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VII. — Phlegmons aigus et abcès chaxids

( 19 hommes : 2 traités, 17 incisés, 0 mort, j 3 femmes : 0 — 3 — 1 —

Ils sont aussi souvent consécutifs à une petite blessure des doigts ou de la main, qu'à un traumatisme direct sur l'avantbras, contusion, piqûre d'instrument, piqûre d'insecte. Au début, il y a eu une angéioleucite ou une inflammation du tissu cellulaire, que le malade a négligée. Il ne vient se faire soigner qu'après la formation de l'abcès chaud.

Dans un cas, l'abcès était spontané. Mais la malade était diabétique, avait plusieurs autres abcès spontanés, et succomba au diabète (obs. 318).

Les malades étaient presque tous d'âge mûr. Le plus jeune avait vingt ans, et leur âge moyen était de quarantequatre ans.

Dans 3 cas, le phlegmon put se résoudre sans suppurer. Dans 19 cas, l'abcès fut incisé, lavé et pansé antiseptiquemenL

La durée moyenne de la guérison a été de treize jours.

Obs. 318. — Emilie L..., âgée de 60 ans, cuisinière, était soignée dans un service de médecine pour un diabète sucré,

lorsqu'il survint plusieurs abcès pour lesquels je la reçus dans ma salle de femmes, le 26 août 1893. Un abcès formé à l'avantbras gauche fut incisé. Puis un second abcès se produisit à la partie externe du mollet gauche. Un troisième abcès se développa au mollet droit en décollant les tissus dans une grande étendue. Ces abcès furent successivement incisés, lavés et drainés. La suppuration, d'abord abondante, se tarit peu à peu. Mais l'état général était très grave. Amaigrissement. Diarrhée profuse. La glycosurie avait amené une cachexie avancée, contre laquelle le régime était absolument impuissant. La malade mourut le 30 septembre.

Vn. — Hygromas de la bourse olécrânienne.

p \ 68 hommes : 13 traités, 55 opérés, 1 mort. / 4 femmes : 1 — 3 — 0 —

Les hygromas de la bourse olécrânienne se rangent naturellement à côté des phlegmons aigus et des abcès chauds de l'avant-bras. Comme eux, ils suppurent souvent et, en outre, se compliquent, chez beaucoup de malades, d'une inflammation diffuse des tissus environnants.

Les professions, dans lesquelles le coude est exposé à des pressions propres à développer la bourse olécrânienne, sont, de toutes les causes prédisposantes, les principales. Après les professions, vient l'âge, car la bourse olécrânienne, comme toutes les bourses muqueuses, augmentent de volume à mesure que les sujets prennent des années.

Au-dessous de 20 ans, j'ai compté 3 hygromas olécrâniens. rte 21 à 40 ans 26 — — de 41 à 60 — 39 — —

Au-dessus de 61 ans 4 — —

Le coude gauche a été un peu plus prédisposé à l'hygroma que le coude droit (31 hygromas à gauche pour 27 hygromas à droite).

Les contusions, chocs directs, chutes, etc., les pressions

avant-bràs et coude

répétées, ont été les causes occasionnelles les plus signalées.

Les liygromas du coude ont affecté trois formes : les hygroinas chroniques ou kysles Jiygromateiix, au nombre ûe les hygr ornas ejiflammés non suppures, au nombre de 10 et les hygromas suppures ou abcès hygromateux, au nombre de 53.

Le caractère et le danger des inflammations de la bourse oiécrânienne sont la facilité de l'extension inflammatoire à l'avant-bras et au bras. Sur 63 hygromas enflammés, 36 se sont compliqués d'une angéioleucite diff'use ou d'un phlegmon qui tendait rà devenir un phlegmon diffus du membre supérieur, si la thérapeutique n'était intervenue. 6 fois la suppuration s'était déjà produite à l'avant-bras.

Pour couper court aux menaces de phlegmon, le meilleur moyen est d'inciser largement l'abcès hygromateux, de laver exactement sa cavité, de plonger l'avant-bras et le coude, pendant plusieurs heures, dans un bain d'une solution de sublimé cà 3 ou 4 dix-millièmes, et d'entourer le membre de compresses humectées avec la liqueur de Van Swieten.

J'ai pratiqué 46 incisions d'hygromas olécrâniens suppurés, et 3 fois j'ai dû compléter ces incisions par d'autres incisions à distance, pour ouvrir des foyers purulents qui s'étaient déjà formés à l'avant-bras et au bras. 1 fois l'hygroma fut ponctionné, et 3 fois l'abcès s'ouvrit spontanément.

Lorsque l'hygroma était seulement enflammé, sans formation de pus, les bains, les compresses humides, la compression, ont suffi pour la guérison.

Les%^rom«5c/iro^iz9?ie5 formaient, sur la saillie du coude, une tumeur, dont le volume égalait, chez un de mes malades, celui d'une orange. Ils produisaient de la gêne et étaient souvent le siège de poussées inflammatoires douloureuses. Leur ablation s'imposait chez quelques malades. Dans 1 cas, je me suis borné à ponctionner le contenu séreux. Mais, dans 4 cas, j'ai procédé à l'ablation de l'hygroma, comme s'il se fût agi d'une tumeur. Incision, dissection et ablation de la poche, dont les parois étaient souvent très épaissies.

Suture de l'inci^on. Chez 3 de ces opérés la guérison se fit par première intention, sans suppuration. Mais chez le 4% la plaie opératoire resta fistuleuse et l'olécrâne fut mis à nu. Il fallut faire une seconde opération pour gratter l'olécrâne et enlever toutes les surfaces suppurantes. Mais une petite fistule persista encore pendant dix mois. L'opéré finit par guérir.

La durée moyenne du séjour des malades a été de douze jours. 1 des malades est mort de vieillesse et de misère physiologique sans avoir été opéré (obs. 319).

Obs. 319. — Le nommé V..., âgé de 72 ans, charretier, est amené, le 9 décembre 1893, du dépôt de la Préfecture de police, pour un hygroma chronique enflammé de la bourse olécrânienne gauche avec phlegmDU de l'avant-bras. Le malade était dans un tel état de misère physiologique et d'afîaiblissement, que je n'eus pas l'idée de lui enlever la tumeur hygromateuse. On lui fit seulement des applications résolutives et on lui donna des toniques. Il mourut le 4 janvier 1894 de sénilité et d'affaiblissement progressif.

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