SOMMER VI EU
Sommervieu , Sommerveium.
L'église de Sommervieu a conservé presque intact son chœur , éclairé par des fenêtres en lancettes très-allongées ,
(i) Cet ancien châîeau , qui n'est plus qu'une forme depuis longtemps , appartenait , avant la Révolution , à M,r,e. la marquise de Belfont , née Le Trésor d'Ellon ; il a été vendu et appartient aujourd'hui a M. Jayet, membre de l'Association normande , à Bayeux.
(2) Cette terre a été acquise par mon père, en 1811 , de M. le comte Mellet de Bonas, du Gers, descendant d'une demoiselle de Montagut.
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de la fin du XIIIe. siècle. Il est divisé en trois travées , et le chevet élait percé de trois fenêtres de même forme qui ont été bouchées par suite de l'établissement de l'autel à grand rétable. On entrait anciennement dans le chœur par une porte latérale que l'on voit du côlé du Nord , mais qui a été bouchée. Le tympan de celte porte est orné d'un trèfle ; l'archivolte est portée sur des colonnettes à chapiteaux du XIIIe. siècle.
La nef et les deux chapelles formant transept sont du XVIIIe. siècle. Mais on a conservé dans le mur moderne , du côté du Nord , une porte latérale de style roman ornée de zigzags. Une portion de muraille romane joignant la tour a aussi été conservée de l'église qui avait précédé la construction du chœur et dont la nef a été presqu'enlièrement reconstruite au XVIIIe. siècle.
La tour, à l'extrémité occidentale, montre comment, à celle dernière époque , on imitait les tours à flèches du moyen -âge. Des vases, d'où sortent des flammes semblables à ceux dont on ornait aussi les rétables , tiennent la place de clochetons aux angles de la tour et à la base de la pyramide octogone.
L'église de Sommervieu est sous l'invocation de saint Pierre. L'évêque de Bayeux nommait à la cure. Mais quand le livre Pelul a été rédigé , le patronage appartenait au seigneur laïc.
Château épiscopal et séminaire. Il existe a Sommervieu un château qui était , avant la révolution de 1789, la propriété des évêques de Bayeux , seigneurs du lieu. On dit que ce château et la terre qui en dépendait , furent donnés au siège de Bayeux par l'un de nos évêques de la famille de Harcourt. Il est fait mention de ce château dans le compte des commissaires [royaux envoyés pour faire mettre en état
de défense toutes les places fortes du littoral, avant l'invasion des Anglais. Depuis cette époque, te château de Sommervieu a subi bien des modifications et i! ne reste absolument rien d'ancien. Sa construction n'a rien de remarquable ; c'est une maison de campagne augmentée à diverses reprises , et sans aucun caractère d'architecture. Mais il a l'avantage d'être entouré d'une douve pleine d'eau. On admire aussi à l'entrée une grille en fer d'un très-beau travail ; elle date de l'époque qui précéda immédiatement la Révolution. Au Midi du château existait naguère un fort joli bosquet qui faisait les délices des promeneurs de la ville. Il a été détruit depuis un certain nombre d'années , et son emplacement est maintenant livré à la culture.
Mgr. Robin, évêque de Baveux, trouva le moyen de racheter le château de Sommervieu avec une petite partie des terres qui en dépendaient, au profit du grand séminaire de Bayeux. Cette propriété sert de but de promenade aux élèves de l'établissement , les jours de congé. Il y a aussi dans le château, assez bien conservé à l'intérieur, des appartements pour l'Évèque.
Sur l'emplacement de divers bâtiments formant les dépendances du château, s'élève aujourd'hui le séminaire de Sommervieu , établissement destiné aux élèves ecclésiastiques de tout le diocèse, avant leur entrée en théologie. Au sortir de la rhétorique , les aspirants au sacerdoce sont reçus dans ce séminaire , pour s'y livrer à l'étude de la philosophie et des sciences que l'on a coutume d'enseigner ; ils doivent y passer deux années.
Sans aucun luxe d'architecture , la maison se distingue par une noble simplicité. Ce fut en 1838 que la construction en fut commencée sur les plans de M. Edouard Le Forestier. M. Le Forestier s'occupait d'architecture par goût et pour employer ses loisirs. Le séminaire de Sommervieu
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est le plus important des travaux exécutés sous ses ordres , et celui qui lui fait le plus d'honneur. M. Le Forestier avait aussi donné le plan d'une chapelle gothique pour ce même établissement; il venait d'en tracer les fondements en 1851 lorsque la mort le frappa subitement.
Le plan de la chapelle donné par M. Le Forestier a été conservé quant à la disposition générale : mais modifié profondément dans les proportions d'élévation et dans les détails, par M. l'abbé Noget-Lacoudre , supérieur du séminaire , membre de la Société française d'archéologie , qui s'est chargé de diriger la construction après la mort du premier architecte , et on peut dire que l'édifice y aura beaucoup gagné : M. Noget, homme de beaucoup de goût , est en effet plus versé que ne l'était IYI. Le Forestier dans l'étude de l'architecture ogivale , et l'édifice qu'on lui devra sera trèsélégant et très-bien exécuté.
