‹ Statistique monumentale du Calvados (volume 2)Chapitre 99 sur 296 · BEAULIEU · texte numérisé non relu

BEAULIEU

Beaulieu , Bellus Locas.

L'église de Beaulieu , fermée depuis 45 ans, a été rouverte. Elle est très-petite , sans intérêt, sans transepts.

La tour, surmontée d'une pyramide en ardoises, est placée à l'Ouest.

L'église de Beaulieu est sous l'invocation de Notre-Dame. L'abbaye de Troarn nommait à la cure. Le curé percevait les dîmes.

Cette paroisse faisait partie de la sergenterie du Tourneur.

Le fief dominant appartenait aux héritiers de M. le marquis de Renty , seigneur du Béay , et relevait de celui de messire Guillaume Nantier, écuyer et seigneur honoraire de Beaulieu.

CARVILLE.

Carville, Caravilla.

L'église de Carville (1) n'est pas remarquable. Un des côtés vient d'être reconstruit à neuf. La sacristie et l'autre

(I) Je dois à M. l'abbé Vincent, curé de Sept- Vents, membre de ta Société française , la description qui suit de l'église de Carville.

19/i STATISTIQUE MONUMENTALE DU CALVADOS.

côté de l'édifice remontent à une époque plus reculée. Au milieu de fenêtres nouvelles , il en reste trois qui paraissent appartenir au style flamboyant. Cette construction pourrait remonter au XVe. siècle. Le seuil des deux portes est formé de deux pierres tombales ornées d'une espèce de rosace et de fleurs. On m'a signalé dans l'intérieur de l'église , du côté de la chaire , une inscription assez longue qui n'a pas encore été lue complètement et que je compte relever plus tard. Le clocher carré , surmonté d'une flèche en ardoise , porte la date de 176fr.

L'église de Carville est sous l'invocation de JNotre-Dame et de sainte Anne. Il y avait deux cures à Carville : la principale partie était à la nomination du prieur du Plessis-Grimoult et était desservie par un chanoine ; la petite portion était confiée à un prêtre séculier, et à la nomination de l'abbé de Troarn. Les trois quarts de la dîme appartenaient au prieur du Désert , dépendant de Troarn. Le presbytère , placé auprès de l'église , se nommait le prieuré.

Sur le territoire de Carville existaient autrefois deux chapelles. Celle de St. -Aubin, qui fut honorée , suivant la chronique locale , de la visite d'un frère de saint Bernard ; celle de Soulœuvre, qui dépendait autrefois de Carville, et qui est présentement sur la Ferrière-Hareng. Dans l'une et dans l'autre, il n'y a plus que des ruines. Elles ont été changées en bâtiments d'exploitation.

« La paroisse de Carville dépendait de la sergenterie du Tourneur, élection de Vire ; elle renfermait 200 feux. On la trouve mentionnée dans la bulle d'Innocent III , en l'année 1210, pour l'abbaye de Troarn : « Ecclesiam de Caravilla cum « decimis, capellis et obventionibus et aliis que habentur in ipsis. » Une partie dépend du bailliage de Thorigny, l'autre de la haute-justice de Thorigny.

» Au siècle dernier, M. Duhamel, écuyer, frère puîné de

CANTON DU RÉNY. 195

M. de Saint-Denis de Maisoncelles, et M. de Carville, étaient co-seigneurs de cette paroisse. Un des fiefs relevait de la baronnie de la Ferrière-Harenc : Richard de Manias en rendit aveu, le 12 décembre 1&65, au patriarche d'Harcourt, évêque de Bayeux , et en cette qualité baron de la Ferrière. Ceux du nom de Mahias descendaient en ligne masculine de la maison de Vassy ; ils en portaient les armes : ils ont aussi long-temps possédé la baronnie de Vassy (1). »

ARCLAIS.

Arclais , ecclesia de Arcleis.

Ardais ne possède rien de remarquable.

La paroisse a disparu depuis la révolution de 1789; elle est réunie à Montamy, mais la commune existe toujours sous le rapport de l'administration civile.

L'église d' Arclais est complètement démolie ; on en reconnaît encore l'emplacement; elle était sous l'invocation de saint Samson et avait été donnée, par Roger de Magneville, à l'abbaye du Plessis. Naguère des statues de saints mutilées , jetées dans les buis du cimetière , ont été enterrées pour éviter les profanations. Il est probable que des seigneurs d'Arclais , de la famille de ce nom , ont été inhumés dans l'église détruite et que le sol récèle encore leurs restes.

M. Dufeugray, ancien préfet, membre de la Société française pour la conservation des monuments et auteur de recherches intéressantes sur les anciennes familles , a bien voulu nous communiquer la note suivante :

« La famille d'Arclais, très-ancienne , faisait remonter sa filiation jusqu'à Jean d'Arclais, vivant en 1390. Ce Jean

(1) V. Notes manuscrites de Beziers, communiquées par M. G. de Villers.

d'Arclais était seigneur de Montbosq (paroisse de la Besace) et fut nommé pannetier du roi Charles VI , au mois de mars 1402 ; son fils, aussi nommé Jean, fut employé en 1405 à la défense du Cotentin ; il devint gouverneur de la forteresse de Beuzeville, et ses biens furent confisqués par les Anglais en U17.

« Il y avait un manoir seigneurial dans cette paroisse, il a conservé le nom très-significatif de Cour d'Arclais (1). La disposition de ses bâtiments, les débris qui ont résisté offrent encore des traces dont le souvenir est bon à conserver. En effet, une superficie d'environ quinze ares est entourée de bâtiments à diverses usages , au milieu de cet espace se trouve un grand puits. La partie Sud est limitée par la construction la plus considérable et la plus ancienne , elle consiste en une maison d'habitation ; presque toutes ses ouvertures ont été changées; il n'en reste qu'une qui soit intacte; c'est une porte à laquelle conduisait un escalier extérieur; ses jambages en granit sont à doubles fouiilures , aussi il y avait deux fermetures, dont une s'ouvrait en-dehors : elle était remarquable par sa force et consistait en madriers de deux pouces et demi d'épaisseur, assemblés avec de gros clous à têtes plates , de sorte que le tout présentait une épaisseur d'au moins cinq pouces. D'après le témoignage du fermier qui a démonté cette porte, elle servait à clore une chambre qui n'était éclairée que par deux ouvertures donnant vers le Midi , ayant chacune un pied carré ; il s'y trouve encore aujourd'hui des grosses barres de fer : les planchers et les chu minées de ce bâtiment ont été détruits et refaits.

« La terre de la cour d'Arclais appartient aujourd'hui à

(1) On sait qu'au moyen-âge les seigneurs se recevaient mutuellement dans leurs châteaux qu'ils appelaient ùoum , c'est de ce mot qu'est venu celui de Courtoisie.

M. Léopold Le Pelletier de Molandé, fils de Madelaine- Marie-Françoise d'Arclais, chanoinesse de l'Argentière , qui avait épousé M. Auguste-Alexandre Le Pelletier de Molandé, chevalier de St. -Louis, ancien capitaine de frégate. »

BÉXY- BOCAGE ( CUKF-LIEU ).

Je donne une vue de l'église du Bény , quoiqu'elle ne soit pas ancienne.

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