INTRODUCTION
L'eau est la boisson naturelle, indispensable et suffisante. On l’a si bien compris, qu’en Europe, par exemple, d'immenses travaux sont faits pour capter une eau bonne à boire, on ne recule pas devant l'installation de grandes canalisations, d'appareils dispendieux destinés à purifier l’eau qui doit être livrée à la consommation. Mais, aux colonies, la question devient des plus complexes, qu'il s'agisse de la provenance
de l’eau, de sa purification surtout, pour ne parler que des
points principaux, que de différences à noter dans les diverses situation de la vie militaire coloniale.
Ici les troupes occupent une ville, qui peut, et qui doit, comme en Europe, avoir à sa disposition, tous les perfectionnements modernes. Placées ailleurs, les garnisons de certains postes, jouiront des mêmes avantages, mais, déjà, dans des proportions moindres, leurs effectifs restreints ne comportant pas le dispendieux outillage affecté aux grandes casernes. Dans d’autres postes isolés, l’eau, mise à la disposition des troupes sera douteuse et, vu les conditions sommaires d'installation, les moyens de purification seront forcément imparfaits. Que dire enfin, du soldat en campagne sous les tropiques? Marchant sous un soleil de feu, il a, le plus souvent, pour étancher sa soif, l’eau d’une ntare infecte remplie de germes et organismes de toute sorte; allégé dans la mesure du possible, il ne saurait s’encombrer d'appareils compliqués lui
Le ment Dean se ses ne oi pour fonctionner, Vie Fr appareil le ape ne le DA robuste, le plus simple possible.
L'eau potable.
Les anciens ne pouvaient juger une eau qu'à ses qualités
organoleptiques : limpidité, saveur, odeur, fraîcheur. Nos exi-
gences sont aujourd’ hui beaucoup plus grandes qu’'autrefois. Les recherches des savants nous ont appris à nous défier de l’eau, même la plus claire. Ils nous ont montré qu’elle pouvait renfermer, à côté de substances organiques plus ou moins (oxiques, des substances organisées causes de grandes et redoutables épidémies.
Le congrès international pharmaceutique de Bruxelles, en 1882, a déterminé ainsi les caractères que doit présenter une eau pour être potable.
1o Elle doit être limpide, transparente, incolore, sans odeur, et complètement exempte de matières en suspension :
20 Elle doit être fraîche et d’une saveur agréable; sa température ne doit pas varier sensiblement et dépasser 150;
30 Elle doit être aérée, et tenir en dissolution, une certaine quantité de CO? ;
. 40 La quantité de matières organiques, évaluée en acide oxalique ne doit pas dépasser plus de 20 re pe litre; 2
5° Elle ne doit pas contenir plus de 5/10 de milligr. d’am-
moniaque par litre
6o La matière organique azotée, brûlée, par une solution alcaline de Mn Of K ne doit pas fournir plus de 0 mm1 d'azote albuminoïde par litre d’eau;
Vue sulfuré, ni De ni sels eue précipitables par He 10 an hoten des traces de fer, d'aluminium ou de
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100 L'addition de sucre blanc ne doit pas S développer fungus ; a N £ it Cultivée avec de la gélatine, elle ne doit pas produire | À bactéries liquéfiant cette gélatine en moins du ut
120 Elle doit être dépourvue de germes.
on Po voir FU la plupart de ces GAMES demandent,
dans ce cas, qu’une eau est potable, si cette eau est limpide, transparente incolore, sans odeur, de saveur agréable, exemple de matières en suspension, de malières organiques et dépourvue de germes.
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L'eau de boisson aux Colonies
- Les eaux d'alimentation, aux Colonies, sont puisées dans les étangs, les puits ordinaires ou artésiens, les pluies et les citernes, les rivières et les fleuves, les sources. Les étangs et les marais, formés par la collection des ‘eaux dans une dépression de terrain à sous-sol imperméable, sont quelquefois une ressource suprême pour le colonial. Ces eaux détestables ont été accusées, à juste titre, de contenir les germes d’une foule d’affections bénignes, graves ou mortelles.
Les eaux de puits ne sont qu’exceptionnellement bonnes. Creusés au voisinage des maisons, ils sont toujours dangereux, à cause des infiltrations probables. Creusés au voisinage des fleuves et des nappes d’eau, ils ne sont pas moins nocifs: Saigon, autrefois de réputation si mauvaise, alors qu'on y buvait des eaux de puits, a vu son état sanitaire s'améliorer . avec l’amenée d’eau potable.
Les eaux de pluie peuvent rendre de grands services, à défaut d’eau courante; on les recueille dans des citernes, mais ces eaux, les premières de l’hivernage notamment, se chargent de matières organiques et de microorganismes qui entraînent une sorte de fermentation et leur corruption à un moment donné.
Les fleuves et les rivières des tropiques sont alimentés par des pluies périodiques. À l’époque des pluies, ils roulent une quantité considérable d’impuretés. Ces crues, occasion-
nent, à côté du lit principal, une série de lits secondaires,
marigots, coulant à plein bord hors de la crue et dont l’eau est à peu près du même degré de salubrité que l’eau du
fleuve lui-même, mais qui se change en eau stagnante pendant
la période de sécheresse, Toutes ces eaux sont d’ailleurs souillées par les populations riveraines, qui jettent au fleuve leurs déjections de toute sorte. L'eau de source, très rare
aux colonies, peut encore se charger, en traversant le sol,
de matières organiques.
Le plus souvent donc, les eaux, quelle que soit leur provenance, ne peuvent être employées directement pour la consommation. Elles présentent, en effet, de graves dangers. Le mode de contage par les eaux, pour beaucoup de maladies infectieuses, n’est plus en doute aujourd'hui.
Les statistiques ont montré l'extrême fréquence de la fièvre typhoïde aux colonies, d’un autre côté, les laboratoires découvrent, dans presque toutes les eaux, le bacille d’Eberth, que ces eaux soient de puits, de fleuve, de mares. Ceci s’explique très bien: M. Treille constata, à Dakar, en 1892, sur une étendue de plus de 600 mètres, des charognes, des rats en putréfaction; à la saison des pluies, des infiltrations se produisent et souillent la nappe d’eau souterraine. Aïil-
leurs, c’est le tout au fleuve que pratiquent les indigènes.
La dysenterie sévit d’une façon effrayante aux colonies. Or, la théorie de l’origine hydrique de cette maladie est vieille comme la médecine. Hippocrate aceusail les matières végétales contenues dans l’eau. Marchoux, Chantemesse et Vidal, Roger, reconnaissent, d’un commun accord, que la dysenterie est une maladie infectieuse transmissible par l’eau. Il suffit, pour le prouver, de citer ce fait observé pendant la campagne du Dahomey: Tant que l'on boit de l’eau de POuémé filtrée, pas de dysenterie. Les troupes qui marchent sur Abomey quittent le fleuve et utilisent l’eau des mares, qu’elles doivent consommer telle qu’elle, la dysenterie fait des ravages. En 1895, pendant l'épidémie de choléra, qui eut lieu le long du Mékong, on remarque que le fléau suit absolument le