CHAPITRE XV
On rencontre, au milieu de la passion la plus violente et la plus contrariée, des moments où l'on croit tout a coup ne plus aimer; c'est comme une source d eau douce au mil eu de la mer. On n'a presque plus de plaisir a songer à sa maîtresse, et, quoique accablé de ses rigueurs, 1 on se trouve encore plus malheureux de ne plus prendre intérêt à rien dans la vie. Le néant le plus triste et le plus découragé succède à une manière d'être, agitée sans doute, mais qui présentait toute lanature sousunaspect neuf, passionne,
intéressant. „ . ,
C'est que la dernière visite que vous avez faite a ce qu. vous aimez vous a mis dans une position sur laquelle une autre fois votre imagination a moissonne tout ce qu elle peut donner de sensations : par exemple, après une période de froideur, elle vous traite moins mal, et vous laisse concevoir exactement le même degré d'espérance, et par les mêmes signes extérieurs qu'aune autre époque ; ou cela peut-être sans qu'elle s'en doute. L'imagination trouvant en son chemin la mémoire et ses tristes avis, la cristallisation (i) cesse à l'instant.
nir, faute de talent littéraire ueitpi laquelle rend mecon-
4o4 STENDHAL