‹ Statistique monumentale du Calvados (volume 4)Chapitre 48 sur 203 · Â ^ A ÇA · texte numérisé non relu

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pierres disposées en arêtes ; il reste encore plusieurs fenêtres primitives dans les murs de la nef.

Le chœur est voûté en wagon , sans nervures ; mais le badigeon ne permet guère de se prononcer absolument sur l'âge de cette voûte , qui doit néanmoins être ancienne.

Ce chœur est fort bas et trèspetit. L'église , elle-même , de petite dimension et presque sans moulures , paraît appartenir à peu près à la même

époque que celle d'Ouillie-le- Vicomte , que nous décrivions précédemment. La brique n'a pas été employée dans les appareils à l'église de St-Martin, comme à l'église d'Ouillie; mais les deux églises peuvent être contemporaines.

La façade occidentale a été relevée au XVe siècle. Sur le tympan de la porte on distingue deux écussons, probablement ceux des seigneurs qui l'ont fait construire.

Le clocher , carré , en charpente , est établi sur le chœur.

On voit , à la partie supérieure du gable de l'église St- Martin , des ouvertures triangulaires formées de deux pierres

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inclinées Tune vers l'autre. Un petit nombre d'églises anciennes offrent de pareilles ouvertures , et cette disposition se voit dans l'église de Savenières-sur-Loire. M. le comte de Soultrait l'a , de son côté , signalée dans les églises les plus anciennes du Nivernais.

Le seigneur temporel nommait à la cure de St-Martin ; mais, au XVIIIe siècle, ce patronage était passé au Roi, d'après le pouillé du diocèse.

SAINT-HIPPOLYTE-DU-BOUT-DES-PRÉS (i).

St-Hippolyte-du-Bout-dcs-Prés , Sanctus Ypolithus , St- Ypolite du boidi des Preys.

Cette paroisse, comprise dans la banlieue de Lisieux au spirituel et au civil, avait un territoire très-restreint ; sa population se composait de 18 feux, environ 90 habitants.

L'église correspondait, par ses petites dimensions, à ces besoins modérés. Elle se composait seulement d'un chœur et d'une nef. Le chœur était en retraite sur la nef. Le clocher s'élevait à l'extrémité orientale de la nef, près de l'arc triomphal. Cette disposition , fondée sur les lois liturgiques, que l'on tend à supprimer de nos jours partout où on la rencontre , indique généralement une haute antiquité. L'intérieur , malgré son état de délabrement , avait conservé un certain prestige , grâce à ses voûtes de merrain peintes en azur avec des étoiles blanches , et aux grands écussons d'argent à la bande d'azur , qui tranchaient sur les murs au milieu de la ligne noire de la litre funèbre.

Malgré son peu d'importance , St-Hippolyle subsista avec le titre de commune jusqu'en 1834. Alors une ordonnance royale l'annexa à St-Martin-de-la-Lieue. Ce fut le signal de la destruction de l'église, dont le petit clocher d'ardoise animait le paysage, et se découpait sur le coteau qui borde la rive gauche de la Touque.

Le mobilier fut partagé comme une dépouille opime. Beuviîliers recueillit les fonts baptismaux : ils dataient seulement du dernier siècle. La chaire se trouve à l'église de Lessard, et

Ci; Notes de M. Charles Vasseur.

• CANTON DE LISIEUX , 2e SECTION. 313

la ck)chetle surmontait encore , il n'y a pas long-temps, le comble du presbytère de St-Martin-de-Ia-Lieue.

Le patronage appartenait à i'évêque de Lisieux. Le dcrmer curé fut l'abbé Pierre-Louis Blanchard, qui émigra pendant la Révolution en Angleterre , où il écrivit son Histoire du pontificat de Pie VI (Londres, 1800). Ce livre est curieux et véridique.

L'abbé Blanchard fut l'auteur du schisme que l'on a appelé

la Petite-Église.

Manoir.— Le manoir de St-Hippolyte, ou mieux de Pont- Mauvoisin, dont voici une vue, est assis sur la rive gauche de

VIE DU MANOIR DE Sl-HIPPOLTfTE-DU-BOUT-DBS-PHB5.

la Touque , à l'orient , et à peu de distance de l'enclos où

s'élevait l'église. Il appartient à une classe de constructions féodales plus particulière aux environs de Lisieux qu'aux autres parties de la Normandie. C'est un groupe de bâtiments d'exploitation disséminés dans une vaste enceinte dessinée par des fossés et par la rivière , au milieu desquels s'élève, sur une terrasse , la demeure du maître.

Une tête de pont à tourelles défendait autrefois l'entrée sur la rivière.

