‹ Statistique monumentale du Calvados (volume 4)Chapitre 61 sur 203 · BAILLY, FRÈRES, FONDEURS A CAEN, BERNAY ET ALENÇON · texte numérisé non relu

BAILLY, FRÈRES, FONDEURS A CAEN, BERNAY ET ALENÇON

Le mur méridional de la nef, soutenu par quatre contreforts à double glacis, est construit en grand appareil. Il est percé de trois fenêtres carrées , dont deux à nervures accusent le XVIe siècle ; celle du milieu a été considérablement élargie.

Une partie du mur, qui se trouve en retraite près du

chœur et qui n'offre aucun contrefort , dépendait de l'ancienne nef qui était romane. La fendre cintrée que l'on voit date seulement du XVIIIe siècle. Du côté du nord , il n'existe aucune ouverture.

Le mur septentrional , flanqué de trois contreforts du XVIe siècle , est percé de deux fenêtres carrées , très-laides , qui remplacent deux autres fenêtres étroites à plein-cintre , du XVIe siècle , semblables à une ouverture bordée d'un simple chanfrein que l'on voit de ce côté.

Le chœur, construit en retraite sur l'ancienne nef, offre des murs romans en cailloutis. Il est éclairé,', au nord, par deux fenêtres carrées munies de leur ancienne résille en plomb. L'une de ces fenêtres remonte au XVIe siècle ; l'autre a été refaite. Les deux fenêtres carrées en brique , que Ton voit du côté du midi , avaient été aussi percées au XVIe siècle ; elles ont également conservé leurs anciens plombs.

La voûte du chœur et celle de la nef sont en merrain. A droite du maître-autel est une piscine ogivale , à double cuvette , ornée d'un simple chanfrein.

Le tabernacle du maître-autel , dans le style Louis XIII , est décoré de trois statuettes et garni sur les angles de colonnettes dont la base est formée de feuilles galbées. Les parties latérales du tabernacle sont ornées de deux médaillons , peints sur bois , représentant Jésus-Christ et la Sainte-Vierge.

Deux beaux chandeliers en bois , dans le style Louis XV, sont placés sur le maître-autel. Le milieu de la tige représente un vase , garni sur les angles de plusieurs anses. Le pied est également orné d'anses sur les angles.

Le lutrin , de même style que les chandeliers, représente un aigle tenant dans ses serres un serpent. Cet aigle repose sur un joli pied déccré de feuilles galbées , renflé vers le

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milieu. Il se termine dans sa partie supérieure par un chapiteau ionique de fantaisie, orné de guirlandes de fleurs. La base est formée de trois consoles terminées par des griffes.

A l'extrémité de la nef, près du chœur, s'élèvent deux petits autels. Celui de droite est dédié à saint Joseph. On y retrouve le couronnement du tabernacle du maître-autel , dont les pans sont percés de baies , découpées dans leur partie supérieure en forme d'éventail.

Le parement de cet autel est en bois peint , dans le style Louis XIV. Au centre , dans un médaillon formé de feuilles de chêne , est représenté Jésus-Christ portant sa croix. Aux extrémités sont peints des vases de fleurs.

Le parement de l'autel de la Vierge offre également des peintures sur bois. Dans un médaillon de forme ovale, est représenté le martyre de saint Sébastien. De chaque côté s'épanouissent de jolies fleurs.

La chaire , dans le style Louis XV , provient de l'ancienne église de Sl-Hippolyte-du-Bout-des-Prés.

Entre le chœur et la nef est placée la trabs ou poutre crucigère. On voit , de chaque côté de la croix , les statues miniaturées de la Sainte- Vierge et de saint Jean- Baptiste qui paraissent dater du XVIIe siècle. Saint Jean est représenté avec une robe rouge , recouverte d'un manteau bleu. La robe de la Vierge est également rouge et son manteau bleu.

Une ancienne statue en pierre du XVe ou XVIe siècle , représentant saint Firmin , second patron de l'église , est placée dans le chœur, du côté de l'épître. L'évêque porte une chasuble en pointe, relevée sur les épaules. Sa mître est basse.

On voit du côté de l'évangile la statue de saint Hildebert , évèque , en grande vénération dans le pays , et que Ton implore pour faire cesser les coliques. Cette statue date du même temps que la précédente.

