PARTIE II
parmi les ignorants, k l'athéisme panni les lettrés,
— parvenus à une certaine hauteur cV erreur et de présomption.
Sans révélation, il n'y aurait point eu de religion dans le monde, ou bien elle eût été plus rationnelle;
— car, dans ce cas, elle eût été déduite en remontant des effets aux causes, autant que t'eût permis la philosophie de Tépoque à laquelle elle eût été formulée. -^ Et alors. — DeUs intersit. - Et le philosophe de la nature et le moraliste raisonneur réunis auraient produit un déiste.
Mais l'origine de la religion n'a pu être telle. — Cette recherche philosophique n'aurait pu avoir lieu qu'en des temps plus récents que ceux dans lesquels l'histoire nous montre les cérémonies fantastiques des cultes antiques professées par toutes les nations de la terre, même par les plus ignorantes, les plus illettrées et les plus barbares. Elles n'auraient donc pu tirer la moindre notion religieuse de leurs prémisses ou conclusions.
145. — Il existe deux espèces d'écrivains moralistes. — Les uns peignent la nature humaine k un point de vue angélique, les autres a un point de vue bestial. — Les premiers appartiennent généralement k l'antiquité, les derniers sont très-modernes,
— principalement Français.
Ils ont également tort. — Les uns s'appuient sur
ce qu'il y a de meilleur, les autres sur ce qu'il y a de pire en nous. Docteur Youug exprime, dans son Centaure, une pensée juste qui les concilie : — « Nous ne pouvons avoir une opinion trop bonne de notre nature, ni trop mauvaise de noi(s-7nêmes . »