‹ Statistique & observations de chirurgie hospitalièreChapitre 62 sur 137 · X. — Abcès froids · texte numérisé non relu

X. — Abcès froids

51 cas.

•)^ i lo n„;oor. \ 1"^ hommes: 13 incisés, 4 non incis., 1 mort.

( 8 femmes : 7 — 1 — 0 —

o^ . ,, . ( 22 liommes : 16 incisés, 6 non incis. j ,-.

26 a lame| ^ç^,,^^,^^ : 3 - 1 - ! ^"^«^t.

Que ces abcès siégeassent dans la continuité de la cuisse ou dans les ganglions du pli de l'aine, on peut avancer qu'ils ont, tous ou presque tous, une origine tuberculeuse.

18 malades présentaient les caractères de la constitution scrofuleuse et, parmi eux, 2 malades étaient atteints de plithisie pulmonaire.

L'âge mûr et la vieillesse y sont moins prédisposés. Ainsi :

de 15 à 25 ans, j'ai observé 20 abcès froids, de 26 à 35 — 15 —

de 36 à 45 — 6 —

de46à55 — 5 —

Au-dessus de 56 — 6 —

Pour ouvrir ces abcès, je me suis presque toujours servi d'une ou plusieurs incisions avec le bistouri. Je n'ai employé que 2 fois le thermocautère et 1 fois la ponction.

Dans 18 cas, l'incision simple, suivie du lavage de la poche avec la solution phéniquée forte, a suffi pour amener la guérison .

Mais dans 21 cas, il a fallu faire une opération plus complète en cautérisant ou en grattant l'abcès froid.

En effet, dans les cas où les parois de l'abcès sont épaisses, il est indispensable de détruire profondément les couches du tissu malade. Dans ce but, tantôt j'ai cautérisé l'abcès froid avec le thermocautère ou avec une flèche de chlorure de zinc laissée a demeure (7 cas), tantôt j'ai raclé sa paroi avec une curette tranchante (14 cas.)

Sur les 25 abcès froids de la cuisse, 14 ont été guéris, 4 ont récidivé et oni fini par guérir. 6 malades sont sortis sans être .guéris ; 1 est mort (obs. 171).

Sur les 20 abcès froids de l'aine, 18 ont été guéris ; 1 a récidivé ; " ont été améliorés.

Quelquefois j'ai obtenu la réunion immédiate de l'nbcès. Mais, chez la plupart des malades, la guérison est lente, parce que le foyer se cicatrise par bourgeonnement. La durée de la guérison a été sensiblement plus longue pour les abcès froids de la cuisse que pour les abcès froids de l'aine. Cette durée a été en moyenne de quarante-cinq jours pour les premiers et de trente-trois jours pour les seconds.

Obs. 171. -- R... (Charles);, âgé de 57 ans, employé de commerce, est afïecté d'abcès froids à la cuisse avec plusieurs fistules. Il est très affaibli. Le 30 juillet 188G, il est endormi par Je chloroforme. Les abcès sont incisés avec le thermocautère. Lavage des loyers avec la solution phéniquée forte. Pansement phéniqué humide. Mort quelques heures après l'opération. L'autopsie n'a pas été faite, et la cause de la mort nous est restée inconnue.

XL — Adénites inguinales non supputées.

4i cas.

31 hommes : 2 opérés, 29 traités sans opération, 0 mort. 10 femmes : 0 — 10 — 0 —

Indépendamment des suppurations aiguës ou chroniques des ganglions de laine, j'ai eu à soigner 41 cas d'adénites inguinales non suppurées, douloureuses ou indolentes, empêchant le travail et nécessitant l'admission des malades à l'hôpital.

Ces adénites ont été spontanées ou sans cause connue

dans. , 9 cas.

