CY DEVANT
REPOSE LE CORPS DE Mre LÉON
THOMAS CHlc9 DIVAL
DE LvSCAL'DE CHIer CONer AU
PARLEMENT SEANT A ROURN
DECEDE LE
JAN0r 1765 AGE DE
32 ANS 3 MOJS
Priez Dieu pour luy.
Quelques statues anciennes méritent d'être signalées : un saint Nicolas, un saint Jacques, une sainte Barbe miniaturée et un saint évèque revêtu de la chasuble antique. L'orfroi antérieur est formé de trois médaillons servant de cadres à des personnages en bustes. Les deux premiers sont des chevaliers armés de toutes pièces; l'autre parait être une femme. Faut-il voir dans ces trois figures celles des donateurs de la statue?
L'église est sous l'invocation de Notre-Dame. Elle faisait
402 5TATISTIQDB MONUMENTALE f)U CALVADOS,
partie du doyenné de Mesnil-Maugor. Le patronage appartenait au prieuré de StP-Barbe ; le curé avait la qualification de prieur. Il est présumable que ce patronage avait été donné aux religieux en même temps que les dîmes , c'est-à-dire en 1180, par Adam Fitz-Thomas , chanoine de Lisieux , et Robert Fitz-Faucon, son neveu.
On remarque des traces de litre à l'extérieur de l'église.
Un très-bel if existe dans le cimetière, à la hauteur du chœur, au sud.
Lécaude dépendait de l'élection de Pont-l'Évêque , sergcnterie de St-Julien-le-Faucon ; on y comptait 3 feux privilégiés et 76 feux taillables : 595 habitants, tandis qu'il n'y en a plus que 269.
Croix byzantine et ancienne chasuble. — M. Billon avait signalé l'existence, dans la sacristie de Lécaude, d'une chasuble ancienne et d'une curieuse croix romane. Cette croix est en cuivre, avec émaux et pierreries; elle a 34 centimètres de largeur sur 50 de hauteur, sans compter la douille qui est moderne. On y distingue le Christ, couronne en tête, entre la Sainte-Vierge et saint Jean à mi-corps. Au revers , on voit encore les symboles de deux Évangélisles. Le médaillon central manque.
Quant à la chasuble, elle est à personnages en broderie de soie et d'or; le dessin est très large et la broderie en a bien conservé l'esprit. Ce dessin se compose d'une série de niches contenant chacune un saint nimbé, et derrière lui, un personnage à robe longue et chaperon. La chasuble et la croix de Lécaude doivent avoir été achetées par la Société des Antiquaires de Normandie et se trouver dans la collection qu'elle a formée.
Manoir et fief. — Le fief de Lécaude a été successivement possédé par les Thabarye , les Bouleiller et les Duval de
CAINTON DE MÊZIDON. UO?)
Bonneval, dont une branche» emprunta le nom de Lescaude. Un 'grand nombre de gentilshommes ou de bourgeois, vivant noblement, habitaient aussi sur cette paroisse ; on peut citer les Filleul de Saint- Martin , Lambert du Val , un des cent gentilshommes de la maison du roi ; Lambert de La Chapelle, de Lespée.
Le fief de (ireveuil était aussi sur Lécaude. « Néanmoins, dit \I. Ch. Vasseur, je ne connais qu'une seule maison intéressante au point de vue archéologique, on la nomme les Demaines.
« Elle fut bâtie au XVIe siècle , au milieu d'une terre de 60 acres, probablement par Louis Thabarye, sr des Demaines, dont les descendants la possédaient encore au XVIIe siècle. a Elle est située sur un coteau , construite en bois, et sa façade présente une assez grande étendue. Le comble est éclairé par trois lucarnes essentées. Les fenêtres du premier étage ont leurs angles supérieurs légèrement arrondis. Les sablières en encorbellement sont, suivant l'usage, sculptées d'imbrications, de chevrons, d'oves, etc. Le rez-de-chaussée a été repercé , mais on y voit toujours la porte primitive en accolade avec pinacles et feuilles frisées. Au tiers à peu près de la façade se trouve un porche en avant-corps; mais il paraît être une addition.
« La façade postérieure, regardant le jardin disposé en terrasse sur la déclivité de la côte , n'est pas moins soignée que la façade principale. Une tourelle contient l'escalier.
