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XVI. — Tumeurs bénignes

1° Kystes.

o \^ X^omm^s, 1 opéré, 1 non opéré. \ ^ ^ ^d^- ] 1 femme, 1 opérée. >

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Ces kystes étaient de nature séreuse dans2 cas (obs.109, ot 110) et de nature sébacée dans 1 cas (obs. 111).

Obs. 109. — D... (Marie), couturière, âgée de 66 ans, entre le 10 février 1891. Elle portait, depuis plusieurs années, à la partie moyenne delà jambegauche, une tumeurgrosse comme une mandarine,hémispliérique, fluctuante, assez douloureuse, sans changement de coloration des téguments, paraissant située au-dessous delà peau. Cette tumeur ne s'est jamais enflammée. Elle paraît être de nature kystique. En effet, la ponction donna issue à un liquide séreux. Il s'agissait donc d'un kyste séreux.

L'évacuation du kyste donnant à la malade l'illusion d'une guérison, celle-ci voulut quitter l'hôpital le 9 mars.

La simple évacuation n'a certainement pas été une opération curative. Je me proposais d'inciser et de disséquer la poche kystique, lorsque la malade est sortie.

Obs. 110. — Chez un homme de 30 ans, D... (Paul), journalier, entré le 14 avril 1884, j'ai observé à la partie externe des tendons d'Achille, de chaque côté, des tumeurs oblongues, douloureuses à la pression, de consistance élastique, un peu adhérentes au tendon, gênant la marche. A droite, la tumeur, grosse comme deux pouces juxtaposés, était plus volumineuse qu'à gauche. Ces tumeurs s'étaient développées sans cause connue, sans syphilis avérée. Cependant, le traitement syphilitique fut donné sans résultat pendant plusieurs semaines.

Par exclusion de toutes les tumeurs probables de nature solide, j'en arrivai à diagnostiquer des kystes paratendineux, à parois épaisses, produits probablement par la pression des bottines.

Je voulais enlever ces tumeurs, mais le malade, qui avait subi des opérations malheureuses aux yeux et qui avait perdu la vue d'un côté, ne voulut pas entendre parler de nouvelle opération, et sortit, dans le même état, le 7 juillet.

Obs. 111. — B... (Jean), plombier, âgé de 33 ans, entré le 22 juillet 1891, avait un kyste sébacé, enflammé et suppuré, dans le creux poplité droit. Incision après anesthésie avec la

cocaïne. Dissection et énucléation de la poclie. Un point do suture. Sortie le 31 juillet.

2° Exostoses.

3 cas : 3 hommes, 1 opéré, 2 non opérés : 0 mort.

Ces 3 cas d'exostoses étaient des exostoses épiphysaires de croissance.

Chez 2 des malades, l'exostose était unique, située à la partie interne de l'épiphyse supérieure du tibia. Elle était grosse comme une petite noix, n'occasionnait aucune gêne, et il n'y avait pas lieu de l'enlever. L'autre malade avait, sur le tibia, une exostose qui gênait la marche et qui fut enlevée. Il présentait des exostoses de même nature sur plusieurs os (obs. 112).

Obs. 112. — Exostoses épiphysaires à V extrémité supérieure du tibia droit, à l'extrémité inférieure du fémur gauche, à Vextrémité supérieure de Ihumérus gauche et sur plusieurs autres os. — Le nommé D... (Louis), âgé de 21 ans, papetier, entre le 28 septembre 1891, salle Broca, n° 18.

Opéré, il y a trois ans, à l'hôpital Beaujon, pour deux tumeurs osseuses siégeant, l'une à la partie supérieure et externe du péroné droit, l'autre à la partie inférieure et interne du tibia gauche, il réclame aujourd'hui l'ablation d'une troisième tumenr siégeant à la partie supérieure et interne du tibia droit, parce que cette tumeur gêne la marche.

L'examen attentif du malade révèle l'existence de productions osseuses analogues en différents points du squelette, productions dont le malade lui-même ignorait l'existence.

Antécédents. V ère rhumatisant. Mère morte à quarante-deux ans, de tuberculose pulmonaire. Un frère rachitique mort à sept ans.

Lui-même a toujours été bien portant, de taille moyenne et peu musclé ; il a un léger degré d'anémie.

La première exostose a commencé à paraître vers l'âge de dix ans, à la partie inférieure et interne du tibia gauche. A

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douze ans, se développent deux autres tumeurs : l'une à la partie supérieure et externe du péroné droit, l'autre, plus volumineuse, à la partie inférieure et externe de la cuisse gauclie.

Actuellement, l'examen du squelette donne les l'ésultats suivants :

Crâne. Rien.

Face. Rien.

Colonne certèbrale. Rien.