On remarque dans la nef une belle statue miniaturée de la Sainte-Vierge, également gothique. La mère du Sauveur porte une robe verte. Par-dessus est un manteau d'or avec doublure blanche semée d'hermines. La tète de la Vierge est surmontée d'une couronne ducale. L'enfant Jésus , enveloppé d'une tunique rouge avec frange d'or , tient à la main une grappe de raisin.

Dans la nef sont placées deux autres statues , du moyenâge. L'une de ces statues représente saint Bonaventure ; l'autre , jadis miniaturée , est celle de saint Richer.

L'église de Lessard était placée , au XIVe siècle , sous le patronage du duc de Normandie. Au XVIe, le roi était patron de cette paroisse; au XVIIIe, le roi et le seigneur alternativement.

Lessard comptait , avant la Révolution , 3 feux privilégiés et 34 feux taillables. La population a notablement diminué.

Le Chesne. — L'ancienne paroisse du Chesne, aujourd'hui réunie à Lessard , faisait partie , comme cette dernière , de l'élection de Pont-1'Évêque. Il y avait k feux privilégiés et 28 feux taillables.

Le patronage de celte paroisse appartenait, au XIVe siècle, au duc de Normandie ; au XVIe , au chapitre de Cléry.

L'église a élé démolie. Elle avait été dédiée en l/i94 par dom Guillaume Chevron, évoque de Porphyre, moine de Ste-Barbe. Celte dédicace était mentionnée sur la voûte , qui datait de cette époque. Il est probable que les murs étaient plus anciens.

L'église du Chesne (ecctesia de Quercu) avait pour patron saint Pierre.

Sur l'emplacement de l'ancien cimetière , qui entourait cette église , s'élève un if magnifique qui étend au loin ses rameaux.

Les seigneuries du Ghesne et de Lessard ont presque toujours été dans les mêmes mains. On peut donc ici les réunir.

M. Charles Vasscur nous apprend que Pierre Le Sauvage, anobli en 1522 , devint peu de temps après seigneur du Ghesne :

n II eut un fils , nommé aussi Pierre , qui lui succéda* « Bien qu'il paraisse avoir eu plusieurs enfants , sa fille , de- « moiselle RoberteLe Sauvage , fut son héritière et porta ses « biens à Mathieu de Serres , ou plutôt elle les partagea par « avancement d'hoirie entre nobles hommes Charles et (( Jacques , dits de Serres , sieurs de IMontforl et de Mons- « tereul , ses enfants.

« Charles fut seigneur du Ghesne où il établit sa rési- « dence. Il épousa noble damoiselle Suzanne de Boucquetot, « dame de Coquainvilliers , comme héritière de Jacques de « Boucquetot , son frère.

« A Charles succéda noble seigneur Jean de Serres , « escuier, seigneur et patron des paroisses de Coquain- « villiers , le Ghesne et Lessard , demeurant en son manoir « seigneurial de Coquainvilliers. De sa femme, Cécile Iluault, « il n'eut qu'une fille, Jacqueline de Serres, mariée en « 1667 à Aimar-Antoine de Prie, seigneur et baron de « Plasnes, seigneur de Coquainvilliers, le Ghesne et Marc rigny (1). Elle mourut en 1688 et fut enterrée dans « l'église de Coquainvilliers. Son mari lui survécut. Il ne « décéda qu'en 1714, à l'âge de quatre-vingt-quatre ans.

« De leur union sortirent huit enfants. C'est le cinquième, « François-Louis-Léonard, qui obtint la possession des terres (i de Coquainvilliers , le Ghesne et Lessard , auxquelles il « ajouta, après la mort de son frère aîné, le marquisat de

(1) Le nom de ce seigneur figure sur la petite cloche de Lessard, dont nous avons donné l'inscription.

« Plasnes et Courbépine. Il mourut dans ses terres, le 9 « novembre 1772 , âgé de 90 ans. Il avait épousé, le 27 « septembre 1731 , Marie-Madeleine-Geneviève Coquet de « Tolleville , qui lui donna un fils , nommé Louis , né le « 25 février 1734, qui s'unit, le 24 novembre 1754, à « Louise-Camille-Victoire de Villette. L'ayant perdue , il se « maria en secondes noces à Madeleine de Manville et Ward, « veuve de lord Guillaume Schirley. Il ne mourut qu'à l'âge « de quatre-vingt-deux ans. Il avait, dès sa jeunesse, dissipé (( sa fortune. »

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