IX. — Phlegmons de la paume de la main
,,^ '\ 127 hommes : 18 traités, 109 opérés, j^ ,
14o cas ,o o ^ P ^o 0 mort.
/ 18 femmes : o — 13 — )
Les phlegmons de la main ont beaucoup de ressemblance avec les panaris, mais la disposition anatomique des parties leur imprime une physionomie à part.
Les causes occasionnelles ont été les mêmes que celles des panaris. Toutefois, je signale spécialement les pressions répétées, qui engendrent l'épaississement de l'épiderme et ensuite l'inflammation du derme au-dessous de cet épidémie épaissi. De là, l'expression de durilloyi forcé pour désigner ces phlegmons sous épidermiques. J'en ai observé 14 exemples.
Les causes prédisposantes ont été : le sexe masculin, (127 hommes pour 18 femmes), la main droite (77phleg-
mons à droite, pour 47 à gauche), l'adolescence et l'âge
mûr, âges de la vie où l'homme exerce les travaux manuels
avec le pkis de vigueur.
De 15 à 20 ans, j'ai rencontré 63 phlegmons.
De 46 à 60 — — 23 —
Au-dessus de 61 — — 11 —
Les phlegmons avaient pour siège :
82 fois la paume : 61 à la face antérieure, 2L à la face posrieure.
10 fois l'éminence thénar.
3 fois l'éminence hypothénar.
7 fois le poignet : 4 fois à la face antérieure, 3 fois à la face postérieure.
11 fois le premier espace interdigital.
1 fois le troisième espace interdigital.
1 fois le quatrième espace interdigital.
2 fois le bord radial.
1 fois le bord cubital.
24 fois la main entière, faces palmaire et dorsale. 1 fois les mains droite et gauche en même temps.
Sauf dans 3 cas, tous les phlegmons avaient suppuré.
Selon le siège de la suppuration, je les ai classés en trois espèces :
Les phlegmons superficiels, autrement dits phlegmons sous-épidermiques , phlegmons phlycténo'ides ou durillons forcés, au nombre de 16. Ce sont les moins graves.
Les phlegmons sous-cutanés, au nombre de 101, se sont divisés en trois variétés ; 78 abcès sous la peau; 1 phlegmons ou abcès, ayant traversé la peau en boulon de chemise] \Q phlegmons anthraco'ides.
Les phlegmons profonds, au nombre de 21, étaient situés au-dessous de l'aponévrose palmaire. 12 fois la suppuration traversait les espaces interosseux et transformait la main en une éponge imprégnée de pus. 9 fois les gaines étaient envahies et la suppuration fusait à l'avant-bras.
Enfîn^ dans 3 cas, le phlegmon avait la forme gangreneuse avec sphacèle d'un ou de plusieurs doigts.
La liberté des mouvements des doigts est le principal signe qui empêche de confondre le phlegmon sous-cutané, avec le phlegmon profond et le phlegmon des gaines. Dans le phlegmon profond, les doigts sont immobiles et à demilléchis, comme dans l'attitude de la griffe.
Indépendamment de la douleur, parfois excessive, et de la fièvre intense, les accidents des phlegmons de la main se sont réduits à 2 cas d'héraorrhagie secondaire, facile à arrêter par la compression.
La complication liabituelle de ces phlegmons est la lymphangite de lavant-bras et du bras. Chez 8 malades, cette complication a pris un caractère de gravité exceptionnelle, et, chez 9 autres malades, il y a eu les fusées purulentes à l'avant-bras, déjà indiquées, i malade eut une phlébite à l'avant-bras. 1 autre malade contracta un érysipèle à la fesse pendant le cours de son traitement. Enfin 2 malades furent pris d'arthrite du poignet, et l'une de ces arthrites suppura.
Comme pour le panaris, le traitement des phlegmons de la paume doit être très actif. Résolutifs et antiseptiques au début. Incision dès que la suppuration paraît formée. J'ai pratiqué lOG incisions simples, superficielles ou profondes, et 15 incisions multiples, pour donner issue au pus. Le drainage de la main est souvent indispensable. Les bains et les pansements antiseptiques humides sont de règle au début. Plus tard, la compression avec le bandage ouaté fait merveille.
Dans un seul cas, l'incision fut suivie d'une hémorrhagie en jet qui m'obligea à lier les deux bouts de l'artère. Dans tous les autres cas, la perte de sang s'est arrêtée par la compression.
