‹ Statistique monumentale du Calvados (volume 4)Chapitre 172 sur 203 · ORATE PRO ILLO · texte numérisé non relu

ORATE PRO ILLO

MOERENS DICAVIT FILIUS.

M. de Marguerye était un des ancêtres de Mgr de Marguerie, ancien évêque de St-Flour, aujourd'hui évêque d'Autun.

A ces notes , dont nous devons la plus grande partie à M. Pannier, nous allons joindre les détails suivants, extraits du -manuscrit de M. le vicomte Louis de Neuville.

Celte commune était autrefois comprise dans l'élection de Lisieux et la vicomte d'Orbec. Le droit de présentation à la cure appartenait à l'Evêque de Lisieux, au XIVe siècle, et postérieurement à cette époque, au chapitre de la même ville.

La seigneurie des Loges a appartenu, depuis le XIIIe siècle au moins jusqu'au commencement du XVIIe, à la famille de Neufville, dont les armes : de gueules à trois besants d'or au chef d'hermine , se voient encore sur un vitrail de l'église paroissiale. Suivant un aveu rendu, en 1570, au baron de Livarot , par Robert de Neufville , sieur des Loges, ce fief renfermait 161 acres et demie de domaine non fieffé et 31Zi acres et demie de domaine fieffé : le revenu annuel était estimé 250 livres : les fiefs du Rouil, de Neuville , de la Vallée et la Vavassorie de Beaumesnil lui rendaient hommage. Charles de Neufville, sieur des Loges,

fils du précédent, mourut en 1599, laissant trois filles de son mariage avec Isabeau Ménage de Cagny , et la terre des Loges fut divisée , par parage , en trois portions : l'une fut portée par Elisabeth deNeufville à François de Malmaison, dont la fille Elisabeth de Malmaison , épousa , en 1617 , Gabriel de Rupierre , sieur de Glos-sur-Rille ; une seconde portion appartint à Anne de Neufville , mariée à Adrien de Boctey, sieur de la Houssaye; Marie de Neufville, qui eut l'autre lot, épousa Jean Deshayes, auteur d'Etienne Deshayes, seigneur des Loges, en partie, qui comparut à la Recherche de 1666 en cette paroisse. De ces trois portions, deux furent acquises par les seigneurs de Livarot et suivirent le sort de cette baronnie; la troisième, après avoir appartenu à la famille de Guyot, puis au sieur de Fréval , passa , vers le milieu du siècle dernier, à la famille de Louis. Grégoire de Louis , mort aux Loges en 1 755 , fut père de Grégoire- Alexandre-Eugène de Louis, avocat au Parlement de Rouen, seigneur et patron de S,e-Marguerite-des- Loges, en 1789. Cette terre a été depuis vendue et morcelée; le manoir, qui paraît ancien, a subi des remaniements qui lui ont fait perdre son caractère.

Le fief du Rouil a donné son nom à la famille du Rouil , connue dès le XIIe siècle, et qui l'a possédé jusqu'au XVIIe. Une branche de la même famille a donné son nom au fief de la Rouillière, à Vieux-Pont, tandis qu'elle prenait elle-même celui de sa terre de Fresnay. Cardot du Rouil , seigneur du Rouil, de Gauville, de Mandevillc , des Retailles, d'Ouilly et du Mesnil-Germain, était maître d'hôtel de la reine Catherine de Médicis et vivait encore en 160Zu Dans le cours du XVIIe siècle , la terre du Rouil passa à une branche de la famille Le Conte de Nonant, qui a porté les noms de Le Conte du Rouil et de Le Conte de Vallemont. Le dernier M. de Vallemontest mort, il y a peu d'années, laissant pour héritière

692 STATISTJQlit: MONUMENTALE DU CALVADOS.

Mme la comtesse de Béranger, née de Révilliasc. Le vieux manoir en bois peut remonter au XVe siècle : les ouvertures , récemment remaniées , étaient autrefois fort étroites et éclairaient mal les deux vastes pièces qui se partageaient chaque étage ; le toit n'offre point de lucarnes. On a peine à croire, ce qui est pourtant certain, qu'une demeure si primitive et incommode ait servi de résidence, il y a 250 ans, à un seigneur distingué de la cour. A peu de distance se voit un ancien colombier en bois, surmonté d'épis en poterie d'une grande beauté. Un château en pierre et brique a été en partie construit au Rouil, en 1723 ; mais cet édifice est resté inachevé et se trouve aujourd'hui dans un grand état de délabrement. L'ensemble des constructions et des dépendances du manoir est encore en partie entouré de larges douves. A peu de distance du Rouil se trouvait l'ancienne vavassorie de Beaumesnil , qui a longtemps appartenu aux mêmes seigneurs; un partage l'a fait passer à la fin du XVIIe siècle dans une autre branche de la famille Le Conte de Nonanl. En 1739 , Nicolas Le Conte, sieur de Gizay, fieffa la terre de Beaumesnil au sieur Bénard,dont les héritiers l'ont vendue, en 1807, à M. le marquis de Neuville. Le fief de Bellerive , quelquefois nommé Belleau , était situé à une petite distance de l'église paroissiale de Ste- Marguerite-des-Loges. Il a appartenu , aux XVe et XVIe siècles, aux Neuville, seigneurs des Loges, et, au XVIIe siècle, à la famille de Piquot. Robert de Piquot , sieur de Belleau, fils mineur de Claude de Piquot , fit preuve d'ancienne noblesse en la paroisse des Loges, l'an 166G. Dans le siècle dernier, ce fief devint la propriété de la famille de Marguerye Sorteval. Laurent-Gabriel de Marguerye, mort en 18&0, en était possesseur : il a laissé de son mariage avec Adélaïde- Catherine Bonnet de Montgommery, entre autres enfants , jVlgr de Marguerye, aujourd'hui évêque d'Autun, né à Ste-

