SWNT-GERMAIN-DE-LIVET
St- Germain- de -Livet, Sancius Germanus de Livcto , Livei-le- Baudouin , Livet-Tournebu.
11 y a six ans, Livet était une des localités les plus intéressantes à visiter de l'arrondissement de Lisieux ; aujourd'hui tout est changé. Que les amis de l'histoire et du beau
(4) Noies de M. CI). Vasseur.
se gardent bien d'aller à Livet, s'ils ne veulent avoir le cœur navré.
Je me vois donc forcé de parler au passé.
Admirablement situés au milieu d'une masse de verdure, à l'entrée d'un petit vallon rafraîchi par l'eau pure d'un ruisseau, apparaissaient pressés l'un contre l'autre un clocher élancé et les tourelles au toit aigu d'un vieux château. Les puissantes familles qui avaient possédé ce fief y avaient laissé des monuments dignes d'elles.
L'église était romane et mieux construite que la plupart de celles que nous possédons encore de cet âge. A son plan primitif
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P! AN DF. lYgLISF. DR S\1\T T. - T.MAÎNDF.-LIVET.
(un chœur, une nef), était venue s'ajouter, au XVIe siècle, une belle chapelle seigneuriale , accolée au côté méridional du chœur et égale en étendue.
Quand on sortait du chemin creux et ombragé, c'était la nef qui se présentait d'abord à la vue. Tous ses murs portaient incontestablement les caractères du XIe siècle. Les contreforts sont très-plats, et ceux de l'angle emboîtent la construction ; sur quelques-uns d'entre eux on remarque des croix de consécration dont nous donnons un croquis ; dis-
position peu commune. Malheureusement les ouvertures primitives avaient été remplacées. Une porte percée au XVIIe siècle, dans le pignon de l'ouest , et protégée par un large porche, avait été substituée à la porte romane, placée au midi, dont le profil subsiste encore. (V. la page suivante.) Le mur du nord , sobrement éclairé dans l'origine par deux petites fenêtres cintrées, hautes de 3 pieds sur 9 pouces
de largeur , a été repercé d'abord au XVIe siècle , puis à l'époque moderne. Trois fenêtres, de la fin du XVIe siècle, prenaient le jour au midi. Le chœur, aussi bien caractérisé, était en retraite sur la nef. On y voyait, dans le mur du nord, une petite porte cintrée, la porte du Prêtre. L'unique fenêtre
était moderne, car une baie ogivale à traceries Renaissance, qui avait été pratiquée dans le chevet, se trouvait bouchée.
En tournant ainsi autour de l'édifice , nous voici arrivé à la chapelle. Rien dans son style ne rappelle le gothique : sa construction tout entière est dans le style classique. Son chevet, cependant, est soutenu par un contrefort qui annonce un reste d'édifice plus ancien. La grande fenêtre qui prenait le jour de l'Orient, datée de 1579 (V. la page 326 ) , était garnie d'une voussure à bossages ; sa tracerie se compose de compartiments ovoïdes, et les meneaux qui la portent sont de petits pilastres carrés d'ordre ionique.