ENTRÉE ET COLOMBIER DU CHATEAU DE JUCOVILLE
en faveur des de Faucq (1). Les de Faucq ayant perdu leur fils unique, leur domaine de Jucoville passa à la famille de Cussy , qui l'habite aujourd'hui.
(1) Extrait de Y Érection de marquisat en faveur du sieur Jacques Raphaël de Faourq de Rochefort de Jucoville en avril 1736 :
'< Ledit sieur exposant a servi pendant plusieurs années dans les armées du feu roi de glorieuse mémoire, notre trés-honoré seigneur et bisaïeul , en qualité de capitaine d'infanterie dans le régiment de La Luzerne ; il commande depuis vingt ans sur les côtes de la Normandie en qualité de général du département de Grandcamp.
« Ses ayeux se sont distingués dans les employs militaires: Raoul de Faoucq l'un d'eux accompagna Robert Courteheuze duc de Normandie à la conqueste de la terre ste en qualité de seigneur banneret.
« Les ancestres du dit sieur exposant demeurèrent fidèles au roi Charles VII dans le temps que les Anglais envahirent la Normandie: Jean de Faoucq fut un de ceux qui défendirent le château de Neuilly- Léveque contre les généraux du roi d'Angleterre et fut en otage lors de la capitulation de cette place faite le 15 mai 1418.
« Jacques de Faoucq sieur du Mont et de Rochefort commandait
« La terre de Jucoville avec l'ancien château , actuellement « rebâti , situés à La Cambe , canton d'Isigny, m'écrit M. Ch. « de Cussy, membre de la Société française d'archéologie, pro- « priétaire actuel du château, sont entrés dans ma famille par « le mariage d'un de mes ancêtres paternels avec la fille aînée « du dernier marquis de Faoucq. Depuis ce temps , ces biens « sont passés de père en fils , par héritage direct, à celui qui « les possède aujourd'hui.
« Voici la date du contrat de mariage de M. de Cussy « avec la fille aînée et l'une des héritières du dernier mar- « quis de Faoucq :
« Louis de Cussy de Belleval, né le h octobre 1676, fils « aîné de Gilles de Cussy, écuyer, seigneur de Belleval , et de a Marie Le Breton , épousa, le lundi 26 avril 1706, Marieen l'an 1554 et suivants 100 chevau-légers en la province de Normandie.
« Jacques de Faoucq sieur de Jucoville fut nommé par le roi Louis XIII chevalier du notre ordre de S1 Michel et receut le collier du dit ordre le 15 janvier 1611.
« Jean de Faoucq fut tué au siège de Valence en Italie en 1656.
« Christophe de Faoucq de Jucoville fut nommé, en 1674 , pour commander la noblesse de la vicomte de Bayeux.
« Isaac François de Faoucq a commandé sur les cosles de Normandie au département de Grandcamp en qualité de colonel.
« Etienne Guy de Faoucq maestre de camp de cavalerie et souslieutenant de nos chevau-légers de Bretagne est mort l'année dernière à notre service : en sorte que la famille de l'exposant a donné depuis plusieurs siècles et en toute occasion des preuves du plus fidèle attachement à la gloire de notre état et que ledit sieur exposant a pleinement mérité par sa naissance par les services continuels de ses ancestres et par ceux qu'il a lui même rendus le titre d'honneur que nous voulons lui accorder et qu'il puisse transmettre à ses descendants.
« Crée érige, etc., etc., etc dignité de marquisat sous la dénomination de Faoucq de Jucoville. »
( Pièce communiquée par H. Ch, de Cussy, )
762 STATISTIQUE MONUMENTALE DU CALVADOS. « Anne-Jacqueline de Faoucq, fille de Jacques deFaoucq, u chevalier , seigneur et patron de Rochefort et Clouay, et de « noble dame Anne Couespel. »
Cette pièce explique comment s'est faite la translation du domaine de Jucoville dans la famille de Cussy.
