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Ste Anne de Varennes [microforme]

C’est le privilége particulier et bien apprécié du Chapfître de St. Jacques de Montréal de fournir les deux couronnes d'or, qui doivent servir au couronnement dudit tableau, qui par son antiquité et par les grâces singulières dont il a été l’instrument, doit recevoir avec Papprobation de l’évêque diocésain, un honneur tout particulier, celui d’être couronné, comme le sont À Rome toutes les images miraculeuses de la Ste. Vierge par l’illustre Chapître de St. Pierre qui, entre les glorieuses faveurs dont il jouit, ne regarde pas comme la moindre celle de pouvoir contribuer à augmenter le culte de Ja Mère de Dieu et exciter la piété des fidèles envers les images de la bienheureuse Vierge, qui sont les plus célèbres par leur antiquité et les prodiges qui ont été approuvés par les Ordinaires du lieu. :

1°. Pour que ce couronnement se fasse avec la dignité qui convient, il est important de fixer les rites sacrés qui doivent s’y observer, en suivant l’ordre approuvé par les maîtres de cérémonies à Rome, et adapté à la fonetion que doit exercer celui qui est chargé de cet emploi. Il est à observer que ces cérémonies regardent, les unes le tems qui précède le couronnement, les autres accompagnent le couronnement, d’autres enfin s’observent après.

Avant tout, il faut que M. le curé lise au prône de la messe paroissiale le mandement de l’évêque diocésain, qui a approuvé l’honneur religieux que l’on doit rendre à ce tableau, a fixé l’ordre de la cérémonie et accordé une indulgence plénière, en vertu d’un Indult apostolique. Il faut aussi que les mesures des deux couronnes sus-mentionnées soient envoyées au Chapitre ; que ces couronnes soient déposés à l’évêché aussitôt qu’elles auront été achevées par l’ouvrier ; et que l’on fasse tirer quelques capies et des médailles de cette image sacrée, si quelques particuliers désirent par dévoticn se les procurer. Le vingt-trois juillet l’on commencera à donner des signes de joie. par le son de toutes les cloches à l’Angelus du matin, du midi et du soir ; et Pon en fera autant les deux jours suivans. L’on pourra ajouter quelques

Bibliothèque, Le Séminaire de Québee,

3, rue de l'Université,

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exercices particuliers à ceux de la mission qui se fait actuellement dans cette paroisse, pour préparer le peuple à recevoir les grâces qui lui sont offertes dans cet heureux tems. ,

L'église paroissiale sera ornée aussi richement que possible, comme aux plus grandes solennités. Les murs seront garnis à l’intérieur, autant que faire se pourra, de tentures de soie ; et des inscriptions en l’honneur de Ste. Anne seront placées avec ordre et symétrie des deux côtés. La chapelle Ste. Anne sera ornée de même. Deplus l’on y préparera un brancard sur monté d’un baldaquin sous lequel sera déposé le tableau qui devra être couronné. Ce brancard sera aussi illuminé que possible ainsi que l’autel sur lequel il sera déposé avant la translation. L’on placera au-dessus de la grande porte de l’église paroissiale une copie dudit tableau avec les armes de N.S. P. le Pape Grégoire XVI, de Pévêque diocésain, et celles du Chapitre.

2°. Vers le soleil couché dn 25 juillet l’on chantera à la chapelle de Ste. Anne l’Ave Muris Stella, avec l’oraison % Famulorum tvorum, etc? puis les litanies de Ste. Anne avec son oraison, comme au Processional, Le lendemain à l’heure indiquée, Pévêque se rendra à l’église en fesant son entrée comme aux jours où il officie pontificalement. Tous les chanoines et officiers de la messe, ainsi que ceux qui doivent porter le brancard, ayant pris les ornemens sacrés, et l’évêque ayant reçu lui-même la chappe et les gants, il entonne le Vent Creator ; après la première stronhe que l’on chante à genoux, il reçoit la mître et la crosse ; et l’on se rend processionnellement à la petite chapelle de Ste. Anne à l’extrémité du village. Tous ayant pris leurs places, lon chante loraison du St, Esprit. L’évêque met les deux couronnes entre les mains du curé et des marguilliers, qui promettent de les conserver religieusement sur les têtes de la B. Vierge et de Ste. Anne. Un notaire en dressera un acte, qui sera ensuite lu à haute voix avec le mandement de l’évêque qui permet le couronnement du tableau. L’évêque bénit ensuite les couronnes dans un riche bassin d’or ou d'argent. Il entonne d’abord le S'ub tuum ; et quand le chœur a fini de le chanter, il entonne Pantienne, JÂManum tuam, Ke. v. Adjutorium nostlrum in nomine Demini. R. Qui fecit cœlum ct terram. v. Dominus vobiscum. nr. Et cum spiritu tuo. Orario: Omnipolens sempiterne Deus, cuj:s clementissimä dispensatione cuncla crealu sunt ex nilulo; majestalem tuam supplices deprecamur, ul has coronas pro ornatu Sacre Imaginis Genetricis Filii tui Domini nostri et Beate Anne fubricatas benedicere, el sanctificure digneris. Per eumdem, &c.

Il bénit ensuite l’encens, asperge les rouronnes et les encense. La procession se remet ensuite en marche ; et chacun marche en son rang, en se conformant au cérémonial. Ceux qui portent le brancard marchent inmédiatement devant l’Evêque. Ils sont entourés d’au moins huit clercs tenant des flambeaux et des fanaux allumés, L’Evéaue porte lui-même avec pompe les couronnes, assisté des Diacres d'honneur, qui marchent à ses côtés et du Prêtre assistant qui marche devant à la droite du Diacre d'office. Le S. Diacre porte la crcix de Procession. L’on chante l'hymne © Gloriosa qui est entonnée par l’Evêque ; puise Fortem virili pectore &c. ct autres cantiques sacrés. S'il y a quelques reposoirs, la Procession s’y arrêtera, et l’on y chantera quelques motets à l'honneur de la B. V. Marie et de sa sainte Mère.

