‹ Stella drame en cinq actes et six tableauxChapitre 51 sur 79 · MARIE, CHRISTINE · texte numérisé non relu

MARIE, CHRISTINE

CHRISTINE, entrant vivement par le fond.

Victoire, madame, victoire, nous parlons dans trois jours.

MARIE. Trois jours!

Christine. Oui, madame, nous allons dire adieu aux ponts-levis, aux herses, aux contrescarpes... nous allons respirer le grand air. Pour ma part, j’étoulTais dans ce château comme dans une armoire.

MARIE Comment savez-vous ?

Christine. Je viens d'entendre le docteur dire à monsieur d'Oshorn, en le quittant :

L'air natal peut seul sauver la comtesse; conduisez-la à Rittersdorf, et je vous réponds d’elle. I.à-dessus, monsieur votre mari a dit : Elle partira dans trois jours, line fois sorties d'ici, et pour n'v plus revenir, j'espère, nous retrouverons à Rittersdorf. vous, la santé, le calme; moi, la gaieté. On m’appelait autrefois l'alouette du pays, mais l’alouette ne chante pas en cage... et je crois que j'aurais Uni par devenir muette ici.

xiarie. Avez-vous donc habité Riltcrsdorf?

Christine. Non , madame , j’avais là un vieil oncle que j'allais voir souvent. Je suis née au petit village d'Ossenbach.

marie. D’Ossenbach?

Christine. A deux lieues de Rittersdorf.

marie. Dites-moi... à quelle époque avezvous quitté ce village?

- Christine. Tiens, vous connaissez mou pays? c’est grand comme la main, mais c'est gentil à mettre sous verre.

marie. Répondez-moi.

Christine. Je suis partie pour Berlin avec mon père, il y a bien douze ans. J'étais encore petite fille, mais déjà rondelette; aussi, le dimanche, les garçons commençaient à me regarder... je ne savais pas encore pourquoi; mais c'est éga 1 , ça me faisait déjà plaisir.

marie Avez-vous connu là une bonne, une excellente femme, nommée Gertrude Buklau?

CHRISTINE. Je croia me rappeler que bien longtemps avant mon départ d’Ossenbach ii y avait une dame Gertrude qui habitait toute seulo une petite maison à volets verta, où personne n’entrait jamais.

marie. Oh! souvenez-vous bien, cette femme ne devait pas être seule.

CHRISTINE. Vous avez raison... elle avait avec elle une nourrice... un enfant. marie. Une petite lille...

Christine. Oui, et qu’on appelait...

marie. Stella.

Christine. Stella.. .oui, c'est bien ce nomlà... et la petite fille était jolie.

marie. Tu l'as vue?

Christine. Je l’ai même embrassée.

MARIE. Tu l'as embrassée, toi ! Oit ! ma bonne Christine, (elle l'embraste ) si tu savais le bien que lu me fais.

Christine. Mon Dieu, madame, vous voilà toute en larmes.

marie. Oh ! parle-moi de Gertrude, de cette enfant, surluuL

d’OSIMRN. entrant par le fond et parlant à la cantonade. Ilurl !

marie. D'Osborn.

n'osr.onv Quand le notaire que j'ai fait appeler se présentera, tu viendras m'avertir. marie, à Christine. Plus un mol... mais

MAGASIN THÈATRAL.

quand je serai seule tu reviendras... tu reviendras *.

D'Otborn entre n du gMle renvoie Christine; celle-ci va sortir. d’Osborn 1a retient.

d’osborn. Christine, vous êtes une servante fidèle, dévouée à votre tnailresse... je lu en souviendrai.

CHRISTINE , s’éloignant, et à part. Décidément, il n’est plus reconnaissable; c’est égal, il doit y avoir de bien longues grilles sous ses grosses pattes de velours.

Elle sort par le fond. Marie va s'asseoir près de ta table.

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