Marguerite-des-Loges. La terre de Bellerive a été vendue et morcelée, il y a une vingtaine d'années. Il ne s'y trouve aucune construction ancienne.

Il n'en est pas de même du fief de la Vallée , situé à l'extrémité de la commune des Loges , du côté du Mesnil- Germain. Là se trouve, au fond d'un vallon resserré, un vieux manoir du XVIe siècle , construit en bois , auquel un pavillon, d'une forme singulière, donne un aspect assez remarquable. Pierre de La Chaise, écuyer, était seigneur de la Vallée des Loges, en 1469 ; en 1562 , ce fief appartenait à Guillaume de La Pallu, mais, dès 1567, il était devenu la propriété de Jacques d'Escorches. Louis d'Escorches, sieur de la Vallée etdeS,e-Croix, fit preuve de noblesse à Ste-Marguerile-des-Logesen 1666. Marguerite-Catherine d'Escorches de Sainte-Croix , dame de la Vallée , ayant épousé Louis Gaston de Bonnechose de La Boulaye, en 17&0, a porté cette terre dans cette dernière famille , qui en a conservé la propriété.

La Recherche de la noblesse de 1666 mentionne encore François et Pierre de Guyot comme résidant à Ste-Margueriledes-Loges, et Guillaume de Vergeast, sieur de Chastillon, qui, moins heureux que les précédents, vit rejeter ses preuves par M. de Marie.

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Mesnil-Durand , Mesnûlus Durandi.

L'église du Mesnil-Durand date de deux époques distinctes: la fin du XIIT siècle pour la nef et l'époque romane pour le chœur. Le portail se présente bien , avec son gable à rampants, percé de deux lancettes et ses deux contreforts. La porte est ogivale , sa voussure se compose de deux tores

(i) Notes de M. Ch. Vasseur.

qui retombent sur un pilastre prismatique, dont les chapiteaux et les bases accusent tout au plus le XIVe siècle.

Le mur du nord est moderne ; mais celui du sud, flanqué de cinq contreforts , a bien conservé ses caractères primitifs du XIIIe siècle , quoiqu'il ait été repercé au XVIe de trois fenêtres ogivales avec un meneau.

Le chœur, en retraite sur la nef, est symétriquement percé de deux fenêtres, au nord comme au midi. Ces fenêtres cintrées ont été élargies à l'extérieur, ce quia fait disparaître en partie un cordon torique qui se profile même sur les contreforts. On trouve, en outre, au sud, une porte cintrée garnie de zigzags , plusieurs fois dessinée et considérée comme remarquable , alors qu'il était question , dans une certaine classe de savants, de Y architecture saxonne. Cette porte, comme le reste du chœur, est seulement du XIIe siècle.

Deux contreforts plats soutiennent chaque mur latéral, et le chevet, qui est droit, où je n'ai vu aucune trace de fenêtres.

Ce chœur , à l'intérieur , offre un luxe d'architecture peu commun dans cet arrondissement. Il est voûté en pierres, avec nervures aux arceaux et aux arcs-doubleaux , dont la retombée porte, aux angles, sur une colonnette à chapiteau à crossettes et, au centre, sur un faisceau de trois colonnes de diamètre inégal. Les bases sont garnies d'agrafes. L'arc triomphal appartient au même style. L'ébrasure des fenêtres est garnie d'un tore.

Je n'ai rien trouvé dans le mobilier qui mérite une mention. Deux tableaux appendus aux murs proviennent de l'église de Pontalery.

La nef n'a pas de voûtes; mais un simple plafond, porté sur les entrails de la charpente , dont les profils accusent le XVe ou le XVIe siècle.

Le clocher donne abri à deux cloches. Leurs inscriptions méritent d'être transcrites. La première est celle du Pontalery.

f LAN 1741 IAY ÉTÉ BÉNITE PAR MES(SIRE) PHILIPPE MARTIN CVRÉ DE

CE LIEV ET NOMMÉE ANGELIQVE NICOLLE PAR MF.SSIRE IACQVES NICCLLE

CHEVALIRR SEIGNEVR HONORAIRE DE LIVAKOT CHIFFREVILLE LES LOGES

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