AVE MARIA GRATIA PLENA
L'autre autel est consacré à Marie. La Vierge-Mère porte un manteau doublé d'hermine. Sa tête est surmontée d'une couronne ducale. Cette statue date du XVe siècle, comme la précédente.
Près de cet autel, dans une niche creusée dans l'angle de la fenêtre , est placée une petite statue , représentant la Sainte-Vierge foulant aux pieds un animal qui ressemble à un lion. Sa robe bleue , semée de gemmes , est retenue par une cordelière. Son manteau rouge est doublé de blanc. Celle statuette et celle de l'ange Gabriel ont dû être réunies autrefois, pour former le groupe de l'Annonciation.
Dans le mur méridional de la nef est creusée une piscine trilobée, avec moulures en chanfrein, dont nous ne pouvons préciser l'époque.
L'église des Monceaux est sous l'invocation de saint Michel, S. Michael.
Au XVIe siècle et au XVIIIe , le patronage de cette paroisse appartenait au prieur de Ste-Barbe.
Les Monceaux dépendaient , avant la Révolution , de l'élection de Pont-l'Évêque.
Sous le rapport ecclésiastique, cette paroisse , qui comptait
\ feu privilégié et" 30 feux taillables , dépendait du doyenné de Mesnil-Maugcr.
Au nord de l'église s'ouvrent, dans la marne , plusieurs grottes tapissées de lierre, d'un effet pittoresque.
LE MESXIL-SIMON (!).
Le Mesnil-Simon , Mesnillum Symonis.
L'église Notre-Dame du Mesnil-Simon s'élève sur le penchant d'une colline qui domine un charmant vallon , traversé par le chemin de grande communication de Lisieux à St-Pierre-sur-Dive.
La partie la plus ancienne de cette église est la nef, qui appartient au style roman. Le mur méridional est flanqué , vers l'extrémité orientale, de deux contreforts plats ; à l'extrémité opposée s'élèvent deux contreforts saillants qui datent du XVe ou XVIe siècle. On remarque, de ce côté, une petite fenêtre romane sans moulures qui a été bouchée.
Une fenêtre en forme de lancette , à moulures rudimentaires, du XIIIe ou XIVe siècle, et une autre fenêtre sans caractère éclairent la nef.
Le mur septentrional ne présente qu'un seul contrefort plat. Deux autres contreforts , du XVe ou XVIe siècle , sont placés vers l'extrémité occidentale. Ce mur est percé de deux fenêtres sans caractère. Il n'y avait primitivement aucune ouverture de ce côté.
Un porche en bois, du XVIe siècle, précède le portail occidental, soutenu par quatre contreforts dont les glacis sont très-inclinés. La porte qui donne accès dans la nef présente une ogive obtuse formée d'une moulure torique
(1) Notes de M, Pannicr.
CANTON DE LISIEUX , 2e SECTION. 393
reposant sur une colonnette , dont le chapiteau simplement épannelé et la base indiquent les premières années du XVe siècle. Celle porte est surmontée d'un oculus du même temps.
Au-dessus du gable s'élève un clocher en charpente , recouvert en essenle. Ce clocher renferme une cloche qui porte la date de 1805. Voici son inscription :
L'AN 4 805 IAI ÉTÉ BENITE PAR Mr FRANÇOIS HUE DESSERVANT DU MESNIL-SIMON , NOMMÉE LOUISE AIMÉE PAR Mr IEAN FRANÇOIS AMABLE BARDEL LANOS ET Me LOUISE MABGUe SEVESTRE PIERRE AMABLE DUVAL FRANÇOIS THERIOT FONDECR.
Les murs de Ja nef offrent les vestiges d'une litre funèbre.
Le chœur est faiblement en retraite sur la nef. Deux contreforts saillants , du XVe ou XVIe siècle , soutiennent le mur méridional qui est percé de deux fenêtres ogivales dont l'une affecte la forme d'une lancette. Celle fenêtre , étroite par rapport à sa hauteur, a probablement remplacé une autre fenêtre , du XIIIe siècle, ou peut-être cette dernière aura-t-elle été seulement retouchée. L'autre ouverture date de la dernière période ogivale.
Au mur septentrional du chœur est accolée une chapelle seigneuriale, dont la construction remonte au XVIIe ou XVIIIe siècle. Plusieurs pierres, formant saillie, portent les traces d'un écusson armorié appartenant au seigneur qui a fait ériger celte chapelle. Le mur septentrional est percé de deux fenêtres cintrées. On remarque à l'intérieur de cette chapelle, qui sert actuellement de sacristie, une fenêtre carrée à tracerie flamboyante qui éclairait autrefois le chœur.
Le chevet est droit et percé d'une fenêtre ogivale trilobée, du XVe ou XVIe siècle. Deux contreforts du même temps sont placés aux extrémités.
L'arc triomphal qui sépare , à l'intérieur, le chœur de la nef est dans le style ogival tertiaire. Les voûtes sont en merrain.
