‹ Statistique & observations de chirurgie hospitalière [electronic resource]Chapitre 3 sur 141 · I. — Contusions sans plaie · texte numérisé non relu

I. — Contusions sans plaie

95 cas ^ hommes. — 0 mort.

' ' / 8 femmes . — 0 mort.

Leur siège a été :

Le pied droit 36 contusions.

Le pied gauche 39 —

Les deux pieds 2 —

Côté non mentionné 18 —

45blessés avaient des contusions légères et ont séjourné de un à cinq jours dans le service.

20 blessés avec des contusions de moyenne intensité sont restés' cinq à dix jours.

23 blessés avec des contusions sérieuses, ont été soignés pendant dix à quinze jours.

5 blessés ont dû rester à l'hôpital plus de quinze jours.

(1) Cette partie de la statistique comprend quatorze années de pratique a la Pitié, depuis loi" janvier 1879 jusqu'au 1" janvier 1893.

La durée moyenne du séjour à l'hôpital a été de sept jours et demi.

Je n'ai rien de spécial à mentionner au point de vue de l'âge des blessés et des causes de leur blessure.

Les complications ont été rares. Ce sont surtout des arrachements d'ongle, des excoriations, des entorses des articulations phalangiennes, des ecchymoses, des epanche-

ments sanguins.

Comme traitement, compresses froides, bams, quelquefois la compression ouatée.

Dans un cas seulement, en 1887, chez une femme de 54 ans, qui avait un épanchement sanguin considérable sur la lace dorsale du pied, j^ai ouvert le foyer avec le bistoun, et après avoir exprimé de nombreux caillots, j'ai lave avec une solution phéniquée et pansé la plaie avec des compresses antiseptiques. La guérison a eu lieu sans suppuration en trente - cinq jours.

IL — Plaies contuses.

Elles se divisent en deux catégories : les plaies contuses légères et les plaies contuses graves : Plaies contuses lé- \ 90 hommes, 90 guéris. - 0 mort.

qères :i01 cas... / 17 femmes, 17 guéries. - Omort.

Plaies contuses \ 103 hommes, 102 guéris. - 1 mor .

graves : 107 cas. / 4 femmes, 4 guéries. -0 mort.

Elles ont eu pour siège :

Plaies contuses Plaies contuses légères. graves.

Le pied droit 37 fois. 57 fois.

Le pied gauche 34 — àb

Les deux pieds simultanément. 8 — ^

Côté non mentionné 28— 1-

La fréquence proportionnelle des plaies contuses suivant les régions du pied sont :

PIED

Plaies contuses Plaies contuses

légères. graves.

( le gros orteil 55 f.

Orteils 26 fois. 74fois | ^gg^^tj.esoj.t. I9f.

La face dorsale. . 21 ~ 10 —

La face plantaire 2 — 1 —-

Le bord externe . 2 — i —

Le bord interne. .2 — 1 —

Le talon 23 — 6 —

La durée moyenne du traitement à l'hôpital a été de sept jours pour les plaies contuses légères, et de vingt-quatre jours pour les plaies contuses graves.

Cotte durée de séjour se répartit de la manière suivante:

Pour les plaies contuses légères :

62 blessés ont séjourné de 1 à 5 jours

24 — de 5 à 10 —

9 — de 10 à 15 —

10 — plus de 15 —

Pour les plaies contuses graves :

23 blessés ont séjourné de 3 à 10 jours 31 — de 10 à 20 —

24 — de 20 à 30 — 16 — de 30 à 60 —

9 — plus de 60 —

La complication la plus fréquente des plaies contuses légères a été la lymphangite, que j'ai observée 36 fois -, tandis que les plaies^ contuses graves n'en ont pas présenté d'exemple. Ce fait tient à ce que, dans le cas de ces dernières lésions, les blessés sont trop sérieusement atteints pour ne pas entrer de suite à l'hôpital, où des pansements antiseptiques bien faits les mettent à l'abri de l'inflammation des réseaux lymphatiques.

L'arrachement des ongles, l'écrasement des parties molles, les plaies par éclatement de la peau, le sphacèle de la peau et des orteils, quelquefois l'ablation d'un ou de plusieurs orteils, senties accidents qui se sont montrés avec les plaies contuses graves.

Le traitement a consisté à prévenir ou à combattre la suppuration par des pansements avec des compresses imbibées d'une solution phéniquée à 5 pour 100 ou d'une solution de sublimé à 1 pour 1.000, el par des bains antiseptiques. Dans les cas graves j'ai souvent employé l enveloppement ouaté de M. A. Guérin, appliqué par-dessus le pansement. Dans les cas légers, lorsqu'il n'existait pas de lymphangite, on s'est souvent borné à faire des pansements iodoformés.

La mortalité a été de 1 sur 214 blessés.

Observation 1. - Ce décès se rapporte à un homme de 36 ans G... André, passementier, qui avait une plaie contuse du gros orteil gauche et un écrasement de l'index gauche. Il succomba, le 19 août 1880, à une cause accidentelle et indéterminée, après un séjour de quarante-neuf jours à l'hôpital, alors qu'il était presque guéri de ses lésions traumatiques.

m Plaies par instruments tranchants.

M nhies \ ^^l^^"^^^*^'-! 11 guérisons; 0 mort, li piaies i 0 femme... ^

La durée moyenne du traitement a été detreizejours.

Obs^ — Section du tendon de l'extenseur propre du gros orieil: suture du tendon ; guérison. - l.e nommé J... Louis, corroyeur, âgé de 62 ans, faisait usage, pendant son travail, .Y^Jlunelte (sorte de gros emporte-pièce très tranchant, muni d'un poignée), lorsque, la poignée venant a se détacher, la partie coupante de l'instrument tomba sur son Ped dio t. Elle produisit, au niveau de l'articulation metatarso-phalangienne, une plaie très nette, profonde et donnant lieu a une

hémorrhagie. , ,

Anrès avoir été pansé chez un pharmacien avec de la chtrpte imbibée d'une solution de perci>lorure de fer, le blesse entra à la Pitié de 18 juillet 1881.

Le lendemain, je trouve une plaiede deux centimètres transversalement dirigée, sur la face dorsale de extrém, é antérieure du premier métatarsien. L'orteil est tombant, et le

PIED

blessé ne peut le relever en contractant ses muscles. Il m'est facile de voir, dans le fond de la plaie, que le tendon de l'extenseur propre du gros orteil est coupé. Le bout' inférieur fait saillie dans la plaie ; mais le bout supérieur est rétracté à plus d'un centimètre.

Je procède immédiatement à la suture du tendon. Il est nécessaire d'inciser la peau perpendiculairement à la plaie primitive et de relever fortement l'orteil pour bien affronter les deux bouts du tendon. Je les traverse alors avec un fil de catgut assez fin, mais solide, que je noue pour maintenir leur afrontement exact. Par dessus, je suture les téguments. Pansement de Lister. Immobilisation du gros orteil dans une position relevée à l'aide d'une petite attelle recouverte d'un tampon de ouate. Fixation du pied dans la flexion forcée, afin de relâcher le plus possible l'extenseur propre du gros orteil.

Sept jours après l'opération, j'enlève les points de la suture cutanée. La réunion est complète.

Quelques jours plus tard, je constate que l'orteil a recouvré ses mouvements de flexion et d'extension. La suture tendineuse a réussi, et le blessé quitte la Pitié treize jours après l'opération.

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