« A l'intérieur, on rencontre encore dans toutes les pièces des vestiges de carrelages émaillés ; les cheminées ont conservé leurs vastes manteaux. L'une d'elles est un véritable monument et mériterait un dessin. Elle se trouve dans la grande salle, au rez-de-chaussée. Deux colonnes cylindriques, avec leurs bases et leurs chapiteaux bien profilés , soutiennent la hotte décorée , sur son bord inférieur , de moulures gra-
k®U STATISTIQUE MONUMENTALE DU CALVADOS.
cieusement courbées , qui se réunissent en accolade au centre. Une large corniche soutient le plafond. La frise intermédiaire était occupée par des peintures, encore assez visibles. Elles se partageaient en deux sujets. De l'un on retrouve des arbres, un personnage et quelques accessoires; mais il est impossible de saisir la signification de la scène figurée. L'autre représente l'Annonciation. Dans les creux des moulures courent des rinceaux capricieux, dans les feuillages desquels se jouent de petits personnages dont les poses et les costumes, qui sentent la Renaissance, sont peu d'accord avec le sujet religieux au-dessous duquel ils sont placés.
u L'ornementation générale de la salle correspondait à la richesse de la cheminée. Les sommiers et les poutrelles du plafond étaient peints de rinceaux et de cartouches. On remarque aussi sur les murs quelques traces de décoratfon polychrome. »
SAINT-CRESP1N.
St-Crespin, Sancius Stephanus de Laillier (1).
L'église de St-Crespin est une des plus insignifiantes de la contrée. Elle se Compose d'une nef rectangulaire et d'un chœur terminé en demi-cercle.
La nef paraîtrait la partie la plus ancienne , à en juger par l'appareil et les contreforts ; mais toutes les fenêtres sont carrées et refaites. Le mur de l'ouest paraît être du XVIIe siècle, aussi bien que la porte arrondie et sans style qui s'ouvre au centre.
Le chœur, bâti en brique avec chaînages en pierre , paraît dater du XVIIe siècle. Plusieurs pierres tombales existent dans le sanctuaire.
La tour, en bois , conforme à toutes celles que nous avons
(1) V. le pouillé du diocèse de Lisieux, publié par MM. Le Prévost et de Formevilie.
déjà décrites, couronne l'extrémité occidentale de la nef. Elle renferme une cloche dont l'inscription, que voici, a été relevée par M. Pépin :
j'Ai ÉTÉ BÉNITE PAR Me JEAN HENRY DU CELLIER ET NOMMÉE PAR Me LÉON THOMAS CHARLES DU VAL DE LÉCAUDE, SGr ET PATRON DE S1 CRESPIN, HODF.NY ET AUTRES LIEUX, ANCIEN MAIRE DE LA VILLE DE ROUEN, ET PAR HAUTE ET PUISSANTE DAME MADAME CÉCILE HENRIETTE DUMESN1L, FEMME DE HAUT ET PUISSANT SEIGNEUR GUY CLAUDE NICOLAS DUVAL DE BONNEVAL , CHATELAIN SSr ET PATRON DE LA HOULLONNlÈRE ET AUTRES LIEUX, PRÉSIDENT A MORTIER AU PARLEMENT SÉANT A ROUEN. 1763.
Avant la Révolution, l'église était sous l'invocation de saint Etienne ; l'abbé du Bec nommait à la cure.
CERQUEUX.
Cerqueux, Sarcophugi.
l/église de Cerqueux a été complètement démolie ; elle était située près d'un manoir , bâti sur une éminence au pied de laquelle passe le chemin de fer de Caen à Paris et qui n'offre rien de remarquable. On distingue encore l'emplacement du cimetière. Le nom latin de cette commune , Sarcophagi, semblerait annoncer qu'on y a trouvé des cercueils en pierre.
MOUTEILLES.
Mouteilles, Monticellœ, ecclesiade Moniicellis, de Moutellis.
L'église de Mouteilles plaît par son ensemble et par ses proportions modestes, mais harmonieuses.
Elle appartient, en grande partie, au style roman de la fin du XIIe siècle ou de transition; elle a conservé, presque intacte , sa corniche garnie de modifions à figures.
