‹ Sterne inédit Le Koran traduitChapitre 82 sur 157 · PARTIE II · texte numérisé non relu

PARTIE II

pire est voire chance. — Dans la loterie de la vie. il en est de même a l’égard des vertus.

59. — Toi homines, lot sentenüœ. — On ne peut alors taxer de partialité ou de prévention celui qui préfère sa propre opinion à celle des autres. — Si vous ne pouvez plaire qu’a une seule personne dans . le monde, pourquoi ne vous donneriez-vous pas la préférence a vous-même?

C’est très-juste comme trait d’esprit. — Mais j’ai merais mieux donner la préférence aux autres. — Il est impossible de concevoir, par la foi, sans l’avoir éprouvé, le plaisir suprême d’aimer (juelqu’un plus que soi.

40. — Les procureurs sont aux avocats ce que les apothicaires sont aux médecins, — seulement ils ne tiennent pas compte des scrupules.

41. — Toute œuvre d’esprit ou de génie est aujourd’hui une bougie allumée pour des aveugles. — Elle leur procure un éblouissement, mais ne leur rend pas la vue.

42. — Voici la définition de Dieu : « Sou intelligence n’a que faire du raisonnement. — Les propositions, les prémisses, les déductions ne lui sont pas nécessaires. — Il est purement intuitif. — 11

voit eu même leinps ce qu’une chose est ou peut être. — Pour lui toutes les vérités sont une seule idée, les espaces un point, — l’éternité elle-même un instant. »

C’est l'a une idée vraiment philosophique de la Divinité, et qui ne convient qu’a elle seule, en ce sens tout particulier, — qu’un être fini se trouverait très- misérable avec de tels attributs. — Le raisoniH'inent, l’investigation, la science progressive, l’espérance, l’accomplissement des désirs, la variété, la société, etc., n’existeraient pas pour lui.

Les seuls plaisirs d’un pareil être, s’il n’était pas Dieu, seraient ceux d’une brute, — c’est-a-dire qu’ils se trouveraient réduits a la pure sensualité. — Telle a dû être la condition de vos demi-dieux, s’ils ont jamais existé, — de votre Jupiter cygne et taureau, — de votre immonde Bacchus, — de votre Pluton B-lt-m— e (1), etc.

43. — Un beau {clever) garçon. — Le mot clever est un adjectif (pii manque dans toutes les langues savantes. — Elles ne possèdent aucune expression qui énonce l’idée que renferme cette épithète.

Ne pouvons-nous pas en induire que le caractère qu elle implique et l’expression elle-même appartiennent en propre au Uoyaume-Uni? — En fait, un

(1) Ballimure Allusion à un persouuugc ilu temps, célèbre sans doute par sa mécliaucelé inremnle. [Mole d'ÛLo Nice ]

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