‹ Statistique monumentale du Calvados (volume 2)Chapitre 95 sur 296 · PENSEZ A VOUS · texte numérisé non relu

PENSEZ A VOUS

On y voit encore plusieurs autres tombeaux de la famille Du Chêne , qui portait un chêne pour armoiries.

Le château de la Maloiselière est à 2 kilomètres sur la route de Campagnolles ; il est déjà ancien.

L'église est sous l'invocation de saint Martin. L'abbaye de St.-Evroult nommait à la cure.

D'après une charte d'Henry Ier. , roi d'Angleterre et duc de Normandie , dont la date est de 1128, il y avait à Etouvy

deux églises paroissiales , l'église St. -Martin et l'église St. - Georges (GalL christ., t. XI, instrum., p. 207). Richard de Coulonces, frère de Roger de Warenne , en donna le patronage à l'abbaye de St.-Evroult, avec la dîme des moulins de Rouvray à Coulonces ( Ord. Vital. , collect. d'André Duchêne , p. 601 ). L'abbaye de St.-Evroult a joui de cette donation jusqu'à la Révolution de 1789. L'église St. -Georges est ruinée; son emplacement se trouve dans le plant où se tient la foire.

La commune d'Etouvy a de la célébrité dans les environs ; les gens du pays disent que là existait une ville considérable, ruinée par d'anciennes guerres; à l'appui de leur assertion, ils vous montreront dans le bourg, sur la grande route de St.-Lo , deux arceaux en forme d'ogive qui paraissent les restes d'un grand édifice; ils vous apprendront qu'en creusant le terrain on trouve souvent les fondations de vieux bâtiments; ils vous rapporteront la tradition de la découverte de tombeaux antiques , de vieilles armures.... , etc.

D'un autre côté , M. l'abbé Le Franc , place à Etouvy une ville qu'il appelle Itiwîum; et M. Seguin, qui passe pour avoir profité amplement des manuscrits de l'abbé Le Franc, dit qu'Etouvy était anciennement une bonne ville, ruinée par les Normands au IXe. siècle ( voir son Essai sur l'histoire du Bocage, p. 23).

Ces opinions ne paraissent pas devoir être admises : aucun auteur connu ne parle d'Ituvium; et quant aux deux arceaux qui se trouvent sur le bord de la grande route , l'ogive que l'on y remarque , les matériaux et le ciment qui les lie prouvent que leur construction ne remonte pas à une haute antiquité. M. Lemarchand , de Vire , croit que ces deux arceaux formaient l'entrée de la halle d'Etouvy.

S'il n'est pas certain qu'il y eût autrefois une ville à Elouvy,

au moins tout annonce que là existait un bourg considérable et bien peuplé ; il s'y trouvait deux églises et la commune est une des plus petites de l'arrondissement : Etouvy présentait donc une population agglomérée très-nombreuse.

Il s'y tenait chaque semaine un marché qui cessa d'être fréquenté au XVe. siècle à cause des anglais composant la garnison du château du Tracy, qui, dit-on, le pillèrent plusieurs fois.

Il se tient à Etouvy, le 28 octobre, une foire dont les droits appartenaient autrefois au seigneur de la deuxième portion de la baronnie de Coulonces (1).

Jusqu'en 1612 les habitants d'Etouvy prennent le litre de bourgeois ; avant la Révolution ils ne payaient pas de treizième.

Il y avait un tabellionnage qui fut transféré à Landelles vers 1700.

Dans presque toutes les communes de l'arrondissement, on trouve des chemins connus sous le nom de chemins d'Etouvy.

Toutes ces circonstances réunies démontrent qu'Étouvy a été autrefois un bourg considérable et qui appelait , soit par son commerce, soit par ses foires et marchés le concours des habitants de l'arrondissement.

Les seigneurs de Coulonces étaient, comme on le voit dans Orderic Vital , seigneurs d'Etouvy;— par un titre du 26 avril 137&, il est prouvé que Guillaume de Tournebu était seigneur de Briqueville et d'Etouvy à cause de sa femme.

Postérieurement le fief d'Etouvy passa dans la famille de Ste. -Marie, dans celle de Bordeaux et dans celle de Morand (1).

(1) Elle a fourni à M. Lalleman le sujet d'une pièce de vers îalins sous le tilre de : Ituvienses nundinaî prope Viriam. Carmen facetum. Vire, 1820.

(2) Lachesnaycdes-Bois. verbo Morand.

LA GRAVERIE.

La Graverie , Graver eia.

L'église de la Graverie esl en forme de croix.

La façade occidentale est divisée par un contrefort plat, au milieu de deux petites fenêtres a plein-cintre.

Une partie du mur occidental de la nef est construite , comme le gable de l'Ouest , en moellon ; l'autre moitié en pierres disposées en arêtes de poisson.

Les fenêtres primitives sont bouchées; elles avaient un peu plus d'un pied de largeur et semblent avoir été fort courtes. Les claveaux en sont minces et à larges joints.

Du côté du Sud , il reste dans les murs latéraux de la nef une petite fenêtre romane semblable à celles du Nord, et des arêtes de poisson. Le reste a été refait.

Dans le chevet sont deux lancettes du XIIIe. siècle , séparées par un contrefort.

Le clocher très-simple est en forme de bâtière. L'étage du beffroi , éclairé de lancettes doubles étroites , porte la date 1649. Au-dessous sont des fenêtres à trèfle découpé dans un plein-cintre.

A l'intérieur de la nef existe une charpente cintrée.

A l'Ouest , et au bas de la nef du côté Nord , on retrouve sous le badigeon les restes d'une décoration peinte. Celte décoration ne se voit pas sur les murs correspondant aux parties construites en arêtes de poisson.

Le transept Nord , placé sous la tour, s'ouvre sur la nef par une arche à double retrait et à chanfrein droit ; il porte sur des colonnetles à chapiteaux tournés. La voûte aussi est à moulures en style du XIIIe. siècle.

Les colonnettes de l'autre transept sont de même style , mais portent une arche moderne.

La tombe suivante existe dans le transept Sud :

M TOMBEAU

co

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