Lorsque l’Evêque est arrivé au Chœur de l'Eglise paroissiale, il chante les oraisons ‘ Deus qui virginalem aulam B. Muriæ semper Virginis, in quâ habitares, eligere dignatu ses : da, quesumus, ut suâ nos d fensione munitos, jucundos fuvias suæ interesse coronationis. Qui vivis et regnas cum Deo Patre &c.” et “Deus qui Beatæ Annœ &e.;” et il va déposer les couronnes sur un coussin placé sur l’autel au coin de l’Epître. Ceux qui portent le brancard s'arrêtent au bas du chœur,et déposent le tableau sur une crédence préparée pour cela. Le prêtre assistant publie ensuite l’fndulgence plenière obtenue du Souverain Pontife, en la forme ordinaire. L'on chante ensuite la grande messe avec les cérémonies usage. L’Evêque devra adresser luimême quelques mots au clergé et aux fidèles, et le Diacre et S. Diacre d'office devront communier à la grande messe. La messe finie, lEvéque se rend au trône avec tous les officiers ; 1l quitte la chasuble et les tunicelles 3 il reçuit la chappe et les gants, la mître etla crosse, et va avec tous les officiers parés, chanoines et autres se mettre à genoux devant le tableau de Ste.Anne. [1 entonne le Regine Cœli qui est chanté par le chœur des musiciens, puis un motet ou antienne à Ste. Anne. Le chant étant fini, :l va, assisté de tous les officiers de la messe, chercher les couronnes ; et il les impose avec respect sur la tête des Stes, Images de la B. Vierge et de Ste. Anne, disant en placant chaque couronne : “Sicuti per manus nostras coronaris in terris, êta et à Christo glorià et honore coronari merenmur in cælis.” Cela fait, toutes les “loches sont mises en branle, pendant que Pon chante le Sicuti per manus nostras, &e. en musique et que orgue accompagne ce chant sacré. L’Evéque, ayant béni l’encens, encense de trois coups le tableau couronné. Les chantres ayant chanté les versets V. Corona aurea super caput cjus. R. Expressa signo sanctitutis, loria honoris et opus fortitudinis. V. Coronasti eum Domine. R. Et constiluisti eam super opera manuum luarum. 1/évêque chante : Orario : Præsta misericors Paler,.per invocalioncm genctricis Unigenili Filii tui Domini nostri Je C. quen pro sulute generis humant, integritute Virginis Marie servutà, carnem sumere voluisti ; quutenus precibus ejusdem sacralissimæ Virginis, quicumque camdem maisericordiæ Reginam, ct grutiosissimam Dominum nostram coram Läc effigie suppliciter honcrare studuerint, et de inslantibus periculis eruantur, ct in conspectu divine majestalis tuæ d2 commissis et omissis venium émpetrent : ac mereuntur in prœæsenti gralian quam desiderant udipisci, el in futuro perpetuë sulvalione cum electis Luis valeant sratulari. Per eumdem, ete. Sucrifis presentibus, quesumus, Domine, placautus intende: ut per énlercessionem LP, Jinne, que Genetricis Filii tui Domini nostri J, C. mater existitit, et devotioni nostræ proficiant et saluti. Per eumdem Dominum, &e.” Demeurant toujours avec tous les officiers saciés devant la Ste. Image, il entonne le Te Deum avec l'oraison & Deus cujus misericordie, &c. L'on réc'te ensuite le De profundis avec Poraison “ Deus veniæ largitor, &e.” puis le Pater et Pre pour le chapitre. Oremus pro benefactoribus nostris. Retribuere, &r. Enfin l'Evêque chante V'oraison de Benoit XII. Onrmus, Defende, quæesumus. Domire B. Marià semper Virgine inlercedente istam «b omni adversitate familiam, et toto corde tibi prostratum ab hostium propilius tuere clementer ins dis. Per Christum,&c.

L'Evôque étant retourné autrône et ayant déposé les'ornemens sacrés, est reconduit au Presbytère, comme après les G. messes ordinaires. Le tableau reste exposé à la vénération des fidèles ; et plusieurs flambeaux doivent brûler en sa présence.

3°. A vépres,l’Evêque après avoir encensé l’autel va eucenser le tableau, Les vêpres finies, on le reporte à la chapelle Ste. Anne avec la même s0lennité qu’on la apporté,en chantant des hymnes et des cantiques en l'honneur de la B. Vierge et Le sx glorieuse mère. L’on revient ensuite à l’Eglise Paroissiale où l’on donne le salut et la bénédiction du St. Sacrement. Au coucher du soleil toutes les cloches sont mises en branle, et l’on allume les flambeaux, qui doivent servir à l’illumination. Pendant trois jours l’on fera entrer dans les exercices de la mission les éloges de la B. V. Marie et de sa sainte Mère. Une copie du tableau couronné sera envoyée et déposée dans l’Eglise cathédrale, et une rélation de l’histoire de cette cérémonie sera déposée dans les Archives de l’Evéché ; et l’on en gardera une copie dans celles de la Paroisse, où on la gardera avec soin comme un monument perpétuel de la grâce accordée à la Paroisse.

Vu et approuvé le cérimonial ci-dessus et des autres parts. St. Hyacinthe, le 11 juin 1842.

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