Elles ont été consécutives :

A un traumatisme (compression d'un bandage, effort, fatigue), dans 5 --

A une excoriation du pied 2 —

A des excoriations ou chancre des organes génitaux ou de l'anus 11^

A lablennorrhagie ' 5 —

A la tuberculose 9 —

3 fois l'adénite était double. 35 fois elle était simple : 19 fois à droite, 10 fois à gauche.

4 fois les ganglions inguinaux et les ganglions iliaques étaient pris d'inflammation en môme temps.

Les applications émollientes et résolutives, les yésicatoires, les révulsions avec la teinture d'iode, les frictions mercurielles, les bains, tels ont été les moyens de traitement. J'y joignais le traitement spécifique dans le cas d'infection syphilitique.

La durée moyenne du traitement a été de douze jours.

Dans 2 cas de ganglions tuberculeux, j'ai fait leur ablation, comme s'il se fût agi d'une tumeur, et j'ai obtenu une guérison par réunion immédiate.

Xii. -. Afleciions syphilitiques..

^ ; 2 hommes : 2 guéris ou améliorés ^ ^^^ ^ 3 femmes : 3 —

Je n'ai pas à m'aPrêter sur ces 5 malades, qui s'étaient égarés dans le service.

1 portait un chancre induré à la partie supérieure et iûterne de la cuisse.

2 étaient aftectés de gommes suppurées.

2 avaient de vastes ulcères de nature serpiglneuse, l'un au pli de l'alfie, l'autre à la cuisse, au creux poplité et à la jambe.

Xlil. — Ostéites et ostéomyélites.

47 cas.

14 cas sans opération.

12 hommes : 2 guéris, 10 améliorés, 0 mort.

33 cas avec opération.

24 hommes : 17 guéris, 5 améliorés, 2 morts.

9 femmes : 4 — 3 ■— 2 —

La prédisposition du jeune âge s'est montrée pour les

ostéites du fémur comme pour les ostéites du tibia. De

quinze à trente-cinq ans j'en ai observé 33 cas, tandis que je n'en ai plus rencontré que 14 cas au-delà de cet âge.

La diaphyse du fémur m'a semblé être à peu près aussi souvent le siège de l'inflammation que la région épiphysaire inférieure, et plus souvent que la région épiphysaire supérieure (19 ostéites de la diaphyse, 17 de l'extrémité condyiienne, 11 de l'extrémité trochantérienne).

7 fois l'ostéite avait une origine traumatique (contusions, ancienne fracture, coup de feu), et 40 fois elle m'a paru spontanée ou de nature tuberculeuse.

J'ai noté 7 cas d'ostéo-périostite ou d'ostéomyélite non suppurée, et 40 cas d'ostéomyélite suppurée, parmi lesquels 13 affectaient la forme de la carie et 6 s'accompagnaient de séquestre.

J'ai peu de choses à dire des ostéites qui n'ont pas été opérées. Les unes (2 cas), aiguës, non suppurées, se sont guéries simplement par le repos. Les autres (12 cas), chroniques, suppurées ou non suppurées, avec d'anciennes fistules à écoulement intermittent, avec des hyperostoses, mais ne faisant pas souftYir et n'entravant pas le fonctionnement du membre inférieur, ne m'ont pas paru justiciables d'une opération utile. Elles ont été améliorées par le repos et un traitement médical.

Les 33 malades opérés pour des ostéites ou des ostéomyélites du fémur ont subi des opérations diverses :

13 incisions d'abcès sous-périostés avec lavage, et dans quelques cas, grattage de la surface de l'os. L'un des opérés fut incisé 2 fois parce que la suppuration avait récidivé (obs. 174). Sur les 12 malades opérés par l'incision, il y eut 4 guérisons, 5 améliorations et 3 morts (obs. 172).

3 trépanations simples en un ou plusieurs points. 2 opérés guérirent ; le 3^ malade ayant vu son mal récidiver au bout de plusieurs années, subit une nouvelle opération de trépan complétée par un évidement et un grattage du canal médullaire (obs. 174).

