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L'église de Vaux-sur- A ure est sous l'invocation de saint Aubin. Au siècle dernier, les dîmes de Vaux étaient perçues, pour une partie, parle chapitre de la cathédrale; pour l'autre, par l'abbé de St. -Sever , le prieur de St. -Nicolas et le chapelain de la chapelle de Fumichon , le curé avait la tierce gerbe du tout.
L'abbaye de Longues nommait à la cure ; mais nous voyons qu'à l'époque où le livre Pelut a été écrit , le patronage appartenait au comte d'Alençon.
Depuis que j'écrivais celte description de l'église de Vaux ,
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il y a vingt ans , de grands changements ont été opérés dans l'édifice par les soins de M. le vicomte de Toustain et de M. le Curé de Vaux. Voici comment M. le vicomte de Toustain s'exprime au sujet de ces travaux dans un mémoire imprimé tout récemment dans le Bulletin monumental :
« Retiré à la campagne en 1848 , nous entreprîmes de reconstruire une partie de notre église , en ne nous écartant pas du style de son architecture. A cet effet , on jeta par terre la chapelle St. -Jean, et on découvrit les jolis cintres de fenêtres qu'elle masquait ; puis, ayant coupé l'église en deux, on sépara le chœur de la nef par un transept élevé, et deux nouvelles chapelles formèrent la croix de l'église. Celle du Sud est dédiée à la Sainte Vierge et celle du Nord à saint Aubin. Trois autels en pierre, sculptés d'après les modèles romans de St.- Germer et de Varenne , près de Nevers , furent mis en place. Tout dernièrement , notre maître-autel a été privilégié par un bref de N. S. P. Pie IX. Enfin, on a allongé la nef de U mètres en élevant un nouveau portail sur le modèle de celui de St.- Georges de Bochervïlle. Toutes les fenêtres ont été refaites à plein-cintre et des voûtes majestueuses en pierre ont recouvert tout l'édifice. Des sculptures copiées avec soin sur les monuments et dans les ouvrages d'architecture ont été exécutées sous la direction intelligente de M. Hottin , sculpteur à Bayeux ; dans un tympan au-dessus de la porte d'entrée , nous avons tenu à rendre hommage à notre digne curé , qui a été à la fois l'architecte et l'entrepreneur des travaux de l'église , en imposant à sa modestie l'inscription suivante , gravée en lettres du temps.
PRO INSTAURATO ORNATOQUE SOLEMNES TEMPLO GRATES AGIT PASTOR HUJUS ECCLESIjE P. PALOS , ANNO DOM. MILLESIMO OCTINGENTESIMO QUTN- QUAGESIMO QUARTO.
Tout en faisant des restaurations modernes, copiées sur les
monuments du temps, nous avons scrupuleusement conservé tout ce que l'église pouvait renfermer d'original : entr'autres l'inscription qui est citée à la page 590.
Dans cette restauration totale de l'église , qui a été à la fois monumentale et mobilière , car toutes les garnitures d'autels et lampes ont été fournies d'après des modèles reçus pour être du XIIe. siècle, le ministère des cultes est venu au secours des travaux en accordant en espèces environ le dixième de la dépense, et la munificence de S. M. l'Impératrice est également venue en aide à cet effet (1). »
Anciens fiefs de Vaux, château. Je trouve les renseignements suivants dans le mémoire de M. le vicomte de Toustain sur la commune de Vaux-sur-Aure , publié dans le Bulletin monumental :
« Le plus ancien fief de Vaux-sur-Aure, dont il soit fait mention dans l'histoire , est celui de Conjon. On trouve, dans un cartulaire de la bibliothèque du chapitre de Bayeux, qu'en 1249, Philippe de Conjon donna en fief hérédital à Robert , fils de Hervey , un hébergement situé dans la paroisse de St. -Aubin de Vaux-sur-Aure , à charge d'hommage redevance en grain , mesure de Vaux-sur-Aure. Ce fief de Conjon , qualifié de fief de haubert ( Hist. de la maison (THar court, t. II, p 1077 ), appartenait , au commencement du XVe. siècle , à Jean d'Angerville , escuyer. L'héritière de ce dernier , Lucette de Surville , ayant épousé Henri de Brettevilie , lui apporta en dot ce fief de Conjon, qui fut, à cause de cela , quelquefois appelé fief de Brettevilie. Les héritiers d'Antoine de Brettevilie en rendaient hommage à Charles d'Harcourt, baron de Beuvron et de Creully, veuf de Jacqueline de Vierville, en 1508. Je ne sais aujourd'hui
(!) Notice de M. le vicomte de Toustain sur la paroisse de Vaux, dans le t. XXI du Bulletin monumental.
