‹ Statistique monumentale du Calvados (volume 2)Chapitre 194 sur 296 · ENTREE DU MANOIR DU MESNIL · texte numérisé non relu

ENTREE DU MANOIR DU MESNIL

la famille de La Caillerie ; 2° une grange flanquée de contreforts très-saillants et garnie , sous le larmier , d'un rang de trous à pigeons en pierre de taille ; 3°. une construction quadrangulaire surmontée d'un toit à double égout , avec des lucarnes] assez élégantes , et destinée à loger des pigeons. Cette fuie 9 nom donné, dans l'arrondissement de Bayeux, aux constructions destinées au logement des pigeons quand elles ont la forme carrée, pour les distinguer des colombiers qui étaient de forme cylindrique 9 renfermait, dit-on , plus de 900 niches pratiquées dans l'épaisseur des murs ,

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toutes en pierre de taille. Les pigeons entraient non-seulement par les lucarnes ouvertes au milieu du toit , mais aussi par des ouvertures cintrées géminées, pratiquées sur deux faces de l'édifice , à peu près au milieu de son élévation. Le rez-de-chaussée de la fuie était occupé par des caves , et l'on ne pouvait atteindre à la porte qu'au moyen d'une échelle. Je donne ces détails pour faire connaître la disposition des fuies dans la Basse-Normandie : elles y deviennent rares comme les colombiers, et bientôt on n'en verra plus. Celle du Mesnil , qui n'a été démolie que depuis quinze ans , était une des plus vastes de la contrée.

Le puits du Mesnil subsiste encore ; le toit quadrangulaire, en charpente, est porté sur quatre colonnes cylindriques en pierre.

Le jardin était entouré de murs , garnis de beaux espaliers et planté de cerisiers , de pommiers , de pruniers de toute espèce , disposés en lignes droites le long des allées. Avec ses plates-bandes bordées de buis, et sa pièce d'eau, peuplée d'une multitude de carpes, ce jardin conservait, au commencement du XIXe. siècle , la physionomie d'un jardin du XVIIe. Il y avait encore en 1820, dans les espaliers, deux espèces de pêches excellentes dont les arbres étaient déjà en plein rapport à l'époque du camp de Vaussieu ( 1788), dont j'ai parlé dans le tome Ier. de la Statistique (1).

(1) On appelait ces pêchers les pêchers de M. de Chastellux ou les pêchers du camp. Voici l'origine de cette dénomination : le général comte de Chastellux logeait au Mesnil et, au carnp , il donnait à dîner à ses officiers. Les pêchers du Mesnil produisaient alors une telle quantité de pêches que mon grand-père en faisait remplir, chaque jour , un grand panier pour le général qui l'emportait au camp, où il s'en régalait avec ses officiers : il disait n'en avoir jamais mangé d'aussi bonnes. Depuis cette époque, les pêchers qui produisaient de si excellents fruits étaient désignés , dans la maison , sous les noms de pêchers de M. de Chastellux ou pêchers du camp de Vaussieu.

Mme. la comtesse deBelfont, ma sœur, qui possède aujourd'hui la terre du Mesnil, a continué l'œuvre de mon grand-père et de mon père, et elle vient de faire démolir les derniers restes des bâtiments anciens , par suite des travaux qu'elle a fait exécuter aux alentours de l'habitation. Le puits seul a été ménagé.

Les Capelles. A l'Est du fief du Mesnil existait le hameau des Capelles, On attribue ce nom à l'existence ancienne d'une chapelle , mais aucun document précis n'est cité à l'appui de cette conjecture : le petit château moderne des Capelles appartient à M. Le Boulanger.

Antiquités romaines. J'ai cité, dans mon Cours d'antiquités, la terre du Mesnil comme une de celles qui renferment des vestiges de l'occupation romaine. On a trouvé effectivement, en 1812, quelques médailles romaines dans les bosquets qui avoisinent l'habitation , et, long-temps après, un amas de tuiles à rebords, sur un autre point, derrière les anciennes granges. A quelque distance au Nord-Est du château , dans la pièce en labour qui borde le chemin allant au Manoir et que l'on croit être la voie romaine , sont des terres noires constamment remplies de fragments de tuiles à rebords ; j'y ai fait quelques fouilles qui toutes m'ont procuré des débris de poterie rouge , de poterie grise, et quelque fragments de vases rouges à personnages , très-beaux de travail et de conservation ; le tout avec une quantité notable d'écaillés d'huîtres et d'ossements d'animaux.

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