2 extractions de séquestre avec trépanation et incision de l'os à l'aide de la gouge pour faciliter l'issue de l'os nécrosé. 2 guérisons.

13 évidements du canal médullaire après trépanation ou incision du tissu compact. 9 guérisons ; 3 améliorations;

1 non guéri. , ■ , \ f rr.u

2 résections du grand trochanter, 1 gueri et 1 moit (od-

servation 173).

1 résection du fémur atteint d'osteomyehte après une amputation de la cuisse faite dans un autre hôpital. 1 gue-

^' La durée moyenne du séjour à l'hôpital des malades opérés par le trépan, l'incision osseuse ou Tévidement a etc de trois mois et quatre jours pour les malades guéris et d un an et six jours pour les malades seulement améliores.

Les malades, considérés comme guéris, ne sont pas a l'abri d'une nouvelle poussée d'ostéomyélite qui se traduit par de la douleur, l'ouverture de la cicatrice, ou une tormation d'abcès en dedans ou en dehors du tissu osseux. J'ai eu 3 cas de récidive parmi les malades de cette statis-

^'^La mortalité (4 décès sur 47 cas d'ostéite du fémur) paraît considérable ; mais elle s'explique en partie par des causes accidentelles, sénilité, phtisie pulmonaire (obs. 1/-^).

Obs 172 — Trois cas de mort chez des malades atteints d'ostéite du fémur. - lo B... (Pierre), âgé de 81 ans, entre le 7 millet 1884, avec un vaste abcès sous-perioste de la cuisse droite. La cause de cet abcès est inconnue. L'état du malade est très grave. La langue est sèche, fuligineuse. Eschare au sacrum. Incision de l'abcès. Lefémur est à nu dans une grande étendue. Lavage du foyer purulent. Drainage ; pansements humides avec des compresses boriquées. Après une amélioration le malade meurt, trente jours après son entrée, d afîaiblissement sénile.

2oL... (Augustine), âgée de 26 ans, entrée le 19 octobre 1887, porte un gros abcès de la cuisse gauche, symptomatique d'une ostéomyélite tuberculeuse du fémur. Diarrhée profuse. Albuminurie.^ L'abcès sous-périosté est incise et lave Mais la malade s'affaiblit de plus en plus, et meurt au bout de cinquante-huit jours.

3oG... (Pierre), imprimeur, âgé de 34 ans, entre, le 9 décembre 1887, poar im abcès ossifluent du grand trochanter droit. Il est atteint de tuberculose pulmonaire. Le 12 janvier 1888, chloroformisation, içcision et grattage du foyer et du grand trochanter. Lavages phéniqués. Pansements phéniqués et iodoformés. L'ostéite marche vers la guérison. Mais la tuberculose pulmonaire fait des progrès rapidss. L'affection locale était presque guérie, lorsque le malade succomba, le •29 mars, à la phtisie.

Obs. 173. — Ostéite siippurée du grand trochanter ; fusées purulentes ; mort. — M... (Angelina), couturière, âgée de 25 ans, entre le 19 mars 1882, pour une ostéite suppurante du grand trochanter droit probablenîent de nature tuberculeuse. L'articulation coxo-fémorale est indemne. La malade est dans un état d'anémie profonde. Pour éviter toute perte de sang, je pratique, avec le thermocautère, une incision jusqu'au grand trochanter, que je résèque en partie. Pansements avec la gaze iodoformée. Lavages de la plaie avec la solution phéniquée. Drainage. Malgré les soins antiseptiques, la suppuration est intarissable. Des fusées se forment autour de l'extrémité supérieure du fémur. La malade s'affaiblit de plus en plus. Tq^x. Vomissements de tous les aliments. Mort, dix mois et opz© jo^rs après l'entrée à l'hôpital, le 31 janvier 1883.

A l'autopsie, ou trouve des tubercules crétacés dans les sommets des poumons. Pas d'adhérences pleurales. Le cœur, les reins, les intestins sont sains. Le foie est amyloïde. Pas de pus dans l'articulation coxo-fémorale, La synoviale est seulement injectée.