On remarque dans le chœur , du côté de l'épîlre, une piscine surmontée d'une accolade', qui date de la dernière période de l'ogive,
Le maître-autel est accompagné d'un beau rétable et d'un élégant tabernacle dans le style Louis XIII.
A l'entrée du chœur s'élèvent deux petits autels dans le style Louis XIV.
Nous signalerons aussi une belle lampe , du XVIIe siècle ( lre moitié ) ;
Et parmi les vases sacrés, un calice en argent massif, du siècle dernier.
On a relégué dans la sacristie un très-beau siège seigneurial à haut dossier , qui date de la fin du XVe siècle ou des premières années du XVIe. Le dossier est formé de deux panneaux ornés de dessins flamboyants. Les montants du fauteuil se terminent par des espèces de clochetons.
Le patronage de l'église appartenait, au XIVe siècle, à l'abbé du Bec (abbas de Becco).
Sous le rapport administratif, le Mesnil-Simon faisait partie, avant la Révolution, de l'élection de Pont-1'Évêque. On y comptait U feux privilégiés et L\1 feux taillables.
La terre ainsi que le patronage de l'église appartenaient à l'abbaye du Bec, qui en avait été gratifiée par Foulques d'Aulney ( . . . . Ex dono Fulconis de Alneto et hominum suorum , manerium de Mesnilto Simonis cwn ecclesia et omnibus ecclesiœ et manerii pertinentiis ). Aussi, pendant tout le cours du moyen-age, ne trouve-t-on aucun seigneur du Mesnil-Simon.
Les moines finirent par aliéner, au moins en partie, leur domaine.
CANTON DE L1S1EUX, 2e SECTION. 395
« Au commencement du XVIIe siècle, la terre du Mesnil- « Simon était possédée par le baron de La Luthumière, qui la « vendit , par contrat passé devant les notaires de Valognes , « le 28 novembre 1606, à M. Le Sens de Rucquevilie. « Celui-ci n'en jouit pas un an. Par contrat du 25 novembre « 1607, il la revendit à Jacques Dunot , seigneur de Cam- « pigny-Berville. On ne voit point dans la généalogie de <( cette famille , ajoute M. Charles Vasseur, qu'il l'ait trans- « mise à ses enfants.
« Vers le milieu du XVIIIe siècle, continue M. Vasseur, « Charles de Margeot était seigneur de St-Ouen-le-Hoult et « du Mesnil-Simon. Il avait pour femme Françoise Le « Normand , la septième des enfants de Gabriel Le Nor- « mand , sieur du Buchet , et de Marie du Pommeret.
« Quelques années après, Gabriel-Auguste de Lyée prenait « le titre de seigneur de Belleau, du Mesnil-Simon, Cropus « et la Crétinière. Il épousa en secondes noces, le 18 sepa tembre 17Zi9 , Marie-Charlotte Labbey de La Rocque , qui « lui donna quatre enfants. L'aîné, seul fds, Jean^Baptisle- « Louis-Auguste de Lyée, chevalier mousquetaire du roi, fut « seigneur de Belleau , Mesnil-Simon, la Crétinière et autres « lieux. Il habitait ordinairement son château de Courson. »
Maison des Douaires. — Tout près de la route de St- Julien s'élève une maison , appelée dans le pays la Maison des Douaires,
La façade principale , qui regarde l'orient , est construite en pierre et brique et date de la fin du XVIIP siècle. Elle est flanquée, à l'une de ses extrémités, d'un pavillon carré. Les arêtes du toit sont couvertes de cornicrsémaillés, jaunes et verts. L'autre pavillon a été détruit.
La façade occidentale , construite en bois , paraît plus ancienne.
M. Charles Vasseur ne pense pas que la maison des Douaires ait été un fief noble. Elle a appartenu à des personnages assez notables.
Les registres de la paroisse de Lécaude font mention de « honorable homme Jehan Mallet , sieur des Douayres » , à la date du 20 décembre 1586. 11 était procureur fiscal au bailliage vicomtal de Lisieux , ce qui lui valut plus tard des lettres de noblesse.
« Il paraît , dit M. Charles Vasseur, avoir laissé trois fils , c dont l'aîné, nommé Jean comme son père , fut aussi sieur « des Douaires. Le second fut sieur de Neufville et s'allia « à la famille de La Reue; le troisième entra dans les ordres « et devint chanoine de Lisieux.
« Jean Mallet eut un fils, nommé Jean-Baptiste- Adrien , « qualifié escuyer, sieur des Douaires, dans les actes de 1685.
« Au XVIIIe siècle , la maison des Douaires passa en la « possession de la famille Jamot. Jean Jamot , sieur des « Douaires, vivait entre 1745 et 1750. On ne le voit nulle « part qualifié de noble homme ou écuyer. »
L'Armoriai manuscrit de d'Ilozier mentionne le nom « d'Adrian Fréard, écuyer, sieur des Douaires. » Il descendait probablement de Pierre Fréard , receveur des tailles au Pont-l'Évêque , anobli en 1597.
