‹ Statistique & observations de chirurgie hospitalièreChapitre 78 sur 137 · V. — Fractures · texte numérisé non relu

V. — Fractures

1° Fractures simples des phalanges.

14 cas

11 hommes : 11 traités et guéris.

3 femmes : 3 — —

Malgré Textréme fréquence des traumatismes qui atteignent les doigts, les phalanges échappent ordinairement à

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la fracture, grâce à leur petit volume et à leur mobilité. Les fractures des phalanges sont donc rares, mais cette rareté ne s'applique qu'aux fractures simples ; les fractures compliquées, qui accompagnent les grands délabrements de la main, sont, au contraire, communes. J'ai compté 14 fractures simples pour 25 fractures compliquées de plaies. Ces dernières ont figuré dans la statistique des plaies contuses (cliap. I), dont elles constituent une des lésions les plus importantes. Je n"ai en vue, dans ce chapitre, que les fractures simples.

Les phalanges de la main droite ont été beaucoup plus souvent fracturées que celles de la main gauche, puisque j'ai observé 13 fractures des phalanges droites pour 1 fracture des phalanges gauches.

Dans 1 cas, la fracture existait sur deux doigts en même temps, l'annulaire et l'auriculaire.

Les doigts, dont les phalanges sont le plus prédisposées

à la fracture, se sont présentés dans l'ordre suivant :

Pouce Index Médius Annu- Auriculaire laire

Pour les fractures simples: 2 2 3 0 2

Pourlesfract. compliquées: 3 6 7 3 7 •

Enfin, en envisageant la fréquence de la fracture d'après

l'espèce de la phalange, j'ai obtenu le résultat suivant :

pe phalange 2" phalange 3« phalange

Pour les fractures simples : 9 5 1

Pourlesfract. compliquées: 9 11 10

Le nombre des phalanges fracturées est plus considérable que le nombre des doigts atteints par la fracture, parce que. 4 fois, deux phalanges appartenant au môme doigt ont été brisées.

Les fractures simples ont été produites tantôt par cause directe, pincement dans une porte, dans un engrenage, choc violemment appliqué (obs. 234), tantôt par cause indirecte, la phalange subissant une inflexion, comme dans une chute sur l'extrémité du doigt, ou une torsion, comme chez une femme qui eut la première phalange de l'annulaire cassée par un homme qui lui avait serré et tordu le doigt.

Le déplacement des fragments n'existait pas le plus souvent, ou était peu considérable. La réduction a toujours ete

f fi c i l e

Que'lquefois, la rédaction se maintient d'elle-même, mais il est toujours prudent d'assurer l'immobilité du doigt par une petite attelle en bois mince ou eu carton. Chez mes blessés, j'ai appliqué le plus souvent une attelle de tarlatane plâtrée moulée sur le doigt. .. , , •

La durée moyenne du séjour à Ihopital a ete de treize jours.

Obs 034 Frartwe de la preraicre iphalange du 'pouce par un mécanisme rare. - Edmond M..., voyageur de commerce, â^é de 27 ans, entre à la Pitié, le 1" septembre 1882, pour une bîessure du pouce survenue dans les circonstances suivantes : il avait l'habitude de communiquer avec un de ses amis, qui voyageait dans un train de chemin de fer marchant en sens inverse de celui qu'il occupait lui-même. Il passait le bras par la portière, tendant une lettre, que son ami saisissait au moment de l'entrecroisement des deux trains. Cette manœuvre avait réussi plusieurs fois sans accident. Mais la veille de l'entrée à l'hôpital, la main de celui qui recevait la lettre, est venu heurter violemment le pouce d'Edmond iM. . . et le porter dans l'abduction et l'extension forcée. Dans ce choc, la première phalancre fut brisée au-dessous de son extrémité supérieure.

Il y a un peu de crépitation et un peu de mobilité anormale. Le fragment supérieur fait en avant une sadlie assez difficile à réduire complètement.

Immobilisation du pouce avec une attelle de tarlatane plâtrée, qui embrasse l'éminence thénar,et contourne le poignet.

Le 15 septembre, la consolidation parait faite. On sent toujours la saillie du fragment supérieur. Les mouvements du pouce sont libres.

2° Fractures simples des métacarpiens.

28 cas. — 28 hommes : 28 traités et guéris. Les fractures simples des métacarpiens ont été un peu moins rares que celles des phalanges.

J'en ai observé 1(> à la main droite, 9 à la main gauche. Dans 3 cas le côté n'a pas été mentionné.

A rencontre des notions admises, la fracture a siégé plus souvent sur les métacarpiens qui limitent la paume en dedans et en dehors, que sur les métacarpiens du milieu. Ainsi : le 1"" métacarpien a eu 11 fractures; le 2^ métacarpien, 3 fractures ; le 3' métacarpien, 2 fractures ; le 4' métacarpien, U fractures ; le b" métacarpien, 0 fractures.

Les fractures des métacarpiens, de même que celles des phalanges, se sont montrées plus rarement dans la jeunesse, de quinze à vingt-cinq ans, qu'aux périodes plus avancées de la vie.

18 fractures ont été produites par cause directe, pression, choc, coup de pied de cheval, morsure, etc. 10 reconnaissaient pour cause une inflexion de l'os dans une chute sur l'extrémité d'un doigt ou sur le poing fermé, les télés des métacarpiens venant à porter sur le sol.

Le trait de la fracture occupait ordinairement la partie moyenne. Dans 1 cas le métacarpien était brisé en plusieurs fragments.

Le dépincement des fragments a été nul ou peu marqué. Aussi, après une coaptation toujours facile, il a suffi de maintenir l'immobilité du métacarpien en moulant sur la paume et sur le doigt correspondant une gouttière plâtrée.

La durée moyenne du séjour à l'hôpital a été de dix-huit jours.

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