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dans quelle partie de la paroisse était situé ce fief de Conjon ; mais ses propriétaires n'étaient pas les seigneurs de Vauxsur-Aure , car dans le XIVe. siècle il paraît avoir existé une famille de Vaux, et nous trouvons un Jean de Vaux, seigneur de St. -Aubin-de- Vaux-sur-Aure, de Merville et du Buisson, père de Raoul de Vaux, chevalier, vicomte d'Alençon, en 1318 ( Hist. de ta maison d'Har court , p. 1 147 ). Une autre famille noble , celle de Suhard , a eu aussi une de ses branches établie à Vaux pendant plusieurs siècles. Elle s'est éteinte dans la personne de ftlme. de La Rougefosse. Les Suhard avaient fait construire la chapelle St. -Jean , latérale au chœur de l'église ; la tombe de l'un d'eux a été religieusement replacée dans la nouvelle chapelle de St. -Aubin, lorsqu'on a démoli la leur. Je crois que c'est à eux aussi que l'on doit le clocher bâti en bâtière ; on voit au haut d'une de ses fenêtres des armoiries qui pourraient se rapporter à une branche de cette famille : un chevron , avec une fleur de lis en chef. Il est impossible d'en distinguer les émaux. »
« Il y avait à Vaux plusieurs fiefs qui , aujourd'hui , composent des hameaux différents de la commune. La chapelle St. -Eustache , actuellement démolie , était dans le hameau de Glatiguy , tandis que le château actuel faisait partie du fief de la Ferrière. »
« Michel Hermerel , escuyer , conseiller du roi , vicomte de Bayeux , maire perpétuel héréditaire et lieutenant-général de police en ladite vicomte (Sentence de 1700) , était sieur de la Ferrière, seigneur et patron de Vaux-sur-Aure. Il mourut en 1711, sans laisser d'enfants de sa femme, Claude-Jacqueline Piédoue de Nerval. Ce fut cette dame qui fit construire le château actuel , vers 1735. Dans un acte du 11 juillet 1740, elle s'intitule dame et patronne de Vaux-sur- Aure, la Ferrière et autres fiefs, demeurant en son château. Elle mourut en 1749, et fut enterrée dans le chœur de
59/i STATISTIQUE MONUMENTALE DU CALVADOS.
l'église, du côté gauche du maître-autel. Après sa mort, ses héritiers vendirent cette terre à messire Gabriel Moisson, seigneur de Yaux-sur-Aure, etc., qui épousa, le 31 janvier 1761 , Dlle. Jeanne-Marie- Anne de Rotz. Son arrière-petitefille, Mlle. de Montaran, a épousé son cousin, M. Norbert de Rotz , membre de la Société française d'archéologie. Ils habitent aujourd'hui le hameau de la Haiserie, à Vaux-sur- Aure, où ils ont fiit bâtir un pavillon. »
« Le 22 janvier 1788, messire Gabriel -Pierre -François Moisson, chevalier, seigneur et patron honoraire de Vauxsur-Aure, la Ferrière et autres lieux , demeurant en son château de Vaux, a vendu à noble dame Anastasie-Madelaine- Thérèse de Sabine , épouse de messire Augustin-François , marquis de Malherbe , chevalier , seigneur et patron de Malherbe, Juvigny, St.-Vaast, Préaux et autres lieux, le fief, terre et seigneurie de Vaux-sur-Aure, y compris le fief et seigneurie de la Ferrière , relevant du roi , auquel est attaché le patronage honoraire de la paroisse de Vaux, et celui de Vaux , portion aînée , relevant pour un quart de fief de chevalier de la seigneurie de Mondrainville , auquel fief de Vaux est attachée la présentation à la chapelle St.-Eustache, avec le droit à la chapelle St. -Jean, attenant au chœur de l'église de Vaux (ces deux chapelles n'existent plus). »
« M. Moisson de Vaux était un botaniste distingué , qui , toute sa vie , s'occupa de contribuer au bien-être de ses concitoyens. Il avait formé à Vaux des jardins où il cultiva des plantes rares et acclimata des végétaux utiles et agréables, tels que le Laurus sassafras et des magnoliers qui faisaient encore, il y a quelques années, l'ornement de la terre de Vaux. C'est à lui qu'on doit particulièrement l'introduction et la multiplication, dans notre arrondissement, du platane, de l'acacia , du sycomore , du thuya , du cyprès , etc. » ( Essai hist. sur Bayeux, par Pluquet, p. 363).
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« Le 23 juin 1 793 , dame Anastasie-ïhérèse de Sabine , veuve de M. de Malherbe , demeurant à Bayeux , vendit à M. Jacques-Gabriel-Alexandre Bazin de Bezons, demeurant en la paroisse St.- M arlin-de- Maisons , près Bayeux, non pour lui, mais bien pour M. Auguste-Gabriel Bazin, son fils mineur, et pour ses autres enfants à naître en légitime mariage , tous les biens que ladite dame de Malherbe avait acquis de M Moisson, le 22 janvier 1788. »
« Le 27 septembre 1812, M. Augustin-Gabriel Bazin de Bezons vendit à M. Loiselet , propriétaire , à Paris , la terre de Vaux-sur-Aure et toutes ses dépendances, situées dans le territoire des communes de Vaux et de Marigny , arrondissement de Bayeux ; et c'est cette même terre que mon père , M. le vicomte de Toustain-Richebourg, a achetée de M. Loiselet en 1819. Le château a été arrangé de fond en comble, le parc considérablement augmenté et dessiné à l'anglaise ; la route de Bayeux à Vaux, qui était impraticable, faite complètement avant qu'elle ne fût définitivement classée. Enfin, dernièrement, nous avons entrepris la restauration de l'église (1). »