Aucun des malades n'a succombé, mais, après les phlegmons profonds, les fonctions de la main sont très lentes à revenir. Les tendons sont immobilisés dans leurs gaines, les muscles sont atrophiés, le tissu cellulaire est transformé en tissu de cicatrice. Les doigts sont immobiles, recourbés engritfe. Les massages, les bains, les douches servent à
leur rendre quelque mobilité. Il est rare qu'ils récupèrent l'intéi^rilé de leurs mouvements.
La durée moyenne du séjour à l'hôpital a ete de (luatoize iours pour les phlegmons de la main. Mais il faut remarfiuer que tous les malades, qui veulent sortir, ne sont pas guéris ; plusieurs sont seulement en voie de guerison et dans les conditions de se soigner chez eux. 81 malades ont séjourné à l'hôpital de 2 a 10 jours. 09 — de 11 cà-20 —
Jg __ de 21 à 30 —
-14 — P^us de 31 —
X. Gommes tuberculeuses ; abcès froids; ulcércitions strumeuses.
(9 hommes : 1 traité, 8 opérés ) q ^^^^^^^^ '^^ '^' l 4 femmes : 2 - 2 - \ Je considère les abcès froids et les ulcérations tuberculeuses comme les phases ultimes des gommes tuberculeuses suppurées. J'ai compté à la main 5 gommes tuberculeuses, 3 plaies fongueuses tuberculeuses et o abcès froids.
Les doigts ont été le siège de ces lésions chez 5 malades-, la paume, chez 6 malades, le poignet chez 2 malades. ^
La jeunesse est la principale cause prédisposante, /de mes malades n'avaient pas vingt ans; 2 avaient vingt-cinq ans; le plus âgé avait quarante-six ans.
Les plaies fongueuses ont été pansées a l lodofonno el cautérisées avec la solution de chlorure de zmc au 1/10. Les abcès ont été incisés, lavés et cautérisés avec le même caustique. Mais, dans 6 cas où il s'agissait de gommes tuberculeuses, après l'incision, j'ai enlevé exactement avec une curette toutes les parties caséeuses et fongueuses ; j ai lavé le fover avec la solution phéniquce, je l'ai badigeonne avec la solution de chlorure de zinc, puis j'ai suture l incision J'ai toujours obienu une réunion immédiate (obs. ^o\i). La durée moyenne du séjour a l'hôpital pour ces gommes et abcès tuberculeux a été de seize jours.
Obs. 250. — Trois cas de gommes tuterculeuses suppurées de la niain\ Incision; grattage; réunion immédiate. — 1° Hortense G..., journalière, âgée de 46 ans, entrée le 25 mai 1887, porte sur la face dorsale de la main gauche, au niveau du deuxième métacarpien, un abcès froid, gros comme une pomme d'api. La tuméfaction a commencé il y a six mois. Cette malade était déjà venue dans le service, où je l'avais opérée d'un abcès froid au thorax, abcès qui était resté fistuleux.
Le 2 juin. Auesthésie par le chloroforme. Dissection et ablation d'une grande partie de la poche. Grattage exact de ce qui reste. Les os ne sont pas atteints. Suture. Pansement de Lister. Réunion immédiate.
Le 15. Sortie.
2° Albert Y..., maçon, âgé de 18 ans, entre à l'Hôtel-Dieu le 9 mai 1893. Il porte deux gommes tuberculeuses suppurées sur la face dorsale de la main droite, l'une au niveau du quatrième espace interosseux, l'autre au niveau du poignet.
Le 19 mai. Incisions. Grattages. Badigeonnage des foyers avec la solution de chlorure de zinc au l/iO^ Pansement iodoformé.
Guérison le 19 juin.
3° Mélina G..., âgé de 16 ans, entrée le 15 mai 1893, porte un abcès tuberculeux sur le dos de la main.
Le 19 mai. Chloroformisation, Ischémie avec la bande de caoutchouc. Incision. Grattage exact. Lavages phéniqués. Pansements iodoformés.
Le 31. Guérison. Sortie.
XL — Affections syphilitiques.
2 cas. — 2 hommes, 2 traités, 2 guéris.
Les affections syphilitiques de la main n'ont été représentées que par une onyxis du pouce droit et par uu chancre induré de l'index. Dans ce dernier cas, le malade avait une écorchure de l'index qui fut la porte d'entrée du virus syphilitique. 11 eut une roséole bien caractérisée. Ces deux
malades furent soumis à des pansements avec riodoforme et au traitement spécifique. Ils sortirent tous les deux guéris de la manifestation locale de la syphilis.