Antiquités romaines. — En faisant des recherches à La Cambe , sur la direction de la voie romaine qui allait d'Augustodurum ( Bayeux ) à Crociatonum , je découvris , chez un propriétaire de cette commune, le dépôt dont il est question dans la note suivante , et dont personne n'avait eu connaissance auparavant. Je me hâtai d'en faire part à M. Lambert , conservateur de la bibliothèque publique de Bayeux , en le priant de l'examiner plus attentivement que je n'avais pu le faire moi-même. Voici ce qu'il m'a communiqué à ce sujet :
« Je me suis rendu , d'après vos indications , dans la « commune de La Cambe, le dimanche 1er. septembre 1833 , « pour visiter le dépôt de médailles romaines trouvé dans ce « lieu, vers l'année 1830, d'après le rapport du propriétaire. « Ce dépôt se composait de 3,300 médailles, réunies sur un « même point, qui ne paraissaient pas avoir été renfermées « dans un vase ; du moins on ne remarqua aucuns débris « de poterie ou autres qui puissent le faire penser. Un cer- « tain nombre de ces pièces se trouvèrent éparpillées dans « la terre, de manière à faire croire' qu'il y en avait eu da- « vantage. D'après le peu d'attention que l'on paraît avoir « mis à ramasser celles qui pouvaient être restées dans les « environs , et qui , en raison de leur petitesse , purent « échapper à la vue de l'ouvrier , il est présumable que le c nombre devait s'élever à environ quatre mille.
« Le lieu qu'elles occupaient fait partie de l'enclos d'une
« petite propriété située tout près du ruisseau qui traverse « la grande route, fait tourner les roues du M oui in- Ferrant, « et va se jeter dans PAure , à peu de distance de l'église de « Canchy.
« Le passage de la voie de Crociatonnm (St.-Côme-du- « Mont) à Aiigusiodnrum (Bayeux), sur ce point, ne peut « laisser aucun doute. Les redressements de la grande route « actuelle n'ont apporté aucun changement dans cette partie, « et le nom très-significatif de Ferrant , donné au moulin « qui touche pour ainsi dire a cette route , le prouve éviu demment.
« Le long séjour de ces médailles dans un terrain humide « et qui a dû êlre souvent couvert dans les temps de pluie « et de débordements, a fait développer à leur surface une « croûte d'oxyde tellement épaisse et tellement dure, que les « moyens ordinaires de l'acide nitrique étendu d'eau ou « de l'eau seconde élaient absolument nuls. Il a fallu « recourir à l'opération que les orfèvres appellent dérocher, « Je l'ai employée , mais en les soumettant seulement à l'ac- « tion d'un feu modéré , afin de ne rien détériorer. Cette « opération était indispensable pour les rendre au moins dé- « chiffrables et en dresser le catalogue que vous trouverez « ci-joint. Vous pourrez , plus tard , les faire entièrement « nettoyer par Feau seconde ou à l'aide de tout autre « moyen.
« La suite de ces médailles se compose de deux espèces : « billon ou pièces saucées, et petit bronze. Les 300 acquises « pour le compte de la Société des Antiquaires de Normandie, « offrent les têtes de dix empereurs ou tyrans et d'une imv pératrice ; elles renferment un espace de 36 ans , depuis « l'an 238 de l'ère vulgaire , sous Gordien-le-Pieux , jusqu'en « l'année 274, qui fut celle où Telricus fut vaincu et pris « par Aurélien.
« Voici la liste de ces têles avec le nombre de chacune :
« Gordien-Ie-Pieux 1
« Valérien père 3
« Gallien 77
« Salonine 14
« Salonin 2
« Posthume père 67
« Victorin père 50
« Claude II 55
« Quintilius 4
« ïetricus père 41
« Telricus fils 3
« Il est présumante , d'après l'état de conservation de la « médaille de Gordien , que la lacune qui se trouve entre ce « prince et Valérien le père , est remplie par quelques mé- « dailles de Philippe père et fils , d'Otacilia - Severa , de « Trajan-Dèce, Étruscille, Herennius, Hostilien, Trébonien- « Galle, Volusien et Émilien, dont la majeure partie ne sont « pas très-rares, même dans notre pays, et qui ont dû pro- « bablement se rencontrer dans un aussi grand nombre.
« Le revers de la médaille de Gordien , sans être rare , est « assez beau : jeternitati aug. ; chacun sait comment ce « vœu fut exaucé. Le jeune Gordien , doué de toutes les « vertus, fut assassiné, à l'âge de 19 ans, par l'instigation « des Philippes.