Les bâtiments d'exploitation, la plupart en bois, sont sans valeur architecturale, à l'exception du colombier.

Ce colombier est placé à l'angle sud-est de l'enceinte. Il est de petite dimension, de forme hexagonale et construit en bois. Les entrecolombages sont remplis par des briques inclinées. Sur chacun des colombages est sculpté un fort joli potelet, en forme de contrefort, terminé par un petit pinacle garni de feuilles frisées. La baie de la porte, carrée, entourée d'une torsade, est surmontée d'une accolade que terminait un large panache de feuillage. Cette accolade s'appuie sur deux contreforts accompagnantla porte, se terminant, comme les potelets des colombages, par des pinacles avec feuillages frisés, Sur chacun, comme au centre de l'accolade, était posé un écusson bûché au vif par la doloire républicaine. On voit par celte description que ce colombier date du XVIe siècle.

Le corps de logis principal est construit en pierre de taille, avec des chaînes de briques horizontales régulièrement espacées. Il date de la fin du XVe siècle ou du commencement du XVIe. En plan , c'est un carré long flanqué par derrière , au centre , d'une tourelle carrée qui renferme l'escalier , et près de chaque angle, d'une autre petite tourelle carrée.

La tourelle centrale, couverte d'un toit en ardoise, se ter-

CANTON DE LISIEUX, 2e SECTION.

mine , au niveau de la corniche du corps principal , par un hourd de bois qui donne du mouvement à l'ensemble.

Cette partie du bâtiment, qui donnait sur le fossé, est trèspeu ajourée. Les principales fenêtres sont protégées par de fortes grilles annelées.

HANOI B DR SAINT-HIPPOLlTE-DU-BOLT-DES-PUbS

Vu par derrière.

La façade qui regarde la vallée est éclairée , au premier étage, par cinq fenêtres carrées, entourées de moulures prismatiques et divisées autrefois par une croisée de pierre , également moulurée. Les deux baies des extrémités sont beaucoup plus étroites et grillées.

Les ouvertures sont identiques au rez-de-chaussée, sauf que la fenêtre du centre est remplacée par une porte en accolade, sans aucune sculpture, entourée seulement d'un gros tore. Il est probable que, primitivement , deux lucarnes de pierre plus ou moins sculptées coupaient le comble de cette façade ; il est permis de tirer cette conclusion de l'arrangement des deux fenêtres intermédiaires. Aujourd'hui, deux grandes lucarnes de bois mouvementent le toit. Elles sont contemporaines du colombier, par conséquent un peu postérieures au reste de la construction. Des potelets sculptés décorent les colombages, et aux poteaux corniers sont des blasons, au nombre de six, dont deux seulement portent encore la bande des Tournebu. Les salamandres qui décorent les poinçons fixent pour date de ce remaniement le règne de François Ier.

L'intérieur a été successivement modifié et mis en rapport avec le goût de chaque siècle. Une perte à panneaux plissés, une vaste cheminée dont la hotte repose sur des colonnes à chapiteaux gothiques, quelques pavés émaillés, sont les seuls vestiges de l'époque primitive.

La terre de St-Hippolyte appartient à Mme la comtesse de Foucault , chaooinesse de SlP-Ànne de Munich , et à M1Ie de Foucault, sa sœur. Ces dames la tiennent, par héritage, de la famille de Tournebu, qui s'est éteinte en 1810 dans la personne de noble dame Mme Marie-Pierre de Tournebu, baronne de Tournebu , dame de Moulines, Fontaine-Halbout , Caumont, St-Germain-de-Livet, le Mesnil-Eudes , St-Hippolyte et autres lieux, veuve, en premières noces, de messire Pierre-François-Jean-Bapliste de Bernières , chevalier de l'ordre royal et militaire de St-Louis , seigneur et patron de Mondrainville, Gavrns, Tourville, Baron, Tournauville, etc., et, en secondes noces, de M. Louis -François-Pierre Louvelde

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Janville-, président à la Chambre des comptes , aides et finances de Normandie.

Afin de ne pas nous répéter, nous renvoyons tout ce qui concerne la famille de Tournebu à l'article de St-Germainde-Livet. C'est là qu'étaient le centre de leurs possessions et leur résidence habituelle : il semble logique d'y concentrer les notes qui les concernent.

Le Pont-Mauvoisin est entré dans la famille de Tournebu dans la première moitié du XVIe siècle, par suite du mariage de Jacques de Tournebu avec Geneviève Pillois de Monligny,

fille et héritière de Pillois de Montigny, sieur de la Pre-

vosterie et du Pont- Mau voisin. J'ignore depuis combien de temps et comment celui-ci en avait la possession.

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