‹ Statistique monumentale du Calvados (volume 4)Chapitre 122 sur 203 · VL'E GENERALE DE L ÉGLISE DE VIEUX-PONT · texte numérisé non relu

VL'E GENERALE DE L ÉGLISE DE VIEUX-PONT

a été gravée par M. Godard , d'après un dessin de M. de Brébiasoo.

Motte féodale. — - Dans le bois qui couronne le coteau ,

à peu de dislance et au sud-est de l'église , j'ai remarque une magnifique motte féodale avec son fossé ; elle est en terre, conique et assez élevée : peut-être était-ce là l'habitation de ce Renauld dont il est question dans l'inscription relatée plus haut. Je n'y ai pas remarqué de vestiges de constructions en pierre, et la tour qui la surmontait devait être en bois.

Emplacement d'un château moderne, — On montre; dans les herbages, au pied du coteau dont je viens de parler , une place où , dit-on , existait un château moderne, il n'y a pas très-longtemps, et dont il ne reste plus de vestiges.

La famille de Vieux-Pont était très-ancienne. Kn 1161 mourut Richard de Vieux-Pont, abbé de St-Pierre-sur-Dive; il était l'oncle paternel de Foulques de Vieux-Pont , qui accorda à l'abbaye des droits et privilèges sur ses terres.

Poteries romaines. —Veu M. le docteur Le Grand m'a dit avoir trouvé , à la l'auteur de Vieux-Pont , près de la roule allant à Lisieux , quelques débris de poteries qu'il croyait pouvoir faire remonter au temps de la domination romaine.

OUVII.LE-LA-BIEX-TOURNÉK.

Ouville-la-bien-Tournée, Ouvilla, Olvilla, (Jtvilla.

En suivant , à partir de Vieux-Pont , la rive droite de la rivière d'Oudon jusqu'au confluent de celte rivière avec la Dive, on arrive sur le territoire (VOuviUe-la-bienTownée, ainsi appelée , dit-on , parce qu'elle n'est pas parfaitement 'orientée. Effectivement, le coleau qui borde, à l'est, la rive droite de la Dive , là où se trouve l'église , présente une pente rapide qui a fait dévier de l'orientation normale. De là la dénomination de la bien tournée. D'autres pensent que la dénomination la bien tournée fait allusion à l'élégance et à la beauté de l'œuvre.

CANTON DE SAINT-PIERRE-SUU-MVE. 5*23

Quoi qu'il en soit, cette église, assez vaste, dans laquelle le style ogival primitif porte encore les moulures caractéristiques de l'architecture romane qui l'avait précédé, est une des plus

VUE GENERALE I)K l/Kf;MSE ItOUVILI.E.

helks et des plus intéressantes du canton : en voici une vue

52Zl STATISTIQUE MONUMENTALE OU CALVADOS.

générale, dessinée du côté du sud-est par M. Pépin. On voit qu'elle est déforme rectangulaire et qu'au centre, entre chœur et nef, s'élève une tour massive rappelant celle d'Airan (canton de Bourguébus), et quelques autres.

Le chevet est ajouré par deux fenêtres-lancettes trèsélégantes surmontées d'un oculus ; les fenêtres latérales du chœur sont de même forme, accolées deux à deux dans chaque travée et ont la tête ornée de zig-zag légers.

Une porte ogivale aujourd'hui bouchée s'ouvrait, du côté

Bouet (U

PORTE DU CHOEUR, Al'JOLRDHUI BOUCHÉE.

du sud, dans la première travée du chœur. Le bandeau

de cette porte est couvert d'étoiles et porte à son centre un écusson sans armoiries. Les archivoltes sont finement sculptées et ornées de cannelures, sur lesquelles se détachent des fleurons et des zig-zag. J'ai figuré cette jolie porte dans le t. X du Bulletin monumental.

En 18^2, j'avais déterminé M. Target, préfet du Calvados , à accorder à l'église d'Ouville 500 francs sur les 2,000 francs votés annuellement par le Conseil général , pour aider à l'entretien des églises monumentales du département (1).

Alors on voyait des dislocations considérables provenant de la poussée des voûtes ou de la charpente ; elles s'étaient manifestées il y avait , disait-on , plus de quatre-vingts ans, et on y avait porté remède au moyen d'un tirant en fer qui s'attachait à une poutre traversière et reliait l'un à l'autre les deux murs latéraux. Ce moyen , tout en modérant les progrès du mal , n'avait pu y remédier entièrement , et l'écartement avait fait des progrès considérables.