Si du vieux château on jette un regard vers l'Ouest , on a devant soi un vaste préau dont les carrés de verdure sont entourés de larges allées bordées de fleurs. Sa dimension offre l'image d'un carré allongé, et , sur le côté le plus long, s'élève , avec un développement de plus de 60 mètres , le séminaire de philosophie avec ses trois étages. Sans avoir la grandeur et la magnificence de la construction bénédictine devenue aujourd'hui le Lycée de Caen , il en rappelle quelques-unes des formes. Comme ce vaste et bel édifice , il est orné, au milieu, d'un fronton en saillie sur le corps principal , et de deux ailes un peu plus avancées. La face opposée est pareille à la première. Un autre préau la sépare de la chapelle en construction. Il est de la même forme que le premier : mais il a en plus , à l'extrémité la plus éloignée de la maison , une partie semi-circulaire au milieu de laquelle se dresse majestueusement la chapelle de l'établissement. Des galeries couvertes la relient de chaque côté à la maison ha-
bitée et permettent d'y accéder sans être obligé de sortir.
Le terrain sur lequel est situé la chapelle étant élevé de 2 mètres environ au-dessus du niveau des galeries et du préau , il a fallu ménager l'emplacement d'un escalier pour y accéder; et, pour mettre cet escalier à couvert , il a été nécessaire de construire un porche. Le dessus forme une vaste tribune pour la chapelle. Trois portes donnent accès du dehors dans ce portique , et un escalier à double rampe , aboutit à la porte intérieure de la chapelle. Deux faisceaux de colomiettes soutiennent une élégante voûte ogivale. Des niches disposées à l'entour recevront plus tard quatre statues représentant des personnages de l'Ancien et du Nouveau Testament qui se sont rendus célèbres par leur zèle pour les chants religieux.
La façade doit être ornée aussi de statues à l'extérieur. Au sommet sera p!acée l'image de la Sainte Vierge, patronne du séminaire et de la chapelle. Au-dessous, et quatre sur chaque rang , seront placés les saints de l'Ancien et du Nouveau Testament qui ont principalement rendu témoignage aux grandeurs de la Sainte Vierge.
Les dimensions de celte église sont proportionnées à sa destination. Réservée aux élèves du Séminaire , elle contient l'espace nécessaire pour leur nombre et pour le développement des cérémonies : mais pas davantage. Cependant la tribune et des galeries qui font tout le tour de l'édifice , permettraient d'y placer, au besoin , un plus grand nombre de personnes. Elle a 7 mètres 30 centimètres de largeur et environ 28 mètres de longueur sans la tribune , 15 de hauteur au-dessous de la clef, et 39 de longueur de dehors en dehors. Elle est construite dans le style du XIIIe. siècle. Au-dessous des fenêtres règne, tant en-dedans qu'au-dehors, une arcature ogivale. A la naissance des fenêtres et au niveau de la tribune se développe , tout autour de l'édifice ,
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Ja galerie intérieure avec une rampe en pierre soutenue par des arcades trilobées. Les fenêtres , simples dans l'abside , géminées dans le reste de l'édifice, s'élèvent en lancettes , peut-être un peu aiguës , et pourtant d'un aspect qui plaît. Une chose particulière à cette chapelle , mais dont il existe des exemples , c'est qu'elle est décorée d'un triforium, quoiqu'elle n'ait qu'un rang de fenêtres. En effet, au XIIIe. siècle, le triforium est obscur et ne se rencontre ordinairement que dans les églises qui ont des bas-côtés. Il se trouve placé alors au-dessous des fenêtres de la nef principale , dans la partie correspondante au toit qui recouvre les côtés. On peut citer un exemple, mais un seul exemple dans le Calvados, d'un triforium dans un chœur dépourvu de bas-côtés. C'est à Hermanville , dans le canton de Douvres ( t. Ier. de la Statistique monumentale, p. 396). En ce cas, une partie des fenêtres descend dans le triforium. Il en est de même à Sommervieu , avec cette différence qu'il n'y a pas, à Hermanville, de galerie autour du chœur ; les colonnes du triforium sont appliquées sur une muraille pleine ; au Séminaire de Sommervieu , au contraire , la muraille est percée par une galerie dans laquelle s'ouvrent les arcades du triforium. Dans l'un et l'autre édifice-, ce triforium produit un très-heureux effet. La construction de la chapelle n'est pas encore terminée. La voûte sera maintenue par de légers contreforts terminés par un pinacle quadrangulaire. Les escaliers , au nombre de quatre , seront recouverts de tourelles élégantes. Enfin une galerie régnera tout autour avec sa rampe au-dessous du toit. Nous faisons des vœux pour que cet édifice , un des plus importants de ceux qui ont été élevés récemment dans nos contrées , parvienne bientôt à son complet achèvement.
Après le château épiscopal dont nous venons de parler , les principales habitations sont celles de M. de Rubercy, qui
se trouve sur le bord de la route de grande communication, allant à Ryes et à Crépon, et celle de M. Douesnel, ancien député , membre du Conseil général du Calvados.