‹ Statistique monumentale du Calvados (volume 2)Chapitre 4 sur 296 · PU OUÏ Y · texte numérisé non relu

PU OUÏ Y

Proucy , Pronceium.

L'église de Proucy est précédée , à l'ouest , d'un clocher moderne terminé par un dôme en charpente couvert d'ardoise , et surmonté d'une lanterne en forme de clocheton.

L'église est, pour le reste, de forme rectangulaire, avec chapelle au nord. La partie du mur occidental , à droite de la tour , offre des pierres en arête de poisson.

Dans le mur méridional est une porte à plein -cintre à chanfrein creux , qui remonte au XVIe. siècle.

Du côté du nord les fenêtres sont carrées.

Nous trouvons dans les notes manuscrites de l'abbé Beziers, que cette église fut considérablement agrandie à la fin du XVIIe. siècle par l'abbé Duhamel qui était alors curé.

La chapelle qui subsiste au nord dépendait d'un transept ; on ne voit plus au sud , en regard de cette chapelle , qu'un arc plein-cinlre, mais sans caractère précis, qui est aujourd'hui bouché.

Le chœur a des fenêtres carrées dont les pieds droits sont chanfreinés. Une fenêtre , composée de deux baies géminées

à pointes tréflées , de la dernière époque ogivale , et réunies sous un arc à plein-cintre , occupe le centre du chevet.

Voilà tout ce que nous avons a dire de l'extérieur.

L'intérieur n'est pas plus remarquable.

La porte de la nef, sous la tour , est un plein-cintre sans caractère ; une charpente cintrée supporte le lambris de la nef et celui du chœur.

Dans le sanctuaire, du côté de l'évangile, existe une crédence tréflée de la dernière époque ogivale.

Une autre piscine carrée, du XVIe. siècle, se trouve dans la chapelle du transept.

L'église est sous l'invocation de Notre-Dame. Au XIVe. siècle , l'abbaye de Villers-Canivet était en possession du patronage , d'après le livre Pelut ; mais dans le catalogue général des bénéfices des églises et chapelles du diocèse de Bayeux , rédigé avant la Révolution et que j'ai souvent cité , il est dit : « qu'alors , sur trois vacances , l'abbesse de Villers-Canivet nommait deux fois et le prieur du Plessis-Grimoult une ; que le curé percevait un tiers de la dîme et que le reste se partageait entre le chapelain , le trésor et un chapelain de Morlain.

La maison de iMontbray , une des plus illustres de Normandie, possédait originairement la terre de Proucy. Roger de Montbray fonda, vers 1U0, le prieuré de Villers-Canivet. (Voir te tome 2e. de la Statistique, p. 504.) Nigel de Montbray, fils de Roger , confirma cette fondation et donna aux religieuses de Villers le patronage de Proucy, du consentement de Guillaume, Robert et Philippe de Montbray, ses fils.

Le hameau de Montbray avait un château ayant le titre de plein fief de chevalier , on y voyait une chapelle dédiée à saint Aubin. Au siècle dernier, le chapelain était tenu d'y dire la messe tous les dimanches ; ce chapelain était natu-

Tellement à la nomination du seigneur , qui avait aussi une chapelle attenante au chœur de l'église paroissiale (1).

Par contrat du 1er. août 1599, passé devant les tabellions de Vire, en la sergenterie de St. -Jean-le-Blanc, René Fortin, écuyer, seigneur de Montbray, donna en échange, à fin d'héritage, à Gabriel et Abraham Radulph frères, la terre et seigneurie de Montbray. Il est dit dans l'acte, que les fiefs des Isles et de la Fresnaye en dépendaient.

La terre seigneuriale de Montbray fut saisie, vers 1615, en la sergenterie de Thury , à l'instance de Nicolas de Malfillastre, seigneur de la Houlle, sur Arthur Radulph, et le 8 octobre 1616, l'adjudication fut passée au bénéfice de Bertrand du Guay, seigneur de la Litinière.

Le seigneurie de Montbray passa ensuite à Jean de Lacour, dont la fille avait épousé Thomas de Sarcilly, seigneur de St.- Lambert, lequel s'exprime ainsi dans son aveu rendu en 1661 :

« Nous avons , à cause du dit fief, droit de chapelle et « séance et sépulture dans le chœur de la paroisse de Proucy « au côté droit d'icelle , laquelle est à présent démolie et la « pouvons faire rebâtir lorsque nous aviserons bien. »

En 1740 , la seigneurie était possédée par G. Le Vaillant. Dame Madelaine Angot , sa veuve , voulut transférer la chapelle à Montbray et la placer contre l'enceinte de son manoir ; elle présenta , dans ce but , une requête à l'évêque de Baveux, le 24 décembre 1755, mais l'opposition de Louis- Jacques de Neuville , seigneur de la Fresangère , et du sieur de La Porte , empêcha l'exécution de ce projet.

Le hameau des Isles , à l'autre extrémité de la paroisse , était aussi un fief noble relevant immédiatement de celui de Montbray,

(l) Notes inédites de l'abbé Béziers communiquées par M. G. de Villers , membre de la Société française pour la conservation des monuments.

C'est , comme nous l'avons dit à l'article de Condé , dans le hameau des Isles que les protestants bâtirent un temple en 1629. Dans la suite , ils furent inquiétés par le marquis de Thury, haut-justicier du fief sur lequel avait été construit ce temple du consentement du titulaire. Cependant le lieutenant du bailli de Caen , par sentence du 25 août 1671, permit au sieur J. Radulph de faire l'exercice du culte dans le fief des Isles qu'il tenait de sa femme. En 1680, le temple fut détruit en exécution d'un arrêt du Conseil d'État.

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