‹ Statistique monumentale du Calvados (volume 2)Chapitre 260 sur 296 · BLAY · texte numérisé non relu

BLAY

Blay, Bladum.

L'église de Blay se compose d'une nef assez longue , à laquelle on a accolé , du côté du Sud , une grande chapelle communiquant avec elle par quatre arcades ogivales portées sur des colonnes monocylindriques, et d'un chœur plus élevé éclairé par des fenêtres divisées en deux parties par un meneau bifurqué au sommet. Une tour carrée , couronnée par un toit à double égout en ardoise , est accolée au côté Sud de ce chœur.

La nef a été exhaussée dans toutes ses parties et l'on en a reconstruit d'autres. Des fenêtres modernes , semi-circulaires, y ont été pratiquées; mais en considérant l'appareil en arête de poisson qui existe dans les parties basses, elle devait appartenir au style roman.

La porte occidentale avait été établie au XIIIe. siècle , les colonneltes qui l'accompagnent ne permettent pas d'en douter; l'arc ogival de cette porte a été supprimé par suite du percement d'une fenêtre moderne qui a descendu jusque dans le tympan de la porte.

Cette nef est divisée en six travées par des contreforts.

C'est vraisemblablement au XIIIe. siècle qu'il convient d'attribuer la grande chapelle latérale ; elle est éclairée par trois fenêtres ogivales. On y entrait du dehors par une porte placée à l'Ouest et surmontée d'un oculus trilobé.

Le chœur , qui paraît moins ancien , pourrait néanmoins

707l STATISTIQUE MONUMENTALE DU CALVADOS.

appartenir à la fin du XIIIe. siècle ou au commencement du XIVe. ; il n'est pas voûté, un lambris cintré en bois dissimule la charpente.

La tour appartient à deux époques. La partie basse , décorée d'arcatures à pilastres dont les pierres sont séparées par un ciment très-épais , qui est coloré et imite la brique entre les claveaux, peut dater du XIe. siècle et être rangé parmi les plus anciennes constructions romanes ; les étages moyen et supérieur sont moins anciens , du moins la forme des ouvertures qu'on y voit doit le faire supposer , car elles appartiennent au système ogival.

La sacristie moderne , appliquée sur le chevet , est de forme semi-circulaire.

L'église de Blay est sous l'invocation de saint Pierre. L'abbaye d'Ardennes en avait le patronage : les dîmes se partageaient par tiers entre cette abbaye , celle de Ste. -Trinité de Caen et le curé , qui avait en outre les verdages.

On voit dans la cour voisine du presbytère une grange et des constructions anciennes qui ont appartenu au prieuré.

Manoir de Clèronde. A 2 kilomètres au Nord de l'église de Blay se trouve le manoir de Clèronde, remarquable par son architecture : les hautes cheminées couronnées de frontons , les denticules des corniches , les toits élevés des pavillons , la crèle du toit , les épis , annoncent un château du temps de Louis XIV. On lit effectivement au-dessus de la. porte qui accède au pavillon angulaire la date 1659, gravée en très-beaux chiffres. Ce château est dans le même style que celui de Douville, à Tessy , figuré p. 696, seulement l'importance des constructions accessoires, son beau jardin , au milieu duquel est une pièce d'eau en forme de miroir, lui donnent un aspect plus seigneurial encore.

Ce château appartenait, au XVIIe. siècle, à un sieur de Cléronde, qui, d'après M. Lambert, faisait partie du Parlement.

CANTON DE TRÉVIÈRES. 705

membre du parlement. Il appartient aujourd'hui à M. Dupont-Longrais, ancien président de chambre à la Cour d'appel de Caen , officier de la Légion-d'Honneur.

La partie habitée du château de Cléronde est parfaitement conservée : l'intérieur a été modernisé en grande partie. On voit cependant sur la cheminée d'un appartement du premier étage, une peinture représentant une femme parée, conduite par un amour , se présentant devant un personnage qui , à son vêtement garni d'hermine , se reconnaît pour un magistrat ; les mots : Vade rétro sortent de la bouche de ce personnage : il y a là , je crois , une allusion à la fermeté du juge qui ne doit jamais se laisser fléchir par les dames, même les plus coquettes et les plus séduisantes. Probablement les juges du XVIIe. siècle avaient souvent à combattre ce genre d'influence.

Sur le sommet du toit du pavillon, dont la porte est surmontée d'une date , on voit , en guise d'épi , une statuette représentant un petit personnage couvert d'une armure , et que l'on appelle dans le pays M. de Cléronde. Cette petite statue a été dessinée par M. Lambert.

CROUAY.

Crouay , Croeium.

On peut observer diverses choses curieuses dans l'église de Crouay , quoiqu'elle ait perdu , par suite de retouches et de réparations successives, une grande partie de son caractère. Elle se compose d'une nef à trois travées et d'un chœur à deux travées avec chevet droit, qui paraissent avoir été établis au XIIIe. siècle.

Le chœur est voûté ; les colonnes qui supportaient les arcs croisés de la voûte ont été coupées pour gagner un peu déplace.

Du côté de l'évangile , on voit dans la muraille un encadre-

ment en pierre renfermant l'inscription suivante à la mémoire de Jean Du Aloncel, curé du lieu dans la première moitié du XVIIe. siècle :

Page 1