Côtes. Les cinquièmes côtes, droite et gauche, oârent une petite tubérosité du volume d'une noisette, siégeant prés de l'articulation chondro-costale. La sixième côte droite, une exostose un peu en dedans de la ligne du mamelon. La neuvième côte gauche, une en dedans de la ligne du mamelon. La dixième côte gauche, une du volume d'une noisette sur la ligne axillaire.

Sternum. Rien.

Omoplates et claincules. Rien.

Os iliaques. Deux petits tubercules lenticulaires à la partie moyenne des crêtes iliaques, droite et gauche.

Humérus. Le droit, une exostose du volume d'une noix siégeant à l'union de la diaphyse et de l'épiphyse supérieure. Le gauche, une exostose du volume d'une mandarine, située au même niveau.

Radius. Le droit, une exostose un peu au-dessus de l'extrémité inférieure et à la partie antérieure. Le gauche, une au même niveau.

Cubitus. Droit et gauche : rien.

Main. Index droit : tubercule lenticulaire sur la partie dorsale de la deuxième phalange, un peu au-dessus de l'extrémité inférieure de celle-ci. Index gauche : tubercule de même volume, et siégeant au même point. L'auriculaire droit : petit tubercule sur la face dorsale de l'extrémité supérieure de la troisième phalange. Le gauche : tubercule de même volume et siégeant au même point.

Fémur. Le droit : rien. Le gauche : une exostose du volume d'une noix, un peu au-dessus du condyle externe.

Tibia. Le droit : deux exostoses à la partie supéi-ieui-e, l'une

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sur la face externe, l'autre sur la face interne, situées un peu audessous des tubérosités correspondantes. Le gauche : deux exostoses sur la face interne, très rapprochées l'une de l'auti-e, du volume d'un pois, et situées à deux centimètres environ au-dessus de la malléole tibiale ; la plus inférieure répond à la cicatrice de la première opération, elle serait apparue depuis cette époque.

Os du pied. Rien.

Toutes ces productions osseuses se sont développées sans douleur et la plupart à l'insu du malade. Celles de la partie supérieure du péroné droit et de l'extrémité inférieure du tibia gauche ont nécessité une première intervention. Celles de la partie supérieure du tibia droit, de l'extrémité inférieure de la cuisse gauche et de l'extrémité supérieure de l'humérus gauche sont douloureuses à la pression; elles gênent les mouvements ; leur ablation est décidée.

1'^'= opération le 3; octobre. Ablation des exostoses siégeant au niveau de l'extrémité inférieure du fémur gauche et de l'extrémité supérieure du tibia droit.

Chloroformisation. Application de la bande d'Esmarch. Une première incision de trois centimètres environ sur la partie externe et inférieure de la cuisse met à nu l'exostose qu'on enlève facilement avec la gouge et le maillet. Lavages phéniqués. Suture musculaire avec quatre fils de catgut fin. Suture des téguments au crin de Florence. Petit drain. Pansement de Lister.

Deuxième incision de trois centimètres à la partie supérieure . de la face interne du tibia droit. L'exostose correspondante est également dégagée avec la gouge et le maillet. Même pansement, mais ni suture musculaire ni drain.

L'exostose fémorale était couverte d'une petite bourse sé- j reuse ; elle était nettement pédiculée, du volume d'une noix, ; arrondie, mais à surface mamelonnée et inégale. L'exostose tibiale était sessile, dépourvue de séreuse à sa surface, plus j petite et moins inégale. Les deux tumeurs paraissaient forméesde tissu spongieux revêtu d'une mince couche de cartilage, qui leur donne un aspect lisse et uni.

Les suites opératoires furent excellentes et la réunion se fit

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par première intention. Les crins de Florence, sauf un, furent enlevés lors du premier pansement, le 12 octobre ; les deux derniers furent enlevés le 18 octobre.

2" opération le 3 novembre. Ablation de l'exostose siégeant à l'union du corps et de l'extrémité supérieure de l'humérus gauche.

Chloroformisation. Incision de cinq centimètres environ sur la face antéro-interne du bras au niveau de la tumeur osseuse. Celle-ci fût enlevée eu deux fragments à l'aide de la gouge et du maillet. Lavages phéniqués. trois points de suture au crin de Florence. Petit drain. Pansement de Lister.

Réunion immédiate sans suppuration.

Le malade quitta l'hôpital le 16 novembre.

Ces exostoses ostéogéniques sont remarquables par leur nombre. J'en ai compté vingt-deux. Il est probable qu'il en existait d'autres qui, par leur siège ou leur petit volume, ont échappé à l'examen.

Elles offrent une tendance à la symétrie, déjà signalée par Pie dans une note sur un squelette atteint de cent-quatre-vingt-quatorze exostoses ostéogéniques.

