‹ Stella drame en cinq actes et six tableauxChapitre 28 sur 79 · STELLA, M"* MULLER · texte numérisé non relu

STELLA, M"* MULLER

M*' MULLER, après aroir reconduit madame de Iticca , e.vl allée a asseoir pensive sur le banc de jardin placé à droite.

J'ai drt fairecet aveu à madame la comtesse; elle a l'âme noble et généreuse, elle aura compris la position de cette pauvre enfant ; elle a promis de m'aider h faire le bonheur de Stella, de ma fille chêne.

STELLA, qui est toi lie lentement el s'est approchée de madame Muller sans en (Ire vue. Stella n'est pas vou e lil.e ? vous n’Otes pas nia nière ?

»)“' MULLER, se retournant. Quodis-lu?

STELLA, indiquant la persienne. J'étais là... J'ai tout entendu.

M“" muller. Mais. Stella... mon enfant...

TSELl.A, cherchant à maîtriser son émotion. Vous m’avez trompée, madame.

M”' muller. Trompée! moi dont lessoius...

l’amour.., (Arec reproche. ) Ah! Stella/

Stella, tombant à genoux et (datant en

sanglots. Oh! paidon! pardon!... Je ne suis pas ingrate!... Oui, vous êtes bonne... Oui, vous avez pris bien soin de la pauvre orpheline!... Vous ne m'avez pas donné la vie, mais vous me l'avez conservée. Ohl pardonnez moi, madame, pardunne-moi, ma mère, si je ne puis t’exprimer ma reconnaissance que par mes larmes... Si lu savais tout ce que ton récit ma fait éprouver... Je me suis sentie transportée dans un autre monde...

Mesjoies, mes rêves de jeune fille se sont évanotiislout à coup. En t'aboutant, je votais ma niére morte... elle est morte, car une mère n'abandonne pas son enfant; je voyais mon père enchaîné... Mon père... il languit depuis de longues années au fond d'tm noir cachot. . Et mon cœur ne me di-ait rien.

J'étais insouciante et rieuse, cl mon père innocent, car il est innocent. Mou |ièrc souffrait toutes les tortures, quand j’étais heureuse et réchauffée sur ton sein ..Il pleurait., lui ! Il avait froid.. . A présent je respire un air pur, le soleil m'éclaire et m'anime... et lui... mou père... est plongé dans une nuit éternelle. Honneur, repos, liberté, ou lui a tout ravi, tout, jusqu'aux caresses de sa lille. Ah! pourquoi m’avoir caché ce secret... Pourquoi ne m’avoir pas dit : Stella, prie (tour le pauvre prisonnier? la prière d'un enfant monte jusqu'à Dieu , et Dieu aurait eu pitié de mon père.

M-” MULLER. En te disant la vérité, j’aurais inutilement attristé ta vie. Oh! si M. de Fridlierg avait laissé uu fils, à ce fils devenu homme j'aurais dit : Ton père est prisonnier, ton père est innocent... Travaille à sa délivrance, et que le ciel te soit en aide. Mais toi, faible jeune fille, que pouvais-tu 1

STELLA. Je pouvais courir àsa prison, supplier les geôliers... leur donner ma vie pour celle île mou père. Je pouvais aller à Dei lin, me jeter aux genoux du rui, demander, obtenir la réhabilitation de l’innocent ; el si le roi avait été implacable, s'il avait dit de mon père: Qu’il .souffre et qu'il meure... eh bien 1 je pouvais soullrir et mourir avec lui.

M“* MULLER. Stella... ma fille... ton exaltation m'épouvanté. Quelqu'un vient... C’est Fritz.

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