‹ Statistique monumentale du Calvados (volume 4)Chapitre 63 sur 203 · PLAN DE L ÉGLISE DE SAJNT-PIERRE-DES-IFS · texte numérisé non relu

PLAN DE L ÉGLISE DE SAJNT-PIERRE-DES-IFS

inégale. Le travail en est grossier; mais il faut attribuer cette imperfection à la mauvaise qualité de la pierre et non à l'ignorance des ouvriers. Rien ne permet de supposer que ce soit une reprise. Les deux murs latéraux sont partagés en trois travées à peu près régulières. Une lancette bien galbée s'ouvrait des deux côtés de chacune de ces travées ; il n'en subsiste plus que trois : les deux de la première travée et celle qui prend la lumière au nord de la dernière travée. Les trois autres ouvertures ont été retravaillées aux XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles. La porte date aussi de cette dernière époque.

Les murs sont en moellon , les contreforts en pierre de taille avec une retraite à moitié de leur hauteur. La nef est très-fortement en saillie sur le chœur; elle a &5 pieds de long sur la moitié juste de largeur dans œuvre. Elle se subdivise, comme le chœur, en trois travées qui donnent, dans leurs dimensions , une proportion décroissante de l'orient à l'occident. Il y a évidemment là une intention. Les murs et les contreforts du midi paraissent des mêmes matériaux et de même époque que le chœur. Les fenêtres ne sont point anciennes : deux sont du XVIIe siècle, bien qu'ogivales ; l'autre est récente, on le voit assez à sa laideur.

Un trou semblable est placé en correspondance dans le mur du nord; il est accompagné de deux étroites fenêtres cintrées, vitrées à ras du mur et fortement ébrasées à l'intérieur, qui accusent l'époque romane. En effet , le mur de ce côté, beaucoup plus épais que son correspondant, montre quelques traces de feuilles de fougère : il est donc roman. Les trois contreforts seuls sont du XIIIe siècle.

Si l'on en juge par certaines traces qui se remarquent sous la fenêtre , à la première travée , la porte primitive s'ouvrait aussi de ce côté ; au XIIIe siècle , elle fut reportée dans le pignon occidental, et on l'a mutilée pour faire une communication plus large à la base de la tour qui forme porche. Cette

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tour est laide; c'est être indulgent que de la qualifier ainsi. Le portail qu'elle obstrue avait de la valeur. Dans le pignon , au-dessus de la porte , s'ouvrait une fenêtre ogivale avec un meneau bifurqué. Une croix antéfixe surmontait le gable , chargée sur sa face d'un blason aux deux clefs en sautoir. Une niche abritait une statue de sainte Barbe, en pierre, datant du XVIe siècle.

L'intérieur a été ravagé. Les voûtes sont plâtrées, l'arc triomphal démoli , le mobilier sans valeur. Le seul objet qui puisse fixer l'attention est une grande statue en pierre de saint Pierre , avec un manteau du moyen-âge garni de riches orfrois.

Le clocher a hérité de la cloche de la Motte, dont l'inscription est intéressante, et que voici :

f JE FVS FAICTE LAN 1607 DOM IEHAN LF PIPERNIER Sr PRIEVR DE CE LIBV , PIERRE DREARD ESCWER ET DAMOISELLE CATHERINE DE GRIEV SA MÈRE,

HONNESTE HOMME GVILLe DE SA MAISON THESAVRIER. IEHAN AVBERT MA FAICTE.

Le cimetière est vaste; on n'y voit point d'ifs, comme le surnom de la paroisse pourrait le faire supposer et comme on en voit fréquemment. Cette paroisse dépendait , au spirituel, du doyenné du Mesnil-Mauger, et au civil, de l'élection de Ponl-l'Évêque , sergenterie de Sl-Julien-le-Eaucon. Elle renfermait 2 feux privilégiés et 3^i taillables, environ 180 habitants. La Motie, qui s'y trouve réunie , en comptait 130, en tout 310. Le dernier recensement en accuse 354.

S,e-Barbe avait reçu la terre de St-Pierre-des-Ifs et le patronage de l'église de Rabel le Chambellan de Tancarville, qui était seigneur de tout le pays entre Mézidon et le Mesnil- Eudes.

Je ne pense pas qu'il existe de manoir ayant appartenu

aux moines: ils avaient fait leur principal établissement à la Motte.

Divers gentilshommes ont habité dans les limites de la paroisse de St-Pierre-des-Ifs.

Louis du Vivier, escuier, sieur des Vastines, garde-ducorps de S. A. R. Monsieur le Duc d'Orléans, frère unique du Roi (1679).

Le Vivier est indiqué sur la Carte de Cassini , ainsi que St-Mars.

St-Mars est un fief que je trouve , au XVIIe siècle et jusqu'à la fin du XVIIIe , dans les mains d'une branche de la famille Lambert d'Herbigny.

Suivant traité de mariage du 19 décembre 16£i5, messire Pierre Lambert, chevalier , seigneur de Si-Mars , fils de feu Monsieur Me François Lambert, écuyer, vivant conseiller du Roi en ses conseils et lieutenant ci v'i 1 et criminel de Monsieur le bailli de Rouen en la vicomte d'Auge , et de feue noble dame Jeanne Amidieu, épousa damoiselle Angélique de Montgommery, fille de feu haut et puissant seigneur, messire Gabriel, comte de Montgommery , chevalier des ordres du Roi, et de haute et puissante dame Aimée de Chastenay, dame et comtesse de Montgommery et de Bourgeauville.

J'ai eu dans les mains des lettres de cette dame, dont le cachet était écartelé avec trois fleurs de lis dans chaque quartier.

Trois enfants sortirent de cette union. Le second , Gabriel Lambert, écuyer, sieur de Si-Mars, épousa, suivant contrat du 2Zi septembre 1683 , damoiselle Françoise de Borel, fille de feu Monsieur Me Jean de Borel , vivant écuyer , sieur de Manerbe, conseiller du Roi , lieutenant-général civil et criminel de 31. le bailli de Rouen en la vicomte d'Auge.

Je trouve encore Pierre Lanlbert, écuyer, sieur de St- Mars, qui était, je pense, le fils des deux précédents. Il eut

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pour femme noble dame Marie-Benoiste Gouhier, veuve en 1772, suivant des pièces de procédure dirigée par elle contre M. de Bardouïl de Soyeuse, son beau-frère.

LE PRËDAUGE (1).

L'église du Prédauge , placée sous le vocable de saint Ouen, s'élève sur le penchant d'un coteau couronné d'arbres verts, au pied duquel coule une source limpide dédiée à saint Méen.

Cette église appartient à la dernière période ogivale. Une

plan de l'église du prkoauge.

Ci) Notes de M. Pannier.

longue nef et deux chapelles latérales impriment à l'édifice la forme d'une croix latine.

Le portail occidental , précédé d'un porche en bois du XVIe siècle , est soutenu par deux contreforts saillants placés sur les angles. La porte à plein-cintre est entourée de moulures toriques, séparées par une gorge ou scotie. De chaque côté s'ouvrent deux petites fenêtres à une seule baie , terminées par une ogive en accolade. Une fenêtre semblable de forme , mais plus haute et plus large, est pratiquée dans la partie inférieure du gable, au-dessus du porche. Les vantaux de la porte qui donne accès dans la nef sont formés de panneaux plissés.

Le clocher s'appuie, à l'intérieur de l'église, sur une forte charpente. Sur le poteau , à droite de la porte, en entrant, on lit la date suivante :

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