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I.e26 mars, jour de l'opération, X... était très émotionné

A la fin de la visite, il fut conduit dans la salle d'opération, qui est contiguë à la salle des malades; il fut couché sur le lit d'opération, et mes internes commencèrent la chloroformisation par le procédé de la compresse. Je me rendis près de lui aussitôt que les cahiers de prescription furent signés, c'est-àdire au bout de deux ou trois minutes.

La chloroformisation s'accomplissait régulièrement. Un élève tenait le pouls. La respiration paraissait normale.

Après avoir jeté un coup d'œil sur les préparatifs de l'opération et sur les instruments, j'applique la bande d'Esmarch sur le membre supérieur gauche. A ce moment le malade a une période d'excitation violente. lise débat sans parler et sans pousser de cris. On est obligé de le maintenir. La res-

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piralion devenant difficile, la langue est attirée hors de la bouche avec des pinces pour faciliter l'entrée de l'air dans la trachée. La face se congestionne. On avait cessé la chloroformisation depuis quelques instants.

Le pouls s'arrête. Deux ou trois inspirations stertoreuses se produisent. Les pupilles se dilatent. Les réflexes palpébraux et cornéens sont abolis.

Aussitôt les internes pratiquent la res[iiration artificielle d'une façon méthodique et continue, pendant que je flagelle la face et la poitrine avec des compresses mouillées, que j 'injecte deux grammes d'éther dans le tissu cellulaire, et que je fais une saignée au pli du coude droit.

Des ballons d'oxygène sont apportés d'un service de médecine voisin, et, pendant qu'on continue la respiration artififîcielle, l'oxygène est insufflé dans l'arrière-boucbe.

Mais la pénétration de l'oxygène dans les poumons ne me paraissant pas assez directe, je pratique la trachéotomie et j'adapte à la canule trachéale le tube des ballons d'oxygène.

Trois ballons contenant vingt à vingt-cinq litres d'oxygène furent ainsi vidés.

Depuis la cessation des battements du pouls, l'auscultation du cœur avait été absolument négative. Je fis encore quelques pointes de feu dans la région pricordiale. On plaça des boules d'eau chaude aux extrémités qui commençaient à se refroidir.

Enfin, au bout de trois quarts d'heure, je fus obligé de reconnaître que mes efforts, ainsi que ceux de mes assistants, étaient inutiles, et que X... ne pouvait être rappelé a la vie.

Dix grammes de chloroforme environ avaient été employés. Ce chloroforme fut examiné et trouvé bon.

La famille s'est opposée à l'autopsie.

Récapitufation

Les lésions iraumaliques du membre supérieur (tableau I), au nombre de 1.559, ont donné 1.548 guérisonsou améliorations et 11 morts. Mortalité de 0,71 0/0.

Les affeciions organiques{\.d.h\Qd.\x II), au nombre de 1.391, ont donné 1.360 guérisons ou améliorations et 31 morts. Mortalité de 2,23 0/0.

Ces décès se classent en quatre catégories, semblables aux catégories que j'ai adoptées pour la récapitulation des affections du membre inférieur.

1° Décès par les progrès de la maladie primitive.

2 pour les lésions traumatiques 0,13 0/0

10 pour les affections organiques. 0,71 —

2''Décès par accident ou maladie intercurrente.

4 pour les lésions traumatiques 0,26 0/0

16 pour les affections organiques 1,15 —

3° Décès par sénilité ou cachexie antérieure {tuberculose, cancer, diabète).

3 pour les lésions traumatiques 0,19 0/0

3 pour les affections organiques 0,21 —

4° Décès par suites d'opération.

2 pour les lésions traumatiques 0,13 0/0

2 pour les aflcctions organiques 0^14 —

MEMBriE SUPÉRIRUU

Tableau 1. — Lésions traumatiques.

MORTS

CO

GUÉRIS c )U amélior;

Par la lésion primitive

ir accident oi par maladie intercurrente.

Par cachexie antérieure.

lites opératoire

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