Mais ce n'est pas là que je priais M. Target de faire employer les 500 fr. accordés: « Cette somme , disais-je dans « mon Rapport, suffira à peine au rempiètement des murs « et des contreforts. Un maçon intelligent peut faire con- « venablement ces rempiètemenls; il suffira de surveiller « l'emploi de la somme, de peur qu'elle ne soit employée à « décorer l'intérieur de l'église ; car c'est là que toutes les « ressources de la paroisse paraissent avoir reçu jusqu'ici « leur application. »

le ne suis pas retourné à Ouville , je sais seulement que les 500 fr. accordés sur ma demande ont été employés en travaux utiles. Le pourtour de l'édifice a été dégagé des terres

(J) V. mon Rapport à ce préfet, dans le I. Vtll du Bulletin monumental , p. U%'\.

qui s'y étaient amoncelées ; mais il reste toujours des réparations urgentes à exécuter.

Les rempiètements n'ont pas encore été fails, et les dislocations du chœur sont toujours affligeantes. La restauration ne devrait être entreprise que par un architecte habile ; elle entraînerait des dépenses assez considérables : aucune église, du reste, n'est plus digne d'intérêt et ne mérite mieux les sacrifices d'argent qui pourraient être faits par l'Administration.

Une charmante garniture de feuilles entablées supporte la corniche et décore l'entablement du chœur : on voit sortir de ces feuillages des têtes d'hommes et d'animaux sculptées avec beaucoup de délicatesse ; j'en ai fait mouler quelques parties.

La nef est moins ornée que le chœur (Voir la planche). Pourtant elle montre aussi de belles fenêtres, disposées deux à deux dans chaque travée. La porte occidentale a été refaite. Trois fenêtres en lancettes : celle du milieu , plus élevée que les deux autres, occupe la façade au-dessus de cette porte.

La disposition binaire des belles fenêtres en lancettes de la nef et du chœur mérite une mention spéciale : on ne la rencontre pas ordinairement. Or, en voyant l'élégance et l'élévation de celte remarquable église , on se demande quels motifs ont pu déterminer à élever une pareille construction dans une paroisse qui n'est pas plus peuplée que bien d'autres. Je ne connais pas d'église du XIIIe siècle aussi élégante que celle d'Ouville, dans la contrée et même assez loin à la ronde,

La cloche d'Ouville porte une inscription en lettres gothiques qui commence ainsi :

ir'nn mil tJc iDlIl (1508) je fus fatcte pour litostre-Bame b'flDuuHlf.

Le reste de l'inscription n'a pu être complètement déchiffré.

CANTON m SAINT-P1ERRK-SUR-DIVK. 527

L'église d'Ouville est sous l'invocation de Notre-Dame. Le prieur de Ste-Barbe nommait à la cure.

Fermes de la Croix et de Brucourt. — Sur la rive opposée delà Dive (rive gauche), la ferme delà Croix montre un bâtiment bien construit avec deux ouvertures en ogive, qui paraît avoir été une grange dîmière.

J'ai pensé que cette ferme qui, aujourd'hui, appartient à M. le marquis d'Eyragues , avait pu appartenir à l'abbaye de Stc -Barbe , patronne d'Ouville , ou à une autre maison religieuse : c'est ce que je me propose d'éclaircir. La porte principale de la ferme de la Croix paraît du temps de Louis X1IJ.

M. d'Eyragues possède aussi , sur la rive droite de la Dive , la ferme de Brucourt qui doit être un ancien fief.

THIÉVILLE.

Thiéville, Teuvilta.

J'ai cité plusieurs fois l'église de Thiéville pour l'ordonnance simple et gracieuse de sa faç;ide occidentale, qui offre une porte ogivale surmontée de deux fenêtres-lancettes séparées par une rose.

Cette église doit avoir été construite vers le milieu du Xlir siècle , au moins sa jolie porte occidentale et sa rosace entre deux lancettes sembleraient l'annoncer; mais ce sont les seuls caractères qui nous permettent de fixer une date ; les murs latéraux, repris en sous-œuvre ou recimentés à diverses reprises, ne peuvent apporter de lumière sur les dates; toutefois, ils sont encore garnis de contreforts et doivent être en partie de l'époque que j'indique. Le mur septentrional et le mur méridional de la nef ont conservé chacun une des fenêtres primitives en forme d'étroites lancettes. Toutes les

autres fenêtres sont modernes, de forme carrée. Le chœur a été allongé du côté du chevet.

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