« Celles de Valérien père n'ont rien de particulier.
« Les médailles de Gallien présentent 2L\ revers différents, « dont un paraît assez beau : germanicus maxu , trophée « entre deux captifs ; la face porte le buste de Gallien à « gauche , avec le bouclier et le javelot sur l'épaule.
« Les médailles de Salonine , sa femme , nous donnent 5
CANTON D'iSIGNY. 765
« revers : la piélé sous deux types, Vénus victorieuse, la « fécondité et Junon.
« Le revers de celle de Salonin , son fils aîné , offre une « chèvre sur le dos de laquelle est un enfant avec l'inscrip- « tion : jovi cresgenti.
« Les Posthume sont nombreux et assez variés, \k revers « ou types différents. Cette collection est précieuse, en ce « qu'elle offre probablement la majeure partie de celles qui « furent frappées sous ce règne. On y trouve surtout celle « qui porte pour légende : herc deusoniensi. Le surnom « donné à Hercule venait d'un temple fameux situé, à ce que « l'on croit, sur la rive gauche du Rhin , vis-à-vis Cologne , « actuellement Duiz. Il paraît, d'après D. Martin, qu'Her- « cule Macusan est le même que celui-ci.
« On trouve aussi, dans cette suite, celle qui porte : « l&titia aug. , avec une galère prétorienne à rames , « ainsi que deux autres avec l'inscription , herc pacjfero
« et SJECULI FELICITAS.
« Les Victorins n'ont rien de remarquable. « Celles de Claude II présentent 19 revers, parmi lesquels « on peut citer : annona aug. ; jov[ victori ; diana
« LUCIFERA.
« Quintilius, son frère, dont le règne fut si court (17 « jours) , offre k revers.
« Les Tetricus sont de 9 types différents et ne présentent « rien <le particulier.
« Cette découverte est intéressante pour l'histoire de notre « pays , puisqu'elles nous prouvent , par le nombre et la va- « riélé des types, que la puissance de Posthume fut solide- « ment établie dans les Gaules , et que son règne fut même « éclatant.
« Si l'on fait attention surtout que les pièces en billon ou « argent à bas titre de cette collection sont presque toutes
« du règne do Poslhurne, et qu'elles sont généralement mieux « frappées que celles de Gallien , de Claude et des Tetricus , « on aura la preuve de ce que je viens d'avancer.
« Une circonstance qui ne doit pas être oubliée, est celle « qui résulte du motif qui avait porté le propriétaire de ce « trésor à le cacher dans le sein de la terre pour s'en assurer « la possession et le soustraire à l'approche d'un danger im- « minent. Je serais volontiers porté à l'attribuer plutôt à « l'arrivée des troupes d'Aurélien venant combattre celles « qui tenaient encore pour les Tetricus , que de croire à la « possibilité d'une invasion étrangère qui aurait eu lieu sur « les côtes maritimes de nos contrées. »
CANCHY.
Ganchy , Cancheium.
Le chœur de l'église de Ganchy se compose de trois travées , divisées extérieurement par des contreforts. Du côté du Sud , une porte de la fin du XIIIe. siècle , avec une seule archivolte reposant sur des colonnettes , s'ouvre dans la première travée; des fenêtres ogivales modernes ont été percées, du même côté, dans cette travée et dans la suivante : la troisième travée présente une fenêtre du XIIIe. siècle. La fenêtre du chevet , dont voici le plan , se
compose de trois lancettes sans moulures; celle du milieu est
CANTON d'ISIGNY. 767
plus élevée que les deux autres. Du côté du Nord , on remarque deux fenêtres en lancettes dont une est percée
Bouct tlcl. Breval &culp.
FKNETRR PERCÉE AU CENTRE d'l'N COMRfcFORT , A L'ÉGLISE DE CAISCHY.
au centre d'un conlrefcrt. Quelques églises romanes nous ont offert des fenêtres établies de la sorte, mais ces faits deviennent très-rares dans l'architecture ogivale. Le chœur de Canchy paraît du XIIIe. siècle , bien que les modillons el
un (1rs contreforts affectent le caractère de l'époque de transition.