Ses fenêtres étaient primitivement très-étroites et cintrées; il n'en reste plus qu'une, qui montre ce qu'étaient les autres. Aujourd'hui, presque toutes les ouvertures appartiennent au style flamboyant.
Une fenêtre de ce style , beaucoup plus large que les autres et divisée en plusieurs baies, a été ouverte à l'extrémité de la nef, du côté du nord, pour éclairer un des petits autels qui accompagnent l'arc triomphal ; c'est la plus remarquable par ses grandes dimensions, mais ce n'est pas la plus élégante.
Le chœur et la nef sont de la même largeur; six contreforts garnissent, de chaque côté, les murs latéraux.
Le portail occidental a été refait et n'est pas ancien; il est précédé d'un porche en bois ; on y voit les traces d'une litre ornée de deux écussons coloriés.
La tour, en bois, de forme carrée avec toit pyramidal octogone, surmonte l'extrémité occidentale de la nef; elle est, comme dans beaucoup d'autres églises du pays, portée sur une charpente dont les poteaux sont apparents à l'intérieur de l'église. Elle renferme deux cloches : l'une fondue en 1804, par Lavilletle, de Lisieux, Louis Turquetil étant maire de la commune; l'autre fondue en 1854.
La voûte en bois de cette nef est parfaitement conservée et dune grande élégance. Les douves qui forment le contour apparent de la voûte ont reçu , près des lignes de jonction, des peintures noires exécutées, selon toute apparence, à l'aide d'un canon ou planchette découpée, comme on le fait encore aujourd'hui pour certains dessins. Les lignes de jonction ont été dissimulées par des tringles sculptées. J'ai expliqué ce système de décoration dans mon Abécédaire d'archéologie , p. 657 de la /ie édition. Dans l'église de Mouleillcs, les tirants ou poutres traversières qui portent les poinçons ont été revêtus de planches qui donnent à la poutre une forme plus régulière ; ils sont décorés de caissons dans le style de la deuxième Renaissance.
Ce système de voûtes en bois ivest nulle part mieux conservé qu'à Mouteilles; dans le chœur, on les a malheureusement peintes en blanc.
11 paraît que la Fabrique est aussi dans l'intention de faire disparaître les beaux lambris de la nef, pour leur substituer une voûte en plâtre. Ce serait un acte de vandalisme et de mauvais goût, contre lequel je me suis élevé très-vivement; mais il est probable que la chose se fera plus tard , car on m'a affirmé que le défaut d'argent a seul arrêté jusqu'ici.
On doit désirer que les Fabriques restent toujours dans la plus grande pauvreté, quand on voit comment elles emploient partout leurs richesses. Je désire, pour le salut des lambris de Mouteilles, que les coffres du trésor restent toujours vides
Un autel moderne, à colonnes, garnit le fond du sanctuaire et produit un bon effet. Une fenêtre a été bouchée, par suite de l'établissement de cet autel à grand rétable ; elle se trouve d'ailleurs cachée par la sacristie , qui est appliquée sur le chevet; deux petits autels existent à l'extrémité de la nef, des deux côtés de l'arc triompha',
L'église de Mouleilles est sous l'invocation de saint Ouen; le seigneur nommait à la cure. Une famille de Malnouri a été en possession de ce privilège, du XIVe au XVIe siècle et probablement plus tard.
11 existe dans le cimetière un certain nombre d'inscriptions tumulaires , qui toutes ont été relevées par M. le docteur Pépin. La plupart se rapportent à des membres de la famille de Tesson, à la famille Palcrelle de Touvoye et aux curés qui ont desservi la paroisse.
Château de M ont-à-la- Vigne. — Ce château s'élève sur une éminence arrondie, au milieu des prairies qui occupent la vallée de la Vie. Il n'a plus sa sévérité d'autrefois. Une tourelle et quelques détails montrent seulement ce qu'il fut, et les annales des guerres de religion attestent qu'il a joué un rôle au XVIe siècle.
CANTON DE MÉZiDON U09
Le plan ci-joint (Voir la page précédente) montre la disposition des bâtiments autour de la cour actuelle, les fossés, les tours qui défendaient l'enceinte ; la plupart doivent dater du XVIe siècle ou du XVe.