L'ischion, saiis être ^nis à nu, est situé entre deu:5t foyerg purulents. L'un postérieur va s'ouvrir au dehors par yne fistule à la face interne de la cuisse ; l'autre, circonscrit par du tissu lardacé, gagne le grand trochanter, d'une part, la crête iliaque, d'autre part, en arrière de l'épine iliaque antérieure et supérieure. Ces deux points osseux sont dénudés. Le grand trochanter présente une coloration grisâtre. Le doigt contourne la crête iliaque, au niveau du point dénudé, et pénètre dans une cavité, qui se dirige perpendiculairement sur la gaine du

psoas. On constate alors que la gaine de ce muscle est envahie par une fusée purulente, qui s'étend jusqu'aux insertions supérieures du psoas, et même jusqu'aux dernières côtes. Sur ce trajet on constate, au niveau de l'articulation sacro-iliaque. un point dénudé de l'os iliaque.

Toutes ces cavités sont l'emplies d'un pus phlegmoneux, crémeux, verdâtre, absolument louable et ne présentant pas la moindre trace de débris osseux.

Obs. l?4. — Ostéomyélite chronique à la suite d'une ancienne fracture du féûiur ; plusieurs poussées aiguës avec abcès récidivants. — P... (Jean), âgé de 40 ans, mégissier, entre le 17 décembre 1883.

Il n'a jamais été malade.

En 1862, une voiture lui a passé sur la cuisse droite et a produit à sa partie moyenne, une fracture compliquée. Les os sortaient à travers les téguments. Il resta pendant dix mois au lit.

A l'endroit de la plaie il subsistait une petite fistule^ qui donnait un liquide séro-purulent et parfois de petites esquilles, Pendant la consolidation de la fracture on avait déjà retiré une esquille grosse comme le pouce.

Après sa convalescence il continua à travailler, comme par le passé, avec sa fistule qui ne le gênait guère.

En 18T3.il fut pris de douleurs très vives à la cui.sse avec un gonflement localisé. Au bout d'un certain temps, il se forma ua gros abcès qui a été ouvert, drainé et soigné pendant cinq mois. Il sortit de l'hôpital entièrement guéri et recommença à travailler.

Il y a quinze jours, à la suite d'un effort, il sentit, dit-il, un craquement dans sa cuisse. Bientôt il éprouva des douleurs très fortes, surtout pendant la nuit, douleurs s'irradiant dans la jambe; mais ces douleurs étaient moins fortes que celles qu'il avait éprouvées lors de son premier abcès. Le membre augmenta de volume, et au bout de trois jours la marche devint impossible.

Il y a, en efïet, une tuméfaction considérable à la cuisse droite, un œdème à la jambe et au pied. Au niveau de la

tuméfaction crurale, une fluctuation évidente s'étend jusqu'au grand trochanter en haut et en bas jusqu'à quelques centimètres au-dessus du genou. Cette fluctuation occupe la partie antérieure de la cuisse. La peau n'a pas changé de couleur.

Le 19 décembre. Ouverture de l'abcès à la partie inférieure. Ecoulement d'un liquide purulent, de couleur chocolat, extrêmement fétide, mélangé de gaz, pas d'esquilles. Le fémur est à nu. Lavages phéniqués, drainage.

Le 21. On pratique une contre-ouverture à la partie postèroexterae et inférieure de la cuisse. Lavages phéniqués.

Le 28 janvier 1884. Jean P... sort guéri.

Mais le 3 février 1886, il rentre avec un nouvel abcès beaucoup moins volumineux.

Nouvelle incision donnant encore issue à du pus fétide. Lavages et pansements phéniqués.

Le 12 février, sortie de l'hôpital.

Depuis cette époque nous n'avons pas revu le malade et nous avons lieu de croire qu'il est resté guéri.

Page 1