils , membre du Conseil général du Calvados, officier de la Légion-d'Honneur.

Le château est considérable : de magnifiques futaies de hêtres plantés sur des éminences voisines l'annonçaient au loin aux regards du voyageur. Malheureusement une grande partie de ces beaux arbres a été abattue , ce qui a inspiré , il y a 30 ans, une belle pièce de vers au poète de Chênedollé. Il reste encore une partie de ces futaies ; on les aperçoit de U à 5 lieues à la ronde.

Le fief de Cagny , sur le territoire de Vassy , mais à l'extrémité orientale de la commune , avait appartenu à la famille du Rozel , comme le prouve la pierre tombale figurée à la page 49, puis une famille de Marguerye qui s'est éteinte dans l'arrondissement de Bayeux (2). La maison se voit à peu de

(1) V. les notes de l'abbé Béziers sur les seigneurs de Vassy.

(2) M. le comte Henry de Marguerye , dont le père avait possédé le fief de Cagny, épousa Mlle. de Rocheforl et se fixa à Vierville-sur- Mer , dans les propriétés de sa femme; plus tard il acheta le château de Vierville, habité aujourd'hui par sa veuve. Sa fille unique a épousé M. de l'Êpesse. Le père de M. Henry de Marguerye avait partagé le fief de Cagny avec sa cousine germaine, Mme. Le Cordier de Chaulieu , née de Malfilâtre.

^Renseignements communiqués par M. de VÉpesse.J

distance de la grande route de Condé à Vire. M. le docteur Masson , membre de l'Association normande , propriétaire actuel , y a fait faire quelques réparations , mais elle n'a pas perdu son cachet et paraît remonter au XVIe. siècle ou à la fin du XVe. : elle se compose d'un corps-de-logis et d'une tourelle en saillie renfermant l'escalier, comme beaucoup d'autres châteaux de la même époque.

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