Ferme de la Varanne. — Au fond d'un étroit vallon que domine la route de Lisieux à St-Julien, est située l'ancienne ferme féodale de la Varanne. Cette ferme appartenait, lorsque nous l'avons visitée, à M. Deshayes, alors conseiller à la Cour impériale de Caen.
La maison , construite en bois avec encorbellement , remonte au XVIe siècle.
A l'entrée de la cour s'élève un très-beau colombier en pierre , dont le toit offre trois jolies lucarnes décorées de sculptures variées.
A peu de distance de la maison se développe un magnifique étang. L'eau qui s'échappe de cet étang forme plusieurs cascades et fait mouvoir , un peu plus loin , la roue d'un moulin qui dépend aussi de la ferme.
Maladrerie. — Le Mesnil-Simon possédait une maladrerie qui fut réunie, en 1698, à l'hôpital général de Lisieux. La chapelle était sous l'invocation de saint Jean et de saint Laurent. D'après un acte de 1721 , elle n'existait déjà plus alors.
Le terrain sur lequel cette chapelle était bâtie , après être resté long-temps en friche , fui fieffé, le \U août 1756, à un sieur Martin, laboureur, moyennant 12 liv. de rente perpétuelle, outre les charges féodales parmi lesquelles figure celle de réparer les mottes du château de St-Julien une fois pendant la vie du seigneur, après qu'il en aura fait faire la première perche.
CANTON DE MEZTDON.
Le canton de Mézidon comprend les communes suivantes
St-Aubin-sur-Algot.
Les Authieux-Papion.
Biéville-en-Auge.
Bissières.
Le Breuil.
Canon.
Castillon.
Coupesarte.
St-Crespin.
Crèvecœur.
Croissanville.
Doux-Marais.
Écajeul.
Grandchamp.
St- J ulien-Ie-Faucon.
St-Laurent-du-Mont.
Lécaude.
St-Loup-de-Fribois.
St-Maclou.
Magny-le-FreuIle.
Ste-Marie-aux-Ang!ais.
Méry-Corbon.
Mesnil-Mauger.
Mézidon (chef-lieu).
Mon teille.
Nolre-Dame-de- Livaye.
St-Pair-du-Mont.
Percy.
Querville.
Quetiéville.
Nous commencerons la revue monumentale de ces communes par celle de Lécaude, et nous examinerons ensuite celles qui sont situées du côté droit de la rivière de Vie en allant vers le nord.
LÉCAUDE.
Lécaude , Calida , Sancia Maria Calida.
L'église de Lécaude est une construction d'une certaine importance pour la contrée ; elle se compose d'un chœur à
chevet rectangulaire en retrait sur la nef, ayant deux travées ; la nef en a trois.
Si l'on fait abstraction d'abord de la façade occidentale qui est moderne, de différentes reprises et des fenêtres dont nous allons indiquer approximativement les dates, l'ensemble de cette église me paraît du XIIe siècle. On y voit des appareils en arêtes de poisson ; les contreforts sont plats , au nombre de quatre de chaque côté des murs latéraux de la nef, et de trois dans ceux du chœur. Les murs n'ont pas de corniche ou d'entablement. J'ai remarqué divers morceaux de travertin dans les appareils.
Je disais que le mur occidental est moderne, ainsi que la grande porte actuelle; il est évident pour moi qu'une porte romane existait avant cette reconstruction , car on voit des moulures qui me paraissent en provenir parmi les moellons employés dans la construction du mur actuel.
Il existe encore trois des fenêtres primitives : deux au nord et une au sud ; ce sont des ouvertures en forme de meurtrières , arrondies au sommet. Les autres fenêtres appartiennent au style flamboyant et sont divisées en deux baies.
Le chœur montre d'abord au nord et au sud de la première travée deux petites portes assez élégantes , ornées de moulures de transition ; puis , du côté du nord , deux fenêtres qui paraissent du XIIIe siècle : l'une dans la première travée, près d'une des portes que nous venons de citer, se compose d'une seule baie en forme de lancette; l'autre, à deux baies , éclaire le sanctuaire. L'une et l'autre sont protégées d'une grille en fer.
Un anléfixe couronne le gable qui sépare le chœur de la nef.
La tour, en bois, conforme aux tours de la région, c'est-àdire offrant un carré surmonté d'une aiguille à huit pans , couverte d'ardoises ou d'essente , correspond à la première
400 STATISTIQUE MOiNUMEMALE DU CALVADOS.
travée de la nef et renferme une cloche dont l'inscription a été lue ainsi par M. Bouet:
f 1657. Révérend PERE clavde ciien o i dk s,c barbe en auge ma be.mste
DOMP PIERRE FORTIN PRIEVR DE CE LIKV MSr IACQVES
@p^ DVVAL ESCr SGr DE LESCAVDE BONNEVAL b'-CRESPIN CALLIGNY ET
AUTRES CONer DV ROY EN SON PARLEMENT DR
@J^ NORMENDIE ET DAME IEANXE DE BEAVREPAIRE FEMME DK MSr PIERRE
DK CAUVIGNY SGr DV BREVIL MONT NOMMÉE THOMAS DVVAL Tr.
JEHAN AVBEBT