XI. — Mal perforcmt
83 hommes
25 opérés 0 mort.
QQ gg^g . / 58 sans opération 1 —
7 femmes \ ^ «P^^'^^ , ,. j 0 [ f 4 sans opération '
On voit par les chiffres précédents combien les femmes sont moins prédisposées au mal perforant. Si les hommes en sont plus souvent atteints, ils le doivent à leurs chaussures plus défectueuses et plus dures, à l'obligation où ils se trouvent de marcher et de rester debout pendant l'exercice de professions pkis pénibles, à l'absence des soins de propreté.
L'âge a une influence non moins significative :
De 20 à 30 ans j'ai compté 2 cas.
De 30 à 40 — 20 —
De 40 à 50 — 38 —
De 50 à 60 — 19 —
De 60 à 70 — 10 —
Au-dessus de 70 — 1
L'ataxie m'a paru être la cause la plus fréquente. Viennent ensuite les lésions traumatiques du nerf sciatique (obs. 18) ou de la moelle, puis la présence d'un durillon négligé ou mal soigné. La glycosurie n'a été que très rarement signalée.
Obs. 18. — Le nommé L... (Victor), âgé de 41 ans, mécanicien, a été soigné en 1882 par mon ami le Charpentier, médecin de Bicêtre, pour une paralysie delà jambe et du pied droits survenue à la suite d'une injection sous-cutanée d'éther poussée maladroitement dans le tissu du nerf sciatique. (Voir l'observation publiée in Bulletin de la Société de médecine de Paris, novembre 1883, p. 212.) Les muscles de la jambe et du pied s'étaient atrophiés et les téguments du pied étaient devenus insensibles.
En 1884, L. . . (Victor) vint me trouver pour un mal perforant, qui s'était formé à la face plantaire du gros orteil droit. L'épiderme fut abrasé et des pansements à l'iodoforrae furent appliqués. Après un traitement de trois mois et vingt-cmq jours, le mal plantaire était seulement amélioré.
L... (Victor) rentra dans le service en 1885. 11 y séjourna plus d'un mois et sortit encore sans être guéri. 11 s'agissait, chez ce malade, d'un trouble trophique par lésion du nerf sciatique, trouble dont le pronostic était grave, au point de vue d'une guérison du mal perforant et delà paralysie musculaire et cutanée.
Le mal perforant a siégé aussi souvent au pied droit qu'au pied gauche.
Les parties du pied,qui sont le plus souvent alteintes,sont :
Le gros orteil ou la tête du i'' métatarsien 49 fois.
La plante du pied ~"
Le 5^ orteil ou la tète du 5" métatarsien... / —
Le talon
Le 2' orteil
Le gros orteil et le petit orteil ensemble . . 1 - Les2pieds(leplussouventles2grosorteils) 12 —
Dans 33 cas, le mal perforant avait pénétré jusqu'aux os, produisant une ostéite suppurée ou une ostéo-arthiite avec ouverture de l'articulation. La plupart de ces cas ont nécessité des opérations de nature diverse :
PIED. 33
3 cautérisations profondes 3 guérisons
2 dissections et ablations des tissus. . 2 — 1 grattage 1 —
liamputationsd'orteildanslaconlinuité 14 —
3 désarticulations d'orteils 3 —
4 amputations dans la continuité d'un métatarsien 4 —
1 désarticulation du l""" métatarsien. . 1 —
Les 62 malades, qui n'ont pas subi d'opérations, ont été pansés, après l'abrasion de l'épiderrae induré qui entourait la plaie, soit avec des compresses phéniquées ou sublimées, soit avec des compresses iodoformées.
23 malades ont été guéris ; 27 améliorés ; 12 sont sortis dans le môme état ; 1 est mort (obs. 19).
Obs. 19. — Ce décès se rapporte à un homme de 65 ans, M... (Pierre), serrurier, entré à la Pitié en 1888. Il était atteint d'une glycosurie abondante et d'un anthrax grave. li portait aussi, au gros orteil gauche, un mal perforant, qui n'était qu'une lésion bien accessoire et pour laquelle on ne fit aucun traitement. Il séjourna trente et un jours à l'hôpital, au bout desquels il mourut de coma diabétique.
J'ai observé 9 cas de récidive du mal perforant, soit dans le môme point, soit dans un point voisin, soit sur le pied du côté opposé,
La durée moyenne du traitement sans opération a été de vingt-deux jours dans les cas suivis de guérison; et de vingtneuf joursdans les cas où il y a eu seulement amélioration.