Comme cause, on ne peut invoquer la syphilis héréditaire, mais plutôt le rachitisme qui, chez le jeune frère du malade, a revêtu ses manifestations ordinaires, tandis que, chez notre sujet, il a entraîné une déviation dans le développement du squelette.

3» Névromes.

3 cas S ^ hommes, 2 opérés, 2 guéris. / 1 femme, 1 opérée, 1 guérie.

Dans 1 cas le névrôme était survenu à la suite d'un traumatisme ; 2 fois il s'était formé spontanément.

Leur volume égalait une lentille ou un pois.

Ils occasionnaient des douleurs extrêmement vives et, chez une malade, ces douleurs provoquaient les phénomènes de la coxalgie liystérique.

Dans les 3 cas ils furent enlevés par le bistouri. La guérison fut radicale. ^

4° Myôme.

1 cas : 1 femme, 1 opérée, 1 guérie.

Ce myôme était une tumeur rare, complexe, dont j'ai conservé l'observation. (Obs. 113.)

Obs. 113. Myôme du mollet avec hypertrophie de tous les éléments de la peau. Ablation. Guèrison. — Mlle Z... (Victorine), âgée de 18 ans, domestique, entre le 14 décembre 1885, à la Pitié, salle Gerdy, n" 13.

Bonne santé antérieure, aucune espèce d'antécédents pathologiques personnels ou héréditaires.

Le début de l'affection, qui Tamène à l'hôpital, remonte à quatre aus.Al'âgedequatorzeans.elle constata pour la première fois, à la face postérieure de la jambe, au niveau de la partie la plus saillante du mollet, la présence d'une petite tumeur, sans changement de couleur de la peau. L'augmentation de volume fut très lente. Quelques douleurs à la partie inférieure de la tumeur ne tardèrent pas à inquiéter la malade, qui était obligée, par sa profession, à rester debout toute la journée . Depuis plusieurs semaines, il y avait un œdème très manifeste de la jambe, remontant jusqu'au gènou, et la station debout était devenue pénible.

Lors de l'entrée à l'hôpital, on constate, à la partie postérieure du mollet gauche, une tumeur volumineuse, large comme la paume de la main, un peu aplatie, et allongée dans le sens de l'axe du membre. La consistance de la tumeur est molle, sauf en plusieurs points qui sont durs et résistants. Elle est douloureuse à la pression, surtout à sa partie inférieure. Spontanément, elle est le siège d'élancements passagers. La peau, qui la recouvre, a sa couleur normale. On y trouve quelques dépressions très circonscrites, comme si elle adhérait profondément au tissu morbide. Sur la tumeur, il se produit une sécrétion sudorale très exagérée. Il suffit de poser la main sur la peau pour s'en apercevoir. Les vemes qm l'entourent sont volumineuses et dilatées. Les poils sont plus nombreux et plus longs que du côté opposé. La sensibilité est

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normale. L état général est excellent. Il n'y a pas d'engorgement ganglionnaire dans l'aîne.

Le 22 décembre. Chloroformisation. Ischémie avecla bande d'Esmarch. La pean ,qui recouvre latumeur,est cernée par deux incisions curvilignes, qui circonscrivent un lambeau en forme de fuseau. Cé lambeau est enlevé avec toutes les parties sousjacentes. De nombreuses veines sont pincées pendant l'opération ; elles sont dilatées et donnent beaucoup. On enlève de gros pelotons graisseux qui entourent la tumeur et s'étendent assez loin. Après un lavage phéniqué, les deux lèvres de la plaie sont suturées, en comprenant dans l'anse de fîl les parties profondes.

Le 28. Premier pansement. La réunion est faite sur la plus grande partie de l'incision. Tous les fîls sont enlevés sauf celui du milieu.

Le 13 janvier. Dernier pansement. La malade est parfaitement guérie. Il reste cependant un peu de gonflement du mo let, au-dessous de la cicatrice qui a environ dix centimètres de longueur. Elle part pour le Vésinet

Examen histologique, fait après durcissement de la pièce dans l'alcool. La partie centrale de la tumeur est constituée par un noyau blanchâtre, consistant, situé à la face profonde du derme. Au microscope, les coupes de ce noyau montrent des fibres musculaires lisses réunies en faisceaux " moins volumineux, entrecroisés en divers sens, et séparés les nns des autres par de minces travées de tissu œnjonctif Ton autour de ce noyau central sont des lobules nombreux e erres de issu cellulo-adipeux traversés par des veines nom breuses dilatées et dont la tunique externe a un aspect fibroide.Lapeau.qui recouvre la tumeur, est riche enfolHcules pi eux et surtout en glandes sudoripares. Les peloton oian dulaires sont extrêmement nombreux et volCineux On trouve beaucoup de culs-de-sac serrés les uns contre ^es autres, un peu dilatés, et séparés des culs-de-sac volts du tissu conjonctiffibrillaire au milieu duquel sont que qfie

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